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FRANCOPHONIE ET INTERCULTURALITE OU LE REGARD DE L’AUTRE FRANCAIS
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Ethiopiques numéro 50-51
Revue trimestrielle de culture négro-africaine
Nouvelle série-2ème et 3ème trimestres 1988-volume 5 n°3-4

Auteur : Michel TETU

Les observateurs du deuxième Sommet francophone (plus exactement le Sommet des chefs d’Etat et de Gouvernement ayant en commun l’usage du français), tenu à Québec en septembre 1987, se sont plu unanimement à constater que la Francophonie venait de franchir une étape décisive, et que si elle devenait une entité forte et cohérente, c’est à partir de Québec que l’on pourrait dater son développement.
Que s’était-il donc passé ? Les participants avaient été accueillis dans un cérémonial d’allure anglo-saxonne par Madame Jeanne Sauvé, gouverneur général, représentant, dans une dignité toute britannique, sa Majesté la reine Elisabeth II qui est aussi reine du Canada, tandis que paradait la police montée à cheval sur des airs de musique Western et que défilaient au son du fifre et du tambour les soldats du royal 22e, précédés de leur mascotte, une chèvre au long poil blanc et aux superbes cornes. Les réunions se déroulèrent ensuite sans grande surprise, selon un protocole rigoureux, commentées par une nuée de journalistes bénéficiant d’un édifice réservé à la presse et doté d’une technologie américaine ultra moderne et stupéfiante leur permettant de communiquer instantanément, via satellite, d’un bout à l’autre de la planète. Des résolutions relativement concrètes furent adoptées comme il se doit et commentées à l’intention du public dans une traditionnelle conférence de presse suivant la clôture du sommet.
Rien à première vue de bien extraordinaire dans ce sommet alliant le folklore au protocole, les déclarations politiques feutrées à celles de caractère économique axées sur le développement et l’aide au tiers monde, si ce n’est le caractère particulier de l’environnement qui n’échappa à personne et conditionna plusieurs recommandations : celui de la francophonie en Amérique du Nord.
Quelque chose venait de changer dans la perception de la francophonie, marquée surtout jusqu’à présent par les sommes franco-africains. Au bilatéralisme traditionnel du Nord vers le Sud (en gros de la France vers l’Afrique), venait de se substituer un début de multilatéralisme tant culturel qu’économique et politique, s’appuyant sur un trépied constitué de pays d’Europe, d’Afrique et d’Amérique.
La face du monde n’en a pas été changée, ni même celle des pays de langue française. Pourtant les rapports entre ceux-ci ont pris là une nouvelle orientation : ce qui est pour nous l’occasion d’une réflexion en profondeur sur la perception de l’autre dans la francophonie, et sur les mutations de la pensée française depuis deux siècles en regard de la langue française.
Autrement dit, la redécouverte de l’Amérique que viennent de faire la France et les autres pays francopho­nes, cinq siècles après Christophe Colomb, paraît d’une grande importance dans la mesure où un monocentrisme européen indiscuté est en voie de céder le pas à un polycentrisme, le refus implicite de l’autre à la découverte de l’altérité, et la lumière unique à une pluralité de foyers rayonnants.


I. De Christophe Colomb à Charles de Gaulle

La découverte - ou l’invention de l’Amérique [1] - avait été comme le dit bien Paolo Carile « un exploit technologique de grand relief, mais aussi un geste culturel traumatisant » [2]. L’Europe renaissante découvrait un ailleurs total, un « nouveau » monde. On avait pris l’habitude de se référer au passé pour tout expliquer du présent. Et voilà que la Bible et les écrits des anciens, grecs et latins, ne pouvaient répondre aux interrogations nouvelles. L’Europe mit deux siècles à se remettre de ce choc culturel, jusqu’à ce qu’elle pût intégrer le « sauvage » dans son univers mental. Ce qui ne veut pas dire que l’on comprit l’autre : on se demanda d’abord si les Indiens d’Amérique étaient de vrais hommes (il fallut une Bulle du pape Paul III pour le confirmer) [3]. On entreprit alors de les évangéliser et de les « civiliser » - ce qui n’alla pas sans mal : les lettres et récits de voyage des premiers missionnaires ont souvent pour raison profonde de justifier leurs échecs en décrivant l’altérité comme quasi inconciliable avec les schémas « honnêtes » c’est-à-dire européens et catholiques [4].
Avec le temps, la description de l’étrangeté, parfois cauchemardesque, s’irisa pour aboutir au rêve idyllique du « bon sauvage ». On oubliait qu’une partie des populations autochtones ayant été décimées, on l’avait remplacée pour des raisons économiques par des cargaisons d’esclaves venus d’Afrique, si noirs qu’on ne pensait pas à les plaindre.
Quelques-uns se préoccupèrent alors du regard de l’autre, tels Montesquieu en France ou Jonathan Swift en Irlande. Mais les Lettres persanes et les Voyages de Samuel Gulliver avaient surtout pour but de faire passer une satire, parfois mordante, de la France et de l’Angleterre. On assiste au XVIIIe siècle à deux phénomènes concomitants : une « crise de la conscience européenne » [5] secouée par le relativisme et le pluralisme idéologique, et une volonté de ramasser toutes les connaissances sous la bannière de la rationalité européenne (c’est l’entreprise encyclopédique), d’affirmer la priorité culturelle de l’Europe, particulièrement de la France en vertu de sa langue et de ses productions intellectuelles.
C’est à cette tendance que se rattache le premier courant de la franc­phonie basé sur la langue, celui de nationalistes et d’amateurs de beau langage dont le rêve inavoué était bien souvent de réactualiser le concours de l’Académie de Berlin où s’illustra Rivarol. Le mot d’ universalité appliqué alors à la langue française, qui paraît provocant aujourd’hui, semblait aux Académiciens de 1783 aller de soi. Le recteur Imbs qui rappelait ce phénomène devant les cinq Académies de France réunies pour fêter le bicentenaire du fameux discours, expliquait avec justesse : « il s’agissait dans leur esprit d’analyser un fait de civilisation bien établi et admiré de tous, et, en vue de cela, de faire appel à l’histoire pour en expliquer la genèse ; de trouver ensuite à la situation privilégiée du français une justification rationnelle ; étant sous-entendu que c’est dans sa nationalité même, de soi intemporelle, que se cachaient les plus sûres promesses d’avenir en harmonie avec le rêve maintes fois formulé d’une langue commune à toute l’humanité pensante enfin soustraite à la malédiction de la tour de Babel » [6].
Il n’y eut alors que quelques voix discordantes dont celles d’un disciple du philosophe allemand Johan Herder, lui-même ardent admirateur de Jean-Jacques Rousseau - dont on oublie trop souvent qu’il était Suisse ­ qui s’élevaient contre les idées de Voltaire et de Rivarol pour proclamer que « chaque individu, chaque peuple, chaque époque avait son caractère propre, et que donc une universalité selon le modèle français n’était qu’une insupportable domination, à laquelle il était temps de mettre un terme ».
On émit aussi quelques réserves sur la fameuse clarté de la langue française qui justifiait son universalité. Le célèbre d’Alembert, mathématicien précis, sait être diplomate et plus que nuancé lorsqu’il philosophe sur la langue : « La clarté, dit-il, est l’apanage de notre langue, en ce sens qu’un écrivain ne doit jamais perdre la clarté de vue, comme étant prête à lui échapper sans cesse » [7].
Pour Rivarol, aucune mention explicite n’est faite du peuple du lointain Canada, non plus que des autres régions européennes de langue française à la périphérie de l’hexagone. Pour lui, comme pour le grand lexicographe du XIXe siècle Emile Littré, le destin quasi missionnaire du peuple français et de sa langue ne fait pas de doute. D’ailleurs pendant tout le XIXe siècle et l’extension en Afrique du 2e empire colonial français, la pensée resta monolithique vis-à-vis des civilisations rencontrées. La notion de pluralité culturelle n’était pas de mise et le regard de l’autre ne comptait guère puisque, si cet autre était un homme, il ne deviendrait un égal qu’une fois instruit et civilisé à la française.
Il fallut pratiquement attendre Frobenius en Allemagne et André Gide en France pour qu’un nouveau jugement soit porté sur l’Afrique au moment où peintres et musiciens décou vraient l’art nègre. On se rappelle la colère de Gide : « Moins le blanc est intelligent, plus le noir lui paraît bête ». Senghor, Césaire et les promoteurs du mouvement de la négriture allaient projeter leur nouveau regard nègre, sur le monde occidental et sur le monde francophone en particulier [8].
Pendant ce temps au Canada, les francophones regroupés principalement au Québec et dans sa périphérie (ainsi qu’en Acadie) essayaient de survivre, coupés de leur mère patrie. Les Français établis aux XVIIe et XVIIIe siècles étaient des « colons » défricheurs. Ils devinrent des « habitants » stables [9]. Leur culture, de française, était devenue « canadienne » : on ne disait pas alors un Canadien-anglais, un Canadien-français ; mais un Anglais et un Canadien [10]. Une nouvelle culture se développait dans le cadre de la civilisation nord américaine.
Mais pour les Québécois, comme pour les Africains ou les Haïtiens, malgré d’évidentes différences socio­culturelles, le modèle linguistique restait encore celui de la France métropolitaine.
Le changement n’intervient réellement qu’après l’indépendance des pays africains et l’affirmation du Québec sur la scène nationale et internationale. Le Français rêvait volontiers d’un « oncle d’Amérique » aux Etats-Unis et d’un « petit cousin d’Amérique » au Canada. Le « Vive le Québec libre » du général de Gaulle lui donna un concitoyen en francophonie.
Après 1967, se mettent en place des échanges, des commissions mixtes, des visites réciproques, etc. Le Canadien prend conscience de son originalité et de la spécificité. Son regard pénétrera peu à peu l’hexagone, facilitant parfois chez les « Français de France » (comme on dit au Québec) l’acceptation d’un nouveau regard africain, voire d’un regard belge et suisse [11]. Des deux côtés de l’Atlantique on prend conscience que les Canadiens ne sont plus des « Français d’Amérique » mais des Américains de langue française.


II. Imaginaires et expression en français

Les discours du général de Gaulle ne furent pas magiques, pas plus celui du balcon de l’hôtel de ville de Montréal (septembre 1967), que précédemment ceux de Brazzaville (1944) et de Pnom Penh (1966). Il fallut vingt années pour que s’organise la francophonie politique et qu’ait lieu le premier Sommet francophone. Vingt années aussi pour que concordent le Verbe et le Regard et qu’on réalise à travers la langue française la possibilité d’expressions diverses, conséquences d’imaginaires différents, cela autant de la part des non-hexagonaux que des hexagonaux.
En 1970, le dictionnaire du français contemporain ne comptait que quelques rares mots africains. Aujourd’hui les Africains revendiquent leurs particularismes linguistiques et les dictionnaires français rivalisent pour faire entrer des africanismes, - ou des québécismes, des belgicismes, des helvétismes, etc. C’est un fait palpable, révélateur de l’interculturalité au sein de la francophonie et de l’acceptation de plus en plus marquée de la diversité des regards francophones [12]. Le vocabulaire et les expressions idiomatiques sont pour la francophonie actuelle, un moyen très pertinent d’accéder à la civilisation de l’autre souvent difficile à percevoir précisément dans un ensemble apparemment uni.
Levi-Strauss a noté très justement que « les cultures humaines ne diffèrent pas entre elles de la même façon, ni sur le même plan. Nous sommes d’abord en présence de sociétés juxtaposées dans l’espace, les unes proches, les autres lointaines, mais à tout prendre contemporaines. Ensuite, nous devons compter avec des formes de la vie sociale qui se sont succédé dans le temps et que nous sommes empêchés de connaître par expérience directe » [13].
On pourrait ajouter que des sociétés voisines, décidées à œuvrer de concert en raison d’affinités culturelles et linguistiques, sont à des étapes très différentes de leur développement. Le même mot utilisé par un enfant, par un adulte ou un vieillard n’a pas forcément le même sens, et certainement pas les mêmes connotations.
Ainsi la langue française, qui est pour les francophones le lieu vivant, le « ciment » et la raison d’être de la francophonie est sans doute un dénominateur commun. Mais, non réductrice à un même univers mental, elle peut aujourd’hui devenir l’occasion d’une prise de conscience des différences culturelles, dans chacune des parties de la francophonie.
Prenons quelques exemples concrets pour étayer nos affirmations.
Le Canadien est parfois surpris de déguster en France un fromage « pur chèvre » beaucoup moins parfumé que ce qu’il s’attendait à trouver. Un Français lui expliquera alors que ce fromage « pur chèvre » peut selon la loi française comporter jusqu’à 30 % de lait de vache. S’il veut un fromage exclusivement de chèvre, il devra s’assurer que l’étiquette comporte la mention « 100 % pur chèvre » - lui qui croyait naïvement que l’on était pur ou non, que la pureté ne se débitait pas au pourcentage et qu’un fromage dit pur chèvre n’était fait qu’avec du lait de chèvre !...
Troublé par de telles variantes linguistiques, relevant de pratiques juridiques (inspirées sans doute lointainement par la casuistique !), notre touriste risque de l’être davantage devant des phénomènes langagiers découlant de situations historiques et socio-culturelles propres. Ainsi en fut-il de l’écrivain québécois Jacques Godbout, apprenant à sa descente d’avion par la radio d’un taxi parisien que « Bison futé annonçait des bouchons sur la bretelle de Saint-Cloud ». Bien qu’il comprit chacun des mots, cette phrase lui parut mystérieuse jusqu’à ce qu’on lui explique :
1. que la circulation était très dense sur les autoroutes pendant les week-ends (fins de semaines au Québec), qu’il y avait souvent des engorgements, des embouteillages, des « bouchons ».
2. qu’on avait construit plusieurs voies de raccordement aux autoroutes, des « bretelles ».
3. qu’une des banlieues de Paris s’appelait Saint-Cloud.
4. que pour guider les automobilistes, un service de la prévention routière suggérait des itinéraires de délestage, des itinéraires bis : par jeu de mot ce service s’était appelé « bison futé ». Ce n’était pas le nom d’un Amérindien.
Les variantes linguistiques peuvent être révélatrices de points de vue et de caractères collectifs selon lesquels les sociétés se situent en face des événements de la vie courante. Ainsi, alors qu’on prévient de manière globalisante en France qu’il y aura « coupure d’eau dans tout l’immeuble », le même désagrément est annoncé plus concrètement au Québec « l’eau sera coupée à la grandeur de la bâtisse » [14].


La société peut se dévoiler de façon plus révélatrice encore dans son inconscient et son imaginaire. Une chanson du groupe québécois Beau Dommage, La complainte du phoque en Alaska, raconte l’histoire d’un phoque qui, seul sur la banquise, rêve à sa petite amie (sa blonde) qui est partie, gagner sa vie, dans un cirque aux Etats-Unis, se lamentant dans le refrain :

« Ça n’vaut pas la peine
de quitter ceux qu’on aime
pour aller faire tourner
des ballons sur son nez »

il poursuit dans une vision anthropomorphique et se retrouve à penser « la tête entre les mains ». Mais dans la chanson, il n’a pas la tête entre les mains, selon l’expression usuelle française ; il a « les deux mains dans la face » : ce qui constitue une image plus directement visuelle et plus dynamique, une vision nord américaine par rapport à l’expression rationnelle européenne. Les deux expressions ne sont pas interchangeables.
Ainsi pourrait-on examiner d’autres phrases, d’autres expressions, des variations linguistiques, des images aux nuances de plus en plus complexes d’un pays à l’autre, avec le dit et le non dit, et tous les aspects de la mémoire collective, conscients et incons­cients.
La dimension de cette étude ne permet pas de détailler tous les aspects représentatifs des différences de cultures et de civilisations reflétés par un langage qu’on prétend plus unitaire que l’anglais, l’espagnol, le portugais ou l’italien. Penchons nous encore seulement un instant sur l’expression employée dans quelques régions de France lorsque le thermomètre descend au dessous de zéro : « diable qu’il fait froid » dit-on. Au Québec, quand il fait « en bas de moins trente » et que la vélocité du « nordet » fait ressentir sur la peau un froid bien plus intense encore, on dit par litote et par une sorte de respect du sacré (il est des mots qu’on ne prononce pas sans impunité !) : « il fait frette (frais) en maudit ».
Comme on l’a vu, les exemples cités ici et les interrelations en français se rapportent à des pays dans lesquels le français est langue maternelle : la France et le Québec. A plus forte raison les différences culturelles interviennent avec les pays où le français est seulement langue nationale ou langue d’usage. Et dans tous les pays, qu’ils soient de l’une ou l’autre catégorie, il faut aussi tenir compte de relations diverses à la langue et à la culture dominante, en fonction des régions, des âges et des groupes sociaux. Ainsi le Québec ne forme pas un tout : sur un immense territoire [15], les régions sont assez individualisées et la société en majorité d’origine française est très variée (Indiens, Esquimaux, émigrés...). Que l’on pense par exemple à la situation de la femme qui est tout-à-fait différente pour une urbanisée et une rurale, pour une Inuit et une Amérindienne. Le féminisme d’une riche Montréalaise d’Outremont participant à « l’establishment » de la métropole et les revendications d’une autochtone n’ont rien à voir [16].
De la même façon le riz au poisson, le « tiébou dieune », dont on dit qu’il est une des deux préoccupations fondamentales du Sénégalais d’aujourd’hui avec la démocratie, n’est pas perçu ni exprimé de la même façon par une Dakaroise « évoluée », une fille de la brousse ou une des sécheuses de poissons de M’Bour. Il est vrai qu’alors le français n’est guère pratique courante que de la première catégorie.
Mais c’est là une toute autre histoire [17].


[1] E. O. Gorman The invention of America, Bloomington, Indiana University Press, 1961.

[2] Paolo Carile. L’altérité comme défi anthropologique in La deriva delle francofonie, Bologne, CLUB, 1987.

[3] La Bulle SubIimis du pape Paul III en 1537.

[4] cf. Les nombreux commentaires sur l’anthropophagie, la nudité, la polygamie, etc.

[5] Paul Hazard La crise de la conscience européenne (1680-1715).

[6] Paul Imbs. De l’universalité de la langue française d’après et après le discours de Rivarol (1784), Paris, Institut de France, 1984.

[7] Il avait dit précédemment, plus clairement : « Aucune langue... n’est plus sujette à l’obscurité que la nôtre, et ne demande à ceux qui en font usage, plus de précautions minutieuses pour être entendue ».

[8] Ainsi, lors d’un colloque Frobenius à Dakar, Senghor employa cette expression magnifique qu’il reprit ensuite et qui fut largement diffusée : « La guerre de 1914, cette guerre civile européenne que les historiens occidentaux persistent à appeler la 1re guerre mondiale »

[9] Dans les deux cas, il s’agit en fait de cultivateurs. Le mot colon reprit de la vigueur lorsqu’on entreprit de défricher massivement de nouvelles terres dans l’Ouest et dans « les pays d’en haut », c’est-à-dire dans les Laurentides au nord de Montréal.

[10] Ce n’est qu’avec la montée du séparatisme que le mot québécois se développa dans le langage quotidien.

[11] Le Canada, de race blanche mais pays jeune, a joué un rôle primordial dans la constitution du Commonwealth. Pour des raisons du même genre, le Canada et plus particulièrement le Québec, est appelé à jouer un rôle majeur dans la Francophonie.

[12] On doit rendre hommage à Monsieur Alain Rey directeur des Editions Robert ainsi qu’à Monsieur Jacques Cellard, longtemps chroniqueur linguistique du journal le Monde, qui ont régulièrement et à des degrés divers pesé de leur poids pour donner à la lexicographie française un visage représentatif de la pluralité culturelle.

[13] Levi-Strauss, Race et histoire

[14] C’est le même sens de la réalité et du concret de la vie qui caractérise plusieurs expressions africaines bien connues « prendre son pied la route » pour s’en aller, ou « descendre à 5 heures » pour cesser le travail à 5 heures, puisqu’on descend d’un édifice à bureau pour retrouver sa case au ras de sol.

[15] Le Québec, l’une des dix provinces du Canada a une superficie de 1 357 655 km2 soit près de trois fois celle de la France : 555 000 km2.

[16] « Au Canada, les femmes, les Blanches, exigent maintenant l’équité salariale. Nous, les Indiennes, nous en sommes encore à vouloir juste du travail à n’importe quel salaire » Lee Marac1e (Colombie Britannique), in Châtelaine, Montréale, août 1988.

[17] cf. Michel TETU La Francophonie, Histoire problématique perspectives, (préface de L. S. Senghor). 1re édition Montréal, Guérin littérature, 1987, 378 p. 2e édition, Pa­ris, Hachette, 1988, 390 p.




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