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L’EPOPEE DE SANMOON FAY
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Ethiopiques n°54
revue semestrielle
de culture négro-africaine
Nouvelle série volume 7
2e semestre 1991

De Sanmoon héritier de Abdulaye Djimbor
On admire le courage et la bravoure
Lorsqu’il quitta « o Han - Thioungoume »
Là-bàs dans le Baol, fief de son ami
C’est par Ndioulbète chez Woulda Sanou qu’il passa
Arriva à Makhadje chez Lam-o- Ndar Transita par Sanghaye et par Polèke avant la nuitée de Nianiane.
Chez Ndiak Mayé Sané,
Originaire de la lignée de Mbégane ? Il y avait Dié Siga, Mbade Dibo Sène, Lakayré et Ndjin o Kor Ndessène Diène Polèke et Sanou Mbin-o-Ndar.
Ce jour-là, tous les Faye en arme se regroupèrent
Et, ensemble jurèrent de conquérir le trône
C’est ce jour-là qu’ils firent preuve de courage
C’est à Ndofane No’Made que lémondé fut sellé
De là-bas, il trotta jusqu’à la place royale de Diakhao
Birame Kodou fut alors couronné
Et officiellement Diaraf Mbade Dibo Sène l’installa. Les tambours rendirent les honneurs et le Sine au complet témoigna.
Méchant jusqu’à se croquer les dents ! s’exclamèrent les poltrons
Il est temps de populariser Mone Koli entonnèrent les troubadours
Lui qui a risqué sa vie pour se faire couronner
Le « héraut. » de Diakhao tapa fort sur son tam-tam
Alors que le nala entonna l’hymne des FAYE
Il débuta par Wagane Koumbassandiane
Et Wassila le maître de Tignane
La belle musique du Ndiatie de Nganème
Chez Toma-Koumba Konème est restée impérissable
Un Faye de la lignée de Latyr et de Ndar
Peu importe qu’il soit lâche ou courageux,
En tout cas, il a bien hérité du courage
Tel qu’il en garde l’index crochu
Et il est originaire du Niawoul, ou du Ndiafadji
Comme le chef de Ndoum dokhe
Pour sa part, Birame Kodou restera inoubliable
Monté sur Djiko-dome, il passa par Nénème et en compagnie de Lademba Diagne, il descendit à Ngayohème
C’est ce jour-là que Boukar Dombour Manga Thilor, l’inamovible lame
Périt pour sauver l’honneur sérère
Avec Sédou, Sanou quitta de bon matin Ndiongolor
et descendit à Ngohé qu’il brûla à midi.
C’est ce jour là qu’il tua Ndéné, prit Samba Guéti
et Fusilla les autres dès le chant du coq
Semant la débandade chez les fuyards dont les chevaux s’égarèrent à Nguèrane
Avec Nafa, il repoussa l’ennemi à la guerre de Mbakhane
Mais c’est ce jour là qu’il perdit Biram Sène
Oh quelle perte avec la mort de cet intrépide chevalier
C’est sur Gueume, qu’il vola au secours de Thioffac
De là-bas prit un prisonnier qu’il lia vertement à la corde
C’est Répe Ndaw qui fut monté en compagnie de Bissik Wanar
L’ennemi fut traqué dans les ruelles de Patar
C’est alors qe Sambéri le meilleur tireur fut poignardé
et Wadiob Yandé Thiéfere eut la tête cassée
Waa-paal fut quant à lui foudroyé à l’aube et laissé à la merci des charognards de Ngapa qui le transpercèrent au son de leurs cris perçants.
Quant au bain du marigot de Mbeyane
Les seules rescapés sont les connaisseurs qui se sauvèrent à Nguéniane malgré tout le dénigrement de Sinané
En récompense une vache s’achemina à Mbane
Bravo Mone Koli, père du Ndiouk le gelwaar
Il tua kab, creva l’œil de Djinguily
Avec Tèfare, foudroya Sara et Biram Yacine
Depuis que Mone Koli est enterré,
Ngaw n’a plus de maître, Thiopé n’a plus de maître
A plus forte raison Dibadioli qui a craqué avec Mone Koli
Détruisit la maison de Niokho Henane Boyar
Coupa l’oreille à Kor Mbadé de Loul
Et se rendit à Djilasse où il couronna Souka Mboul
Jurant « par la perte de Penda Thioro » resté à Khodjil
Lui qui a souvent été confondu par une lionne mère
et qui se nommait Birame Kod-Fall l’ami de Thiéyacine Fall,
Maître de Mbousse et de Téfare
Il ne put jamais souffrir de cohabiter avec un lâche
Sa devise était que celui qui fait oublie mais
Celui qui subit n’oublie pas.
Quant à son aeuil Latsouk Thioro
Il soutenait que le sens de l’honneur est une vertue héréditaire
C’est en ce jour mémorable jour de la triste matinée de Khodjil
Que nous avons perdu un homme véridique
Lorsqu’ils trouvèrent que Ngoo­Koumba était assis sur des feuilles
Tenant entre ses mains un van et en silence faisant face à l’Est
Ils lui enlevèrent les talismans sur la tête
Ensuite ils le criblèrent de balles jusqu’à l’éventrer
Mais Moon Koli n’a pas peur, n’a pas frémi
Et jusqu’au dernier souille, il n’a pas pris peur et n’a pas frémi.

LES NGOM et LES SEEN Gey-Naan

De par les liens avec Masa la famille devient une force très puissante. Elle donne au Sine ses premiers jaraaf et reste très lié à la royauté. Elle lui donne aussi des régences tels les frères Silmang et Jokel Laba. Mais, après le couronnement du bour Sine Mbisaan Diop, les Ngom se divisent en deux branches. Celle qui s’éloigne du pouvoir et celle qui continue à s’allier avec le roi dirigé par Mbaad o Ndusam. Elle donne au Siin de grands jaaraaf tels Saara Gnilaan, Ndoupe Yaandé Maan et Mbaad Diibo Seen. Avec Waagaan Kumbasaanjan, son ami fidèle Maang Sigandebaan devient jaaraaf à son tour. Avec lui les SEEN font leur entrée et rivaliseront avec les NGOM. Jogo Thioro, Waa Saali Biram Mbisiin et Mbag Jufur sont quelques uns de leurs grands jaraaf. Il était très difficile d’être jaraaf car il fallait être irréprochable dans la naissance. Le jaraaf Mbafi Jugur Seen fut l’homme de son temps.
LA FAMILLE JUUF originaire de Jogo Ñiaan Buka cilaas Yaandé Mbuna, Kuma Famaak et Semo Maak. Elle donne aussi au Saloum des rois populaires comme : Maleotane, Ama Juuf et Semu Jimith. Mais leur popularité s’explique surtout par la part prise par certains des leurs à des heures cruciales de notre histoire.

La famille JUUF

La famille Juuf est originaire de Laah dans le Baol. Ndaah Njeeme est l’ancêtre dont se réclament tous les Juuf du Jolof, du Baol, du Siin et du Saalum. De ces enfants, on cite Mayoungar, Humnuwaan et Noxobaay dont le fils Xole Paataar est vainqueur du teen Kurambisaan à Ngaafiaan comme le rapporte un fragment du glorieux poème de la famille. « Xole Njuug naayu mbarquaa, a dib a teeñ Kurambisaan no taat kaa Ngaañaan ». De Jaajel, Xole Njuug enfourcha le blan cheval et faucha le teeñ Kurambissan dans le bois de Ngaañaan.
Après cet exploit, le maa-Sinig Joomay Ñaan o Sanqaay lui donne la main de sa sœur Maan Naan. Les enfants nés de ce mariage sont Bukacilaas, Geejopaal et Ñoxobaay. C’est autour de ces princes que les Juuf s’organisent pour conquérir pour la première fois le trône du Sine. Famille très nombreuse, elle développe vite et devient bientôt la principale force rivale des Faye. Mais elle se subdivise à son tour en trois branches Buré Ñilaan, Sem Jike et Jogo Siga. Les Juuf comptent de très nombreux rois populaires dans le Sine, et dans le Saloum. Citons entre autres dans le Sine Jogo Ñilaan, Bukacilaas Yaandé, Amajuuf Ñilaa Fay Amakodmaye, Kumba Ndoofeen fa maak, Semomaak. Dans le Saloum, citons Maléotaan, Amajuuf ke Ndao, Ndénè Jogop et Semu Jimit. La popularité des Juuf s’explique par le fait que certains des leurs font partie de ceux qui ont écrit les plus belles pages de notre histoire.
De nos jours encore, on chante les hauts faits de Jogo Ñilaan et le témoin de Jaxaaw, de Bukaro Ngooni qui paya de sa vie pour éviter le désastre à Mbin o ngoor, de Maxureeja qui fut sans peur et sans reproche devant le carnage de Cuucuun, de Semu Njarka le téméraire qui risqua sa vie à Nioro et qui n’est pas à confondre avec Semu Jimit dont le glorieux père est tombé à Tandabar et de qui on rapporte qu’à Cikat comme à Kol-o-N­joob, il empêcha de franchir le rubicon, non par la persuasion mais par sa bravoure et sa valeur militaire.
Terminons par l’écoute de cet arrangement poétique du chant dédié au héros Semomak à la suite de l’inoubliable journée meurtrière de Thioune Semu Njarka Juuf
Taaw selbe Ñaadi Juu
Ten lamanu Salma-koor
A lalit Ñooro ngiin-ngoor
A koom alaa fa koom
Yaa ta xesitna Poodoom
No nqes puni cuy
A sop roog fee suuy
Kaa juurwo Jaxaaw fa Cupaan
A juuroox a Sem Cimbaan
A reef a Ndoofeen
A suur o Ndeemeen
Soo a ret a dalfo jasnoor
foxir we Maba-nooxoor
Kumax Njuli Kooseen
Njool ne Diiboo Seen
Fa Biram Seen o paar
oxaa jaaceen a yaam njambaar
A kafiin kafi no maad
Boo cer um kaa nqaad
Njarka xes a dibaa
A yong a waraa
Boo ndeer Fandan fa Cuucuun
Muu ndonga refna a buuf o xuun
Wene kaa yul a kid a loolaa
Waana njul’aa ngutataa
Demba maag Bunama Joor
Alburi fa lat joor
Oxuu refna pisma daax o joor
A koom a mbe’ku Kajoor
Semu ndiarka Diouf
L’aîné de Selbé Niadi Diouf
A hérité d’un chevalier
et l’a prouvé par sa bravoure à Nioro
En ce jour mémorable
qu’il quitta Podom
De très bon matin
Alors qu’il avait plu
Il se recueillit à Diakhao et à Thioupane
et sous l’aïeul Sem Thimbane
C’est alors qu’il piqua sur Ndofene Continua sur Ndenène
et vint faire face au diabolique Maba Koumakh Ndiouli Kossène
Le joyau de Diboo Sène
et de Biram Sène
Héraut glorifié pour son courage
Exalta sa gloire
D’une manière royale
Ennivré pein de rage
Ndiarka fandu
toutes les victimes toute la matinée
et sadonna au carnage dans la soirée.
C’est ainsi qu’entre Fandan et Thioutioune
les « ndongo » rescapés se cachèrent
où qu’ils se trouvèrent, ils se cachèrent
Ceux-ci se mirent à pleurer à chaudes larmes
Et ceux-là à sangloter en priant
C’est ce jour là que Demba frère de Bounama Dior
Alboury et Lat-Dior,
Leur chevaux s’ébranlèrent
pour une nuitée au Cayor.

L’ORGANISATION POLITIQUE

A la tête du royaume de Sinig se trouve le maad dont le diminutif est maa - ce qui donne « maa-sinig » pour désigner le roi du Sine.
L’expression « saax-fur » par laquelle on annonce au peuple la mort du roi donne l’occasion à tout prince gelwaar majeur d’exprimer sa disponibilité au Jaraaf, seul habilité à couronner le roi. D’ordinaire c’est le buumi, le plus agé des hommes gelwaar qui est couronné. Une fois couronné, le maa-sinig désigne les héritiers qui sont par ordre : le buumi, le cilaas, le lul et le jok. Tous sont affectés à des villages qu’ils commandent et sont tenus d’entretenir des chevaux et des guerriers. Le pouvoir proprement dit est entre les mains du maad, chef de la noblesse, du farba chef des armées et représentant les serviteurs ou captifs de la couronne et du grand jaraaf, chef des hommes libres. Le grand farba est assisté de trois lieutenants dont le premier, le farba mbin-kam, est le maître des cérémonies. En temps de guerre, tous les combattants sont sous le commandement du grand farba qui est d’abord l’homme de confiance du roi.
Le grand jaraaf représente le groupe des hommes libres descendant des lamanes. Le roi nomme un jaraaf lorsque le poste est vacant, mais ne peut destituer un jaraaf déjà nommé. Lui aussi était assisté de trois lieutenants. Dans la cour, il y avait aussi d’autres dignitaires très influents tel le Bisik, diplomate et porte-parole du roi, ainsi que les chefs ou farba de tous ordres.
Et parallèlement à ce gouvernement central, existe le commandement des provinces et de certains gros villages dont les chefs portent les titres de SAN-GI, lam, maad et saasaax. Ceux qui portent ces différents titres sont avant tout des salma-koor, c’est-à-dire des chefs de guerre dont le devoir est entre autre d’entretenir des guerriers et des chevaux et de se mettre au service du farba en temps de guerre.
La lingeer réside à Cupaan et commande elle aussi un certain nombre de villages. Le vendredi, jour du salut royal, s’annonce par les sons des tambours et offre l’occasion à chaque dignitaire de toutes les catégories sociales de prendre contact avec le souverain et de poser à l’occasion son problème. C’est à ce système où chacun pouvait participer à fa délibération des affaires ordinaires que l’on faisait peut-être allussion en fondant la théorie de la participation responsable.
Bien entendu, il y avait un domaine réservé où seuls devaient débattre le maad, le farba et le jaraaf. Le système mérite au demeurant d’être étudié puisqu’il a toujours permis au peuple de se mettre à l’abri des tyrans et des régimes impopulaires malgré toute la puissance d’un roi dont le pouvoir était presque sacralisé. On peut citer plusieurs exemples de rois dans lè
Saalum et dans le Siin, qui tous ont dû quitter le pouvoir par défaut d’un appui populaire.
Maam Sanmoon Fay au règne très controversé n’a pu gouverner le Siin qu’en s’entourant au préalable d’un soutien populaire certes fragile mais tout de même réel. On a pu constater qu’il a suffi de la perte du soutien de son farba Mbaar Yaande Njaaj pour que les hommes de Semonaak le tuent à Xojil en Mars 1878, sans même avoir à affronter le gros de l’armée. C’est l’origine du chant de Farba Mbaar Yaande Njaay : Le Farba Mbar Yandé
Xana fuul : deviendra aveugle
Yaam korjo jegee mbey : car le Korjo ne poussa pas au Saloum.
Et lorsqu’on examine l’évolution des institutions des lamanes à la royauté, des régences à la restauration des rois légitimes, de la déposition des rois impopulaires et de la disqualification des princes inaptes on découvre la capacité du peuple d’opérer sans heurt de grandes mutations - j’allais dire des révolutions pacifiques.
En demandant un jour à un préfet d’obtenir de l’omelette sans casser des œufs, cet ancien gouverneur de chez nous peut-être pensait à cette haute vertu du peuple sérère.
Par ailleurs c’est ici qu’on peut se rendre compte que l’enracinement et l’ouverture ne sont pas de vains mots mais des réalités intensément vécues. Ainsi dans le cadre d’une politique de coexistence pacifique caractérisée par l’absence d’une guerre de conquête, toute une série de relations sera tissée avec les peuples voisins - métissage, cousinage, protection, intégration, unification. Pourtant cela ne porte pas pour autant atteinte à l’identité culturelle du peuple seereer attaché à son « mbaax ».
Cette ouverture aux autres dans le cadre d’une sincère fraternité, cet idéal d’homme pacifique et fier aussi sachant pourtant lutter avec tenacité et se défendre avec hargne se retrouve dans notre hymne national et ce n’est pas par hasard puisque c’est un Sénégalais sérère qui s’exprime :
« Sénégal, Toi le fils de l’écume du lion
Mais rends nous, oh rends nous l’hon­neur de nos ancêtres
Sénégal comme toi, comme tous nos héros
Nous serons durs sans haine et de deux bras ouverts
L’épée nous la mettrons dans la paix du fourreau
Car le travail sera notre arme et la parole
Le bantou est un frère et l’arabe et le blanc
Mais que si l’ennemi incendie nos frontières
Nous serons tous dressés et les armes au poing
La mort, oui ! Nous disons la mort mais pas la honte »

LE SIIN ET SES VOISINS

Les souverains et régents qui se sont succédé avoisinèrent la soixantaine.
Aucun d’entre eux n’a cependant entrepris une guerre de conquête. A ce point tous les héritiers de Masa Waali ont respecté le pacte signé avec les laman qui avaient entre autres objectifs l’organisation d’une société pacifique tournée vers le travail et l’attachement à certaines valeurs léguées par la tradition.
Avant d’examiner le contenu de ces valeurs , il convient de préciser que malgré une option nette pour une politique pacifique basée sur le bon voisinage et la tolérance, le Sine ne connaîtra pas pour autant une paix et une stabilité permanente.
Cependant, à chaque fois que l’envahisseur surgira, le peuple, rut-il même à l’état de crise, saura s’unir sur l’essentiel et, s’appuyant sur les valeurs de la tradition se défendra honorablement.
Ainsi, tour à tour, seront repoussés à Ngaañaan les teeñ Kurambisaan et Latsukaabe du Kayor avec son puissant damel Amary Ngoné Ndèla qui sera arrêté à Njoof face au maa-sinig Latsuk Ñilaan Samba. Le Saalum avec Yandene Kodou Bigué est vaincu tout près de Fatick à Guy-Saandene par Wassila-Kumbasaanjaan.
Enfin le Rip avec Maba sera à son tour battu, car tout le Sine uni avait dit non au nouvel ordre. Car comme disaient les anciens, pour gouverner les esprits sans encourir leur révolte, il faut les convaincre et non les contraindre.
Sund ne Jaxu Tooñkateer o maad
Yaam Mbay Suka Ndeela o war a ndongo ngi.

CONCLUSION

Mais quels sont les fondements de cette tradition qui a fait naguère la force et l’originalité du Siin.
En attendant que les hommes de sciences, historiens et chercheurs nous apportent leurs résultats, nous nous contenterons de la réponse que propose la tradition, car elle nous dit bien :
Ndeefyo mbaax ee [bis]
o mbaax a sombe
Suivez la tradition
On l’a trouvée
Cette tradition définit un certam nombre de valeurs telles :
- Une certaine considération de l’homme :
« ô pog tig a fogaa »
L’homme est un rempart protecteur pour l’homme.
- Une idée très élevée de l’humain :
« ô kiin daawre fo mbataakiin "
O kiin yiif oo, fo laaw.,
Ce qui fait l’homme ce n’est pas son animalité mais son esprit et son cœur.
- Une option nette pour le travail libérateur :
« Wargal Waambisaan a qooqo six »
Le devoir de Waambisaan est de cultiver la terre.
- Le sens de la mesure :
« O kiin, fodi simeel too andeerna giiiaam o bay fa damel ».
La vraie humanité est mesure et quiconque l’ignore va a vau-l’eau.
- Un sens de l’honneur très élevé et érigé en idéal par le Samba lingeer : « gor a xasangaa jegatee xoox um »
Lorsque le gor s’engage sur l’honneur il met en gage sa vie d’où la célèbre formule « on nous tue Almamy, on ne nous déshonore pas ».
- Enfin une foi inébranlable et insoupçonnable :
« Oxuu yaakaaroona, roog a yaakaaru, too o leng hirwan kiran a roog »
L’intercédeur qui inspire le plus de confiance ne peut comme toi qu’implorer la miséricorde et avec le Seigneur aucune dérobade n’est possible. C’est pour cela que, quoi qu’on dise, le seereer reste toujours enraciné, se persuadant qu’avec ces valeurs léguées par la tradition il peut valablement et même aujourd’hui encore, apporter sa contribution dans le dialogue des cultures et la civilisation de l’universel.





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