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LA SAGA DU PEUPLE SERERE ET L’HISTOIRE DU SINE
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Ethiopiques n°54
revue semestrielle
de culture négro-africaine
Nouvelle série volume 7
2e semestre 1991

Auteur : Fata NDIAYE

L’histoire du Siin, telle qu’elle est rapportée par la tradition orale, est intimement liée à la famille gelwaar.
En effet, c’est avec l’avènement de celle-ci vers le début du 15e siècle, que le pays connaît une solide organisation politique dotée d’un pouvoir central structuré à l’image des anciens royaumes mandingues.
Ces gelwaar étendront du reste leur ascendant dans beaucoup d’Etats du pays, notamment au Saluum où ils formeront leur plus grand royaume, au Kayoor où ils comptent l’un des damels les plus populaires, damel Makodou Yaande Mbarou Fall-Gayndeg Njoloor. Même au Jolof, les gelwaar comptent deux bourba, Mbagne Paaté et Birame Penda Kumba Nguy, aux règnes hélas éphémères et, les nobles descendants de Marna Tamba Jamé qui se sont succédé sur le trône de Yilliyassa sont aussi des gelwaar descendant de Kaasa Menge.
La tradition du Sine retient l’origine mandingue des gelwaar, tout comme elle part du Fuuta pour ce qui est de l’origine du peuplement seereer tant il est vrai que c’est dans cette partie nord que les seereer se sont d’abord installés avant de se subdiviser en plusieurs vagues qui, par des migrations et suivant des itinéraires différents, se rencontrent encore dans le Sine pour former une nouvelle ethnie seereer qui, par le jeu de nombreux métissages, est devenue l’ethnie trait d’union qui, au Sénégal, a su transcender avec bonheur, le problème du tribalisme. Ainsi le « hal pulaar » et le joola sont des cousins - le soosé et le lebu sont des parents. Enfin le wolof est, quoi qu’on dise, l’ethnie la plus proche des sérères.
Notre propos s’articule autour des points suivants :
1. Introduction
2. Exil des gelwaar
3. Le Siin avant les gelwaar
4. Forces politiques
5. L’organisation politique
6. Sine et ses voisins
7. Conclusion - Valeur de la Tradition.

L’ORIGINE DU KELWAAR

Dans le Sine, tout le monde admet que les Gelwaar viennent du Gaabu et, qu’à l’origine, ils étaient des Soose. Le terme manding est rarement utilisé. Dans le parler du Siin il n’est utilisé que dans l’expression, à kop mandin, forêt immense rappelant peut être l’image du grand Mali.
Pourquoi les gelwaar ont-ils quitté leur patrie ? Par où sont-ils passés avant de venir s’installer dans le Sine ? Mais d’abord où se situait exactement leur patrie ?
Si pour les deux premières questions, les versions données sont légion, pour la troisième, par contre, la tradition est unanime pour admettre que les gelwaar sont originaires du Gaabu et des pratiques précises rapportées au cours de leur exil, permettent de les identifier avec les princes de ce pays. Ces pratiques sont entre autres la noblesse qui se transmet par la mère, le destin de la famille lié au sacrifice d’un taureau noir [ngooh-mboondu] en l’honneur de l’ancêtre béni au nom mystique de Kangeer.
Parmi les raisons de leur exil, trois sont fréquemment avancées, défaite à la guerre de succession, disqualification de leur chef candidat à la succession, fuite de sauvetage de l’extermination de la Grande Guerre. Les versions sont diverses, mais toutes admettent que ce n’est pas de leur gréque les gelwaar ont quitté leur patrie. Tout le monde admet aussi que cet exil s’est effectué sous légide d’un « pangool » ou esprit protecteur mystérieux d’un ancêtre béni. Mais la tradition ne donne jamais avec précision, la date de départ de cet exil dont on retient plutôt les nombreuses péripéties et les angoissants problèmes de la première nuit du départ auxquels semble se reférer ce vieux chant de troubadour qui dit :

Maadaam, maadaam,
Boo maad o yeng feedeer
Waal Maangaan fa Bure Maangaan
Mangu naak kaa Bure Ndeeseen
Boo Buj ka ndiid baa ndal o yeng feedeer
Maadaam maadaam
Boo maad yeng o feedeer
Naq waa ndodoox
Fuung waa lool..............
... A koom o koor a andu o baag
O koor ndiikii ndiikii
O koor ndak fo ndukax
O koor jaal jaal
Ngiin ngoor um kaa wooraa

- Ma présence, ma présence
Ma présence de toujours
Présence éternelle qui me permet de relater
les hauts faits du passé
Présence lointaine qui date de la mémorable nuit
Ah nuit interminable que choisirent
Waal-Mangaan et Bure Mangaan pour
exorciser, mettant ainsi en force le troupeau de Buré Ndeeseen.
Ah nuit interminable où les bœufs se sauvèrent en trombe.
Les mangeurs d’âme exultèrent de joie au mépris des innoncents qui crièrent au secours.
Ah nuit interminable !
Nous t’immortaliserons car tu permis aux hommes de se mesurer pour savoir lequel était plus apte pour les diriger.

Mais il faut ajouter qu’au sujet de cet exil, les versions sont nombreuses et variées. Nous retenons ici celle qui a vraisemblablement inspiré le chanteur, puisqu’elle présente l’avantage de porter deux des noms de patriarches de la première génération qui a quitté le Gaaou, on rapporte en effet les noms de Bure Kambe Palam, de Jaalo Palam de Masa Waali maad no soos, de Mus Koto, de Sira Paĉal, de Maadi et de Sakura Seeŋoor.
Bien entendu, la tradition reste muette quant à l’époque ou se passaient ces évènements. Cependant tous les détails de la préparation sont rapportés.
Ainsi, on précise que c’est au septième jour du mois lunaire que l’ombre mystérieuse apparut au chef et permit à la suite de Masa de quitter le Gaaou - Le périple du Gaaou au Siin est passionnant et riche en rebondissements : Kulaar, Jooñik, Gandun, Mbisel sont les repères de la tradition.
Le séjour de Kulaar est long et fécond mais hélas mal connu. C’est en effet à partir de Kulaar que les exilés commencent leur intégration en se mariant aux Soos du Badibu et aux Seereers du Paos. C’est ainsi que Reena Maane, la sœur de Masa, au nom mystique de Siin o Meo, se marie avec la patriarche seereer Ndeene Joom qui s’installe avec la princesse au village de Gapaax (qui signifie Ga’paax, « voir le bien »). On rapporte à ce propos que le seereer aurait vu en songe qu’en habitant ce lieu, il aurait de la princesse une progéniture bénite. La suite des faits lui donne raison puisque ce sont essentiellement ses enfants, Teniŋ Joom Xawlaan Joom, Saas Joom, Maraŋaan et Turki Joom qui constituent avec leurs descendants la branche gelwaar du Siin. De Kumaar, Masa et sa suite transiteront donc avec le Jooñik, le GAUDUN et débarquèrent à Faajaal chez laman Jame Ngom. Celui-ci accueillit les étrangers et les installa un soir de Dimanche à Mbisel. Le terme gelwaar [les étrangers] [kelwaar au singulier] aurait été forgé à cette époque pour désigner les membres de la famille de Masa. Une autre version fait venir ce terme de l’expression o hel-o-war et serait à l’origine du droit de vie et de mort qu’on leur aurait reconnu.

Le SIIN avant les Gelwaar

Aux dires des anciens, le pays [a Sinig] était autrefois une grande forêt où vivait une faune abondante et traversée du Nord au Sud par un fleuve très poissonneux au bord duquel se pratiquait la culture du riz. Les premiers seereer qui y débarquèrent venant du Fuuta y trouvèrent des soose. C’est dans le village du Njaate [Safi folo] que les ethnies se rencontrèrent pour la première fois. Il s’en suivit alors un repli des soose vers le Sud, au grand bonheur des nouveaux venus qui s’empressaient de se tailler respectivement un domaine pour devenir lamene de qui on hérite quelque chose]. De ces premières vagues, seuls sont restés en souvenir les noms des patriarches Sinig et Mbey qui donnèrent leur nom au pays ainsi que ceux de Harwaak coofaan et Lago Ndong o taaБoor, grands connaisseurs canonisés pangool et jouissant même de nos jours encore d’une certaine considération. Chaque lamane avait son autonomie pour régler les différents litiges des membres de sa communauté.
La société des lamanes était égalitaire et n’avait pas de caste. Après l’installation des gelwaar, seuls les « ñoominka » maintiendront cette structure.
Des lamanes qui vivaient à l’époque où Jamé Ngom accueillait la famille de Masa, on cite Jamé Ngom Faajaal, Lam Songo Jwaala, Jokel Jarno Ndimaag, Waal Sa-Tin o Ndoq Saare et Demba Gey Baool.
Chacun de ces patriarches était le magistrat qui rendait la justice au niveau de sa contrée. Mais lorsqu’un plaignant n’était pas satisfait du verdict de son jugement, il avait la possibilité de cassation en ayant recours à un autre lamane. Il pouvait ainsi faire le tour des lamanes qui rendaient publiquement justice sous l’arbre à palabres. L’expression « Ba Бisaam ni nqel Jame », « De grâce ne me traduis pas devant la Cour de Jamé », remonte à cette époque.
A côté des lamanes, évoluaient les saltigi ou chef des madag connaisseurs. Détenteurs du pouvoir spirituel, cet homme du savoir jouissait lui aussi d’un grand respect. Le sport populaire des seereer était alors la lutte dont les champions étaient de véritables idôles. La tradition parle aussi d’un autre peuplement seereer qui viendrait du Sud, et beaucoup de légendes et bien d’autres affinités entre le seereer et les sudistes soose et diola en témoignent. A cet égard citons cette légende qui fait des seereer et des diola les descendants de deux sœurs utérines l’une, Jambooñ, ancêtre des seereer aurait transité jadis par la mer pour venir s’installer avec sa progéniture sur les rives du Sine et du Saloum, alors que l’autre sœur, Agaire, serait l’ancêtre des joola.
Mais qu’ils soient venus du Nord ou du Sud, les vagues seereer qui se sont installées les premières dans le pays formaient une société égalitaire dirigée par de grands propriétaires terriens, les lamanes qui étaient indépendants les uns des autres. Leurs préoccupations essentielles étaient d’abord de trouver des terres propices à l’agriculture et à l’élevage. Loin du tumultueux Fuuta et du Mali conquérent, le Sine avec ses laman d’un côté et ses saltigi de l’autre, offrait un cadre de vie où le seereer très attaché au culte des ancêtres canonisés pangool, pouvait vivre en harmonie avec son milieu.
Mais bientôt arriva la suite de Masa qui proposa un nouvel ordre - la royauté.
Masa saisira en effet la première occasion pour jeter les bases d’une royauté que dirigeront les membres de sa famille maternelle. En effet, il réussira à juger une ténébreuse affaire que les laman réputés sages étaient incapables de demêler.
Pour cette aptitude exceptionnelle de l’être, Jamé résolut d’en faire son Maad nqel devant toujours être présent quand on rend la justice. Maad signifie « présent ».
Jamé avait donc choisi l’homme pour son intelligence et sa probité.

DU MAAD NQUEL AU MAAD FARI

En se proposant de faire de Masa leur maad-nqel, Jamé et les siens ne s’imaginaient pas qu’ils avaient affaire à un prince déchu en quête de couronne et qui allait s’employer avec tout son génie à jeter les jalons d’un système dont sa famille allait être la principale bénéficiaire.
En stratège émerite, il s’entoure intelligemment de toutes les garanties préalables à une prise du pouvoir sûre et durable. Ainsi après avoir supplanté les laman, détenteurs du pouvoir spirituel qu’il réussit à détrôner, agrandissant ainsi son prestige. Nous sommes en effet à une époque où chez les seereer, la valeur d’un homme est fonction de l’infaillibilité de ses prophéties. Par un jeu de mariage savamment calculé, il lie de solides alliances avec les riches lamanes, les très populaires champions de lutte et les grands connaisseurs.
De leur côté, les hommes de caste, en idéologues avertis, par la création et la vulgarisation d’un mythe charismatique et salvateur du gelwaar, contribuent à son ascension. C’est ce qui explique du reste qu’en retour eux aussi seront respectés et bien entretenus dans les cours royales.
Mais le peuple sérère relègue tous ces éléments au second plan et considère Masa comme un homme extra-ordinaire dont le puissant pangool était inégalable. C’est ce qui avait poussé les lamanes à le considérer comme le meilleur magistrat à qui on pouvait en toute quiétude confier la terre et l’eau, source de vie de la grande famille des visibles et des invisibles du monde sérère.

LES FORCES POLITIQUES

Après la disparition de Masa, bien des lamanes ne se sentiront guère liés par les propos de Jame Ngom. Aussi la véritable conquête ne sera-t-elle effective qu’avec la mise sur pied d’une force politoco-militaire, le kurcala ou famille paternelle du prince. De par sa fonction, elle est comparable au parti politique en ce sens qu’elle vise essentiellement la conquête du pouvoir. Le kurcala regroupe tous les membres de la famille paternelle ainsi que leurs alliés, et définit une stratégie commune pour défendre l’intérêt de la famille. La force dépend du nombre de ses membres. Chaque kurcala est autonome mais dans la conquête du pouvoir, on a vu que des kurcala différents se sont alliés à l’issue de leur victoire, se sont partagés les avantages (FAYE­NDIAYE), (FAYE-SENE) etc.
Ainsi le système du Siin se caractérise entre autres par son pluralisme, car chaque kurcala tentera de jouer les premiers rôles, ce qui débouchera sur la confrontation des forces en présence. Du coup aussi s’installe l’alternance politique qui, à travers toute l’épopée gelewaar, sera vécue par chaque génération. Examinons à partir de quelques exemples l’action de quelques unes de ces principales forces politiques. Les FAYE les JUUF les NGOM les SEEN (les FAYE­NGOM-SENE-JUUF).
D’abord ce sont les FAYE, aidés des NGOM qui s’emparent du pouvoir et s’imposent par les urnes avec Waagaan Teniŋ Joom, le deuxième héritier et fondateur de la capitale de Njongoloor. Waagaan est un neveu de Masa, mais son père Boukar Birame FAYE est un seereer. Waagaan soumet tous les lamanes et reste le vrai conquérent du Sine qui en est reconnaissant en lui dédiant son nom. Le SIIN-WAAGAAN.
Ses hauts faits sont à l’origine du poème bien connu et repeté de père en fils - et qui se traduit à peu près ainsi :
Dugu-dugu est la lance de Waagaan.
Yaakiis est le rapide cheval de Waagaan
Garabel, qui vient est cuit, est le juron de Waagaan
Xanjan est la belle pipe de Waagaan Ngoor o Ngendemaan, Waagaan l’a tué
Jogo Saanjaan à Njaakaaneem Gawlo Busnax
Laanjugaan o Jaareex
Ndiig à Paaraar
Jibaan o pul Poodoom
Ces riches et puissants hommes s’opposèrent farouchement à l’autorité gelwaar et furent tour à tour éliminés par Waagaan qui, à la fin de son règne, disparut mystérieusement dans le petit bois de Masa. La famille FAYE a donné plus de dix rois dont les plus populaires sont :
1. Waagaan Tenin Joom
2. Waagaan Kumbasaanjaan
3. Jee Nqac
4. Waasila
5. Laasuk Fanaan
6. Lassuk Nilaan Samba
7. Sanmoon Fay.
Le poème relatif à l’épopée de SANMOON FAY fait apparaître que leurs membres croyaient entre autres que le courage était la qualité essentielle des princes qui voulaient gouverner.

Maat Sanmoon

Sanmoon Abdulaay Jimboor
A laase Njambaar fo ngiin ngoor
Yaa ta inoorna o Nan-Cungum
Maana Fa’ool no jig xaarit um
A Njulbeet a reefu maa Wula-Sanu
A jof a Maqaĉ, maa no lam o Nduur Amdu
A suur o Sanqaay, a beer Pooleek, a fe’ko Naafiaañ
Aniin maad’u kirin naa Ñaañaan ?
Na mbin Njaak Maye Saan
Faa rimeena no mbindo Mbegaan ?
Jee-Siga fa Mbaad Diibo-Seen
Latkayre fa njiin o kor Ndeeseen
Jeen Pooleek fa Sanu Mbin o Ndaar
Faa-fay fop a ngumnu a ngadu kidi a ngar
A ndolfo ngib o ngir ndax da njang o
Jaxaaw
A koom Faa-fay a laltu ee den njambaaru taaw
Leemu dee humnite o ndoofaan no maad
Maga dañtaa boo jaxaaw no aqel ne maad
Biram kodu a laxasel o maad fari
Jaraaf Mbaad Diiboo Seen a xoytin ndaw daali
A cunjun a njokin, Sinig a feetaa
Sadar we ee oxene soxodu ba dodel
Paar o Jaxaaw a far maana jiinaa
nala mat a far mene a mos o jaacaa
Oxaa na Waagaan Kumba-Saanjaan
Fa Waasila o yaal a Tiiñaan
O len weeckee o njaac onqe Ngaandem
Fa Tomaa Kumba Koonenm
O paay-fay o lam laatir fa ndar
A sada sadee o lama njambar
O paa-fay kaz jambaaraa boo nqol naa nookoox
A rimel Naawul, mbaa njaalaaj nen yaal o ndurboox
Biram Kodu Fay weec kataan
Moon koli tubur nduufkataan
Jiko-doom a humnu a beer a Nee­neem
A yoon fa Laademba Jaan a fudoox a ngooxeem
Bukar Doombur Manga Ciloor a lam o batkeer
A koom a ftaku nis um yaam jom seereer
Sanu humna Sedu a xebto Njongoloor
A fudook a Nqoye, a doxin njoloor
A koom a waru ndene, a dam a Samba geet
A fuud yoq waasoox yaa cek a layaa mbeet
Boo pis den kaa ndiid baa yenko Ngeeraan
Nafa raxtu ngoor kaa na xire faa mbaqaan
Ndaa a koom a naku Biram Seen o paar
Cey ndaw a salma-koor a cambaar !
Gim a bisu no ĉufig naa Coofak
Maaga damtu’ ’koor a humin ñaaĉ fa xa paak
Rep-Ndaw a naayu o yoon fa bisik Waanaar
A fiiqil xir waa no lang olaa Paataar
A koom a dibu Saamberi o qir talkeer
A xaañ Waajoob Yaande ceefeer
A boom a Waa-paal yaa kid ac nqoolaa
Boo a tud aka nqapa nqes a copan a piicaa
A sim alaa na banj alaa Mbeyaan
Was madagna soom mbe’u ngeenaan
Kaa da layna siinaane ta nan
Pante naak wokte a xaad a Mbaan
Hey faap no Njuuk 0 kelwaar Moon­Koli
Kaa war a kab, a yul o ngid Jingili
Saara fa Biram Yaasiin, ta fokataden a teefaar
A gefmbind naa Noxo-Henaan Baar
A jof a kor Mbade lul
Soo a ret Jilaas, a dod a Suka Mbul
Hey ñaka Penda faa xojil
Ten hamte Njogoy pasil
Ten xooye Biram kod-Faal
Xaarit Cee yaasiin Faal
O yaal mbuus fa Teefarar
Mosee jab o gen fo sadar
Ten fakooxu ee o piu naa weecaa
Ndao a pi’e nee weecaa
O lam laasuk Coro o yaal jom nee lubeel
Jom tigi-tigi, fat i njab ee kaa lameel
A koom ne aqes moseer ne xojil
I ñaku o koo a sadu ndigil
Yaa da sopna Ngoo-Kumba daap qut fo yaay
A dugu ndal, a faamir fo batan, a fañ o lay
Kaa da mbokit o jawdu le no xoox um
Soo a ndoomin boo ta deku laaw um
Ndao Moon-koli yufee, diidee, sendee
Boo yaa ta nak aa, wuusnuwee, iinee too loolee
Ya Moon-Koli duufe, Nqaaw jegatee o yaal,
Cope jegatee 0 yaal
Moyantik na dibaa joli
Ten xaa bolna fa Moon-Koli.





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