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JE ME SENS EN GESINE DE MOTS INSOLITES A DEFAUT D’UN MONDE NOUVEAU à LEOPOLD SEDAR SENGHOR
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Ethiopiques numéro 57-58
revue semestrielle de culture négro-africaine
1er et 2e semestres 1993

Auteur : Geneviève DEWULF -ALLENE

Femmitude.

Pourquoi pas femmitude, comme négritude ?

Si celle-ci est voix d’ombre,
ample, puissante et généreuse,
virile,
l’autre peut être la voix de l’ombre,
viride,
au printemps d’un nouveau chant.

Signare.

Signare ; ndeïssane ; balafong ; Dyâli...

Des noms chantent
dans ma mémoire alourdie par les brumes de France,
Des noms de liberté
ou de douleur
qui se dressent
nus
Comme un corps d’ébène
Dans la lumière insolente.

Les mots sous ma plume sont lourds
Ils sont éteints,
ils s’écrasent sur la plage.
Platitude est leur domaine.

Mais votre regard
bienveillant
Le regard de celui
qui sait
la chair des mots,
Le regard du Maître de la Parole
leur donne tout à coup foi,
les relève,
les anime ;
Et leur surrection
me remet debout.
Vastitude est votre royaume.

Décembre 1992





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