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RHETORIQUE GRECQUE ET RHETORIQUE ARABE
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Ethiopiques n°56,
revue semestrielle de culture négro-africaine
2ème semestre 1992

Auteur : Oumar SANKHARE [1]

La culture arabe a été, dans une large mesure, tributaire de la civilisation grecque. Cette influence s’est fait sentir dans les divers domaines des sciences, des arts et de la philosophie, pour ne citer que ceux-là. Mais en a-t-il été de même pour la rhétorique ?
Cet article est donc une modeste contribution au débat qui s’est instauré sur les sources de la rhétorique arabe. Aussi nous bornerons-nous à confronter les points de vue des Grecs et des Arabes sur la métaphore [2]. Pour ce trope, nous prendrons comme modèles JURJANI [3] et ARISTOTE [4] qui constituent les sources les plus importantes. Peut-être que cette étude comparative permettra de déceler aussi bien les divergences que les ressemblances qui existent dans les théories de ces rhéteurs
Tout d’abord, il convient de remarquer que leurs classifications diffèrent sur certains aspects. ARISTOTE classe les métaphores en 4 groupes :
- transfert du genre à l’espèce
- transfert de l’espèce au genre
- transfert de l’espèce à l’espèce
- transfert d’après le rapport d’analogie [5]
JURJANI les divise en 3 catégories qui peuvent se ramener à 2 séries :
- métaphores proches du sens propre
- métaphores pures [6].


De même, la classification de la Poétique ne distingue pas les métaphores par les critères de l’abstrait et du concret qui constituent la pièce maîtresse de l’analyse de JURJANI.
Par ailleurs, l’auteur des Arcanes de la Rhétorique ne cite pas les métaphores qu’on utilise par nécessité, lorsque le mot propre pour désigner un objet ou une action n’existe pas dans la langue. Ainsi, dans l’exemple d’ARISTOTE, "le soleil semant une lumière divine " [7], le verbe "semer" est employé à la place du verbe "darder" qui n’existe pas en grec, afin de caractériser l’action du soleil lorsqu’il envoie sa lumière. Cette métaphore s’explique en ce sens que le rapport de cette action à la lumière solaire est semblable à celui de "semer" à la graine. Par contre, on ne voit aucune trace d’un tel usage chez JURJANI.
En outre, les exemples qu’emploient les deux rhéteurs pour illustrer les métaphores ne sont pas les mêmes. La Poétique prend chez HOMERE ses exemples qui évoquent les dieux païens comme Dionysos ou Arès ou encore certains héros tels qu’Ulysse. Dans les Arcanes de la Rhétorique, les exemples sont en général empruntés au Coran ou aux paroles du Prophète. Pourtant cela ne doit pas nous surprendre car les Arabes et les Grecs constituent deux peuples différents. Il est donc naturel que cette différence se reflète dans leurs écrits qui se réfèrent à leurs coutumes, leurs moeurs et leurs religions.
Toutefois, ces petites différences ne doivent pas nous cacher le grand nombre de points de similitude qui existent chez ARISTOTE et JURJANI.
On retrouve chez eux la même définition de la métaphore :
"Transport à une chose d’un nom qui en désigne une autre" [8].
"Emploi pour désigner un objet d’un sens tiré d’un autre" [9].
Le concept de la métaphore recèle la même signification dans leurs traités.
Mais ce qui frappe le plus quand on lit la Poétique et les Arcanes de la Rhétorique, c’est l’identité des termes qu’utilisent leurs auteurs dans leurs classifications. Ce sont les mêmes mots qu’on y retrouve : espèce, genre, similitude, analogie. Il va sans dire que cette identité d’expressions traduit une similitude dans les classifications.
Etudions en premier lieu la métaphore de l’espèce à l’espèce.
Dans les deux exemples d’ARISTOTE

"Ayant au moyen de son glaive de bronze épuisé sa vie" [10]
et
"Ayant au moyen de son impérissable urne de bronze coupe sa vie" [11],
les verbes "couper" et "épuiser" évoquent chacun une façon d’enlever. Chacun des deux constitue une espèce de l’action de supprimer l’unité d’un objet.
Si nous rapprochons ces expressions de celles du premier groupe défini par JURJANI, nous remarquons que nous nous trouvons devant les mêmes sortes de métaphores. JURJANI explique que dans ce cas :
"le sens du mot emprunté se retrouve réellement dans l’idée pour l’expression de laquelle il a été emprunté du point de vue général du genre auquel appartient cette idée" [12].
Dans l’expression "le cheval vole" [13], le verbe "voler" est employé pour une chose qui n’a pas d’ailes et cela, pour montrer que ce cheval court vite. La course et le vol constituent deux espèces de l’action de "se mouvoir". Ces deux termes évoquent tous le mouvement, l’absence d’immobilité, de même que "couper" et "enlever" constituent deux espèces de l’action de supprimer l’unité d’un objet. De la même manière, dans le second exemple de JURJANI "le sabre qui a empêché le roc du droit chemin de se déchirer" [14],
le terme "déchirer", a été utilisé pour désigner la fissure de la pierre car la fissure et la déchirure représentent deux espèces de séparation. Dans les deux cas, c’est un objet qui se divise en plusieurs parties.


En outre, toutes ces métaphores résident essentiellement dans les mots. Ce sont des transferts de termes ayant sensiblement le même sens. C’est ainsi que "voler" et "courir", "se fissurer" et "se déchirer" peuvent être considérés comme des synonymes, de même que les verbes "couper" et "enlever". Il est donc manifeste que les métaphores du premier groupe, proches du sens propre, sont identiques à celles de l’espèce à l’espèce que mentionne ARISTOTE. Poursuivons ce raisonnement en analysant les métaphores selon l’analogie. L’auteur de la Poétique explique qu’il y a métaphore selon l’analogie dans
"tous les cas ou le second terme est au premier comme le quatrième au troisième" [15].
Ainsi, dans les expressions "le bouclier, coupe d’Arès" [16] et "la coupe, bouclier de Dionysos", le deuxième élément "coupe" est au premier "Dionysos" comme le quatrième "bouclier" au troisième "Arès".
Dionysos est lié à sa coupe de la même façon qu’Arès l’est à son bouclier. Il y a une similitude dans leurs rapports fonctionnels [17].
D’une manière semblable, l’objet des métaphores pures définies par JURJANI est de démontrer la similitude entre les objets comparés, celle-ci pouvant être perçue par les sens ou l’esprit. Et, l’on se retrouve devant le même schéma que chez ARISTOTE. Ainsi, dans la métaphore où la preuve est désignée par le terme de clarté [18], on voit bien que le deuxième terme « clarté » est au premier "oeil" comme le quatrième "preuve" au troisième "esprit". La preuve éclaire l’esprit de même que la clarté illumine l’oeil et l’état de l’oeil rencontrant une lumière est proche de celui de l’esprit touché par une preuve convaincante.
Dans la comparaison de l’ignorance avec la mort également [19], la mort est à la vie ce qu’est l’ignorance à la connaissance car la vie nie la mort ainsi que la connaissance efface l’ignorance.
Partant de ces considérations, on peut affirmer que les métaphores selon l’analogie correspondent exactement à celles que JURJANI appelle métaphores pures et tous les deux rhéteurs se servent du terme de rapport de similitude pour designer ces sortes de métaphores.
Il est à remarquer aussi que celles-ci ne recèlent que des idées et ne sont compréhensibles que sur le plan intellectuel. Elles diffèrent sensiblement des précédentes métaphores qui s’effectuent essentiellement à partir des mots. Il nous faudrait maintenant examiner une forme d’analogie qu’ARISTOTE mentionne dans les métaphores selon l’analogie.
En effet, l’auteur de la Poétique écrit qu’
"après avoir désigné une chose par un nom appartenant à une autre, il arrive qu’on veuille nier une des qualités propres à celles-ci, par exemple, en appelant le bouclier "coupe sans vin" au lieu de "coupe d’Arès" [20].
ARISTOTE omet ainsi les autres attributs de la coupe pour ne considérer que celui qu’il veut faire paraître, par cette métaphore, il montre le rapport fonctionnel qui lie les couples Arès-bouclier et Dionysos-coupe.
JURJANI explique de la même façon les métaphores du premier cas de la troisième catégorie. Et ce qui est frappant, c’est qu’il inclut cette sorte de métaphore dans le groupe des métaphores pures, exactement comme ARISTOTE qui la classe dans celles selon l’analogie. L’auteur des Arcanes de la Rhétorique affirme qu’ "on l’utilise lorsque l’intention dans la comparaison est l’omission d’un attribut existant dans l’objet de la métaphore" [21].
On retrouve donc la même définition chez l’un et chez l’autre.
De ce point de vue, l’expression "coupe sans vin" est pareille à celle de JURJANI, "cet homme entend et voit mais est aveugle et sourd" [22]. Dans les deux cas, est nié un attribut existant dans un objet. La coupe évoque habituellement le vin mais cet attribut de la coupe qui est de servir à contenir le vin est nié dans l’expression. Dans la deuxième métaphore également, on dénie la vue et l’ouïe à un homme jouissant de ses facultés auditives et visuelles. Nous sommes dans le même cas avec la métaphore "sa richesse est une pauvreté" [23] car, la richesse qui existe réellement chez cet homme est niée dans l’expression.
Comme on le voit, JURJANI et ARISTOTE se rencontrent sur plusieurs points. Mais la similitude ne s’arrête pas seulement à la classification.
On relève encore des analogies surprenantes dans les différentes façons d’employer et de construire les métaphores.
Pour JURJANI, la métaphore est doublement utile puisqu’elle sert à embellir la parole et à la rendre plus compréhensible. Comme il le dit lui-même, "les principes de la métaphore sont une voie pour l’art du bien dire" [24].
Cette figure représente donc un procédé fonctionnel et ornemental.


Il en est de même pour ARISTOTE qui affirme d’une part "qu’elle sert à éviter la banalité et la bassesse" [25]
et d’autre part "qu’elle éclaire les discours obscurs en nous présentant les choses sous un jour plus familier" [26].
La métaphore donne ainsi de l’élégance à la parole et constitue un outil pédagogique destiné à faire saisir les similitudes existant entre les objets. Par exemple, quand Archytas désigne un arbitre par le terme d’autel, il nous enseigne que
"c’est vers l’arbitrage et vers l’autel que se dirige celui qui a subi une injustice" [27]
de même que l’exemple de JURJANI nous montre l’importance de la preuve par sa comparaison avec le soleil.
Par ailleurs, dans la Rhétorique, ARISTOTE mentionne
"qu’on tire les métaphores des choses qui sont belles ou par le son ou par le sens ou par la vue ou par quelque autre sens" [28].
Ainsi la formule d’HOMERE "l’Aurore aux doigts de rose" [29] constitue une métaphore extraite du sens de la vue car l’image réside dans la couleur de ces deux choses.
Dans les Arcanes de la Rhétorique, JURJANI n’a pas dit autre chose en affirmant que
"la métaphore réunit des objets entrant dans le domaine des sens comme la comparaison du son d’un objet avec celui d’un autre" [30].
Sa classification se caractérise en outre par le fait qu’elle établit la distinction entre les choses perceptibles par l’esprit et celles qui ne relèvent que des sens. C’est ainsi que le Prophète compare la femme sans moralité avec l’herbe à fumier [31], soit deux êtres perceptibles par les sens. Mieux, ARISTOTE affirme que
"des quatre sortes de métaphores, la meilleure est celle selon l’analogie" [32]
Pour construire de telles figures, "il importe d’examiner avec sagacité les similitudes qui lient les objets [33]". Ainsi, on dit quelquefois que l’ancre et la crémaillère sont semblables. En effet, ils jouent le même rôle. La seule différence est que l’un est utilisé par le haut et l’autre par le bas. Comme on le voit, il n’est pas toujours aisé de déceler la similitude.
D’une manière analogue, JURJANI, parlant des métaphores pures, écrit :
"Cette catégorie est celle où la métaphore atteint son plus haut degré de noblesse... Elle devient ici tellement subtile et spirituelle que seules les intelligences pures peuvent l’atteindre ainsi que les raisons pénétrantes [34]".
Là aussi on observe une singulière analogie entre les deux rhéteurs et la différence qui les sépare est négligeable à côté des nombreuses ressemblances qu’on trouve chez eux.
Ces brèves remarques sont toutefois suffisantes pour montrer les similitudes qui rapprochent ARISTOTE et JURJANI. Une alternative surgit alors : s’est-il agi d’une coïncidence fortuite ou y a-t-il eu une influence aristotélicienne sur la rhétorique arabe ? Il nous serait difficile de répondre à ces questions, ne disposant pas de toutes les données du problème. Mais, ce qui est sûr, c’est que les ouvrages des Grecs n’étaient pas inconnus des Arabes. Ils furent diffusés chez eux par l’intermédiaire de "traductions qui, entreprises d’abord en Syrie, se multiplièrent par la suite à Bagdad sous Al Mamùn [35] et les premiers califes abbassides" [36]. Les Arabes se familiarisèrent alors avec les principaux traités des Grecs. C’est ainsi par exemple que furent traduites la Rhétorique et la Poétique d’ARISTOTE par "Hunain et son fils Ishaq" [37]. Toutefois, la Perse et l’Inde ajoutèrent leur apport à l’influence grecque ; les Arabes reçurent en particulier l’héritage de la grande école de Gondi-Chapour qui, dès le 5ème siècle après J.-C., fut le point de rencontre des sciences grecque et orientale [38]. En outre, Jahiz [39] nous a conservé des définitions de rhéteurs hindous qu’il cite très souvent. Doit-on alors penser que c’est des Persans et des Hindous qu’est née la Rhétorique arabe ? A vrai dire, l’insuffisance des preuves à ce sujet ne nous permet pas de nous rallier à cette opinion.
Serait-ce donc la Grèce qui a formé les Rhéteurs arabes ? THATCH, PLESSNER, BERGSTREISSER et KRATCHOWIU, dans quelques articles, rejettent totalement une telle filiation. Par contre, Taha HUSAIN [40] distingue deux courants dans la rhétorique arabe : un courant arabe très ancien, né probablement chez les Muctagilites et les Mawàli [41] et un courant grec qui aurait influencé la rhétorique arabe en cours de développement [42]. _ Ainsi, devant des positions si contradictoires, le problème, loin d’être élucidé, se complique davantage. Le débat reste donc ouvert. Mais, il n’en demeure pas moins que les similitudes que nous avons signalées sont troublantes à plus d’un litre et qu’elles dénotent, à défaut d’une influence, du moins, une uniformité dans l’esprit d’analyse chez ARISTOTE et chez les rhéteurs arabes.
Témoin, ce rhéteur du nom d’ES-SAKAKI qui avait divisé sa Rhétorique en trois parties exactement comme l’avait fait ARISTOTE en distribuant la sienne en trois chapitres consacrés à l’invention, la disposition et l’élocution. Il serait donc souhaitable que des études plus poussées soient menées afin d’apporter la lumière sur cet épineux sujet.


BIBLIOGRAPHIE

I - Sources grecques

ARISTOTE,
- Poétique. Texte établi et traduit par J. HARDY, "Les Belles Lettres", Paris 1952
- Rhétorique in Rhetores Graeci, 3 volumes, édition de Léonard SPENGEL, Frankfurt, 1966.

II - Sources arabes

ABDAL QAHIR AL-JURJANI, Asrar Al-Balaga (The mysteries of eloquence), édition de Helmut RITTER, Istanbul, 1954.

III - Ouvrages généraux

SOURDEL (Dominique), l’lslam, "Que sais-je ?", N° 355, 1972, P.U.F.

VOLKMANN (Richard), Die Rhetorik der Griechen und Römmer, Hildesheim Holms, 1963.


[1] Faculté des Lettres, Université de Dakar.

[2] La métaphore se dit en grec metaphora (transfert) et en arabe isticàra (emprunt). Ainsi, dans les deux langues, la figure évoque l’emploi d’un mot hors de son sens propre dans un sens figuré.

[3] ABDAL QUAHIR AL JURJANI est un rhéteur arabe du XIème siècle après J.-C. qui nous a transmis 2 traités :
- Dalà il al -ic jaz où il se propose essentiellement de prouver que le style du Coran est inimitable.
- et Asrar al -Balaga (les Arcanes de la Rhétorique) qui constitue la synthèse des études effectuées auparavant par des rhéteurs comme Ibn AL MUTTAZ (9ème siècle), THACLAB (9ème siècle), ER-RUMMÀNI (1Oème siècle), OUDAMA Ibn JACFAR (10ème siècle) et Hilal Al ASKARI (10ème, 11ème siècles).
Ce livre, par l’ampleur et la profondeur des analyses, demeure un recueil d’une importante capitale pour qui veut étudier avec profit l’éloquence arabe.

[4] ARISTOTE (384-322 av. J.-C.). Philosophe et écrivain grec dont l’oeuvre touche à tous les domaines du savoir. En particulier, il est l’auteur de deux traités intitulés La Poétique et La Rhétorique dans lesquels ont été analysés pour la première fois tous les aspects de la métaphore.

[5] ARISTOTE, Poétique 1457 b, "Les Belles Lettres, Paris. 1952.
Pour le transfert du genre à l’espèce , ARISTOTE donne comme exemple ce vers d’HOMERE, (Odyssée I, 185) : Voici mon navire arrêté".
Or le terme propre est "être ancré". En effet, alors qu’"être arrêté" peut s’appliquer à tout objet, "être ancré" ne s’emploie que pour les navires. un terme général a été utilisé pour un objet particulier.
- Le transfert de l’espèce au genre est illustré par ce vers : "Certes, Ulysse a accompli des milliers de belles actions". HOMERE, Illiade n, 272.
Ici le terme de "milliers" qui est un nombre fini a été substitué à l’expression "très nombreux" qui représente un nombre infini. La quantité incalculable des exploits d’Ulysse constitue le genre tandis que "milliers" en est l’espèce.
- Transfert de 1’espèce à l’espèce  :
Dans le commentaire de ce troisième groupe, sont mentionnés ces deux vers extraits, selon VAHLEN, des KATHARMOI d’Empédocle :
"Ayant au moyen de son glaive de bronze épuisé sa vie".
et
"Ayant au moyen de son impérissable urne de bronze coupé sa vie".
Ces deux termes couper et épuiser évoquent chacun une façon d’enlever. Ils constituent l’un et ’autre des espèces du concept général de l’action de supprimer.
- Transfert d’après le rapport d’analogie
ARISTOTE l’explique ainsi :
"Tous les cas ou le second termes est au premier comme le quatrième au troisième. Ainsi le poète emploiera le quatrième au lieu du deuxième et le deuxième au lieu du quatrième ; quelquefois aussi, on ajoute le terme auquel se rapporte le mot remplace par le terme métaphorique".
Partant de cela, ARISTOTE montre qu’il y a, par exemple, le même rapport entre la coupe et Dionysos qu’entre le bouclier et Arès. L’on dira de la coupe qu’elle est "le bouclier de Dionysos" et du bouclier qu’il est "la coupe d’Arès".

[6] JURJANI, Les Arcanes de la Rhétorique, chapitre 4/4, Asrar Al-Balaga, (The mysteries of eloquence), Edition d’Helmut RITTER, Istanbul, 1954.
En réalité, JURJANI opère une classification très minutieuse. Il distingue 3 groupes de métaphores :
- Dans le premier groupe "le sens du mot emprunté doit se retrouver réellement dans l’idée pour l’expression de laquelle il a été emprunté du point de vue général du genre auquel appartient cette idée". Par exemple : "le cheval vole".
- Dans le deuxième groupe, "la similitude est tirée d’un attribut que l’on trouve réellement à la fois dans la série comparée et dans la série à quoi l’on compare".
Par exemple : "J’ai vu un lion".
Ces deux groupes de métaphores sont réunis sous l’appellation de métaphores proches du sens propre.
- Dans le troisième groupe, "la similitude est empruntée à des choses perceptibles par l’esprit ou par ses sens, à l’abstrait ou au concret". Par exemple : "Guide-nous vers la voie droite". Coran 1/5.
Toutefois, ce troisième groupe comporte trois subdivisions :
- Dans la première, "la similitude est tirée de choses perçues par les sens et appliquée à des choses intellectuelles". Par exemple "designer une preuve par le terme de "clarté".
- Dans la seconde, "les deux objets comparés sont perçus par les sens mais la similitude qui les réunit n’est perçue que par l’esprit". Par exemple désigner la femme par l’expression "l’herbe à fumier".
- Dans la troisième, "la similitude est tirée de choses abstraites pour être appliquée à des choses également abstraites". Par exemple "comparer l’ignorance a la mort à cause de l’absence de connaissances qui est leur attribut commun".

[7] ARISTOTE, Poetiqae 1457 b.

[8] Ibid.

[9] JURJANI, op.cit., p. 78, tigne 19.

[10] EMPEDOCLE, Katharmoi, frg. 138, 143.

[11] Ibid.

[12] JURJANI, op.cit, ibid.

[13] Ibid

[14] Ibid.

[15] 14 ARISTOTE, op.cit, ibid.

[16] la métaphore coupe d’Arès se trouve dans les Perses de Timothée DE MILLET(Frg. 22, édition de Wilamowitz).

[17] Dionysos est quelquefois représenté ayant en mains une coupe comme Arès tenait son petit bouclier

[18] JURJANI, op.cit, ibid.

[19] Ibid.

[20] ARISTOTE, op.cit, ibid.

[21] JURJANI, op.cit, ibid.

[22] "Ibid.

[23] Ibid.

[24] Ibid

[25] ARISTOTE, op.cit., ibid

[26] Id. Rhétorique III, 1405 b, in Rhetores Graeci, Leonardi SPENGEL,Tome I,Frankfort, 1966

[27] Ibid

[28] Ibid

[29] HOMERE, Odyssee XVII, 1.

[30] JURJANI, op.cifc,, Chap. 5/1, p. 80, ligne 11.

[31] Ibid.

[32] ARISTOTE, Rhétorique III, 1405 b, in Rhetores Graeci, Tome I, p. 126.

[33] Id., Ibid., p. 143.

[34] JURJANI, op.cifc, Chap. 4/4, p. 60, lignes 17-18.

[35] Calife abbasside du 9 ème siècle après J.-C. Sous son califat (813-833), Bagdad devint véritablement la capitale intellectuelle du monde arabe

[36] SOURDEL (Dominique). L’lslam, ("Que sais-je ?", n° 355), 1972, P.U.F., p. 92.

[37] HUNAIN et ISHAQ : 9ème - 10ème siècles après J.-C.

[38] SOURDEL (Dominique), op.cit., p. 98.

[39] JAHIZ (9ème siècle après J.-C.) est l’un des plus célèbres écrivains du Moyen-Age arabe.

[40] Taha HUSAIN est un grand écrivain égyptien contemporain.

[41] Esclaves non-arabes qui, déportés en Arable, se convertirent à l’Islam et s’illustrèrent par la suite dans tous les domaines de la culture.

[42] Thèse développée dans la préface de l’edition de Naqd an nasr de Qudama IbB Jacfar.




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