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LA LITTERATURE NIGERIANE EN TRADUCTION FRANÇAISE ET SON IMPACT
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Ethiopiques n° 77.
Littérature, philosophie et art
2ème semestre 2006

Auteur : Françoise UGOCHUKWU [1]

On ne présente plus le Nigeria : le géant de l’Afrique, qui n’a jamais laissé personne indifférent, reste aujourd’hui, en dépit des vicissitudes traversées et au-delà des critiques, le pays dont Ricard écrivait en 1975 (13) : « Le Nigeria n’est pas seulement un Etat riche et peuplé [...], il est aussi l’un des Etats africains qui offrent dès aujourd’hui l’exemple de ce que sera, demain, la culture africaine ». Or, au premier rang des pays au sud du Sahara dans le domaine de l’imprimé, la patrie d’Equiano [2] s’enorgueillit d’une littérature aussi ancienne qu’abondante et variée, qui se trouve être la plus riche d’Afrique noire, et représente l’un des développements les plus originaux et les plus féconds du XXe siècle. Encore fallait-il, pour qu’elle soit appréciée hors de chez elle, que soit brisée la barrière linguistique.
Tout a commencé, avant même l’indépendance du pays, avec la publication, en 1953, de la traduction française, par Queneau, de l’ouvrage sorti peu avant mais déjà célèbre de Tutuola : The palm-wine drinkard - L’ivrogne dans la brousse [3]. Ce premier travail sera suivi de bien d’autres - mais il va falloir attendre 1966 pour que paraisse, prémices d’une moisson, Le monde s’effondre d’Achebe, qui deviendra le roman africain le plus lu dans le monde. Deux ans plus tard, ce sera le tour de Le lion et la perle de Soyinka. L’Anthologie négro-africaine de
Kesteloot a permis entre-temps aux lecteurs francophones de découvrir un certain nombre de poèmes, inédits en traduction, de Clark, Okara et Okigbo - ce dernier avait reçu l’année d’avant le titre de meilleur poète en anglais au Festival des arts nègres de Dakar.
Après la guerre du Biafra (1967-70) qui a projeté bien malgré lui le Nigeria sur la scène internationale et contribué à resserrer ses liens avec la France [4], les traductions deviennent plus nombreuses : Le Malaise, Le Démagogue et La Flèche de Dieu offrent un panorama de la création romanesque de l’écrivain igbo désormais le plus connu ; les pièces de théâtre et le roman : Les interprètes révèlent le talent de Soyinka, jugé alors « de dix ans en avance sur ce qui se fait dans les autres pays. » (Kesteloot, 1967 : 250). La Brousse ardente est l’occasion de faire tardivement connaissance avec un écrivain déjà mûr, Ekwensi, dont le People of the city est sorti de presses en 1954.
Les années soixante-dix voient également paraître les ouvrages d’Anozie et de Melone sur le roman africain et l’œuvre d’Achebe, de Dussutour-Hammer sur Tutuola et de Ricard sur Soyinka, le théâtre et l’édition au Nigeria. La sortie, en octobre 1980, d’un numéro spécial de la revue Europe sur la littérature nigériane d’expression anglaise, va permettre de lire toute une pléiade d’écrivains dans des extraits traduits en exclusivité : Achebe et Soyinka bien sûr encore, mais aussi Okigbo, Sofola, Osofisan, Omotoso, Okpewho, Abimbola, Chukwu et d’autres. Un an plus tard, le Nigeria, qui a déjà fait une timide apparition dans des manuels de littérature africaine comme ceux de Papa Gueye Ndiaye, de Falq et Kane ou de Lecherbonnier, est présent dans la bibliographie analytique de la Littérature orale d’Afrique noire de Görög. Grâce à Ola Balogun, premier africain anglophone à avoir publié un ouvrage de création en français, et grâce à ses nombreux critiques universitaires publiant dans cette langue, le Nigeria figure également dans la Bibliographie des auteurs africains de langue française publiée chez Nathan comme dans le Dictionnaire des œuvres littéraires négro-africaines de langue française de Kom, publié au Canada [5].
La connaissance de la littérature nigériane sera renforcée, dans les années quatre-vingt, par d’autres traductions : celles d’ouvrages d’Achebe, d’Ekwensi, de Nwankwo, Nwapa, Okara, Osofisan, Soyinka et Tutuola, tandis que, de plus en plus nombreux, les manuels français et francophones de littérature africaine découvrent les auteurs et critiques nigérians, et que paraissent différentes études générales et approfondies sur le pays, sa littérature orale et écrite et son art. L’année 1987 marque une étape importante puisqu’elle voit sortir enfin la traduction de l’ancêtre de cette littérature, le récit autobiographique d’Equiano, esclave igbo libéré, paru pour la première fois en 1745 à Londres. Jusqu’en 1990, on traduira, bon an mal an, entre un et quatre ouvrages nigérians, le plus souvent avec un énorme retard sur la publication du texte original : il y a ainsi huit ans d’écart entre Things fall apart et Le Monde s’effondre, quatorze ans entre No Longer at ease et Le Malaise, seize ans entre Burning Grass et La Brousse ardente, vingt-deux ans entre Efuru et sa traduction française. Soyinka lui-même n’est pas épargné puisque vingt-trois ans séparent The Road et La Route. Cet écart est révélateur : il témoigne à la fois des hésitations des éditeurs et du peu d’intérêt généralement suscité dans le public français par la production littéraire nigériane. La sortie d’un auteur en traduction n’est d’ailleurs pas toujours la garantie du succès puisqu’il faudra trente-cinq ans à Tutuola pour voir le second de ses ouvrages traduit en français. La France a cependant toujours joué un rôle important sur le plan culturel au Nigeria. Elle a par exemple financé la traduction des ouvrages de Tutuola et d’Ekwensi par l’intermédiaire de son Centre Culturel de Lagos, soutenu depuis quinze ans maintenant par l’IFRA [6] d’Ibadan qui a parrainé ces dernières années la traduction du classique igbo Omenuko puis lancé les projets de dictionnaires bilingues français-haoussa, yoruba-français et igbo-français, sortis chez Karthala en 1997 et 2004.


Dans le même temps, le nombre d’auteurs nigérians parus en traduction s’est accru, en même temps que grossissait le peloton des traducteurs. Au fil des années, on a vu des universitaires se spécialiser dans la traduction d’oeuvres qu’ils avaient d’abord étudiées : c’est ainsi que Galle, après deux thèses sur Soyinka soutenues respectivement en 1978 et 1983, a été amené à traduire dix de ses ouvrages entre 1984 et 1997, en plus de deux traductions d’Achebe et Alkali. St. André-Utudjian, auteur d’une thèse de 1985 sur le théâtre africain anglophone, a traduit depuis trois ouvrages de Soyinka et un d’Osofisan. Abioye a non seulement traduit mais étudié Fagunwa. Millogo, quant à lui, après une thèse sur le roman anglophone, a traduit Saro-Wiwa avec Bissiri, spécialiste de Soyinka. Les traducteurs s’attachent généralement, du moins au début, à un auteur particulier : c’est le cas de Pagnoux pour Emecheta, de Guiloineau, spécialiste d’Okri (qui a également traduit plusieurs autres écrivains) et de Fioupou, traductrice de Soyinka. De plus, ces traducteurs, de par leurs études ou leur expérience personnelle, sont tous au fait de la littérature et des cultures nigérianes : Françoise Balogun par exemple, Française mariée à un Nigérian, a également publié deux volumes de contes ; de Grandsaigne, traducteur d’Achebe et d’Ekwensi et auteur du manuel de français France-Afrique, a longtemps vécu et enseigné au Nigeria.
On a pu reprocher aux maisons d’édition françaises de s’être longtemps limitées à la traduction d’un nombre restreint d’auteurs nigérians. En effet, si l’on excepte la parution de L’Ivrogne dans la brousse, deux écrivains seulement, Achebe et Soyinka, seront traduits jusqu’en 1978, et continueront par la suite de dominer le marché, tandis que les autres - Ekwensi, Nwankwo, Okara et Osofisan, ne paraîtront qu’avec beaucoup de retard, leur présentation au public français se limitant en outre, le plus souvent, à un seul ouvrage. Il faut bien reconnaître que des raisons commerciales ou politiques pèsent généralement sur la décision de traduire tel ou tel auteur. Ainsi, dix des ouvrages de Soyinka ont été traduits dans les trois ans qui ont suivi l’attribution du Prix Nobel de Littérature à cet auteur yoruba en 1986, alors qu’on n’en avait traduit que six au cours des dix-huit années précédentes. Okri, lauréat du Prix Booker (le Goncourt anglais) en 1991, a aussitôt vu les traducteurs s’intéresser à son oeuvre, et, s’il a tout de même fallu trois ans pour que paraisse La Route de la faim chez Julliard, quatre autres de ses romans ont été traduits depuis. Enfin, l’exécution de l’écrivain et opposant politique Saro-Wiwa au Nigeria en novembre 1995 en dépit d’une vaste campagne internationale de protestations, a permis dès l’année suivante la traduction de plusieurs de ses ouvrages, en particulier de son chef-d’oeuvre, Sozaboy, et de son journal de détention.

1. Prenant appui sur ces nombreuses publications, et y participant, l’Université française s’est mise, dès les années soixante, à l’étude de la littérature nigériane - comme l’écrira Kesteloot (1995 :36), « on ne peut ignorer les écrivains d’Afrique anglophone qui sont connus par des traductions dès le début des indépendances, les plus précoces et brillants (étant) les Nigérians. » Notons à ce propos le rôle important joué par les Départements d’Anglais et de Littératures anglophones, qui connaissent déjà depuis longtemps la littérature nigériane, ayant placé plusieurs des écrivains du Commonwealth à leur programme - Arrow of God d’Achebe est ainsi le premier roman nigérian à figurer au programme d’agrégation d’Anglais en 1980. Il faut ajouter à cela le rôle de moteur des doctorants venus du Nigeria dès la fin de la guerre civile - Ezike, Okafor, Anyegbuna, Nweje, Amosu et bien d’autres - et qui influeront sur le choix des sujets de recherche. La centaine de thèses [7] soutenues depuis cinquante ans émanent d’une vingtaine d’universités, parmi lesquelles Paris III, Montpellier, Bordeaux, Toulouse, Grenoble III et aujourd’hui Paris XIII se distinguent non seulement par un nombre relativement élevé de soutenances mais aussi par un intérêt plus spécifique pour les langues, littératures et cultures africaines. Montpellier par exemple organise en 1984 un colloque sur Soyinka et le théâtre africain anglophone et confère à cette occasion le titre de Docteur Honoris Causa à l’ecrivain dramaturge. Bordeaux pour sa part abrite le CEAN (Centre d’Etude d’Afrique noire) et attire de nombreux chercheurs. L’Université de Toulouse-Le Mirail est le siège de l’équipe CNRS ‘Cultures anglo-saxonnes’ - ce qui lui a permis, entre autres, d’organiser en 1999 un colloque sur les littératures anglophones et de décerner un Doctorat Honoris Causa au poète Osundare. Grenoble III a quant à elle une longue tradition d’ouverture sur l’Afrique occidentale et a accueilli depuis le début des années soixante-dix un grand nombre d’étudiants nigérians.
Le choix des écrivains étudiés n’est guère original : plus ou moins limité par le nombre d’ouvrages traduits, il s’est porté sur des talents confirmés et des auteurs déjà inclus dans les anthologies des premières années - rappelons ici que les tout premiers romans d’Ekwensi, le premier roman d’Achebe et trois romans de Tutuola ont vu le jour entre 1950 et 1960. Achebe, que Le monde s’effondre, traduit en français en 1966, a fait connaître au grand public, a été le plus étudié (trente-trois thèses), surtout entre 1983 et 1987, suite probablement à la publication de Femmes en guerre et de l’ouvrage de Kane sur le roman africain ; il est vrai également qu’à l’époque, quatre romans de cet auteur sont déjà disponibles en traduction. C’est aussi le seul dont la réception critique a longtemps été considérée (Naumann 1987). Les travaux qui lui sont consacrés sont basés principalement sur sa production romanesque, les deux livres les plus souvent cités étant Le Monde s’effondre et La Flèche de Dieu, mais ils prennent également en compte ses autres oeuvres : poèmes, nouvelles et essais (Séverac 1995). Loin derrière Achebe se profile Soyinka, objet de vingt-deux thèses depuis 1970 - la dernière en date enregistrée en 2005. Cet écrivain, surtout connu en France pour ses pièces de théâtre et son action en faveur des Droits de l’Homme, domine encore le marché de la traduction française à l’orée du XXIe siècle avec vingt-quatre ouvrages parus. C’est que, Lissossi l’expliquait en 1989 :

« Wole Soyinka, auteur d’une vingtaine de pièces de théâtre, de deux romans, de poèmes et de bien d’autres oeuvres, est aujourd’hui considéré comme l’un des piliers de la littérature africaine. Il est apprécié par les spécialistes de littérature non pas tant pour la quantité de ses oeuvres mais plutôt pour leur qualité, bref pour son talent d’écrivain. Il a su dans son oeuvre intégrer les éléments de la littérature orale yoruba tels les mythes, les proverbes et ceux de la littérature occidentale » [8].

Abondamment traduit, mais parfois jugé difficile d’accès, Soyinka a suscité un regain d’intérêt parmi les doctorants en 1987/89, dans les deux ans qui suivirent l’attribution du Prix Nobel de littérature. Son oeuvre continue d’être traduite en français et fait en outre régulièrement l’objet d’articles et ouvrages en différentes langues.
Ekwensi (dix thèses entre 1969 et 1997), Tutuola (cinq thèses entre 1974 et 1986) ont été moins fréquemment étudiés - eux aussi appartiennent à la première génération d’écrivains nigérians. L’ivrogne dans la brousse est pourtant, avec le premier roman d’Achebe, le roman africain le plus traduit - en dix langues déjà en 1973 et un autre ouvrage de Tutuola est sorti en traduction en 2000. Quelques autres écrivains feront l’objet d’études comparatistes : Emecheta, Nwapa - qu’Efuru révèle au public en 1966 - n’intéresseront que quatre thèses dont la première est soutenue en 1981 et la dernière enregistrée en 2003 ; Okara, Mazrui, Amadi, Ike, Aniebo, Omotoso, ne seront pas vraiment étudiés avant 1983 [9]. Emenyonu, qui a lui-même soutenu une thèse de doctorat (en anglais) sur le développement du roman igbo moderne entre 1857 et 1966, estimait en 1978 que pour ce qui était de la littérature anglophone, les igbo étaient « parmi les écrivains les plus prolifiques de l’Afrique de 1’0uest, et probablement de toute 1’Afrique. » Au total, ce sont neuf auteurs igbo (dix en comptant Okri, de mère igbo et de père urhobo), quatre yoruba et un hausa qui font les titres des thèses et des mémoires en France - des chiffres inversement proportionnels au nombre officiel de locuteurs de ces trois ethnies, majoritaires dans le pays, chiffres qui donnent cependant une idée assez exacte de la réception de la littérature nigériane en France. Il faudrait encore remarquer qu’Achebe a été le premier auteur nigérian étudié. Ekwensi, lui, en dehors d’une thèse en 1969, a davantage intéressé dans le cours des années quatre-vingt, après la traduction de La Brousse ardente et de La Danseuse d’ivoire. Soyinka a été le dernier apprécié du public francophone ; il avait pourtant été traduit assez rapidement et fait, bon an mal an, les titres d’un nombre restreint de thèses.
Plusieurs de ces travaux, en dépit de leur apparence assez classique, s’attachent à prouver que les auteurs les plus connus ne sont pas ce que l’on a cru, et attirent l’attention sur des aspects négligés de leur oeuvre. Nganga (1988) propose de nouvelles pistes de recherche et un regard neuf sur Ekwensi. La route dans l’oeuvre de Soyinka (Fioupou 1991) part à la découverte d’une pensée « remarquablement cohérente et antidogmatique qui se structure non pas sur une voie unique et péremptoire mais plutôt sur la multiplicité des routes du système de divination ifa ». Sarr (1987) suggère, quant à lui, à partir d’une étude du thème de la solitude, que la perception de l’Afrique comme fondamentalement différente de l’Europe sur ce point, doit être revue, la solitude apparaissant dans sa thèse comme une réalité dans la vie des individus. Ces recherches présentent dans l’ensemble un tableau assez représentatif des oeuvres romanesques, les plus étudiées puisqu’elles font l’objet de 71 thèses, et du théâtre, qui intéresse environ seize thèses. Les contes populaires, qui avaient été les premiers recueillis au dix-neuvième siècle et à l’époque coloniale, n’ont intéressé que sept thèses, datant toutes des années soixante-dix. La poésie enfin, comme souvent, a été négligée - sans doute, dans ce cas précis, parce qu’ « en renonçant à traduire, comme l’avaient fait leurs ancêtres, l’inconscient collectif de leur peuple et en répugnant tout autant à se transformer en chantres révolutionnaires, les poètes nigérians se sont repliés dans un chant qui tantôt se veut introspectif, voire lamentation [...], tantôt se fait, au contraire, ésotérique. » (Coussy 1988 : 495) Kesteloot rappelait pourtant en 1999 (83) aux lecteurs de la revue Notre Librairie la qualité de la production poétique nigériane où « de grands poètes », parmi lesquels elle citait Okara, Soyinka, Clark, Okigbo et Saro-Wiwa, « écrivent des textes magnifiques qui passent même en traduction ».


2. Les auteurs étudiés l’ont été selon des axes précis. Un certain nombre de thèses suivent ainsi la chronologie et resituent l’oeuvre lue dans l’histoire, de la critique et du refus de la colonisation, de l’exploitation et de la religion qui les accompagnaient, à la critique du néo-colonialisme et de l’élite de la nouvelle civilisation, en passant par la guerre civile et ses échos, le désenchantement et la désillusion d’après l’indépendance. Les différentes analyses, souvent comparatistes, relient tradition et modernisme, éducation et oralité, surnaturel ancestral et christianisme, à l’heure où le pays retrouve ses racines et redéfinit ses sources d’inspiration - c’est le cas de la thèse de Ouedraogo (1988) sur le symbolisme aquatique dans les oeuvres de Soyinka et des ghanéens Armah et Awoonor. Vie villageoise et vie urbaine, ville et forêt, ordre ancien et ordre nouveau, comme écriture et réalité, sont ainsi placés côte à côte, et les événements revisités, souvent avec beaucoup de retard : les deux travaux sur le conflit biafrais et ses échos dans le roman nigérian (Lanasri et Matmati) datent tous deux de 1986.
Un second axe de réflexion examine l’évolution des personnalités aux prises avec le conflit culturel né de la colonisation : quatre thèses vont étudier le statut ambivalent de la femme, corruptrice, destructrice mais salvatrice, trois autres le sentiment d’aliénation et la recherche d’une nouvelle identité, comme l’explique Babagbeto (1988) selon lequel

« La conséquence principale de la colonisation européenne de l’Afrique est la désintégration de la société traditionnelle africaine. Au cours de cette période, l’Africain est devenu un aliéné, aussi bien sur le plan culturel, économique que politique ; il a [...] perdu son identité. Aujourd’hui, il lutte pour retrouver et conserver les valeurs qui constituent les bases de son identité véritable ».

Un troisième axe vient enfin poser des questions plus spécifiquement littéraires, à travers des études sur les genres, le symbole et sa fonction, l’imaginaire, le fantastique, la création littéraire, le style, la réception critique de l’oeuvre et le statut de l’écrivain - du peintre social à l’artiste engagé. Les prises de position politiques et sociales d’hommes comme Soyinka sont soulignées, de même que le rôle de pédagogue d’Ekwensi qui « veut que les gens vivent avec succès en ville » (Lissossi et Moussa, 1989). Genre le plus étudié, le roman est montré comme ayant réalisé une synthèse judicieuse des apports liés à l’introduction du genre en Afrique et des éléments esthétiques propres à la littérature africaine traditionnelle (Djangone Bi 1988), à travers une étude qui s’étale, de thèse en thèse, dans l’espace ouest-africain et dans le temps, entre 1950 et la fin des années quatre-vingt.

Il est donc possible de soutenir avec Jacob (1989) que, globalement, la littérature nigériane est non seulement relativement bien connue des universités et instituts de recherche français, mais que ces derniers lui ont donné la place qu’elle mérite. Les titres des thèses reflètent en tout cas, on l’a vu, une réalité : la prépondérance du sud du Nigeria - et des ethnies igbo et yoruba - dans la littérature de ce pays, les igbo s’étant davantage investis dans le roman alors que les yoruba montraient une préférence et un talent certains pour le théâtre et la poésie. Cependant, de nombreux écrivains nigérians - poètes mais également dramaturges et romanciers, bien connus chez eux, mentionnés dans plus d’une anthologie et parfois traduits en français - ont été laissés de côté : non seulement Okigbo et Clark, mais aussi Osundare, Aluko, Enekwe, Munonye, Nzekwu, Egbuna, Nwankwo, Okoye, Onwueme, Sofola, Udechukwu, Ulasi et bien d’autres. En outre, la production littéraire nigériane en langues nationales, pourtant la première à avoir joué un rôle dans l’histoire du pays, a malheureusement été ignorée, en dehors d’une thèse de 1986 sur Fagunwa, sa traduction française et son étude critique. Cette dernière offre en première partie une traduction française de l’écrivain yoruba, motivée par l’absence de traduction antérieure (Abioye ne semblait pas connaître la traduction de Soyinka, datant de 1968) et dans le but avoué d’aider Fagunwa « à obtenir une audience plus large et internationale tout en frayant le chemin à des chercheurs » - ce qui prouve une fois de plus l’impact des traductions sur la recherche. Pourtant, nombre d’auteurs de thèses auraient été, de par leur origine, à même d’avoir accès à ces ouvrages. Il est intéressant de noter, à ce propos, qu’une seule thèse, celle de Jacob, s’est penchée sur ce problème en 1989. Selon l’auteur, deux décades après l’indépendance, le Nigeria « ne dispose pas d’une seule école de traduction et [...] par conséquent, la plupart des traductions faites (sont) le travail de gens qui n’ont pas reçu au préalable la moindre formation dans ce domaine [...], essentiellement des gens ayant étudié des langues étrangères. » Or déjà à l’époque, se montait à Uturu, dans l’est du pays, un centre de traduction soutenu par l’Ambassade de France, et au début des années 1990, plusieurs universités, en particulier celles de Lagos, Port-Harcourt, Nsukka et Benin, offraient, dans le cadre des études de français, des diplômes et maîtrises de traduction, davantage tournés, il est vrai, vers les langues européennes.
Le domaine de la traduction et de l’étude des oeuvres en langues africaines reste donc en grande partie inexploré et, en conséquence, « malgré les efforts considérables de la recherche, les littératures africaines [...] restent encore mal connues dans leur ensemble. » (Baumgardt 2000 : iii). Or, selon Ricard (1975 : 40), une bibliographie complète des seules oeuvres publiées en yoruba comprendrait plus de mille volumes. Dans le domaine igbo, d’autre part, le classique Omenuko (1933) qui avait valu à l’époque à son auteur, Nwana, le prix pour les littératures en langues africaines décerné par l’Institut International africain et reste le seul roman igbo traduit en français, a été suivi de bien d’autres publications depuis Ala Bingo (1937), Ije Odumodu jere (1963) et Elelia na ihe o mere (1965). L’adoption d’une orthographe officielle pour la langue en 1961 et sa diffusion ont permis, depuis les années soixante-dix et la fin de la guerre du Biafra, le développement de l’enseignement de l’igbo dans les écoles et les universités. Celui-ci a été accompagné et suivi de la publication des nombreux ouvrages en tous genres d’Ogbalu, des travaux de linguistique d’Emenanjo, des romans d’Ubesie et Maduekwe, des recueils de poèmes d’Achebe, Udechukwu, Emenanjo, Nwadike, Chukuezi et Uba-Mgbemena, des contes notés par C.N.Ugochukwu, et d’un grand nombre de pièces de théâtre de Nwadike, Onyekaonwu, Chukuezi et du groupe d’artistes Odunke, pour ne citer que les plus connus.
Depuis 1990, alors même que la présence du Nigeria se fait de plus en plus sentir dans les universités françaises, sa littérature n’a intéressé qu’une dizaine de thèses (sur Achebe, Ekwensi et Soyinka), un nombre inférieur à celui des années quatre-vingt mais qui signale la découverte d’autres écrivains : Okri et Equiano sont maintenant étudiés. Il est en tout cas évident que « l’intérêt porté à la littérature nigériane va croissant en France et (que) le rythme des traductions s’est intensifié ces dernières années. » (Coulon 1986 : 190) Ricard signalait en 1995 l’existence de textes inédits : une traduction, déposée à la SOAS, du roman Adiitu Olodumare (Le Secret du Tout-puissant), une traduction du chef-d’oeuvre de Ladipo, Oba Koso (Le Roi ne se pend pas) faite par Amstrong en 1972 pour l’Institut d’Etudes Africaines de l’Université d’Ibadan, et une traduction française inédite de la pièce d’Isola, Efunsetan Aniwura de 1970 qui a depuis été publiée.
Dans sa « contribution à la troisième conférence ministérielle de la francophonie sur la culture, tenue à Cotonou en juin 2001, Magnier confirmait le fait que

« Dans cette dernière décennie, le rythme des traductions s’est considérablement accru et de nombreux nouveaux titres sont devenus accessibles au public francophone. Dans le domaine anglophone, [...] au Nigeria, les œuvres du Prix Nobel, Wole Soyinka, ont continué d’être traduites avec régularité, mais d¹autres écrivains sont venus s’ajouter à la liste, sans toutefois imposer un nombre d’écrivains à la mesure de l’immensité de la population » [10].

Après la traduction rapide, dès 2005, du premier roman d’Adichie [11] et au moment où se multiplient les études et les ouvrages-passerelles entre littératures anglophones et francophones, il reste à souhaiter que la littérature nigériane anglophone et en langues africaines bénéficie de la bonne volonté des éditeurs francophones et de l’intérêt de l’Université française pour une nation que l’étranger n’a pas fini de découvrir.


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Littérature nigériane disponible en français

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1978 La flèche de Dieu, Paris, Présence africaine (trad. I.d’Almeida & O.Simpson).

1966 A man of the people, London, Heinemann.
1977 Le démagogue, Dakar/Abidjan, NEA (trad. A.Diop).

1972 Girls at war & other stories, London, Heinemann ;
1981 Femmes en guerre et autres nouvelles, Paris, Hatier (trad. J. de Grandsaigne), réédition 1996.

1987 Anthills of the savannah, London, Heinemann.
1990 Les termitières de la savane, Paris, Belfond (trad.E.Galle).
1994 Les termitières de la savane, Paris, Union Générale d’Editions, 10x18.

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1980 L’étonnante enfance d’Inotan : roman nigérian, Paris, L’Harmattan.

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1962 Burning grass, Heinemann, London.
1978 La brousse ardente, Paris, Présence africaine (trad.F.Balogun).

1966 The ivory dancer in Lokotown & other stories, Heinemann, London
1982 La danseuse d’ivoire, Paris, Hatier (trad. J. de Grandsaigne & G.Spackey).

1961 Jagua Nana, London, Hutchinson.
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1988 Jagua Nana, Paris, Présence africaine (trad.F.Balogun).

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1976 The bride price, London, Allison & Busby.
1998 La dot, Paris, Gaïa (trad.M.Pagnoux).

1979 The joys of motherhood, London, Allison & Busby.
1994 Les enfants sont une bénédiction, Paris, Gaïa (trad.M.Pagnoux).
1999 Les enfants sont une bénédiction, Paris, 10x18.

1980 The wrestling match, Oxford University Press.
1999 Le corps à corps, Paris, L’Harmattan/UNESCO.

1989 Gwendolen, London, Collins.
1990 Gwendolen, London, Fontana.
2000 Gwendolen, Paris, Ga ?a (trad.M.Pagnoux).

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1967 Equiano’s travels (abrégé), London, Heinemann.
1969 The interesting narrative..., London, Dansons & Pall Mall. 1987 La véridique histoire, par lui-même, d’Olaudah Equiano, africain, esclave aux Caraïbes, homme libre, Paris, Editions Caribéennes (trad.Cl-L.Charbonnier).

FAGUNWA, D.O. 1938 Ogboju Ode Ninu Igbo Irunmale, Lagos, CMS (texte yoruba). 1968 The Forest of a Thousand Daemons, Lagos, Nelson (trad.W.Soyinka). 1989 Le preux chasseur dans la forêt infestée de démons, Nelson/Total Nigeria Ltd (trad.du yoruba par O.Abioye).

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1969 Baba de Karo : l’autobiographie d’une musulmane haoussa du Nigeria - textes de Baba Giwa (M.F.Smith ed.), Paris, Plon.

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1994 Etoiles d’un nouveau couvre-feu, Paris, Union Générale d’Editions, 10x18.
1991 The famished road, London, Vintage.
1994 La route de la faim, Paris, Julliard (trad.A.Weil).
1997 La route de la faim, Paris, Robert Laffont.
1995 Astonishing the gods, London, Orion.
1997 Etonner les dieux, Paris, C.Bourgeois (trad.J.Guiloineau).
1998 Etonner les dieux, Paris, Seuil.
1997 Dangerous love, London, Phoenix Press.
1997 Un amour dangereux, Paris, C.Bourgeois (trad.J.Guiloineau).
1999 Mental fight, London, Weidenfeld & Nicolson.
1999 Combat mental, Paris, C.Bourgeois (trad.J.Guiloineau).
2002 In Arcadia, London, Weidenfeld & N.
2003 En Arcadie, Paris, C.Bourgeois (trad.J.Guiloineau).

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1997 Wosa Africa ! Oh Afrique ! Quand la musique défie la guerre, Paris, Editions du jaguar.

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1977 The chattering and the song, Ibadan, University Press.
1980 « La trame et la chaîne », Peuples noirs Peuples africains 13, janvier-février 1980 pp.90-118 & 14, mars-avril 1980 pp.133-157.
1992 Les tisserins, Ivry, Nouvelles du Sud (trad.E.de St André-Utudjian & C.Pergnier).

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1990 Waiting Laughters, Lagos, Malthouse Press.
2004 Rires en attente, Paris, Présence africaine.
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1985 Sozaboy, Port-Harcourt, Saros International ;
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1998 Sozaboy pétit minitaire, Arles, Actes Sud (trad.S.Millogo & A.Bissiri).
1987 Mr.B., African Books Collective.
1999 Mr.B. millionnaire, Paris, Dapper (trad.K.Alemill & J.Ferrandez) ;
1995 a month and a day - a detention diary, London, Penguin
1996 Si je suis encore en vie...Journal de détention, Paris, Stock (trad.F.Marchand-Sauvagnargues).
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2002 Lemona, Paris, Dapper Stichting (trad. K.Alem).
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1991 La ronde dans la forêt, Presses Universitaires de Nancy (trad.N.Vigouroux-Frey).
1963 The lion and the jewel, Ibadan, Oxford University Press.
1968 Le lion et la perle, Yaoundé, CLE (trad.J.Chuto & P.Laburthe-Tolra).
1977 Le lion et la perle, Yaoundé, CLE (nouvelle édition).
1963 Three plays (The swamp-dwellers, The trials of Brother Jero & The strong breed), Ibadan, Oxford University Press.
1971 Les gens des marais, suivi de Un sang fort & Les tribulations de Frère Jéro, Honfleur, Oswald, (trad.E.Janvier).
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1991 Les interprètes, Paris, Présence africaine (trad.E.Galle).
1965 The Road, Ibadan, Oxford University Press.
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1971 Madmen and specialists, London, Methuen.
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1976 Ogun Abibimân, London, Rex Collings.
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1972 The Man died - prison notes, London, Rex Collings.
1986 Cet homme est mort, Paris, Belfond (trad.E.Galle).
1973 The Jero plays (The trials of Brother Jero & Jero’s metamorphosis), London, Methuen.
1986 La métamorphose de Frère Jéro, Paris, Présence africaine (trad.E.Janvier).
1973 A season of anomy, London, Rex Collings.
1987 Une saison d’anomie, Paris, Belfond (trad.E.Galle).
1993 Une saison d’anomie, Paris, Librairie Générale Française, Livre de poche.
1973 The Bacchae of Euripides : a communion rite, London, Methuen
1989 Les Bacchantes d’Euripide : rite de communion, Paris, Silex (trad.E.Galle).
1973 Camwood on the leaves, London, Methuen.
1993 Du rouge de cam sur les feuilles, Ivry, Nouvelles du Sud (trad.E.de St André-Utudjian & C.Pergnier).
1975 Death and the king’s horseman, London, Methuen.
1986 La mort et l’écuyer du roi, Paris, Hatier (trad.Th.Dubost).
1981 Ake : the years of childhood, London, Rex Collings
1984 Aké, les années d’enfance : mémoires, Paris, Belfond (trad.E.Galle).
1993 Aké, les années d’enfance : mémoires, Paris, LGF (Librairie Générale Française), livre de poche.
1985 Requiem for a futurologist, London, Rex Collings.
1993 Requiem pour un futurologue, Ivry, Nouvelles du sud (trad.E.Galle).
1986 “This past must address its present” (discours de Stockolm), in Henry Louis Gates, Jr.(ed), Black American Literature Forum, Vol. 22 (3), special Wole Soyinka, 1988 p.429-446.
1987 Que ce passé parle à son présent : discours de Stockolm, Paris, Belfond (trad.E.Galle).
1988 Mandela’s earth and other poems, London, Methuen.
1989 La terre de Mandela, Paris, Belfond (trad.E.Galle).
1989 Isara : a Voyage around Essay, Ibadan, Fountain Publishers.
1993 Isara : périple autour de mon père, Paris, Belfond (trad.E.Galle).
1992 From Zia with love/a scourge of hyacinths, London, Methuen ;
1999 Le maléfice des jacinthes, Genève, Zoe (trad.G.Meudal).
1994 Ibadan : a memoir 1945-67, London, Methuen.
1997 Ibadan : les années pagaille. Mémoires 1946-65, Arles, Actes Sud (trad.E.Galle).
2002 King Baabu, London, Methuen.
2005 Baabou roi : pièce à la manière de - en gros - Alfred Jarry, Arles, Actes Sud (trad.C.Fioupou).
2005 Climate of fear : the quest for dignity in a dehumanized world, New York, Random House.
2005 Afriques : climat de peur, Arles, Actes Sud (trad.E.Galle)


TUTUOLA, A.
1952, The palm-wine drinkard, London, Faber & Faber.
1953 L’ivrogne dans la brousse, Paris, Gallimard (trad.R.Queneau).
1954 My life in the bush of ghosts, London, Faber & Faber.
1988 Ma vie dans la brousse des fantômes, Paris, Belfond (trad.M.Laforest).
1993 Ma vie dans la brousse des fantômes, Paris, Union Générale d’Editions, 10x18.
1955 Simbi and the satyre of the dark jungle, London, Faber & Faber.
1994 Simbi et le satyre de la jungle noire, Paris, Belfond (trad.M-Cl.Peugeot).
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2000 La femme plume, Paris, Dapper (trad.M.Laforest).

UGAH, A.
1983, Rêves interdits, suivi de La révolte des griots et Rêves retrouvés, Sherbrooke, Naaman

UGOCHUKWU, F.
1984 La source interdite, Paris/Dakar, EDICEF/NEA.
1987 Une poussière d’or, Paris/Dakar, EDICEF/NEA.
1993 Le retour des chauves-souris, Paris/Dakar, EDICEF/NEA.
2006 Chizoba dans la ville, Paris, L’Harmattan.

Sites Internet
http://www.anrtheses.com.fr/
http://fct.u-paris10.fr
http://www.sudoc.abes.fr
http://confculture.francophonie.org...


[1] Open University, Grande Bretagne

[2] Esclave igbo libéré au dix-huitième siècle et ancêtre de la littérature nigériane en langue anglaise.

[3] Pour le détail des ouvrages cités, se reporter à la bibliographie.

[4] Un certain nombre d’ouvrages ont été publiés en France sur la guerre, pendant et après le conflit, par des journalistes, des médecins et des hommes politiques qui ont pu se rendre sur place et témoigner. La littérature née du conflit a également suscité quelques ouvrages de recherche et deux ou trois thèses.

[5] Quatorze des 93 collaborateurs de Kom étaient des Nigérians.

[6] Institut Français de Recherche en Afrique.

[7] Le catalogue informatique en ligne http://www.sudoc.abes.fr n’a recensé que les thèses postérieures à 1972. Il est donc incomplet. On trouvera le reste dans les autres sites en ligne signalés en fin d’article, les fichiers de bibliothèques universitaires, les diverses bibliographies disponibles et divers ouvrages sur le Nigeria, dont ceux de BACH (1986) et de RICARD (1995).

[8] Pour le résumé des thèses, voir les catalogues en ligne signalés en fin d’article.

[9] Cette tendance à l’étude comparatiste se confirme, avec des thèses enregistrées depuis 2000 comparant écrivains anglophones et francophones ou africains et américains.

[10] Voir le site Internet http://confculture.francophonie.org....

[11] Ce premier roman, présélectionné pour le prix Orange 2004, a déjà été traduit en français, en espagnol et en allemand. Un second roman d’Adichie est sorti en 2006.




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