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QU’EST-CE QUE L’EDITION ?
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Ethiopiques n°48-49
revue trimestrielle
de culture négro-africaine
Hommage à Léopold Sédar Senghor
Spécial les métiers du livres
1e et 2e trimestre 1988
- volume 5 n°1-2

Les éditeurs

Qu’on veuille les critiquer, les complimenter ou simplement les décrire, on a toujours tendance à considérer les éditeurs en bloc comme s’ils étaient solidaires et interchangeables. Il est vrai qu’un certain nombre d’hommes ont en commun le fait qu’ils éditent parallèlement et séparément des livres. Mais là s’arrête leur ressemblance.
Si l’on veut démêler l’écheveau des contradictions apparentes dans lequel s’enveloppe l’édition, il faut, d’abord, se référer aux individus (*).

Quel est leur statut ?

A cette question, il est répondu le plus souvent par la définition juridique des entreprises : sociétés anonymes, SARL, entreprises personnelles. Or cette réponse n’est guère éclairante. Certaines sociétés anonymes ont un chiffre d’affaires inférieur à 1 million de francs, et telle SARL va au-delà des cent cinquante millions. Il est utile, mais pas indispensable de connaître ce statut-là. Beaucoup plus révélateur est celui des hommes qui dirigent ces entreprises. Ils sont trois sortes.
L’éditeur est, ou bien héritier d’une maison d’édition, ou bien fondateur de sa propre maison (1), ou bien cadre supérieur délégué par un groupe à la direction d’une maison filiale.
Voici une première clé. Il est évident, en effet, que les individus appartenant à chacun de ces trois groupes réagiront différemment devant une situation donnée ; les premiers influencés par une tradition, par une image de marque qu’ils n’ont pas créées, héritiers d’une affaire mais aussi d’un nom, dépendants d’une famille qui, suivant les cas et parfois les circonstances, les épaule ou les brime ; les seconds, seuls maîtres à bord, libres de risquer toujours leur œuvre, soucieux avant tout de réaliser un dessein qui leur est propre et qui exprime leur personnalité ; les derniers enfin, comptables de leurs actes devant des gestionnaires, ont souvent de la peine à faire ’admettre une politique à long terme dont, seuls, ils voient la logique.

Comment on devient éditeur

Si l’on écarte les fils ou neveux d’éditeurs qui n’ont jamais envisagé d’autre métier, ils ont toutes les origines. On trouve parmi eux d’anciens polytechniciens, d’anciens universitaires, d’anciens employés commerciaux, d’anciens étudiants des Beaux-Arts, d’anciens avocats et aussi des gens qui, dès le commencement de leur vie professionnelle, ont été dans l’édition. Sans exagérer beaucoup, on peut dire que pratiquement tous les éditeurs français actuellement en activité se sont formés directement, à partir d’intuitions et d’expériences personnelles, ce qui, évidemment, ne peut qu’accentuer leur individualisme et leur originalité.

Pourquoi sont-ils devenus éditeurs ?

Les héritiers, bien entendu, ont voulu reprendre l’héritage, succéder. Parmi eux, on trouve toutes les motivations, la facilité, la vocation, le hasard, le devoir.
Chose curieuse, il en est presque de même pour les fondateurs de maisons et pour les cadres responsables. A part quelques vocations très marquées - Jérôme Lindon, des éditions de Minuit voulait, à quinze ans, quitter le lycée pour entrer dans une imprimerie afin de « faire des livres » - c’est le plus souvent par hasard qu’on entre dans l’édition, tant ce métier complexe est mal deviné, mal imaginé par ceux qui ne le pratiquent pas encore.
C’est après ce coup de hasard, tandis que l’action est déjà engagée, que le jeune éditeur trouve des raisons de persévérer, Gaston Gallimard déclarait être devenu éditeur « pour se constituer une bibliothèque », Paul Flamand, co-fondateur des éditions du Seuil, voulait comprendre son temps et donner au public ce dont il ne soupçonnait pas qu’il avait besoin, Robert Laffont cherchait un métier correspondant à son caractère d’homme curieux des diverses facettes de la vie !

Que font-ils ?

Deux points sont essentiels : la dimension des maisons d’édition et la discipline dans laquelle elles exercent leur activité principale. Parmi les quatre cent cinq maisons interrogées par le Syndicat national de l’Edition en 1981 pour l’établissement des statistiques annuelles, cent vingt-cinq employaient de un à quatre salariés. Cent soixante-dix-sept réalisaient un chiffre d’affaires inférieur à deux millions de francs. Il s’agit là d’auteurs-éditeurs, ou de petites firmes très spécialisées, publiant moins de dix titres par an. Ce sont toujours des entreprises personnelles, où l’éditeur, véritable maître-Jacques, répond à tout, veille à tout, fait à peu près tout.
Un peu plus importantes, cent vingt-trois firmes réalisent un chiffre d’affaires variant entre deux et dix millions. Si parmi elles on trouve encore, comme dans la catégorie précédente des entreprises à peu près inconnues du public, ce n’est pas toujours le cas et dans ce groupe figurent plusieurs maisons d’édition très jeunes ou très sages qui ont déjà fait parler d’elles. Là aussi, entouré d’une dizaine de personnes en moyenne, publiant une vingtaine de titres par an, l’éditeur est un homme-orchestre.
Ensuite trente-six maisons réalisent un chiffre d’affaires situé entre dix et vingt millions. Enfin, soixante-neuf firmes dépassent les vingt millions. Parmi-elles, dont le chiffre d’affaire représente 81,59 % du chiffre d’affaire global de l’édition française, vingt-huit ont un chiffre d’affaires supérieur à cinquante millions de francs.
Economiquement parlant, on pourrait estimer que ces dernières, seules sont organisées comme de grandes sociétés avec délégation de pouvoir et répartition des tâches. Ce n’est pas toujours vrai, et si certaines de ces firmes sont bien telles, il en est d’autres où le patron est aussi omniprésent que le sont, dans leur propre affaire ses plus modestes confrères. Différences donc, liées au poids des firmes, mais imprévisibles parce que corrigées par le tempérament propre à chacun.
Différences aussi selon que tel éditeur s’intéresse plutôt à certains domaines. On verra plus loin que bien loin d’attendre les manuscrits, l’éditeur est aujourd’hui, dans de très nombreux cas, un entrepreneur et un inspirateur. Dès maintenant notons que plus l’édition s’écarte de ce que l’on appelle la littérature générale - romans, essais, documents - et plus elle se rapproche de la spécialisation, plus rares sont les ouvrages achevés reçus par l’éditeur et susceptibles d’être publiés en l’état. Pour les éditeurs de produits audiovisuels la situation est encore plus simple : tous les produits sont commandés.
D’ailleurs, s’il est vrai qu’une partie importante de la littérature correspond encore exactement à l’idée que se fait le public de la littérature tout court, c’est-à-dire un ensemble d’œuvres dues entièrement à leur auteur, les sciences humaines dans leur expression la moins scientifique et les documents sont déjà bien souvent des « produits », c’est-à-dire des œuvres créées non à partir de l’intuition d’un auteur mais de l’expérience d’un éditeur ou d’un directeur de collection (2).
L’éditeur de livres scolaires, bien au fait du monde de l’éducation nationale, sort peu. S’il connaît les inspecteurs généraux et prête une oreille attentive aux enseignants, c’est d’abord dans son bureau, avec ses auteurs qu’il travaille. Il en est de même, avec des variantes, pour les éditeurs techniques et scientifiques que les congrès, toutefois, conduisent parfois à voyager. Discrétion, observation, organisation, plans à long terme sont leurs caractéristiques.
L’éditeur de littérature générale est d’une autre sorte. L’un d’eux, récemment, avouait avoir besoin d’une certaine « surface sociale ». C’est évident. Depuis que Bernard Grasset a expliqué, mettant ainsi en forme, comme une nouveauté, un très vieux principe, comment, pour lancer un livre, on devrait profiter de « la vogue », l’éditeur de littérature générale doit connaître tout ce qui compte, en France d’abord, à l’étranger ensuite, si possible. Pas de succès littéraire sans l’assentiment de ces quelques centaines de personnes. Voilà déjà une raison, importante, pour les fréquenter ? Mais aussi, depuis quelques années, depuis justement que le véritable auteur, créateur solitaire d’une œuvre originale voit ses livres entrer en concurrence avec d’autres ouvrages, rédigés par ces efficaces inconnus qu’on appelait nègres lorsqu’ils étaient à la solde des écrivains et qu’aujourd’hui, collaborant avec des éditeurs on désigne sous le nom de ghost-writers, depuis quelques années donc, c’est dans ce vivier de gens célèbres qu’on peut trouver des auteurs à succès : vedettes de cinéma, sportifs, hommes politiques, grands journalistes, hommes d’affaires, hauts fonctionnaires. On est bien loin des congrès de géologie et des réunions académiques.
Pour réussir là, il faut du charme, de la diplomatie, un style, et aussi une assurance suffisante pour être reconnu comme un pair par des gens qui n’en manquent pas. Il faut aussi, plus que dans les autres disciplines, du flair, le sens de ce qu’aime le grand public (les éditeurs scientifiques et techniques et les éditeurs d’encyclopédies plus proches de la démarche industrielle. Face à des clientèles beaucoup plus homogènes, se préoccupent, par moyens plus rationnels, de savoir dont ces dernières ont besoin, non qui leur ferait plaisir), le goût du risque, du jeu, et aussi une grande souplesse.
Est-ce a dire qu’a part l’objet me de leur activité, les éditeurs n’ont finalement rien en commun ? Si, bien entendu, tous les éditeurs ont en commun le pouvoir de décision et de responsabilité qui en découle. Les éditeurs sont tous responsables et à bien des plans.
La couverture de tous les livres comporte au moins trois mentions : le nom de l’auteur, le titre, le nom de l’éditeur. L’auteur, en signant son œuvre, engage sa réputation, son avenir, parfois sa personne. Cela est admis, courant. Mais on pense moins qu’en mettant son nom ou sa marque sur la couverture, l’éditeur fait de même, avec au moins les mêmes conséquences, vis-à-vis des Pouvoirs publics qui font toujours de l’éditeur le principal accusé, l’auteur n’étant, en cas de diffamation, que complice, mais aussi vis-à-vis de tous ces professionnels qui sont, dans l’exercice de son métier, ses interlocuteurs normaux et obligés, libraires, critiques, courriéristes, bibliothécaires...
Il a accepté ce texte. Il a engagé des fonds sur lui. Il le cautionne. Il en prend le risque. Il en est responsable. Son catalogue, ce sont ses références, son image de marque. Chaque livre publié sous son nom est comme une page de publicité publiée dans un grand magazine.
Dans presque tous les cas, il agit, comme l’auteur, à visage découvert. Bien souvent, en effet, sa firme porte son nom. Il en tire faiblesse et force. Cette identification de l’éditeur avec sa maison est un sentiment commun à toute profession. Personne, dit-on, n’est irremplaçable. Peut-être. Il n’empêche que tous les éditeurs vivent dans la crainte de l’accident, de la maladie qui les empêcherait, pendant deux ou trois mois, de remplir leur rôle. Grasset l’a dit. Péguy l’a dit, ils n’avaient pas tort, si l’on en juge par l’exemple de René Julliard. Patron d’une maison en pleine activité, celui-ci décide un jour de subir, à froid, une intervention chirurgicale. Il sera, dit-il, absent quinze jours. Il meurt sur la table d’opération. Quelques mois plus tard, vendue, revendue, sa maison perd toute autonomie et devient la filiale d’un groupe.
C’est que toujours, partout, il y a l’échéance. Dans le pouvoir de l’éditeur, il y a ce souci perpétuel : l’échéance.

Bonnes et mauvaises fortunes

Pourtant, dira-t-on, cela ne doit pas être si grave. Les grandes maisons d’édition parisiennes sont plus que centenaires. En province, Berger-Levrault a été fondé en 1676, Aubanel vers 1750. Comment les éditeurs, s’ils sont aussi exposés, peuvent-ils résister ainsi ?
Il est vrai que quelques maisons - on les compterait sur les doigts de la main - à force de prudence et de talent, parce qu’elles ont eu la chance, après l’élan initial du fondateur, de trouver parmi leurs héritiers plusieurs véritables éditeurs et non de simples gestionnaires, sont parvenues à se maintenir longtemps. Mais elles ne doivent pas faire illusion.
Autour d’elles, quel mouvement ! Combien de naissances, combien d’échecs, de disparitions, d’absorptions, de faillites au cours des dernières décennies !
Beaucoup de disparus sont de petits éditeurs, que le public a oubliés. Mais il y a aussi l’Artisan du livre, Amyot-Dumont, Bourrelier et Cluny, repris par Armand Colin, Fasquelle, fondu avec Grasset, Hartmann, la Jeune Parque, Lemerre qui fut l’éditeur des Parnassiens, les éditions du Milieu du Monde, Nelson, Odé, les éditions de Paris, etc.
Parmi les nouveaux venus, on note le Cercle d’Art, le Club du Livre, le Club Français du Livre, Belfond, Dargaud, Delphire, Ditis, Dupuis, Fleurus, Hermann, Pierre Horay, Maspero, La Société du Nouveau Littré, La Table Ronde, etc.
Si on élargit un peu la recherche, on constate que la guerre a marqué la fin d’une époque pour l’édition aussi. Rieder a disparu. Fayard, Grasset, Stock ont été rachetés, Laffont, le Seuil, Seghers, France-Empire, les éditions de Minuit, Julliard, les Presses de la Cité sont nés, Bordas a réussi un développement exceptionnel. On note aussi, un peu plus tard, autour des Presses de la Cité, le regroupement de Plon, Julliard, Solar, de la Librairie académique Perrin, de GP, du Fleuve Noir, de 10-18 ; la reprise par Laffont de Seghers ; par Gallimard, de la Table Ronde, du Mercure de France et de Denoël ; par Bordas, de Dunod et Gauthier- Villars.
Enfin, depuis 1968, on remarque la naissance d’un grand nombre de maisons qui, de Champ Libre à Jean-Pierre Ramsay, en passant par Alta, les éditions des Femmes, les éditions J.-C. Lattès, Federop, les éditions de la Différence, Entente, Phébus, Mengès, Olivier Orban, la Pensée sauvage et d’autres, reflètent bien l’évolution de notre société.
A travers ces destins, ces façons d’aborder l’édition, ces tempéraments, on retrouve toujours, très vite, et très facilement, car il n’est ni caché ni protégé, l’individu, l’homme-éditeur, avec sa force, ses faiblesses, ses capacités, ses limites.

Avisé mais faillible

Voici donc l’éditeur. Tout, dans son métier, le pousse à être lui-même, différent de ses confrères, méfiant à l’égard des exemples, des recettes éprouvées qui ressemblent souvent à la routine. Tout également l’oblige à faire face, à décider, à « être au pouvoir ».
Encore une fois, il est engagé. Il n’exerce pas un métier quelconque. Même discret, il a une action publique. La taille de sa maison fait de lui, pour l’administration et les banques, un petit patron, comparé aux géants de l’industrie et de la distribution. Il est seul à décider, car il n’a d’espoir qu’en lui-même.
Un petit éditeur très libéral, entouré de quelques collaborateurs à qui il ne cachait rien se vit un jour proposer un manuscrit politique dont l’édition, très certainement, était dangereuse. La thèse soutenue était conforme à ses idées, mais sa maison, en cas de publication, risquait gros. Malgré son libéralisme, il ne demanda aucun conseil, pesa seul les risques, et les prit. Il estimait en effet que, créateur de son affaire, il était le seul à pouvoir la mettre en danger de mort. Ce qui était le gagne-pain de ses collaborateurs était son œuvre à lui. Il gagna. Il aurait pu perdre.
Pour tempérer cet individualisme, il y a l’expérience personnelle, le métier, la sagesse. Mais pour l’essentiel, c’est-à-dire pour le choix des livres, l’expérience ne vaut pas toujours. Comme le dit encore Grasset, « lancer un auteur, c’est produire dans le total incertain de la demande ».
C’est vrai, d’abord et surtout, pour la littérature. Pour les autres livres, on n’est jamais tout à fait sûr. Alors, en fin de compte, il y a la décision personnelle, injustifiable, mais légitime, de l’éditeur ou du directeur de collection. Et il y a les bévues. Certaines sont fameuses. On se rappelle que Gide déconseilla à Gallimard d’éditer Proust, qu’il jugeait uniquement un mondain. On sait que le même Gide, comme Montherlant, d’ailleurs, fit éditer son premier livre à compte d’auteur. On sait moins que Beckett fut refusé par six éditeurs avant d’être accueilli aux éditions de Minuit. Mais Gide, qui avait comme tout le monde le droit de se tromper, regretta son erreur toute sa vie, et n’empêcha pas Proust de devenir célèbre. D’ailleurs, au début de ce siècle, le compte d’auteur était d’usage courant, et de jeunes bourgeois tels que Gide et Montherlant trouvaient plus facile et agréable de payer quelques centaines de francs plutôt que de faire antichambre. Mais enfin Beckett a reçu le prix Nobel.
En contrepartie des erreurs, il y a tous les succès, aussi imprévisibles, aussi apparemment irrationnels : Grasset lisant Maria Chapdelaine déjà publié en feuilleton dans le temps, sans qu’on y prenne garde, édité sans succès à Montréal et traînant depuis deux ans sans voir le jour à Paris chez un confrère, rachetant les droits pour deux mille francs et en faisant un best-seller tiré à deux millions d’exemplaires, traduit dans le monde entier ; Julliard lançant Bonjour Tristesse, etc.
A côté de ces succès, il y a d’autres réussites, plus secrètes, mais souvent plus admirables, car la chance y a moins de part, c’est l’édition de ces livres en avance sur leur temps qui ne trouvent pas, lorsqu’ils paraissent, de public, dont le succès tardif ne se fera peut-être pas au bénéfice de leur « inventeur », mais qui parviennent enfin à leurs lecteurs grâce à cet acte de foi, à ce choix arbitraire et apparemment malheureux.
Le système d’ailleurs ne fonctionne pas si mal. On sait que Stendhal fut longtemps un inconnu et Rimbaud un poète maudit. Ne parlons même pas de Lautréamont. Mais si l’on sait tout cela, c’est qu’en dépit de la critique et du goût dominant chacun trouva un éditeur.
Il est probable que certains textes moyens n’ont pas pu être édités alors que d’autres tout aussi moyens l’étaient. Il est à peu près certain qu’aucune œuvre vraiment originale n’a échappé au filet tendu par les arbitraires entrecroisés des éditeurs.





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