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Éthiopiques : Appel à communication pour le numéro 102, premier semestre 2019

Argument

Le prochain numéro d’Éthiopiques dont le thème est Migrations, traversées et intégrations, a pour objectif de susciter des réflexions multidisciplinaires sur les enjeux et les conséquences des phénomènes migratoires contemporains depuis les logiques sociales qui produisent l’émigration, aux formes de recomposition des collectifs remettant en jeu les questions d’appartenance, de frontières et d’intégrations, en passant par la traversée et ses périples. Les échanges, les migrations, les déplacements de population - qu’ils fussent volontaires ou forcés- ont de tout temps marqué la construction du monde, mais elles se sont développées sous une forme spécifique avec la naissance et le développement du capitalisme
Les migrations, qui ont toujours existé au cours de l’histoire de l’humanité sont devenues une réalité structurelle dans un monde globalisé. Bien qu’elles concernent aujourd’hui une personne sur sept sur terre et sont de plus en plus diversifiées, multiples et complexes, tant par leurs motifs et leurs origines que par leurs trajectoires, elles restent pourtant mal comprises, volontiers caricaturées, et surtout souvent réprimées, tant au Nord qu’au Sud, si bien qu’aujourd’hui, la réalité dans laquelle nous vivons -dans ce premier quart du vingt-et-unième siècle- est marquée par la tragédie de la migration, comme résultante de la globalisation du monde, de ses conflits, de sa misère et de sa pauvreté. Loin de conduire les États concernés à repenser leurs modalités d’accueil et de gestion des flux, les frontières se sont « renforcées ». La multiplication des dispositifs de contrôle enserre l’expérience des personnes concernées générant, à toutes les étapes de leurs parcours, des situations de blocage et d’immobilité sociale et spatiale. Le migrant dérange, inquiète, oblige à construire des murs, à repenser les frontières, à réveiller les pires fantômes de l’histoire
Dans ce contexte d’une dramatisation sociopolitique des phénomènes de mobilité, les migrations sont présentées comme autant de déclencheurs de crises sociétales, engendrant une exacerbation des tensions entre les « établis » et les groupes et individus nouvellement arrivés.
La criminalisation du migrant, dans les faits et dans l’opinion, encourage les traites clandestines, les réseaux d’exploitation et exacerbe les difficultés d’intégration. Face à la complexité, au Nord comme au Sud, des causes et des effets culturels, socio-économiques et politiques des déplacements de populations, (dont l’essentiel a lieu entre pays du Sud) leur appréhension requiert de profonds changements de perspective dans l’approche du fait migratoire comme réalité socio-historique et thématique scientifique. Le phénomène migratoire , comme recomposition spatiale et sociale des relations individuelles et collectives, implique la mise en question des références et des appartenances, des ancrages et des ambitions, et conduit à interroger la gestion des relations interpersonnelles, à différentes échelles, intimes, familiales, collectives, voire communautaires, et à questionner les dispositifs politiques nationaux et internationaux chargés de contrôler et d’encadrer ces mobilités.

Ce numéro d’Éthiopiques a comme ambition de promouvoir divers angles d’approche afin de radiographier sous toutes ses faces le fait migratoire par un examen en amont comme en aval des circonstances de départ dans les pays d’origine, des motifs qui poussent à partir, mais aussi des réactions des Etats et des sociétés d’accueil, et des difficultés d’intégration.
Il importe d’examiner quels imaginaires migratoires précèdent les voyages et quelles motivations animent les familles à entreprendre la migration de leurs enfants, mais également comment s’ancrent et s’organisent les politiques publiques d’accueil et d’intégration, et enfin comment les trajectoires des migrants sont-elles aussi modelées selon les origines, les parcours antérieurs à la migration, le sexe, l’âge, le contexte de l’arrivée, la culture, les facteurs économiques, etc.
Les flux migratoires, liés à des réalités géopolitiques et sociales, défient ou restructurent les frontières politiques, linguistiques et historiques entre pays d’accueil et pays d’origine, et appellent un renouvellement des approches prenant en compte la diversification et la complexification des phénomènes actuels de mobilité humaine.

Axes d’analyse
1. Littérature et art

-Représentation de la migration et du migrant dans la littérature, les arts et le cinéma
- Stratégies et formes narratives du récit migratoire
- La mise en fiction romanesque ou cinématographique de la traversée (mer, désert, barbelé)
- Caractéristiques narratives et spatio-temporelles des fictions portant sur la migration
- La migration et sa mise en scène : télévision, cinéma, musique, photographie, arts visuels, techniques du corps.
- Récit de la post-migration : tracasseries policières - misère – crainte de l’expulsion
- Mise en fiction des questions d’exclusion et d’intégration, des phénomènes communautaristes et diasporiques.
- La migration en héritage.
- Mise en scène d’identités dynamiques des jeunesses actuelles infléchies par la migration des générations antérieures.

2. Philosophie, anthropologie

- Intégration – exclusion et processus identitaires.
- Initiatives associatives et politiques publiques d’accueil et d’intégration.
- Inter culturalité, diversité et communautarisme.
- Clivages raciaux, culturels et religieux, conflits, violences et radicalisation.
- Libération et progrès humain, construction de soi, espérance, résilience.
- Globalisation et souveraineté
- Développement solidaire, développement durable
- Insécurité, djihadisme, terrorisme

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Date limite : le 31 mars 2019




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