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SENGHOR ET NELLIGAN : LA NOSTALGIE DE L’ENFANCE
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Ethiopiques n°73.
Littérature, philosophie et art
2ème semestre 2004

Auteur : Mansour DRAME [1]

S’il y a une dimension que révèlent les deux poètes, c’est bien celle de l’enfance. Ils ont comme similarité le fait que leurs œuvres se rattachent aux événements majeurs de leur vie.
Né à Joal dans une famille de commerçants et de propriétaires terriens, c’est à Djilor où Senghor passa son enfance, que se situe le centre de gravité de sa vie, de son œuvre. De Joal à Paris, il n’a cessé de revenir à travers ses poèmes à ce paradis perdu, un lieu spirituel inscrit en lui. Le premier aspect de l’autobiographie de Nelligan retrace les premières années passées à Montréal où il est né. Il vit une enfance heureuse auprès de sa mère et de ses deux soeurs. Le poète rouvre également la porte à ses souvenirs : le jardin, l’école, la maison..., toutes les senteurs, tous les paysages qui firent pour lui de ces années des moments forts de bonheur. Ce culte remonte le cours du temps, fait revivre l’atmosphère d’une époque vécue, révolue et que l’on se plaît à se remémorer, s’inscrivant ainsi dans ce qu’il est convenu d’appeler le retour aux sources. C’était beau avant, quand on vivait, tous ensemble, et qu’on croyait que cela durerait toujours. La vie d’autrefois conduit vers les rivages d’une jeunesse envolée : la prise de conscience est douloureuse. La nostalgie de la société traditionnelle revêt un caractère mythique et colle au présent.
Notre démarche est essentiellement comparatiste. Elle consiste à établir les points de ressemblance, de rencontre et de convergence entre les deux discours poétiques. Car écrire sur Senghor et Nelligan revient à voir la manière dont ces hommes si différents par leurs cultures ont abordé un même thème et selon des procédés identiques. L’objectif est de rapprocher deux styles en vue d’assimiler deux mondes.
L’enfance est perçue, traitée avec l’affirmation d’un certain nombre de valeurs sociales, culturelles ; l’univers familial et ses éléments : l’image du père, ses rapports avec le fils, le rôle de l’oncle maternel et son devoir de solidarité avec le neveu ; la figure très importante de la mère : éducatrice et support moral ; la maison : lieu de naissance et espace de rêve.
Le retour à l’enfance est également associé à la quête de l’identité et dicté par un irrépressible besoin de se ressourcer. Divers aspects s’y rattachent : le terroir, la nature, les traditions, l’évocation de sites historiques et de lieux de mémoire. Les poèmes sont beaux, lyriques, même si on y sent de l’amertume, des regrets et un apitoiement propres aux romantiques.

L’univers familial

Cette vie est fortement marquée par deux traditions et deux langues. L’enfance se passe au sein d’une famille à double visage, réduite à assumer un héritage français-irlandais, sérère [2]-malinké [3]. Le brassage de langues et de groupes ethniques se produisit tant à Montréal qu’au Sénégal. Le père est le résultat de cette fusion, il demeure le symbole même de l’ambiguïté, de la »bi-ethnicit » [4]. A cheval sur deux lignées, il incarne un certain nombre de réalités que l’histoire a réunies sur le même sol. Monsieur Nelligan est arrivé au Canada avec sa famille en 1855. Grâce à la lecture et à la compagnie de Canadiens français, il parvint à réaliser des progrès sensibles en français. La connaissance de cette langue était indispensable à l’acquisition d’un statut confortable et à l’intégration dans une société à dominante francophone.
Les ancêtres de Diogoye, le père de Senghor, ont connu l’empire du Mali. Leurs liens avec les Sérères sont si solides qu’ils ont fini par imprégner fortement la terre du Sine. Toutefois, l’adoption des valeurs du pays d’accueil n’est guère synonyme de reniement ou de renoncement à la culture d’origine, particulièrement à la langue. Monsieur Nelligan n’entend pas cesser d’être irlandais, anglophone et épris de littérature. Diogoye est resté digne, fier, fidèle aux traditions, notamment celle de « parler malinké » [5].
En plus, l’homme apparaît plus dans l’exercice de son métier que dans la vie familiale : actif, mobile, pris par son travail. Le père d’Emile est orienté, très tôt, par ses parents vers un emploi à la poste. Sa famille, certes peu fortunée, connaît tout de même une aisance matérielle pour un fonctionnaire moyen. Il commence à travailler comme commis de bureau au service des postes avant de devenir, plus tard, assistant de l’inspecteur. Les obligations professionnelles le tiennent loin des siens. Ses tournées d’inspection l’amènent à s’absenter, à voyager, à quitter sa famille pour des « semaines entière » [6]. Ce père lointain, Emile le voit peu :

« Mais les bancs sont déserts
Car l’homme est en voyage
On ne le revoit plus dans ses plaines natales » (« Le voyageur »)

Il voyage sans relâche, parcourant le pays en tous sens, pour le compte de l’Etat. Riche commerçant et maître de terres, Diogoye traite avec la société Maurel, une entreprise française qui lui achète ses produits. Ce personnage est peu assidu, toujours absent de la maison. Outre les charges familiales, la surveillance des terres et du travail des paysans l’occupe.
La famille demeure aussi un cadre rigide et parfois austère. Le père représente l’autorité. Les jeunes Senghor et Nelligan adorent mener une vie vagabonde sans règles ni souci du lendemain. Ces garçons turbulents, indisciplinés, ne craignent pas de s’échapper, s’enfuir pour courir la campagne ou errer dans les rues :

« Rêvant de choses disparues
Que vous disent les vieilles rues ?
Alors que vous marchez tard » (« Les vieilles rues »)


Emile marche sans but précis, s’arrêtant un peu partout. La rue Graig, la rue Notre-Dame et la rue Saint-Paul sont ses lieux privilégiés, ses endroits favoris. Les pâturages, les bois et les champs constituent aux yeux de Léopold un cadre idéal pour ses fugues. De telles habitudes ne sont pas du goût du père. Monsieur Nelligan est dur, impérial. A chaque fois qu’il rentre de ses tournées, c’est pour avoir des échanges, des altercations avec le fils. Celui-ci ne présentait jamais le rapport scolaire hebdomadaire. En dehors de ses préoccupations professionnelles, Diogoye s’arrête souvent dans la concession. Le jeune Sédar redoutait l’arrivée de cet homme et les moments de punition et de correction :

« Mon père me battait, souvent, le soir, me reprochant mes vagabondages ».(Postface d’Ethiopiques)

Dans cette optique, le fils ne saurait guère se soustraire à son autorité. Son intransigeance est sans faille envers ceux qui osent prendre des libertés et transgresser les règles établies. Après tant d’égarements et contre une telle sévérité, l’oncle maternel demeure un refuge sûr et permanent. Le nécessaire sera toujours fait ou tenté par lui pour surmonter les difficultés. Frère de la mère, il bénéficie du préjugé favorable que lui accorde celle-ci. L’oncle y répond par un soutien affirmé. Le père Théophile Hudon est le cousin de la mère d’Emile. Son père était le fils de l’arrière grand-père de Nelligan. Il entretient avec Mme Emilie Hudon de bonnes relations. Djilor est le lieu d’origine de Gnilane Bakhoum, la mère de Senghor. Les Bakhoum sont bergers de tradition, attachés à la civilisation sérère. Son frère Waly en est fortement imprégné. Sa stature révèle une dimension intellectuelle, une richesse spirituelle, un intérêt pour la culture. Cet homme est aussi un fin connaisseur de l’histoire, des bêtes et des choses de la nature. Esprit ouvert, le père Théophile Hudon est très marqué par une culture religieuse et littéraire. Ses études lui ont permis d’acquérir de solides connaissances. Devenu prêtre, il enseigne dans plusieurs collèges. Au collège Sainte-Marie, Emile est accueilli par le père Théophile Hudon. Le professeur a pour vocation de transmettre des connaissances et montrer le « droit chemin » [7].
Chez les Sérères l’oncle est une autorité morale. Sa relation avec le neveu est hautement valorisée. On connaît donc le rôle qu’il peut jouer dans la vie de l’enfant. Servant d’exemple et de guide, il prend en charge son éducation [8].

« Toko Waly mon oncle, te souviens-tu des nuits de jadis
Quand s’appesantissait ma tête sur ton dos de patience ?
Ou que me tenant par la main, ta main me guidait par ténèbres et signes ? »
(« Que m’accompagnent Koras [9] et Balafongs » [10])

Au contact de l’oncle, le neveu découvrait la richesse du patrimoine, les grands moments de l’histoire et les valeurs d’une civilisation. L’enfant restera marqué par un enseignement qui lui aura donné savoir et vertus roboratives.

La mère

Autant le père est craint pour une attitude sèche et distante, autant la mère est louée, fêtée, adulée pour une présence forte. C’est la grande figure de l’enfance. Une femme sensible, élevée dans la tradition, telle est la première image que l’on peut en donner. Fille d’un avocat, devenu maire de Rimouski, Emilie Hudon est ancrée dans la culture canadienne-française. L’instruction religieuse au couvent des Sœurs de la congrégation de Notre-Dame de Rimouski explique son orthodoxie catholique. De lointaine ascendance peule [11], Gnilane Bakhoum est une femme remarquable, un pur produit de la civilisation sérère. Fille d’un chef de village, elle a fait un riche mariage en se liant à Diogoye, un homme d’affaires. Celui-ci a aussi compris le soutien qu’elle peut lui apporter.
Chez Nelligan la mère apparaît comme singulière dans sa description. Présentée dans un cadre idéal, son évocation est conforme à la beauté traditionnelle :

« Le front couleur de lys et le regard qui brille comme un éblouissant miroir vénitien » (« Devant deux portraits de ma mère »)

Ainsi, avons nous tout le loisir d’observer la mère d’Emile. A l’aide de photographies fort expressives, le poète en brosse un portrait saisissant. Emilie est une jeune fille drapée dans une jolie robe noire à col blanc. Portant une double chaîne de bijoux, son visage est illuminé par de beaux yeux sous une abondante chevelure. En elle se trouvent réunis les critères de charme de la belle femme. La jeune Gnilane est ravissante aussi. Elle regroupe tous les traits de l’esthétique africaine. De taille moyenne, elle dispose de marques de féminité :

« Vêtue de ta couleur qui est vie Et de ta forme qui est beauté » (« Femme noire »).

Sa carnation plutôt foncée, ses yeux noirs, son teint plus mat que clair en font une figure charmante.
De plus, ces deux femmes ont une force de caractère et une éducation qui sont loin d’être dissemblables. Emilie savoure comme une grâce tout ce que la vie et la musique peuvent apporter d’agréable. Elle s’amuse et se divertit avec son piano. En pays sérère, la poésie, tout comme la musique, fait partie de la vie. Gnilane n’a pas failli à cette règle.
La présence maternelle est un fait inévitable dans une société conservatrice et à une époque où la femme ne travaille pas à l’extérieur. Elle est condamnée à rester à la maison pour les tâches domestiques. A partir de là, les conditions psychologiques et sociales qui permettent d’être mère sont clairement définies. On peut alors comprendre son rôle de protectrice. Si la famille offre une source d’inspiration, c’est surtout grâce à elle.
En épouse, en femme forte, dynamique, Emilie est capable de remplir ses obligations. Prototype de la mère canadienne-française, dévouée, qui connaît bien son sort : le soin des enfants. Son emprise est pénétrante. Rien d’étonnant à ce que le fils soit choyé, gâté comme un petit roi. L’éducation ne peut se faire que dans un climat de tendresse.

« Quelquefois sur ma tête elle met ses mains pures,
Blanches, ainsi que des frissons, blancs de guipures.
Elle me baise au front, me parle tendrement... »
(« Ma mère »)


Le désir de s’affilier, de se fixer à l’enfant est manifeste : besoin d’enfouissement, d’union intime, de vivre toujours avec lui en symbiose. Par rapport à cet univers, la mémoire du paradis est nimbée de douceur : la vigilance de la mère, sa sollicitude et le bonheur de dormir auprès d’elle. Dès lors, elle se distingue par un type de comportement. Elle agit toujours pour servir l’enfant. Gnilane se consacre corps et âme à la protection de son fils ; élevé, dorloté dans un cadre particulièrement idyllique. Il découvre non seulement le bonheur d’être aimé mais aussi les mystères de tout un univers. Son évolution est étroitement liée au souvenir aimable, bienfaisant qu’il en garde :

« J’ai grandi à ton ombre ;
La douceur de tes mains bandait mes yeux », (« Femme noire »).

L’image de la mère est formée dans la toute petite enfance, Senghor porte en lui des trésors de douceur et une aptitude à s’y adapter. Si l’on retrouve un goût pour le lyrisme, ces vers dressent surtout un magnifique portrait d’une femme vivante, déterminée, à la volonté de fer, capable de tout pour préserver son enfant.
Le fait que la mère veille en permanence sur lui est significatif et constitue la preuve d’un indéfectible attachement. Elle s’impose un devoir d’assistance et de secours. Sa présence est synonyme de support affectif et d’équilibre moral. Les indices d’affection entre Emile et sa mère sont réels. Elève peu motivé, il préfère les sonnets aux monotones versions latines, au grec, aux mathématiques. Emilie est la seule personne à l’encourager dans la voie qu’il a choisie : la poésie. Elle lui fait découvrir les réceptions, les spectacles, les concerts. Très tôt, il apprit à aimer la musique, à écouter des mélodies :

« Et s’asseyant devant le clavier noir et blanc
Ses doigts faisaient surgir de l’ivoire tremblant
Moi, j’écoutais, cœur dans la peine et les regrets » (« Prière du soir »).

Senghor, de son côté, se rappelant la période passée sous le protection maternelle, se rappelle du même coup son impact. Sa figure est omniprésente dans ce culte du passé. Sa principale caractéristique reste, sans doute, le désir de guider, d’éduquer et de comprendre. Son ombre le réconfortait, bordait son sommeil, dominait ses caprices. L’apport est considérable, c’est elle qui l’initia à la parole, à la poésie, à la magie du verbe :

« La Bouche de ma mère décline le soir sur un nom rose et le ciel de ses dents » (« Nocturne »).

De ce fait, la mère assume une fonction de charge émotionnelle pouvant susciter tristesse et compassion. Emilie est souvent en pleurs ; l’inconstance scolaire de son fils la peine énormément. Face à un mari furieux, elle joue le rôle de conciliatrice. Elle invoque toute une série de raisons pour couvrir, justifier les absences de son fils : des invitations, des fêtes et des excursions depuis longtemps programmées. Quand le père arrache Senghor aux bras de sa mère pour le confier aux missionnaires, c’est au grand désespoir de celle-ci. Gnilane proteste, argumente qu’à l’âge de sept ans, c’est trop tôt. A cette décision, elle oppose des arguments d’ordre sentimental. Elle vit très mal le chagrin de la séparation. Cette image de la femme s’intègre dans le duo mère-fils qui nous paraît un des traits fondamentaux du langage poétique. Ce duo se traduit dans une cellule fermée, une série de scènes. Emilie est une femme émotive à qui Emile confie ses joies et ses peines. Gnilane a toujours su établir une relation forte, possessive avec Senghor. Dès lors, on voit entre mère et fils ce que peuvent être une intimité, des rapports de confiance et de complicité. Le fils ne vit que par son identification à la mère. Il s’agit là d’un attachement ombilical prolongé : Sédar Gnilane [12], Emile Emilie [13]. La mère manifeste de grands gestes d’affection : caresses, paroles gentilles. L’amour se marque aussi par une attention soutenue, une aide efficace dans les entreprises : Emile se fait accompagner par sa mère dans ses sorties.
Son courage et sa ténacité sont à la mesure de son esprit de sacrifice afin qu’elle et les siens vivent dignement. Elle est remerciée, honorée comme l’incarnation du symbole Femme-soleil. L’admiration est aveugle, le culte obstiné :

« ... ô Mère !
A l’autel de ses pieds je l’honore en pleurant,
Je suis toujours petit pour elle, quoique grand »
(« Ma Mère »).

L’image s’associe à un moment d’extase et à un bel hommage. L’amour pour celle qui lui a donné la vie, les souvenirs qui s’accumulent autour de sa personne expriment une seule idée, sculptent une seule image, celle de la mère. C’est un monument sur lequel on se recueille. Les figures de la sainte, de la mère et de la poésie se succèdent. Gnilane ne s’effacera jamais de la mémoire de Senghor :

« Mère, sois bénie ! J’entends ta voix quand je suis livré au silence sournois de cette nuit d’Europe » (« Race de Saba »).

C’est un signe de reconnaissance pour celle qui a joué un rôle caché mais important dans son éducation. En exil, loin de ses terres, il se souvient encore de sa voix et de son enseignement. La figure maternelle s’affirme, on peut la saisir dans toute sa réalité. Le personnage est béni, glorifié. La patience, le courage, la sagesse, l’esprit d’abnégation sont des vertus qui forcent le respect et définissent sa personnalité.


La maison

Le foyer est une place déterminée, un coin qui marque une vie, où se fixe une identité. Léopold passa les sept premières années de son enfance à Djilor, à 23 km de Joal, à l’intérieur des terres, sur les bords de la rivière Sine. Son père y possède une imposante demeure, une maison de notable. La famille de Nelligan habite à Montréal, au 112 avenue Laval. Dans le quartier Saint-Louis, précisément, la nature fait partie du décor. Situé près des rues Saint-Denis, Abbina et Ernest, ce cadre est romantique et frappe beaucoup le jeune garçon. Aussi présente que le milieu naturel, l’atmosphère est évoquée, elle témoigne de la solidité heureuse de la vie quotidienne. La maison constitue une unité familiale : elle réunit un ensemble d’individus qui se reconnaissent un ancêtre commun. Pendant tant d’années, Senghor et Nelligan ont vécu à l’ombre de la mère, des frères, sœurs et proches.
En dehors de ce cadre, le quartier joue un rôle non négligeable dans l’éducation des jeunes. Etrange atmosphère que celle du carré Saint-Louis à Montréal. Il a l’air d’un petit parc en forme de quadrilatère. Emile aime contempler les jeux de lumière dans l’eau qui jaillit. Aux abords poussent de grands arbres dans lesquels la belle nuit d’été agrafe des étoiles. A la fenêtre de sa chambre, il entend ce bruit d’eau, langage des gouttes qui tombent émettant toujours les mêmes sons. Pas loin de son village, Sédar adore aller dans les champs. Il parcourt la brousse, chasse les oiseaux, guette les mangoustes et gambade derrière chèvres et moutons. C’est la grande liberté, mais c’est aussi l’apprentissage des dures lois de la nature et des rudesses de la vie paysanne ; avec un regain d’activités : pêcher en pirogue dans les eaux ou monter sur un âne pour accompagner le transport de la récolte.
Le quartier est aussi un lieu de rencontres ; les enfants s’y réunissent régulièrement pour jouer. Dans ses loisirs, Emile aime fréquenter le carré Saint-Louis où, à l’heure du couchant, les enfants vont s’amuser. A Djilor, l’enfant africain quitte très souvent la case maternelle pour participer aux jeux de ses petits camarades. Les garçons d’un même milieu, de six à sept ans, sont invités à former une société. La classe d’âge est tout d’abord un groupe de jeux, où se trouvent naturellement tous les enfants d’un même voisinage, ayant sexe et âge relativement proches. C’est la première manifestation du fait qu’ils sont tous profondément identiques les uns aux autres. Faisant l’expérience précoce de la solidarité, ils organisent entre eux des activités récréatives. En pays sérère, le soir, à la veillée, tous les enfants s’épanouissent, s’instruisent en se portant à l’écoute des anciens, des « histoires et légendes du vieux temps » [14]. Le groupe joue son rôle, qui est d’entraide, d’éducation et d’apprentissage de la vie collective. Le but est de se mettre au service de la communauté.

« Je me rappelle les soirs de Djilôr Cette lumière d’outre-ciel des nuits sur la terre douce au soir » (« Race de Saba »).

Par ce biais, l’enfant étend ses relations par-delà le cadre de la sphère familiale dont il est directement issu. Entre les différentes maisons, les habitants du même quartier se créent un lien d’amitié, un esprit de fraternité : ils ont entre eux un air de famille. Le nombre de « frères » augmente, la notion de famille élargie trouve, ici, son sens. Le carré Saint-Louis devint, par la suite, pour Emile, une source d’inspiration, l’espace de ses jeux, le jardin de son enfance.

Un besoin de ressourcement

C’est l’attitude d’un personnage qui ne rêve que de retour, idéalisant sa patrie et pour qui tout ce qui est étranger, modernité, est synonyme de dégénérescence, de perversion des moeurs. C’est par l’enfance que le poète tente ce retour aux sources. Un certain nombre de mythologies se trouvent ainsi réactualisées : les lieux de l’enfance, les vertus de l’enracinement. Tout ce qui gravite autour de l’idéologie de la pureté originelle est à réhabiliter, à restaurer. Senghor a eu à mener ce qu’on pourrait appeler une vie double, résidant une partie de l’année dans son pays et le reste du temps en France, époque qui lui a inspiré la plupart de ses poèmes. Jamais, jusque là, cet Africain de Paris ne s’était autant découvert pour nous faire partager les rêves d’un jeune homme qui voudrait recoller tous les morceaux de sa vie [15]. Il avait alors un peu plus de vingt ans, confronté à l’exil, à la solitude et au racisme colonial. Il n’est sans doute pas inutile de rappeler ce long séjour auquel ses études le contraignirent. Rongé par l’ennui, le poète entreprend ce retour à l’authenticité pour s’évader de cette pesante réalité. L’illustration des valeurs de civilisation africaines apparaît comme un thème antithétique à la civilisation européenne. C’est le moment de prendre en charge ses angoisses ; la poésie permet à l’auteur des cures de rêverie ou de mélancolie.
A l’instabilité de la vie moderne, au processus d’américanisation de la société canadienne française, Nelligan oppose des racines profondes d’une identité séculaire. Sa tâche est de réinventer la société d’antan dont il ne parvient plus à saisir les différents aspects. Quand les choses vont si vite qu’il se sent orphelin de son propre passé, il ressuscite la continuité. Le patrimoine, dont il est dépossédé, doit être reconquis, promu par le chant.
Cacouna, Djilor, Montréal sont des lieux de retour à la vie, exerçant une réelle influence sur leurs habitants. Ils représentent l’Eden, des milieux ouverts sur le ciel, la forêt, la nature. Djilor est bucolique, un village à la fois beau et plein de mystères, avec ses bergers, ses troupeaux et ses paysans. Cacouna est un lieu de repos, de plaisance dont la position révèle l’importance de la terre, l’air et l’eau. De l’avenue Laval au jardin du carré Saint-Louis, la ville de Montréal marque un point de retour, scande la quête des origines. Le terroir colle à la peau, obsède et lancine : « Je me rappelle » (« Joal »).
Cri d’attachement et d’amour d’un homme qui recherche l’espace-refuge de la terre ancestrale. Langoureux refrain qui vante les beautés d’un milieu qu’il a fallu quitter pour enfin en reconnaître les charmes. Il se fait, alors, le chantre de la fidélité à soi, au pays. C’est aussi le rappel de merveilleux moments vécus dans un monde :

« J’évoque un peu des jours anciens Et l’Eden d’or de mon enfance » (« Clavier d’antan »).

Une telle vision du terroir est associée à la paix. Les échos du chant déploient de lumineuses réminiscences, celles de la mer, de la plage, du soleil brûlant. Celles du jeune Emile parcourant la nature, agissant en parfaite harmonie avec elle. Depuis l’âge de cinq ans, il passe ses vacances d’été à Cacouna, en compagnie de sa famille. Au cours des excursions et des veillées, beaucoup de gens participent aux rencontres. Le rythme, la danse y tiennent une place privilégiée. Le grand bal au Saint Laurence Hall égaya tous les vacanciers. A Djilor, sur la place publique, se tiennent les séances de danse, de lutte, tout près de la maison du père :

« Je me rappelle la danse des filles nubiles les chœurs de lutte, oh ! la danse finale des jeunes hommes » (« Joal »).

Ces scènes évoquent un ensemble de rites liés à l’adolescence, à la jeunesse et où le corps est très exalté. Le terroir est une réalité vivante. Il représente non seulement la terre des pères mais aussi celle d’un nombre d’hommes et de femmes qui, d’une manière ou d’une autre, ont tous participé à sa glorification. Par les divers aspects de la vie sociale : les cérémonies, les chants et danses, le désir d’authenticité est toujours manifeste. Le poète précise, alors, à grands traits, les éléments du décor de ce rêve. Il évoque des moments forts : les réjouissances, les parties de plaisir, bref, toute la nostalgie d’un personnage qui se remémore les beaux jours.

« Et la danse du menuet Qu’autrefois menaient sous branches Nos sœurs en robes blanches Aux soirs d’Avril anciens, jetant des cris joyeux » (« Le jardin d’antan »).
La vie y était agréable, sans heurt ni conflit. Le poème de Nelligan fait apparaître, dans ce concert somptueux, une atmosphère riche et dense. Il s’agit, à cet instant, d’un retour volontaire vers un état paradisiaque. Un tel recul lui impose de développer l’idée de revenir au bon temps d’autrefois. De même chez Senghor tout y est : le repli sur soi, l’allusion à un fonds ancien. Les éléments psychologiques et culturels expriment réellement le désir de renouer avec la vie antérieure et la « joie païenne des fêtes traditionnelles » [16]. Belle image du passé qui renforce une impression de bonheur, de richesse et de prospérité. A la faveur de son rappel, il ne peut que séduire. A force d’insistance, ce regard sur la société d’antansefait partial. On repère un repli stratégique vers un horizon immobile et figé. De ce fait, la possession des souvenirs constitue un moyen de ne point perdre ses repères, de ne pas se sentir coupé de son milieu d’origine.


Les lieux de mémoire

Le concept d’identité regroupe aussi des monuments culturels, des lieux symboliques et une histoire établissant sa continuité à travers les âges. Il restitue par le biais d’une étonnante mémoire, fruit d’une longue tradition, l’histoire d’une vie mêlée à celle d’un pays. De cela, il ressort qu’il y a des sites, des paysages, où l’on est d’emblée dans une histoire, immergé dans une culture. Joal et Cacouna ont marqué, fasciné Senghor et Nelligan. Ces villégiatures nous guident sur leurs traces dans des endroits qu’ils ont fréquentés et qui ont inspiré leurs œuvres. Elles ouvrent, toutes les deux, sur l’eau : le fleuve, la mer, et accueillent des étrangers. Cacouna est situé en bordure du Saint-Laurent, Joal sur les bords de l’Océan Atlantique. Par leur rôle dans l’histoire, ces provinces sont restées très célèbres. Le nom de Joal, dérivé de Jo Ale rappelle qu’il y eut une présence portugaise, premiers Européens arrivés au XVe siècle [17].
Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, Cacouna accueillait, chaque année, nombre de touristes anglais, américains, français et canadiens. Le secteur économique se développe grâce aux échangesetàlaruée massive des étrangers. Les Portugais installèrent aussi à Joal un point de traite avec le commerce de l’or, de l’ivoire et de l’ébène. De même qu’à Cacouna, les touristes fortunés contribuèrent, par leur pouvoir d’achat, au développement des affaires. Ce type de rapport mit en contact non seulement les cultures mais aussi les individus ; de nombreux métissages en résultèrent :

« Les signares [18] à l’ombre verte des vérandas [19]
Les signares aux yeux surréels comme un clair de lune sur la grève » (« Joal »).

Plus que des lieux de monuments, Montréal et Mbissel [20] sont des sites où l’histoire gît, enfouie dans les récits ou les souvenirs. Dès lors, l’œuvre est plus intimement liée à une vie, plus associée à une communauté : les Irlandais à Montréal, les Sérères au Sine. Ces derniers ont préféré l’exil à l’adoption de nouveaux modes de vie imposés par l’islam. Les princes arrivèrent dans le Sine, venant du Sud. Sous le régime anglais, les Irlandais émigrèrent, en grand nombre, à Montréal. En 1831, le Québec comptait quelque 40 000 Irlandais fortement éprouvés par des épidémies de choléra et de typhus. En 1839, s’établirent au Canada des familles décimées par la pauvreté et les maladies. Parmi les Sérères qui, au XIVe siècle, s’installèrent dans la vallée de Mbissel, on trouve déjà un Senghor. Et c’est également les vagues d’immigration qui amenèrent à Montréal le grand père d’Emile, Patrick Nelligan, sa femme et leurs trois enfants. Le souvenir de ces lieux présente un intérêt à la fois exotique et romantique [21]. Mbissel rayonna sur une bonne partie du Sine, Montréal devint un grand centre industriel. Leurs poids politique et économique ne pouvait aller qu’en augmentant. Comme fondateur, Maïssa Waly Dione est vénéré ; sa tombe de Mbissel est toujours l’objet d’un culte. Le rôle des Irlandais dans l’essor de Montréal resta déterminant pendant très longtemps. Véritables manuscrits de l’histoire, leur évocation rappelle la puissance des attaches.

« Eléphant de Mbissel, par tes oreilles absentes aux yeux, Entendent mes Ancêtres ma prière pieuse » (« L’enfant prodigue »).

« Et je revis un peu l’enfance en la villa ; Je me retrouve encore avec ce qui fut là » (« Ruines »).

On perçoit mieux l’itinéraire d’un homme, son parcours tracé. Le poète porte en lui sa terre-mère, il s’en nourrit, s’en imprègne. Fin observateur de son pays, il donne à sa réflexion une forme originale et établit des rapports entre le présent, la mémoire et l’histoire.

Le sentiment d’amertume

Ce constat tient essentiellement à la nostalgie, à la fuite du temps et à un état perdu, l’enfance, sur lequel on se retourne de loin en loin, sachant que rien ne vous rapprochera du bonheur et de l’innocence connus alors. Toute la démarche est orientée vers cette reconquête du paradis perdu comme un projet à réaliser. Au-delà de cette volonté, vit un lieu mythique dont le poète a réminiscence et qu’il cherche à rejoindre par le biais du songe. Le choix d’une telle attitude laisse une étrange impression de regret :

« Mais rien n’est plus amer que de penser aussi A tant de choses ruinées ! » (« Le jardin d’antan »).

Les images reviennent, s’entassent : celles des sœurs d’Emile, du chat, des poupées jetées. Les souvenirs du Sine resurgissent : les festins funèbres, les visites du roi Koumba N’Dofène, les rhapsodies de griots [22]. Le temps passe, il remonte dans la mémoire à savoir l’histoire, l’exaltation du passé. De cette perte, le poète va tirer la force qui saura infléchir sa création. Nelligan puise dans le registre et les ressources de cette réalité une inspiration lui permettant de retrouver une part de lui-même. Il s’agit également, pour Senghor, de chercher dans cet univers quelque chose qui lui ferait éprouver un sentiment de retrouvailles avec les « racines africaines » [23]. L’attachement au bon vieux temps et à la réactualisation des valeurs de civilisation paraît primordial. Le poète se laisse entraîner pour en extraire le récit d’une déchirure identitaire. La blessure ne cicatrise pas et elle explique, à sa manière, la tristesse, la mélancolie, la plainte et la douleur. Le pays natal hante, s’infiltre dans la moindre des pensées. Devant la crise des valeurs, surtout depuis l’avènement de la colonisation qui a détruit l’équilibre, l’harmonie de la société traditionnelle, l’heure est aux pleurs, à la méditation afin de retrouver la pureté d’un monde originel. La souffrance naît du fait d’avoir quitté une terre tant aimée. L’authenticité ne consiste qu’en un retour à la vraie vie, à la candeur du moi originel. L’obsession du retour illustre un non-enracinement dans la société contemporaine. Les difficultés pour s’intégrer dans un univers complètement étranger à celui où l’on a vécu inclinent à revivre les scènes d’un ailleurs natal. Transmettre ce qui renaît de l’enfance se révèle comme une catharsis ou un rempart. Les lieux symboliques jalonnent l’espace poétique : la maison aujourd’hui ruinée, le jardin muet, clos, scellé. Nelligan y retourne « avec l’obsession d’un sanglot étouffant ».
Senghor précise aussi un contexte historique, en gros celui de la disparition d’un monde où tout était magnifique, sublime, rien n’était fixé, sclérosé, éteint. C’est, en effet, le culte de la différence, de son esprit, le regret d’une époque qui prennent une importance et pèsent lourd. Le beau monde d’hier contraste avec les ombres du monde d’aujourd’hui. Une société obsédée par l’individualisme et le matérialisme ne se conçoit que sur fond de crispation, de corruption et de déception. Le désespoir se manifeste sous toutes ses formes : vide de l’existence, spectre d’une modernité inhumaine. Seule issue de secours et seul refuge : le recours au passé, la plongée dans les épiphanies de l’enfance. C’est là qu’il tente de retrouver son salut ou sa rédemption, de recouvrer son énergie pour prendre un nouveau départ et surmonter les épreuves. Le songe s’accroche au passé et y puise les illusions d’un paradis retrouvé. La quête de la pureté de l’Eden aboutit au sentiment d’une irrémédiable faillite. Tout apparaît triste, délabré. Le poète souffre de ce malheur. Les cris de douleur ne sont que des échos de la souffrance face au déclin de l’empire du bien, celui des vertus. La vie passe avec ses peines, à commencer par l’irrécupérable bonheur de la petite enfance qui ne revient jamais, qu’on poursuit. C’est une véritable guerre contre la faculté d’oubli, contre le temps. Un combat perdu d’avance mais que l’homme livre malgré lui, avec des armes pathétiques venant éroder les labyrinthes du souvenir :

« Je me rappelle, je me rappelle...
Ma tête rythmant
Quelle marche lasse le long des jours d’Europe où parfois
Apparaît un jazz orphelin qui sanglote sanglote sanglote »
(« Joal »).


Le personnage erre dans un milieu tout de froid et de routine. Son univers n’est pas celui de la joie de vivre, des lendemains meilleurs. Il remet ses pas dans ceux d’hier. La tristesse demeure en lui lorsqu’il perd ce qu’il aime. Le poème reflète une atmosphère délétère, une réalité déprimante, le terrible portrait d’une société où « les fleurs se fanent, les rayons s’estompent » [24]. Se retrouver soi-même, pur, loin de la décadence, débarrassé du carcan de la morosité, est le seul désir, le principal rêve. Les souvenirs d’enfance renvoient à un passé facilement idéalisé et à un présent sévèrement jugé. C’est une manière, sans doute, d’utiliser ce passé pour éclairer l’avenir. Surgit, alors, un homme frustré dont l’esprit se sent menacé. Le retour aux sources permet de comprendre une situation embarrassante : l’errance, la difficulté de vivre et le « mal existentiel de l’ennui » [25].

Senghor et Nelligan, l’un parle du Sénégal, ancienne colonie française, l’autre du Québec, une province francophone sous domination anglaise. Ils ont, tous les deux, subi l’influence de Charles Baudelaire, Paul Claudel, Paul Verlaine, Arthur Rimbaud. La musique est un des principaux éléments constitutifs de leurs poésies, certains textes sont accompagnés d’instruments (clavecin, kôra, piano, balafong, violon).
L’invasion coloniale représente un réel danger : la perte de l’identité originelle. C’est une angoisse que le poète vit personnellement. Elle révèle un besoin de résistance, un sentiment national qui engendre le repli sur soi. La patrie réside dans la mémoire, celle des sons, des mots et des paysages qui laissent des traces de la vie antérieure. Autant de repères d’une société à laquelle il est attaché par des liens si forts.

REFERENCES

Œuvres

NELLIGAN, Emile, Poésies complètes, Montréal, Eds Triptyque, 1995, 303 p. SENGHOR, Léopold Sédar, Poésies complètes, Paris, Seuil, 1990, 429 p.

Etudes

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- Une littérature en ébullition, Montréal, Eds du Jour, 1968, 315 p.
BRISSETTE, Pascal, Nelligan dans tous ses états, Montréal, Fides, 1988, 223 p.
CHEVRIER, Jacques, Littérature nègre, Paris, Armand Colin, 1984, 272 p.
GUSINE, Gawdat Osman, L’Afrique dans l’univers poétique de Senghor, Dakar, NEA, 1978, 274 p.
JOUANNY, Robert, Les voies du lyrisme dans les poèmes de Senghor, Genève, Slatkine, 1986, 161 p.
KESTELOOT, Lilyan, Comprendre les poèmes de Senghor, Les Classiques africains, Eds Saint Paul, 1986, 143 p.
LEBAUD, Geneviève, Senghor ou la poésie du royaume d’enfance, Dakar, NEA, 1976, 97 p.
MICHON, Jacques, Emile Nelligan, les racines du rêve, Presses de l’Université de Montréal, 1983, 178 p.
ROBIDOUX, Réjean, Connaissance de Nelligan, Montréal, Fides, 1992, 183 p.
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SOREL, Jacqueline, Léopold Sédar Senghor, l’émotion et la raison, Saint-Maur-des-Fossés, Sépia, 1995, 201 p.
WYCZINSKI, Paul, Poésie et symbole. Nelligan : poète de l’inquiétude, Montréal, Librairie Déom, 1965, 252 p.
WYCZINSKI, Paul, Nelligan (1879-1941), Biographie, Montréal, Fides, 1987, 632 p.


[1] Université de Paris IV Sorbonne.

[2] Une ethnie installée dans la région du Sine, au centre-ouest du Sénégal.

[3] Une ethnie dont l’origine remonte à l’empire du Mali au XIIIe siècle.

[4] BRISSETTE, Pascal, Nelligan dans tous ses états, Montréal, Fides, 1998, p. 103.

[5] SOREL, Jacqueline, Léopold Sédar Senghor, l’émotion et la raison, Saint-Maur-des -Fossés, Sépia, 1995, p. 14.

[6] BESSETTE, Gérard, Une littérature en ébullition, Montréal, Eds du Jour, 1968, p. 60-61.

[7] WYCZINSKI, Paul, Nelligan (1879-1941), Biographie, Montréal, Fides, 1987, p. 89.

[8] KESTELOOT, Lilyan, Comprendre les poèmes de Senghor, Les Classiques africains, 1986, p. 16-17.

[9] Instrument de musique.

[10] Instrument de musique, sorte de xylophone.

[11] Une ethnie de pasteurs et nomades.

[12] GAWDAT, Gusine Osman, L’Afrique dans l’univers poétique de Léopold Sédar Senghor, Dakar, NEA, 1978, p. 162.

[13] MICHON, Jacques, Emile Nelligan, les racines du rêve, Montréal, Presses de l’Université, 1983, p. 11.

[14] SENGHOR, Léopold Sédar, Poésie de l’action, Paris, Stock, 1980, p. 34.

[15] LEBAUD, Geneviève, Senghor ou la poésie du royaume d’enfance, Dakar, NEA, 1976, p. 15.

[16] CHEVRIER, Jacques, Littérature nègre, Paris, Armand Colin, 1984, p. 77.

[17] Joal fut, après Gorée et Saint-Louis, un important point de la déportation des Noirs. S’il a pu être appelé par les Portugais Jong Dale « l’Esclaverie de sa Majesté » et par la suite Jo Ale, c’est à cause du trafic qui s’y déroula.

[18] Venant du portugais senhora, ce mot désignait, autrefois, la dame de la bourgeoisie métisse. Par leurs origines, ces mulâtresses jouissaient d’un statut particulier à l’époque coloniale.

[19] Galeries de bois formant balcon le long des maisons.

[20] Mbissel a été la première capitale du royaume du Sine et Diakhaw la dernière. Le dernier roi légitime a été Koumba N’Dofène Diouf, mort en 1923. Son successeur Mahécor fut désigné par l’administration coloniale française.

[21] BESSETTE, Gérard, Les images en poésie canadienne française, Montréal, Eds. Beauchemin, 1967, p. 217.

[22] Une caste qui se distingue par sa spécialisation dans la culture et la maîtrise de la parole : poètes, philosophes, musiciens, conteurs, historiens. Leur fonction, dans le cadre de la famille, est celle de mémoire des hauts faits et de la généalogie. Leur fonction, dans le cadre de la société, se réduit à celle d’animateurs, de commentateurs, de médiateurs et conseillers du roi.

[23] JOUANNY, Robert, Les voies du lyrisme dans les poèmes de Senghor, Genève, Slatkine, 1986, p. 40.

[24] WYCZINSKI, Paul, Poésie et symbole. Nelligan : poète de l’inquiétude, Librairie Déom, 1965, p. 89.

[25] ROBIDOUX, Réjean, Connaissance de Nelligan, Montréal, Fides, 1992, p. 30.




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