Accueil > Tous les numéros > Numéro 50-51 > UN ENTRETIEN AVEC ARAM DIOP-FALL



UN ENTRETIEN AVEC ARAM DIOP-FALL
impression Imprimer

Ethiopiques numéro 50-51
Revue trimestrielle de culture négro-africaine
Nouvelle série-2ème et 3ème trimestres 1988-volume 5 n°3-4

Un entretien avec Aram Diop-Fall [1] : « On ne peut promouvoir les cultures africaines en ignorant la littérature produite en langues africaines »

Auteur : Manfred Prinz

Ethiopiques : Madame Aram Diop-Fall, vous êtes le chef du département de linguistique à l’I.F.AN.-Cheikh Anta Diop [2]. Pourriez-vous nous parler des circonstances de votre arrivée à l’I.F.AN. et aussi des différentes orientations que poursuit votre département.

En 1967, l’orientation du département était surtout la recherche fondamentale.

Aram Diop FALL : Je vous remercie, Monsieur Prinz, je suis arrivée à l’I.F.AN. en 1967, après mon D.E.S. de linguistique. En ce moment, l’orientation du département était surtout la recherche fondamentale axée sur les langues africaines. C’est dans ce cadre que j’ai fait des recherches sur le sereer-siin, ce qui a fait l’objet d’ailleurs de ma thèse de 3e cycle, intitulée « Les nominaux en sereer­ siin »
Depuis lors, l’orientation du département s’est élargie, avec l’arrivée de collègues. Nous sommes cinq chercheurs actuellement au département de linguistique, deux chercheurs travaillent sur le pulaar, il s’agit de Fary Silate Kâ et de Yero Sylla, un chercheur travaille sur les langues cangin comme le noon, le ndut, etc. c’est Madame Sylla. Un autre chercheur travaille sur la comparaison du wolof et des langues dravidiennes, des langues parlées au sud de l’Inde, et moi-même, je travaille sur le wolof et également, je poursuis mes recherches sur le sereer siin.

Ethiopiques : Vous avez fait vos études en France, au moins vous avez soutenu votre thèse à la Sorbonne.
A. D. FAL : J’ai fait mes études à Dakar et j’ai soutenu ma thèse de 3e cycle à Paris III avec le Professeur Serge Sauvageot.

Ethiopiques : Le Professeur Serge Sauvageot, est un des prédécesseurs en ce qui concerne la recherche sur les langues nationales, pourriez-vous nous parler de cette tradition coloniale de la recherche sur les langues africaines qui a commencé certainement avec les missionnaires déjà !


A partir de la recherche fondamentale, nous avons envisagé une application directe de ces recherches.

A. D. FALL : Oui, la recherche a commencé, effectivement, avec les missionnaires qui ont élaboré des dictionnaires et des grammaires dans ces langues et qui ont traduit d’ailleurs également la Bible et d’autres textes. Je crois que c’est une tradition très ancienne. Ensuite, il y a eu des linguistes français qui ont travaillé également sur les langues, il y a eu Monsieur Sauvageot, qui a travaillé sur le wolof, le parler du Djolof, sa thèse est ici d’ailleurs à l’I.F.A.N., dans la collection des mémoires de l’I.F.A.N. Il y a eu aussi Monsieur Maurice Houis qui a travaillé sur le susu. Sa thèse a été également publiée dans la collection des mémoires. Et il y avait d’autres chercheurs qui ont travaillé sur les différentes langues parlées en Afrique, comme par exemple des travaux sur le pulaar de Labouret, etc.

Ethiopiques : En ce qui concerne les accents dans la recherche, est-ce que vous voyez, après l’africanisation de la recherche, c’est-à-dire après que le personnel africain est de plus en plus entré dans le domaine de recherche, une différence d’orientation ?
A. D. FALL : Il n’y a pas une différence fondamentale d’orientation dans la mesure où nous nous occupons toujours de la recherche fondamentale, c’est-à-dire nous visons une meilleure connaissance des langues africaines. Le domaine s’est peut-être élargi avec les nouvelles préoccupations puisque, il y a quand même le problème des langues nationales, le problème de la promotion des langues nationales, de l’utilisation des langues nationales. Cela a créé des besoins et, effective­ment, nous nous sommes orientés également vers la satisfaction de ces besoins. Ainsi, à partir de la recherche fondamentale, nous envisageons, nous avons même envisagé une application directe de ces recherches, par l’élaboration des dictionnaires p. ex., des dictionnaires généralement bilingues, langues nationales-français, mais également des dictionnaires monolingues sont envisagés, et aussi des dictionnaires bilingues entre langues nationales, p. ex. des dictionnaires wolof-pulaar, ou vice-versa, ou pulaar-sereer etc. Donc, il y a quand même un élargissement du domaine de la recherche avec un accent porté sur la recherche appliquée. De la même manière aussi, nous avons travaillé à la mise au point des différents systèmes orthographiques qui ont été adoptés pour les langues nationales. Tout cela c’est une application, en fait, des recherches. Nous faisons actuellement également pas mal de projets, nous participons à l’élaboration de projets qui intéressent les différents secteurs. p.ex. au niveau de l’alphabétisation. Nous pouvons être consultés pour des séminaires de formation, nous avons en chantier, au niveau du département, un projet d’étude sociolinguistique du Sénégal, il s’agit d’identifier les différentes langues parlées au Sénégal, avec un accent particulier sur les problèmes de plurilinguisme, un projet coordonné par Madame Sylla. Par ailleurs, nous avons en collaboration avec les collègues de la Faculté des Lettres un projet qui est assez avancé sur la terminologie grammaticale du wolof. Vous voyez donc, que nous élargissons notre domaine de compétence compte tenu des besoins.
Il y a à peu près deux ans, l’ancien ministre de l’Education Nationale, Monsieur Iba Der Thiam, nous avait demandé de réaliser un projet de terminologie, d’un dictionnaire terminologue pour l’ensemble des disciplines qui ont cours à l’école élémentaire, dans les six langues nationales. Nous essayons de répondre aux besoins de la nation.

Dans le domaine de l’enseignement des langues nationales il n’y a pas une application suffisante des résultats qui sont acquis par la recherche.

Ethiopiques : Je crois, quand on voit la proportion des travaux effectués par l’I.F.A.N. et de son complément en matière d’application, le C.L.A.D., et d’autre part la réalité de l’enseignement des langues nationales, on se demande pourquoi on a tant de mal d’appliquer les résultats de recherche et d’enseigner dans ces langues au Sénégal. Comment expliquez-vous ce malaise ?

A. D. FALL : Oui, effectivement, on ne comprend pas très bien, puisque beaucoup de recherches ont été faites dans le domaine de la préparation à l’enseignement des langues nationales, et on ne comprend pas qu’il n’y ait pas une application suffisante des résultats qui sont acquis par la recherche. Je pense que il y a comme un dialogue de sourds : la politique dit qu’il faudrait que les techniciens essaient de trouver des solutions, qu’il faudrait qu’ils puissent accélérer les recherches. D’autre part, les techniciens eux-mêmes attendent les décisions politiques qui peuvent permettre d’avancer.
On peut faite la recherche en laboratoire, mais il arrive un moment où il faut vraiment sauter à l’application, parce que c’est au niveau de l’application que beaucoup de problèmes vont surgir. Actuellement, les recherches ont atteint un niveau qui nous permet quand même de passer à l’action. Il y aura toujours des recherches à faire, mais cela c’est le domaine de la finition si vous voulez. C’est au moment de l’application qu’on verra les lacunes, les insuffisances, etc. mais au moment précis, où nous sommes, je pense, que les recherches ont vraiment atteint ce niveau, à partir duquel on peut passer à l’action.

Ethiopiques : Face à cette problématique de la promotion de langues nationales, on a ce vaste mouvement de la francophonie depuis quelques années. Il y aura le sommet francophone à Dakar cette année. Si l’on voit un peu des statuts des organisations francophones, il y est surtout question de la promotion de la culture et de la langue française, mais on parle également, pour ce qui est p.ex. l’Agence de Coopération Culturelle et Technique (A.C.C.T.), de « affirmation, sauvegarde et promotion des identités culturelles par la revalorisation des langues nationales ». Est ce que vous y voyez, dans ce genre d’objectif, un prétexte pour mieux justifier la promotion du français, ou est-ce que ces objectifs sont vraiment pris au sérieux ?

On ne peut pas promouvoir les cultures africaines en ignorant la littérature produite dans ces langues

A. D. FALL : Là, c’est difficile de dire si c’est un prétexte ou si c’est pris au sérieux. Ce que je peux dire simplement, c’est que cette intention d’intégrer les cultures africaines ne s’est pas manifestée concrètement, jusqu’à maintenant en tout cas. Cela, c’est très important ! En fait, on ne peut pas promouvoir les cultures africaines en ignorant la littérature produite dans ces cultures. Puisque, vous savez, il y a beaucoup d’auteurs en langues nationales qui écrivent, qui nous apportent leurs manuscrits, des romans, des nouvelles, des pièces de théâtre, de recueils de poèmes, des contes, enfin la littérature de tout genre. Et on éprouve énormément de difficultés pour publier et éditer cette littérature. Je pense que, si vraiment la francophonie voulait manifester son désir d’introduire et d’intégrer les cultures africaines, je crois, la première chose c’est de publier cette littérature, de prévoir un créneau pour l’édition de ces ouvrages. Beaucoup d’auteurs se sont présentés au niveau des maisons d’édition, mais les maisons d’édition, à juste titre peut-être, disent qu’elles ne sont pas des maisons philanthropiques ; au début, je pense, il faut quand même une certaine subvention, un soutien à l’édition.

Ethiopiques : Je crois, qu’il y a un double problème : premièrement, il y a le problème budgétaire, financier, mais il y a, deuxièmement, aussi le problème du public visé et ciblé : Qui peut lire en langues nationales, n’est-ce pas ?
A. D. FAL : Effectivement, il y a ce problème-là. Mais vous savez, il y a quand même aussi des campagnes d’alphabétisation, peut-être pas des campagnes de masse, mais il y a énormément d’O.N.G. qui ont investi dans l’alphabétisation et qui ont fait des campagnes d’alphabétisation. C’est un public potentiel. Il y a également tous ceux qui savent lire et écrire le français, c’est un public potentiel aussi, puisque l’orthographe des langues nationales, les systèmes d’écriture qui sont adopté sont faits de tels manière qu’il est facile pour quelqu’un qui connaît déjà le français ou l’anglais de lire ces ouvrages-là, surtout qu’on met, à la fin de ces ouvrages, le système qui a été adopté pour l’écriture. Donc, tout cela, c’est un public potentiel.
Il reste qu’il faudra, et cela a été dit dans les conclusions des Etats Généraux, mener une campagne de masse pour l’alphabétisation. Mais je pense que, dans la situation actuelle, on pourrait quand même encourager l’édition, et cela pourrait, je pense, également développer le goût de l’apprentissage de l’écriture pour ceux qui ne la maîtriseraient pas encore.

Ethiopiques : Si vous aviez votre mot à dire, quels seraient les trois ouvrages que vous voudriez publier les premiers ?

Il y a beaucoup d’auteurs en langues nationales qui écrivent, qui nous apportent leurs manuscrits.

A. D. FALL : Cela dépendrait de la langue, il faudra peut-être poser cette question à mes autres collègues aussi qui sont spécialistes de pulaar, de sereer et du jola, etc. Pour ce qui concerne le wolof, il y a l’œuvre de Cheikh Aliou Ndao « Guy Njulli », ce qui signifie « Le Baobab des Circoncis », qui est la version wolof de sa pièce de théâtre « Du sang pour un trône » (publiée à l’Harmattan). Cheikh Aliou Ndao est connu comme écrivain en français, également il a écrit beaucoup en wolof. La plupart de ses œuvres publiées en français sont précédées d’une version wolof, mais pour les raisons que je viens d’évoquer, cette version wolof généralement n’est pas éditée.
A côté de Cheikh Aliou Ndao vous avez l’œuvre de Maam Yunus Diene « Aawo bi » (La première épouse). Elle est directrice d’école et elle a également écrit un recueil de poèmes, mais pense surtout à son premier roman « Aawo bi ». Yunus Diene est militante du féminisme et c’est un très beau roman, qu’on a présenté aux Nouvelles Editions Africaines mais malheureusement, ce livre n’a pas été retenu.
Il faut également signaler que, entre temps, Mamadou Diara Diouf (Mammadu Jara Juuf) a publié un recueil de poèmes aux Editions Nubia. Il faut remercier les Editions Nubia, puisqu’elles ont pris entièrement en charge la publication de cette œuvre qui porte le titre « Tawaw Takku » (ce qui signifier « Levez-vous, décidez­vous ! »). Ce recueil a été publié en 1987. L’auteur est professeur de français à l’Ecole Normale Régionale de Kolda. Je n’ai cité que ces œuvres-là, mais il y a d’autres ouvrages, nous avons énormément de manuscrits qui sont sous cette forme brochée et qui attendent un éditeur.
A côté de ces œuvres, que je viens de citer, vous avez également la littérature en caractères arabes et que nous avons essayé de reproduire ici avec des caractères latins. Vous avez de très grands poètes comme Serigne Moussa Kâ, Serigne Mbaye Diakhaté, etc. Alors, une des orientations de notre département c’est effectivement de faire connaître cette littérature de grands poètes qui ont écrit en wolof mais avec des caractères arabes. Nous avons donc, dans nos projets avec le département d’lslamologie, l’intention d’intensifier notre action dans ce domaine. Nous avons commencé, comme je vous l’avais dit, avec Serigne Mbaye Diakhaté et Serigne Moussa Kâ, mais nous entendons poursuivre la tâche dans ce domaine-là.


Ethiopiques : Est-ce que vous collaborer avec les O.N.G. qui sont dans des campagnes d’alphabétisation, est-ce eux, ils prennent votre attache, est­ce qu’ils demandent votre conseil ?

Cette littérature permet aux néo-alphabètes de se soustraire à la fonctionnalité...

A. D. FALL : Peut-être pas d’une manière soutenue, quelques fois des gens passent, qui se renseignent. Mais ce n’est pas une collaboration soutenue. Il serait l’occasion ici, d’attirer l’attention des O.N.G. sur la nécessité d’introduire dans leurs budgets et leurs programmations des crédits destinés à l’édition des ouvrages. Ce serait d’une très grande importance pour la post-alphabétisation. Je sais d’ailleurs qu’ils sont déjà ouverts à ces problèmes, ils se préoccupent de la post-alphabétisation, ils confectionnent des livres de lecture. Mais, je crois, l’avantage des œuvres déjà écrites, c’est le caractère spontané de ces œuvres, le fait aussi que ces œuvres sont écrites par des professionnels qui proposent des thèmes et une esthétique en rapport avec le goût du public en général. Il y a aussi un autre avantage, c’est l’élévation du niveau culturel de ces populations. Cette littérature permet aussi aux néo-alphabètes de se soustraire un peu à la fonctionnalité, puisque vous savez, généralement, l’alphabétisation fonctionnelle en rapport avec les préoccupations des populations. C’est une bonne chose, mais l’utilisation de cette littérature permet justement de compléter cette fonctionnalité, de permettre aux populations de s’échapper vers d’autres horizons, vers les œuvres de fiction, etc...

Ethiopiques : En ce qui concerne les travaux de la Commission Nationale pour la Réforme de l’Education Nationale, est-ce que votre département a été consulté ?
A.D. FALL : Oui, nous avons participé activement aux travaux de la Commission Nationale de Réforme dans sa partie qui s’est occupée de la politique générale de l’éducation et, en particulier, au niveau du groupe qui a travaillé sur les problèmes liés à l’enseignement des langues nationales.

Ethiopiques : Et là, les propositions, qui ont été faites, sont claires.
A. D. FALL : Oui, les propositions sont claires, puisqu’on a étudié très sérieusement les problèmes, on a recherché, on a fait des enquêtes, pour voir au niveau des expériences qui ont été réalisées par le passé et qui n’ont pas véritablement abouti, aussi bien dans l’enseignement qu’au niveau de l’alphabétisation. Nous avons essayé d’identifier les sources d’échec, de blocage, etc. Et à partir de cette étude approfondie des situations nous avons pu proposer des solutions.

Ethiopiques : Mais où en est-on avec les expériences qu’on a faites, avec les classes pilotes qui datent depuis la fin des années 60, qui étaient même lancées sous le régime du Président Senghor ?
A. D. FALL : Oui, il y avait deux types d’expériences. C’étaient les classes télévisuelles qui étaient uniquement en wolof et les classes non-télévisuelles qui étaient menées aussi dans des langues nationales. J’ai visité une classe en sereer, il en a eu également en pulaar.

Ethiopiques : Est-ce qu’on est en train d’évaluer ces expériences, actuellement, est-ce qu’on en tire des conséquences ?
A. D. FALL : Oui, nous avons participé activement aux travaux de la Commission Nationale de Réforme dans sa partie qui s’est occupée de la politique générale de l’éducation et, en particulier, au niveau du groupe qui a travaillé sur les problèmes liés à l’enseignement des langues nationales.

Il y a beaucoup à faire avant l’ouverture des classes en langues nationales... la formation de l’encadre­ment, instituteurs, inspecteurs, etc...

A. D. FALL : Ces expériences, en tout cas, ont été évaluées au moment même de la réunion de la Commission de Réforme, évaluée c’est peut-être trop dire. Il y a eu quand même une critique de ces opérations-là. On avait également arrêté ces classes qui se sont fondues dans les classes normales. A ma connaissance, il n’y a pas eu reprise de ces expériences ; peut-être au niveau des classes-pilotes, je ne sais pas.

Ethiopiques : De toutes les façons, d’après ce que vous dites, cela laisse deviner qu’il y a encore beaucoup à faire et que votre vocation n’est point arrivée à terme.
A. D. FALL : Oui, qu’il y a beaucoup à faire, parce que, de toute façon, avant l’ouverture des classes, il faut penser à une formation, la formation de l’encadrement, instituteurs, inspecteurs, etc. Cette formation doit, - et c’est cela qu’a recommandé la Commission de Réforme -, se faire dans des structures normales de formation. Je crois, qu’il faut vraiment couper avec la tradition qui veut qu’on donne quelques semaines de stage à un maître déjà formé pour l’amener à enseigner les langues nationales. Ce n’est pas parce qu’on parle wolof, qu’on parle pulaar ou sereer, qu’on peut automatiquement enseigner. Je crois, que c’est au niveau des structures de formation qu’il faut introduire cette filière « enseignement des langues nationales ». Actuellement vous avez les Ecoles Normales Régionales qui forment en quatre ans, et je crois que c’est là, dans ces structures ainsi qu’à l’Ecole Normale Supérieure pour les professeurs des Ecoles Normales Régionales, qu’il faut ; vraiment entreprendre la formation. On ne peut pas improviser dans ce domaine, ces stages de courte durée, il faut vraiment les abandonner. Le programme linguistique des Ecoles Normales Régionales est également à revoir, et aussi celui de l’Ecole Normale Supérieure. Il faut que ce programme puisse répondre aux besoins des futurs enseignants en langues nationales.
Je sais, que ces programmes ont été revus récemment, on regrette que les linguistiques n’aient pas été associés à la réforme de ce programme. Mais je crois, qu’il n’est pas tard, puisqu’on n’a pas encore commencé la formation. On peut toujours travailler à la réforme, mais cela me paraît un élément indispensable : avoir des programmes appropriés à ces enseignements-là.


[1] Madame Aram Diop-Fall ; chef du Département de Linguistique de l’I.F.A.N.- Cheikh Anta Diop.

[2] Institut Fondamental d’Afrique Noire Cheikh-Anta-Diop, institut de recherche qui fut fondé en 1938 ;




Site réalisé avec SPIP avec le soutien de l’Agence universitaire de la Francophonie