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ENTRETIEN AVEC MONSIEUR ALI MEROUEH LIBRAIRE A DAKAR
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Ethiopiques n°48-49
revue trimestrielle de culture négro-africaine
Hommage à Léopold Sédar Senghor
Spécial les métiers du livres
1e et 2e trimestre 1988
- volume 5 n°1-2

Auteur : Revue Ethiopiques

Ali MRAOUEH est le patron de la librairie sise au 91, Rue Blanchot à Dakar. Bien connu dans le milieu culturel dakarois, il accueille, sourire aux lèvres, et oriente avec ce savoir-faire qui caractérise ceux qui savent « commercer », les nombreux visiteurs et les clients qui viennent butiner dans son jardin fleuri que représente sa, « La Librairie aux quatre-vents ».
Maillon important dans le circuit du livre, entre l’écrivain l’éditeur et le lecteur, le libraire est dans le commerce des livres-objets de consmmation et des livres-choses de l’esprit. Il vend son produit, oriente aussi, guide, discute et dialogue avec les visiteurs à l’intérieur de sa librairie.
Pour remplir sa mission exaltante, il a besoin d’être mieux connu du public. Les « Foires du livre », les rencontre et les médias sont pour lui de précieux auxiliaires.
Nous avons accroché Ali MEROUEH qui a bien voulu se prêter à nos questions.

Revue ETHIOPIQUES : Etre libraire, Monsieur MEROUEH, un métier ou une mission ?

Ali MEROUEH : Les deux ! Quand on veut choisir un métier pour en vivre, pour bien le faire, il faut l’apprendre. Ça ne s’improvise pas. Etre libraire, c’est un métier qu’il faut apprendre. Il existe des écoles, des cours et des programmes pour devenir libraire.
Mais ce métier de libraire consacré à la diffusion du livre, est en même temps une mission au service de l’instruction, de l’éducation et de la lecture, du divertissement et du loisir, une mission au service de l’ouverture au monde, dans l’espace comme dans le temps - oui, un métier, une vocation et une mission, la librairie !

Revue ETHIOPIQUES : Quel est le rôle du libraire, dans une manifestation aussi importante que celle de la « Foire Internationale du Livre et du Matériel didactique » qui doit avoir lieu du 25 au 30 mai 1988 ?

Ali MEROUEH : Le libraire est un maillon important et complémentaire du circuit livre. Je pense personnellement qu’il se situe comme un élément catalyseur puisqu’il est en contact direct avec le lecteur et représente l’écrivain et l’éditeur. Il est commerçant, mais en même temps, il met à la disposition du client l’ouvrage, il guide et informe. Pour ce faire, il a besoin de créer un environnement. Ce sont les médias, les rencontres et, en un mot toute animation incluant le public.
Une Foire du Livre, c’est un chapiteau, où pendant quelques jours, vivront en commun tous les « acteurs » partageant leur savoir-faire, leur connaissance et leur rêve d’avenir. C’est en cela, l’intérêt du libraire et surtout pas dans le gain.

Revue ETHIOPIQUES : Le contexte africain se prête-t-il à une telle manifestation ? Y a t-il une grande édition africaine. Quelle est la place de la littérature africaine ?

Ali MEROUEH : Soyons réalistes. Nous ne pouvons prétendre atteindre le haut niveau des rencontres telles que Francfort, Paris et autres capitales ; mais devons-nous rester à l’écart et ignorer la richesse de notre patrimoine, et l’intérêt du public ? Le livre est perçu comme une nécessité, pour s’instruire, se former, se détendre et surtout pour être à l’écoute du monde.
Il existe une édition africaine. Elle est locale comme les « Nouvelles Editions Africaines », les Edition Clé, CEDA, basée à l’extérieur comme l’Harmattan, Karthala, Hachette, Edicef, Nathan etc... En un mot, l’Afrique est présente dans la production de beaucoup d’éditeurs étrangers.
La littérature africaine n’est plus une littérature régionale ou continentale. Elle a acquis son titre de littérature internationale. Ses problèmes sont ceux de l’Editeur et du libraire africain. En un mot se faire et se faire connaître. En cela la seconde édition de la Foire Internationale du Livre et du Matériel didactique est importante. Quoi de plus enrichissant que de connaître l’autre dans cette fête de la culture, du donner et du recevoir ?

Propos recueillis par la « REVUE ETHIOPIQUES »
Dakar, avril 1988





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