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LA PORTE DE FATA : UN HIATUS HISTORICO-GEOGRAPHIQUE
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Ethiopiques n°54
revue semestrielle
de culture négro-africaine
Nouvelle série volume 7
2e semestre 1991

Auteurs : Mame Demba THIAM et Amadou Tahirou DIAW

INTRODUCTION

L’évocation de la porte de Fata ou Buntu [1] Fata peut servir de support pour approcher l’histoire du Sine et mieux comprendre le rôle de l’espace laguno-estuarien de Joal-Fadiouth­Palmarin en aval de la « problématique de Mbissel » [2]
La source qui mentionne la Porte de Fata au XIVème siècle [3] est sans doute crédible dans son aspect géographique, mais soulève des questions d’ordre événementiel et chronologique. Ici, se pose, le problème de la fiabilité des sources orales [4], en relation avec la réflexion du R.P. GRAVRAND, lorsqu’il écrit que « pour être crédibles, les sources orales doivent recevoir à certaines étapes la confirmation des sources écrites » (op. cit, p. 44). Cette réserve ne semble pas être tout à fait admise par L.S. SENGHOR qui, dans la préface du même ouvrage note : « (...) Heureusement que j’avais bien, non pas appris, mais écouté l’histoire des Gelwars... » (op. cit. ; p. 13).
Ainsi, en partant de ces deux postulats plus ou moins équivoques, nous ajoutons un troisième volet qui est la nécessité de prendre en considération les documents iconographiques (schémas, croquis, levés, plans et cartes, etc.)
Les documents iconographiques figurant la Porte de Fata, qui correspond à une ouverture sur l’océan atlantique, permettent d’étudier les modifications du littoral [5], les itinéraires retenus, notamment ceux qui concernent l’arrivée des Gelwars dans le Sine et le rôle que ce débouché a joué dans la tradition orale. En effet, Fata (Bois, Village et Rivière) se présente comme une sorte d’inconnue mythique ou mystique, de l’équation géographico-historique du Sine en relation avec l’installation de Maïssa Waly Dione [6].

1- LA PORTE DE FATA

L’ouverture de la Porte de Fata a jadis isolé, en partie la flèche sableuse de Sangomar, à la suite d’une communication entre le marigot de Ndangane, la rivière de Jas et l’océan atlantique.
La Porte de Fata était identifiée comme une ancienne passe dans les récits des navigateurs et explorateurs du XVeme au XVIIeme siècle [7] Plusieurs sources écrites ou cartographiques mentionnent la présence d’une rivière située à l’emplacement de la Porte de Fata et qui se jette dans l’océan atlantique [8]. Certains auteurs la nomment « Rivière Marame Paye » [9] et d’autres, la « Rivière de la Grâce » [10].
Ce deuxième toponyme est très évocateur. Car en fait, par voie maritime l’accès au continent a toujours été difficile. Il l’est encore ; même si l’ouverture est colmatée par les sables de la dérive littorale. Les pêcheurs et piroguiers s’en approchent rarement, du fait de la présence de hauts fonds mobiles.
Le littoral de Joal-Fadiouth-Palmarin est complexe. Nous l’avons cependant défini dans une étude récente [11] comme un milieu intermédiaire ou « laguno-estuarien ». On note une communication entre le cours du fleuve Saloum et la lagune (fig. 3). Cette communication s’opère par le biais d’un lacis inestricable de chenaux de marée qui gonflent ou s’estompent au fil des années.
Le littoral de la petite Côte offre des formes très instables. Cet aspect concerne la dynamique marine et côtière à jour avec la Pointe de Sangomar que l’on retrouve en îlot aujourd’hui, à la suite du fonctionnement de son ancienne embouchure. Cette ouverture, et celle qui donne accès à Fadiouth représentent un raccourcis qui, en raison des accélérations de courant au flot comme jusant. Une fois ces passes franchies, ce sont des sites insulaires qui se présentent avec leurs particularités, entre autres sécurisantes. De ce fait, on doit s’interroger, une fois de plus, sur l’emplacement de la Porte de Fata. Est-on en présence de la Porte ou « Buntu » qui mène à Fata [12]. C’était une localité et une forêt qui apparaissent comme une palimpseste en plus dans la houle de « l’histoire » Gelwar. Fata aurait joué un rôle géographique fondamental qui permet de parler de l’insularité, si on y ajoute l’île de Fadiout, alors les Palmarin (Jaxanor, Facao, Ngalou, etc.) et Mbissel apparaissent comme ses homologues. Cet argument s’appuie sur le fonctionnement de la rivière de Mbissel qui appartenait au système laguno-estuarien du Saloum [13]. Au demeurant, il reste beaucoup à comprendre dans la géographie historique et actuelle de cette région côtière.

II - ROLE HISTORIQUE DE LA PORTE DE FAT A

L’arrivée de Maissa Waly Dione dans le Sine est jalonnée de balises multiples. Les étapes qui concernaient les localités préexistentes sont vivaces dans le souvenir collectif des populations actuelles. Des lieux-dits aux noms particuliers, sont connus dans la région comprise entre Jaxanor et Joal pour avoir accueilli une naissance Gelwar [14], une sépulture ou un sanctuaire, etc. C’est dans ce contexte que se situe le rôle de la Porte de Fata en tant que voie de passage. H. GRAVRAND (op. cit., p. 280) l’évoque en ces termes : « Après être restés plusieurs mois à Jaxanor les Gelwar, guidés par leur Ombre, reprirent le chemin de l’aventure. Ils longèrent la côte atlantique en direction du Nord. Ils cherchaient certainement à atteindre l’île de Fa Juc, qui a une telle place dans le Mythe gelwaar. La mer rendait ce parcours difficile, à cause du passage de la Porte de Fata, passage toujours dangereux par ses courants et ses sables mouvants. Le groupe se rapprocha donc de la Porte de Fata, attendant une occasion favorable ».
Il reconnaît implicitement que Maïssa Waly est passé par Fata et se serait rendu à Fa Juc après la disparition de son neveu Mara Diom. Il introduit cependant une autre variante du chroniqueur Sereer, Niokhobaye DIOUF [15] et mentionne : « Après le passage dramatique du rias de Ndangane ou de la Porte de Fata (...) » [16].
La tradition orale retient donc deux itinéraires possibles (le premier de Diakhanor à Fadiout en passant par la Porte de Fata ; le second de Diakhanor à Ndangane puis Mbissel). Dans un cas comme dans l’autre, il est surtout important de retenir les déplacements fréquents de Maïssa Waly à cette époque. Ce fait est perçu dans la Chronique de Nokhobaye DIOUF, qui écrit : « Maïssa Waly s’arrêta brièvement à Ndangane avant de continuer jusqu’à Diakhanor-Palmarin où il séjourna pendant six mois. Son serpent Ginâru lui conseilla d’aller à Mbissel ». Cet itinéraire n’est pas direct et pose quelques problèmes [17].
Même si la tradition orale omet parfois de mentionner, « La Porte de Fata », il est possible de penser qu’elle a occupé une place importante dans l’Odyssée Gelwar. Quel rôle les populations qui habitaient Fata ou ses environs ont elles joué à l’arrivée de Maïssa Waly Dione ? Existe-t-il un lien entre le tim des Fata-Fata (Fatick ?) et la porte de Fata ? [18]
La richesse de la région laguno-estuarienne (agriculture, récolte de coquillage, pêche, récolte de sel, etc...) permet de parler du rôle économique de Fata ou de la Porte de Fata en tant que voie de passage dans une région fort prospère à une époque protohistorique et historique.
La recherche de toute chronologie en relation avec l’arrivée de Maïssa Waly Dione dans le Sine peut, également, s’appuyer sur la signification toponymique des villages à racine Fa comme Fadial, Fajuc, Fasaxoor, Fayil, Fabura, Faoye, Facao, etc. Ainsi, on peut intégrer Fata dans cette démarche (...).
Fata est un flou historique qui apparaît comme un non-dit entretenu pour quelque raison, qui, au demeurant, contribue souvent à rompre toute une trame historique dans certaines versions de la tradition orale.

III - ROLE MYTHIQUE OU MYSTIQUE DE LA PORTE DE FATA

La chronique des traditionnalistes est racontée différemment, sous forme mythique ou mystique selon qu’ils s’adressent aux profanes ou aux initiés. Ainsi, avec l’arrivée de Maïssa Waly Dione dans le Sine, le mythe ou le mystère Gelwar se pose véritablement après l’étape de Jaxanor, car il est difficile d’être fixé sur la préséance de la localité visitée. S’est-il d’abord rendu à Mbissel puis à Fadiouth ou l’inverse ? [19]
Quel que soit l’ordre des étapes, dans les versions, son arrivée a été perçue, par plusieurs sources, comme « le début d’une période nouvelle, en constituant un point de référence dans la plupart des problèmes historiques, juridiques, religieux et culturels »... Et même si la Porte de Fata apparaît comme un hiatus, elle peut être considérée comme un point de référence spatiale à l’aval de la problématique historique qui concerne les Gelwars [20].
Le flou qui entoure les « directions » empruntées par Maïssa Waly n’altère pas grandement la chronologie. Il peut s’expliquer par le fait mythique qui accompagne le troisième cycle de l’arrivée des Gelwars (chronologie de H. GRA VRAND).
Mahécor Diouf (cité par GRAVRAND H. - Cosaan) note que « l’essentiel de l’aventure et de l’esprit Gelwar prenait sa source sur la Petite Côte entre Jaxanor, Fajuc et Mbissel ». De ce point de vue, la zone laguno-estuarienne est très mythique. Les déplacements de Maïssa Waly Dione correspondraient à la recherche d’un site, et il semble que chaque localité jouait un rôle particulier. En effet, à la lumière de ce qui précède, on peut penser que Fadiout était la capitale économique (avec une activité religieuse non moins importante) ; Jaxanor occupait une place religieuse avec une spécialisation dans la protection en mer et Mbissel semblait être la capitale politique. Par ailleurs, la place de la Porte de Fata pourrait correspondre à l’importance donnée à « certains lieux (...) redoutables pour les navigateurs » et de ce fait, « sont considérés comme des lieux du sacré » (GRAVRAND.H. - Pangool. p. 327). Le sanctuaire de Fata n’est-il pas lié à la disparition de Mara Diom (neveu de Maïssa Waly Dione) lors du passage de la Porte de Fata ? Cette tragédie ne pose-t-elle pas la question du sacrifice au Dieu d’Eau ?
Nous pensons que la version mythique entretient le silence sur une vérité. Et le secret qui entoure l’étape de Fadiout (ou post-Diakhanor) ne s’explique pas à notre avis par « un orgueil quelconque qui peut blesser telle ou telle autre famille », comme le soutiennent certains traditionnalistes. Mais il pourrait plutôt s’agir d’une ignorance de la vérité, ignorance qui graviterait autour d’un mythe, qui, en réalité, est un mystère.
L’étape de Fadiout se pose plutôt en terme de spiritualité à base mystique. Maïssa Waly connu comme un grand féticheur aurait passé un séjour mystique sur une des îles inhabitées de l’agglomération de Fadiout. Comment s’est opérée la coexistence ou la symbiose religieuses entre autochtones et Gelwars.

Conclusion

La géographie historique du littoral sénégalais permet d’interroger la tradition orale qui est, ici, confortée dans la description spatiale qu’elle fournit, tout en étant lacunaire pour quelques faits. C’est ainsi que des sources omettent de mentionner le toponyme de Fata, ce qui masque une certaine chronologie, mais aussi des faits économiques, socio-politiques et religieux de la région laguno-estuarienne de Joal-Fadiouth-Palmarin.
En effet, Fata, (Port, rivière et forêt) fermée par les apports de la dérive littorale, occupe une place historique fondamentale quant à l’installation des Gelwars dans le Sine. Il doit à ce titre, être rappelé comme une étape mystique de Maïssa Waly Dione et comme un sanctuaire du Sine.

BIBLIOGRAPHIE

* BECKERS C., MARTIN. U. - « Notes sur les traditions orales et les sources écrites concernant le royaume du Sine », Bull. IFAN, sér. B., T. 34, n° 4, pp. 732-777, Oct. 1972.
* BOULEGUE J. - « Trois anciens points de traite de la Petite Côte sénégalaise : Palmeirinha, Punto Sereno, Porto Novo », Notes Africaines, n° 137, p. 16-22,1973.
* DIAGNE P. - « Royaumes Sérères », Présence Africaine, n° 54, p. 142-172, Paris 1965.
* DIAW A.T.- « Images d’une flèche décochée. La flèche littorale de Sangomar », Notes de Biogéographie. n° 4, p. 6-21, Dépt Géographie Dakar 1990.
* DIA W A. T., THIAM M.D. - « Etude par télédétection du milieu laguno-estuarien de Joal­Fadiout-Palmarin » (à paraître in PHOTOINTERPRETATION, 4p, 4fig. 1990).
* DIOUF N. - « Chronique du royaume du sine », Bulletin IFAN, sér. B, T. 34, n° 4, p. 704-732,Oct. 1972.
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* GUEYE M. - « Note sur la tradition orale employée dans ce travail », Inédit, in Thèse Doctorat d’Etat ès Lettres, 15 p.
* GRAVRAND H. - La Civilisation Sereer ­ Coosaan, N.E.A., 361 p, 1983.
* GRAVRAND H. - La Civilisation Sereer ­ Pangool, NEAS, 473 p, 1990.
* THILMANS G. - « Le Sénégal dans l’œuvre d’Olfried DAPPER », Bulletin IFAN, Sér. B, n° 3, pp. 508-563,1971.
* THIAM M.D. - « Géomorphologie, Evolution et Sédimentologie des terrains salés du Sine Saloum (Sénégal) »- Thèse Doctorat 3ème cycle. Univ. Paris 1, 186 p, 50 fig, 11 photos h. 1

REMERCIEMENTS

Nous tenons à exprimer nos vifs remerciements à Pierre Marie DIOR et Joseph Armand SARR, étudiants de Licence de Géographie. respectivement originaires de Fadiouth et de Palmarin-Facao. Ils ont, en effet, participé à nos missions de reconnaissance et nous ont fourni de nombreux renseignements sur l’histoire et la géographie de la région.


[1] Buntu : Porte de... en wolof.

[2] Henry GRAVRAND, La Civilisation Sereer - Cosaan, 284 p.

[3] op. cit., p. 280.

[4] GUEYE Mbaye - Note relative à la tradition orale utilisée dans ce travail (15 p). in Thèse Doctorat d’Etat ès Lettres, inédit.

[5] Mame D. THIAM, « Géomorphologie, évolution et sédimentologie des terrains salés du Sine-Saloum » Thèse 3ème Cycle Univ. Paris 1., (p. 8-9).

[6] H. GRAVRAND, (op. cit., p. 275).

[7] Guy THILMANS, Le Sénégal dans l’oeuvre d’Olfried DAPPER (p. 516) - Il cite par ailleur les toponymes mentionnés par Alivise Da Mosto (1455-56). Diégo GOMES (1456-60), Duarte Pacheco PERIRA (fin XVe - Début XVIe siècle). Valentin Fernandes (début XVIe) qui mentionne, Joala, André Alvares d’Almada (1594) en plus Gomar parle de Joala, Francisco COELHO (contemporain de Dapper O) cite aussi Jaolla et Palmeirinha. O. Dapper semble être précis. Il parle de Bassangamar, de la rivière de la Grâce, de Juala. Il dit « deux lieues au sud de juala coule la rivière de la Grâce ». DRAPPER la situe exactement à 12,5 km au sud de Joal. Ce qui correspond au nord de Ngalou Sam Sam et à la « Porte de Fata » qu’on peut facilement retrouver dans son contour initial sur certaines cartes et l’imagerie aérienne et satellitaire.

[8] Carte du Sénégal, de la Falémé et de la Gambie 1860. Carte des pays du Sine et Saloum et de ses cours d’eau 1863. Il faut dire que certaines cartes se situent entre le XVIIe et XIXe siècles sont inspirées de O. DAPPER, et en se limitant essentiellement à la petite Côte, son apport à la connaissance géographique est considérable

[9] Carte des pays du Sine et Saloum en 1963

[10] O. DAPPER, cité et traduit par Guy THILMANS ( op. cit., p. 256)

[11] DIAW A.T. THIAM « Etude par télédetection du milieu laguno-estuarien de Joal-Fadiout-Palmarin » (p. 1, fig. 1)

[12] Les témoignages des populations de Jaxanor retiennent que Fata était une forêt, et que l’expression d’origine Mandinka signifie : « On a assez ».

[13] L’organisation du réseau laguno-estuarien est révélée par l’imagerie du satellitaire. Ce renseignement permet, par ailleurs, d’élucider l’origine des coquillages de Faboura qui étaient extraits de la lagune de Joal-Fadiouth ou du delta du Saloum et transportés dans le premier cas via la rivière de Mbissel, alors que dans le second, la communication entre le Saloum et la lagune était établie.

[14] A Ngundumane, l’emplacement qui a vu naître un enfant de Maïssa Waly Dione est devenu un lieu « adoré ».

[15] Niokhobaye Diouf, Chronique du Royaume du Sine, (p. 704). Il note : .. A Keur Dâbo, les .. « fétiches » lui conseillèrent de poursuivre son chemin. Il construisit donc des pirogues pour se rendre jusqu’à Sangomar, puis à Fadiouth (... Fadiou signifie cri en langue Socé ?).

[16] H. GRAVRAND, op. cit, p. 283.

[17] La nuance apportée dans le texte, en ce qui concerne les deux itinéraires, ne figure pas sur la carte de l’Odyssée de Maïssa Waly (n° 12 in H. GRAVRAND). Deux témoignages recueillis à Fadiouth et à Palmarin par des étudiants (cf. Remerciements h.t.) évoquent le naufrage après l’étape de Diakhanor et côté littoral avec une dispersion du convoi de Maïssa Waly Dione. Ce qui peut expliquer, par ailleurs, ses déplacements en vue de la reconstitution du convoi.

[18] H. GRAVRAND (op. cit. p. 155) fait ce rapprochement en parlant des Tim primaires de Jonewaar et de Fa Juc, mais cependant sans explication. La tradition qui évoque la dispersion après le naufrage de Mara Diom retient que certains membres du convoi auraient atteint Fatick, ce qui est d’ailleurs plausible avec l’organisation du système lagunaire et estuarien du Sine Saloum.

[19] Voir DIOUF N. (à propos de la noyade de Mara Dioum)

[20] Voir Ethiopiques n° 28 consacré au colloque sur les traditions orales du Gabou.




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