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ESTHETIQUE DU DEVERGONDAGE TEXTUEL DANS POEMES ET VENTS LISSES DE SONY LABOU TANSI
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Ethiopiques n° 78

Littérature et art au miroir du tout-monde/Philosophie, éthique et politique

1er semestre 2007

Auteur : Pascal N’GUESSAN ASSOA [1]

Si le romancier et dramaturge Sony Labou Tansi est très connu, le poète Sony Labou Tansi demeure presque inconnu dans le monde de la critique littéraire. Ce n’est qu’à partir de textes poétiques confiés ça et là à certains de ses amis que le monde littéraire découvrira pratiquement, à titre posthume, la dimension poétique de son œuvre. Pour l’essentiel, l’on retiendra notamment Le quatrième côté du triangle, Poèmes et vents lisses et quelques uns de ses poèmes publiés de façon éparse dans trois ouvrages [2].

Telle qu’elle se présente au lecteur,Poèmes et vents lisses apparaît comme une œuvre poétique qui choque les mœurs ; mais cette écriture singulière revêt, de notre point de vue, une beauté certes assez particulière mais indiscutable. A la manière de Charles Baudelaire qui cueille des fleurs dans le mal, notre souci consiste à découvrir à quel niveau se situe l’originalité de l’écriture poétique dans Poèmes et vents lisses de Sony Labou Tansi et de quelle manière elle contribue à l’émergence d’une esthétique poétique du dévergondage textuel.

A la suite de la définition des notions essentielles pour la compréhension de cet article, nous passerons à une analyse qui montrera comment se manifeste le dévergondage textuel dans Poèmes et vents lisses, mais aussi comment elle est source de beauté.

1. DE L’ESTHETIQUE DU DEVERGONDAGE TEXTUEL

1.1. Du lexème esthétique

Le mot esthétique est dérivé du grec aisthesis qui signifie « sensation ». L’esthétique, à l’origine, renvoie à la branche de la philosophie qui a pour objet l’étude du beau, son essence et sa perception. Pour Platon et Aristote, premiers théoriciens de l’esthétique, la conception du Beau est inséparable de la morale et de la politique. L’esthétique regroupe l’ensemble des règles et des principes selon lesquels on définit le Beau.

Notre vision de l’esthétique s’appuiera essentiellement sur le beau tel que conçu par le linguiste Roman Jakobson. En effet, Jakobson est le premier linguiste-stylisticien qui ait systématisé une fonction dont l’objet est la recherche du beau : la fonction esthétique appelée aussi fonction poétique. La fonction esthétique ou fonction poétique ou encore fonction littéraire vise le message en tant que tel. Elle se préoccupe de découvrir le fondement et les caractéristiques de la poéticité. Selon Roman Jakobson, pour atteindre comme fin la création de la poéticité, l’usager de la langue procède à la projection de l’axe paradigmatique sur l’axe syntagmatique, et cela a pour conséquence l’affaiblissement de la sélection : ce procédé technique s’appelle le principe d’équivalence.

En choisissant l’approche jakobsonienne de l’esthétique, nous ne perdons pas de vue cette réserve de Georges Molinie qui précise qu’ « …il n’ y a pas d’objet littéraire, qu’il n’ y a donc pas littérarité : mais qu’il y a littérarisation, dans des conditions particulières de réception » [3].Nous tiendrons compte de cette observation de Molinie qui montre qu’il ne suffit pas seulement qu’il y ait affaiblissement de la sélection pour qu’il y ait littérarité, mais la littérarisation s’observe au plan de la réception du message.

Cette notion d’affaiblissement de la sélection, propre à la fonction poétique, a fait dire à Tzvetan Todorov que « la langue poétique est non seulement étrangère au bon usage, elle en est l’antithèse. Son essence consiste dans la violation des normes du langage » [4].


1.2. Le dévergondage textuel

Le mot dévergondage est le nom qui découle du verbe se dévergonder, lequel est composé du préfixe "dé" et du latin "verecundia" qui veut dire retenue, pudeur. Se dévergonder, en d’autres termes, c’est manquer de tenue.

Le dévergondage est, de ce point de vue, synonyme de libertinage effronté, de dérèglement des mœurs. Ce mot veut dire aussi débauche, débordement, dépravation, dérèglement, désordre, dissipation, inconduite.

La théorie littéraire de dévergondage textuel s’intéresse au code moral dans une œuvre littéraire donnée. Les règles de l’écriture admettant un certaine étique, voire une certaine déontologie, on parle de dévergondage textuel dès l’instant que cette éthique est foulée au pied dans une œuvre littéraire donnée.

A ce sujet, Pierre N’Da, à qui nous devons cette théorie, indique :

« Au plan de la forme, de l’énoncé narratif et de la pratique textuelle, elle se manifeste par la subversion des canons classiques, par une grande liberté dans l’expression et mime une joyeuse désinvolture du langage. C’est cette écriture éclatée et ce style débridé que j’appelle dévergondage textuel » [5].

Aussi conviendra-t-il d’entendre par dévergondage textuel l’écart ou les écarts vis-à-vis de la norme et du minimum de morale requis dans une œuvre littéraire. Dans le cas d’espèce, il s’agira de mettre l’accent sur la dépravation et la déviation disséminées çà et là dans le recueil de poèmes Poèmes et vents lisses de Sony Labou Tansi.

De ce qui précède, nous pouvons dire que parler d’esthétique du dévergondage textuel revient à prouver qu’il y a une beauté qui résulte d’un texte donné considéré comme débridé.

2. MANIFESTATIONS DU DEVERGONDAGE TEXTUEL DANS POEMES ET VENTS LISSES

Ce deuxième point vise à démontrer qu’il y a effectivement dévergondage textuel dans Poèmes et vents lisses. Ce dévergondage textuel se manifeste à travers la transgression du religieux et celle du tabou sexe.

2. 1. La transgression du religieux ou le sentiment antireligieux

En général, les œuvres littéraires classiques, parce qu’elles assument avant tout une fonction d’éducation sociale, respectent généralement ce que la société tient pour respectable. Rares sont les écrivains classiques qui s’attaquent au religieux, notamment en ce qui concerne les religions révélées, mais dans Poèmes et vents lisses, Sony Labou Tansi se présente comme un poète iconoclaste.

Dans La vie et demie, il s’est plu à présenter des guides providentiels qui rivalisaient de prouesses sexuelles. Aussi écrivait-il au sujet du Guide Jean-Cœur-de-Pierre qu’il organisait chaque année une séance de procréation radiodiffusée et télévisée en direct : « Il dépucelle et féconde, en quelques trois heures, cinquante jeunes filles, malgré les interventions du Pape, de l’ONU et des pays amis » [6].

Dans Poèmes et vents lisses, il a d’ailleurs pris sur lui de se dévoiler au monde en ces termes :

« Je suis

Puisque enfin il faut le dire

Puisque enfin il faut le crier

Je suis un verre

Disons une bouteille – un litre

Du sang de Satan

Je suis la vie privée

De Judas » [7].

En d’autres termes, il se définit comme un verre, c’est-à-dire comme un vase, une substance fabriquée, cassante, dure et transparente, de structure vitreuse. Cette transparence du poète s’observe effectivement dans sa façon franche de nommer les choses qui l’entourent.

Il n’est pas tout à fait un verre, il est plutôt une bouteille, mieux « un litre de sang de Satan ». Ceux qui s’intéressent au spiritisme savent ce que représente ce liquide appelé dans ce milieu fermé le sang de Satan. Aussi voudrions-nous indiquer que ce sang de Satan s’oppose, de façon radicale, au sang de Jésus. Ces deux sangs opèrent puissamment en faveur de la cause à servir. Le sang de Satan, il faut le rappeler, est l’élément essentiel pour la célébration des messes noires appelées aussi messes de Saint Ciquère. Sans que cela ne soit l’objet de ce travail, il est bon de rappeler que, de même que les chrétiens boivent le sang du Christ pour être fortifiés, de même les participants de ces messes noires boivent les menstrues de femmes pour en tirer des forces : c’est ce qui s’appelle le sang de Satan. A défaut de menstrues, l’eau qui a servi a lavé un bébé mort peut être utilisée pour célébrer cette messe de Saint Ciquère. Il semble que ces messes de Saint Ciquère procurent célébrité, gloire, puissance, perpétuation du pouvoir d’Etat …à ceux qui y participent.

En somme, au travers de ce qui précède, le poète Sony Labou Tansi insinue qu’il est détenteur d’un pouvoir (maléfique) qui procure gloire humaine, voire puissance. Il s’en vente d’ailleurs puisqu’il ajoute :

« Je suis la vie privée

De Judas  ».

C’est-à-dire le côté de cette vie qui échappe à la masse ; être la vie privée de Satan est une tâche trop lourde pour un Homme, mais la poésie est le domaine « de l’impossiblement possible » ; nous prenons acte.

Le nom Judas (Judas Iscariote) constitue tout un programme de vie ; Judas représente la traîtrise, la trahison, la mort du Christ. Nous pensons que le choix d’un tel personnage comme modèle ne s’est certainement pas fait de façon fortuite. Nous ne sommes pas sûr qu’au nom de quelque raison que ce soit un croyant veuille commencer son recueil de poèmes par un texte intitulé « Prière » pour ensuite y profaner le sacré. Le poète Sony Labou Tansi a réussi à accomplir cet exploit dans Poèmes et vents lisses.

En fait, la première réaction qu’a le lecteur en découvrant ce tout premier poème intitulé « Prière » est une attitude de foi et d’admiration dans un monde où toutes les valeurs sociales sont foulées au pied. Malheureusement le contenu du poème, tout comme certains autres poèmes, battent en brèche cette première idée que le lecteur se fait de la poétique sonylaboutansienne ; les quelques extraits que nous allons analyser soulignent ces observations :

« Nous sommes battus Seigneur

Par tout ce qui n’est pas vrai

Par tout ce qui n’est pas là

Et qui cogne la merde

Nous sommes battus et vaincus

Par l’allure véreuse de la Vierge ».

Ce que le poète Sony Labou Tansi a intitulé « Prière » n’en est pas une, car la prière est avant tout basée sur la confiance que le prieur a en ce dieu à qui il s’adresse, or ce à quoi nous assistons dans ce corpus est un hymne à l’échec :

« Nous sommes battus Seigneur

Par tout ce qui n’est pas vrai

Par tout ce qui n’est pas là ».

Comme on le voit, la prière est détournée de son sens vrai dans Poèmes et vents lisses ; elle relève ainsi du dévergondage textuel.

La Vierge Marie, l’un des symboles de la foi chrétienne, n’est pas épargnée par le poète, elle est sérieusement écorchée par l’« allure véreuse » qu’il lui trouve. Le clergé catholique n’est pas épargné par celui- ci qui « fabrique » un personnage appelé Le bon père qui entre en scène ; le poète Sony Labou Tansi pense certainement qu’en s’attaquant, à la suite de la Vierge Marie, au clergé, il atteindra plus facilement son objectif : celui de tourner en dérision le sacré en général, l’église en particulier. A cette fin, il engage un dialogue entre ce personnage de bon père et une passante :

« Ma fille dit le bon père

passe ton chemin

mais retiens qu’aucun vagin n’est assez

haut placé pour battre

l’angélus » [8].

D’un prêtre défroqué et débile, on ne peut pas attendre un tel discours, mais le poète Sony Labou Tansi s’est arrangé pour attribuer la paternité de ce propos irrévérencieux à un « bon père ». L’épithète antéposée « bon » n’est pas neutre, elle montre que ce prêtre fait partie des meilleurs dont l’église catholique dispose en son sein. Les lexèmes « ma fille », signe de respect et de bonne éducation renforcé par celui de « l’angélus », moment de prière, contrastent avec le mot « vagin » qui relève de la gadoue morale. Cette construction – quelque peu antithétique – renforce le poids de la cabale organisée par le poète à l’encontre du clergé catholique. Cette façon de procéder met en relief le dévergondage textuel dans cette œuvre poétique dont l’auteur n’est rien d’autre que le Congolais Sony Labou Tansi.

Avec le mot « vagin », prêté au bon père, Poèmes et vents lisse glisse dans la transgression du tabou sexe ; comment se manifeste t-elle réellement dans cette œuvre ?


2. 2. Transgression du tabou sexe

Ce n’est un secret pour personne, dans la société africaine, que le sexe demeure un sujet tabou ; les familles abordent rarement cette question quand bien même les besoins vitaux tels le VIH SIDA, les grossesses précoces interpellent celles-ci à en parler. Ce sentiment de tabou sexe est observable dans la production littéraire classique, mais Poèmes et vents lisses se soustrait de ce principe. Ce recueil de poèmes – par moments¬ – se transforme en un véritable roman photo qui, contre toute attente, s’attaque aux bonnes mœurs.

Comme s’il écrivait une lettre à une amante d’un soir, le poète lâche crûment :

« Tu craignais qu’avec ton beau corps

et dedans tes rigoureuses fonctions

de femme je vinsse échapper

à tes jambes écartées » [9].

Pour lui, il existe, en ce siècle, une fonction spécifiquement réservée à la femme celle de se livrer à l’homme :

« Et dedans tes rigoureuses fonctions de femme ».

Il n’est pas nécessaire d’être un psychologue chevronné pour déceler, à travers cet écrit, le mépris que le poète Sony a pour les défenseurs de l’égalité entre la femme et l’homme. Il ne se pose d’ailleurs pas de question pour réaliser que le beau corps de la femme la condamne à se livrer à l’homme ; ainsi pouvait- il se targuer de n’avoir pas échappé aux « jambes écartées » de la femme.

Le texte poétique de Sony Labou Tansi ne s’embarrasse pas de pudeur et de bienséance ; les mots employés heurtent la sensibilité et révèlent un état d’être, celui de l’être chez qui la liberté d’expression est si précieuse qu’elle finit par gêner le destinataire. Mais lire Sony Labou Tansi, c’est d’avance s’attendre à être choqué ; la censure sociale est le dernier de ses soucis. L’une des choses qu’il sait le mieux faire n’est- elle pas de transporter son lecteur de surprise en surprise ?

« Tu te mets toujours à poil

pour dire des mots qu’on ne

dit qu’à poil

Et ton nom grandit

jusqu’au ciel

incorrigiblement décidé

à piquer un voyage ou

quelques bribes d’éternité

Tes hanches sont une fête

d’orgives » [10].

A travers « te mets toujours à poil, des mots qu’on ne dit qu’à poil », nous avons une belle illustration du dévergondage textuel dans lequel le poète Sony est passé maître. Et l’acte sexuel devient un métier pour le poète Sony Labou Tansi :

« C’est de cette manière-là

que tu exerces la vie et

notre métier d’aimer ».

De notre point de vue, si le poète Sony Labou Tansi n’a pas perdu le sens du verbe « aimer », c’est qu’il est un prostitué impénitent.

Parlant de cette écriture dans laquelle Sony Labou Tansi excelle, Pierre N’DA note :

« … les mots impudiques, le vocabulaire scatologique (…), les mots orduriers et les expressions injurieuses, bref la langue charnelle et vulgaire n’est pas gratuite ou simplement provocatrice : le débridement du langage est ici porteur de significations, et l’on n’a pas de mal à comprendre qu’au – delà des répugnances, qu’au- delà des considérations morales, l’usage du langage grossier participe à ce que Bakhtine appelle le rabaissement à l’étage corporel inférieur. Partie intégrante du réalisme grotesque, le langage vulgaire est placé sous le signe l’abâtardissement général ; il est l’image de cette société dégénérée où il y a plus de valeur qui tienne. Si les valeurs morales sont bafouées, il est tout à fait normal que cela s’en ressente dans le langage, un langage qui colle à la réalité et la restitue » [11].

En somme, le chercheur entend relever le fait que ces écrivains dont l’œuvre nous fait parler de dévergondage montrent au travers de leurs œuvres le vrai visage de la société actuelle qui a perdu ses valeurs cardinales d’éthique et morale.

Dans le cas particulier du poète Sony Labou Tansi, nous observons que son écriture montre que le sens de la mesure n’est pas une de ses qualités ; pour lui, l’essentiel c’est de pouvoir appeler un chat un chat. En fait, le confort dans la réception du message ne l’intéresse guère, il désire choquer le récepteur de son message en nommant les choses que les Hommes affectionnent, mais qu’ils feignent de dédaigner au regard d’autrui. Il persiste et signe dans cette attitude indécente :

« Et toi tu voulais

que par ce temps d’andouille

je te fasse l’amour

Tu voulais crier mon nom

plus haut que la pluie » [12].

Comme un iconoclaste, le poète Sony Labou Tansi continue son chemin en renversant, à souhait, l’ordre des choses ; pour lui, il n’ y a point de sujet tabou :

« C’est aujourd’hui le jour

des amours va- t- en guerre

Les filles fleurissent

Les femmes se cabrent en se grattant

l’occiput ou le vagin » [13].

On a dû le constater, l’impropre est devenu une partie du poète Sony Labou Tansi. C’est donc en connaissance de cause que Pierre N’Da, parlant de l’esthétique africaine moderne, écrit :

« Il s’agit en effet de briser, de transgresser le langage pour toucher la vie, les sensibilités. Et ici la licence créatrice se moque des conventions et des convenances ; elle se manifeste chez Bandaman Maurice par le parti pris de la dérive textuelle ainsi que de l’abâtardissement de la langue française » [14].

Le constat est que, dans le cas d’espèce, ce que ce chercheur semblait réduire à l’œuvre romanesque de Maurice Bandaman est valable dans le texte poétique de Sony Labou Tansi.

Comme s’il était pris de remords, le poète Sony Labou Tansi porte un regard pitoyable sur sa vie :

« Quels gonflés et

quels paumés nous sommes

nous qui

montrons notre kiki kaki à

toutes les belles femmes du monde » [15].

Hélas ! la caque sentant toujours le hareng le poète Sony ne peut que s’enliser dans cette situation d’impénitent.


3. VALEUR POETIQUE DU DEVERGONDAGE TEXTUEL DANS POEMES ET VENTS LISSES

A ce stade de notre analyse, nous voulons souligner que ce qui nous intéresse, c’est le souci de mettre l’accent sur le beau qui se dégage de ce recueil de poèmes marqué par le dévergondage textuel. Notre approche privilégiera les deux dimensions évoquées plus haut : l’esthétique liée à la transgression du religieux et celle liée à la transgression du tabou sexe.

3. 1. Qualité esthétique liée à la transgression du religieux

Rappelons que l’étude de la valeur de littérarité dans un énoncé donné vise à découvrir le rendement stylistique de cet énoncé. Cette recherche de la valeur de littérarité se fera, en ce qui nous concerne, par le biais de la théorie de principe d’équivalence qui démontre le régime de littérarité dans un énoncé donné. Il sera appliqué à quelques extraits de Poèmes et vents lisses, évidemment marqués par l’esprit du dévergondage textuel.

Dans le tout premier corpus que nous avons analysé pour montrer que le dévergondage textuel se traduisait aussi en termes d’hymne à Satan, nous avons rencontré un exemple intéressant de littérarité qui peut illustrer ce point :

« Je suis

Puisque enfin il faut le dire

Puisque enfin il faut le crier

Je suis un verre

Disons une bouteille – un litre

Du sang de Satan

Je suis la vie privée

De Judas » [16].

L’analyse va porter sur les vers quatre et cinq :

« Je suis un verre

Disons une bouteille – un litre  » [17].

Le sujet « je » désigne la première personne du singulier, il renvoie au destinateur de ce message poétique qui est ici le poète Sony Labou Tansi. La présence du pronom personnel « je » autorise l’analyste à mentionner la manifestation de la fonction émotive qui – dans une certaine mesure – engendre des poèmes lyriques.

Le verbe d’état « suis » montre – ainsi que l’indique sa nature – un état ; il appelle un sujet à la première personne du singulier. Pour découvrir ce dont parle ce verbe (être), il faut se référer au groupe nominal auquel il se rapporte. Dans ce corpus, il s’agit de « un verre » et le poète, dans un souci de précision, ajoute : « Disons une bouteille – un litre ».

Les verre, bouteille et litre appartiennent à la sphère des choses, or le poète, lui, est un être humain. Le premier problème qui se pose dans cet énoncé est un problème de nature : un être humain ne peut pas avoir une autre nature que celle des Hommes ; il y a ici incompatibilité de natures.

En dehors de cette incompatibilité de natures, cet énoncé tente d’identifier, à travers le verbe d’état (suis), l’être humain dont la fonction textuelle est celle de poète - énonciateur à un récipient (verre, bouteille, litre).

Le régime de littérarité vient de ce que la projection de l’axe syntagmatique sur l’axe paradigmatique donne un affaiblissement de la sélection, car si la sélection avait été rigoureuse, les lexèmes verre, bouteille ne seraient pas retenus sur l’axe de sélection dès l’instant qu’il s’agit d’identifier un poète à un récipient.

En outre, nous pensons que cette construction métaphorique : « Je suis un verre/Disons une bouteille – un litre » sonne bien à l’oreille du récepteur que nous sommes et que, par conséquent, il y a littérarité selon l’auteur de stylistique de la réception, Georges Molinie.

Au-delà de ce plaisir de l’oreille, il convient de noter qu’à travers cette image par analogie il est conféré au poète – énonciateur les qualités du récipient (verre/ bouteille / un litre) qui ne font que recevoir et contenir tout liquide ou tout objet qui est susceptible d’être déversé en leur sein.

3. 2. Qualité esthétique liée à la transgression du tabou sexe

Le constat qui se dégage à la lecture de Poèmes et vents lisses est que, pour ce qui est de l’esthétique liée à la transgression, elle apparaît sous des modes précis : d’abord sous la forme du principe d’équivalence tel qu’énoncé par Roman Jakobson dans Essais de linguistique générale, ensuite sous l’aspect des phénomènes rythmiques ; nous nous soumettrons à cette structure interne de l’œuvre.

Comme à son habitude, le poète Sony Labou Tansi se lance dans la description de ce qui, en principe, est indescriptible :

« Pendant que j’entrais

dans le royaume de ton

brûlant désir tu m’as murmuré

à l’oreille une phrase

"Vas-y assassine-moi jusqu’au ciel" » [18].

Deux mots de ce corpus dénotent du principe d’équivalence et méritent d’être analysés en tant que tels ; il s’agit du nom commun « royaume » et du verbe « assassine ». Le mot royaume, dans son sens de base, rappelle cette personnalité qui, en vertu de l’élection ou de l’hérédité, exerce le pouvoir souverain : le roi. Le royaume désigne un Etat gouverné par un roi. Par extension, le mot royaume désigne un domaine, un lieu dont quelqu’un ou quelque chose est maître absolu. Qu’il s’agisse de son sens propre que de son par extension, le mot royaume s’éloigne de cet emploi dont il est l’objet dans Poèmes et vents lisses puisqu’il est ici dénaturé.

Le verbe assassiner, quant à lui, appelle des substantifs se rapportant à l’idée de crime, alors que dans cet emploi contextuel il se retrouve dans le champ lexical du plaisir et de la jouissance. L’assassin, ici, c’est l’amant, la victime l’amante ; l’acte d’assassinat, c’est le rapport sexuel. Il y a donc éviction du sens de base du verbe assassiner, ce d’autant plus que c’est la victime qui réclame, à cœur joie, son autodestruction : « "Vas-y assassine-moi jusqu’au ciel" ». Ce corpus qui donne dans la démesure est une parfaite manifestation du principe d’équivalence qui, selon la théorie de Roman Jakobson sur la fonction poétique, engendre toujours le régime de littérarité.

Celui-ci s’observe à plus d’un endroit de ce poème, confirmant ainsi l’idée selon laquelle Sony Labou Tansi est un poète né :

« La chair dans son charme

dans son imbécillité

me prend à la gorge

et voudrait arriver

jusqu’à mon corps

Mon cœur se barre

en lambeaux d’espérance fauve

La nuit est toute bleue

sur ton sexe d’orangina » p. 58.

L’imbécillité c’est le caractère de ce qui est imbécile, or le mot imbécile veut dire dépourvu d’intelligence ; est imbécile qui est ou est supposé être stupide. Le moins qu’on puisse dire est que l’intelligence est l’apanage de l’être humain alors que, dans ce corpus, le poète indique que la chair – qui est une substance des muscles de l’homme et des animaux – est imbécile. En d’autres termes, la chair utilise à mauvais escient son intelligence. L’emploi du mot « imbécillité », de ce qui précède, n’est pas pertinent et relève d’un affaiblissement de la sélection. Cette construction métaphorique crée comme effet l’attribution de valeur humaine à une réalité organique qu’est la chair : le régime de littérarité réside donc dans cette anthropomorphisation du lexème chair.

Dans cet emploi : « Mon cœur se barre en lambeaux d’espérance », une première lecture ferait du coeur du destinateur de ce message une réalité qui s’est déchirée en petits morceaux comme une étoffe de pagne, alors qu’il n’en est pas question. Si la sélection des mots sur l’axe paradigmatique avait été rigoureuse, « lambeaux d’espérance » aurait été refoulé parce que le mot lambeau se définit comme un morceau déchiré d’étoffe, de cuir…, or le cœur d’un vivant, fût-il grand écrivain, ne peut se déchirer en morceaux.

En outre, il convient de souligner que le dernier vers de cet extrait : « Sur ton sexe orangina » présente un autre aspect de la fonction poétique qui se caractérise par son aspect étrange et non explicable. Pour quelle raison le poète Sony Labou Tansi a-t-il préféré à tous les autres groupes prépositionnels et adjectivaux celui de « sexe d’orangina » ? Selon Roman Jakobson, la seule raison qui a motivé le locuteur à préférer ce mot orangina, dont l’emploi n’est, visiblement, pas justifié, est que « sexe d’orangina » lui paraissait plus beau à l’oreille [19].

Et Todorov dit, à juste titre : « La langue poétique est non seulement étrangère au bon usage, elle en est l’antithèse. Son essence consiste dans la violation des normes du langage » [20].

La poétique de Sony Labou Tansi est aussi fondée sur le dénigrement de son ego ; la Vierge Marie et le curé en ont fait les frais, désormais c’est au tour d’un rival de payer le prix :

« Tu me parles de ton premier

amant qui bandait

comme un cèdre du Liban

Tu me parles à moi l’endurci

de ton dernier déménagement

et des baiseurs de front

L’orage publie sa première

version d’éclairs

L’eau est toujours faite pour tomber

du ciel ou bien des ventres » [21].

Cette comparaison classique – présence de comparé, comparant et terme de comparaison – tente d’identifier le rival à un animal réputé pour être d’une virilité exagérée (le cèdre du Liban) ; pour tout dire, le poète Sony est passé maître dans l’art de la disqualification de son prochain : cette façon d’opérer s’inscrit dans cette esthétique de la démesure.

Les deux derniers vers de cette strophe sont évocateurs de l’enlisement du poète dans cette poétique du dévergondage textuel : « L’eau est toujours faite pour tomber du ciel ou bien des ventres ».

On peut concéder au poète le fait qu’il affirme que l’eau est toujours faite pour tomber ; il s’agit, dans ce cas, de l’eau de pluie puisqu’il dit que cette eau tombe du ciel ; cependant le bas blesse dès l’instant qu’il ajoute « ou bien du ventre ». Le discours sort de son sens de base à partir du moment où l’énoncé devient : « L’eau est toujours faite pour tomber des ventres ». Etant donné le fait que le contexte général de cette situation énonciative est l’acte de faire l’amour charnel, tous les mots de ce corpus sont pertinents à l’exception des mots « l’eau ». Cet emploi spécifique de « l’eau » relève des modèles de discours qui, selon Roman Jakobson, sont poétiques : il y a de ce fait régime de littérarité. En outre, il convient de mentionner que les mots « l’eau », ainsi que les autres lexèmes déjà analysés, sont l’objet d’un phénomène de surdétermination qui se traduit par un effet cumulatif se produisant sur un mot ou un segment de texte quand il appartient simultanément à plusieurs niveaux de signifiés. Ici, l’eau qui, selon l’énoncé, « est toujours faite pour tomber du ciel » rappelle l’eau de pluie, dans la mesure où le texte mentionne explicitement la présence de l’orage (L’orage publie sa première version d’éclairs) qui est dans le voisinage de la pluie. Dans le cas d’espèce, tout porte à croire que nous avons affaire à un emploi s’inscrivant dans le code utilitaire, le lexème « l’eau » serait donc employé selon les règles du signifié de dénotation.

A contrario, le second emploi du lexème « l’eau », c’est- à- dire :

« L’eau est toujours faite pour tomber des ventres », relève d’un emploi à valeur ajoutée. En fait, dans le voisinage du lexème « eau », il n’y a logiquement pas le mot « ventre ». Cet emploi-ci relève du domaine du signifié de connotation et les mots l’eau prennent la valeur de sperme, mot dont l’emploi – même voilé – nous plonge dans cette esthétique de dévergondage textuel.

Comme on le voit, l’esthétique du dévergondage textuel dans cette œuvre poétique s’est révélée abondamment à nous sous l’aspect du principe d’équivalence. Il s’agit, dans ce qui suit, de l’examiner en termes de phénomènes rythmiques.

Le premier élément de ces phénomènes rythmiques est la construction symétrique qui se traduit par le retour intégral, ou presque, d’une unité lexicale. Nous l’avons déjà signifié, le tout premier poème de ce livre intitulé "Prière"commence par ce vers : « Nous sommes battus Seigneur » [22].

Le poète Sony Labou Tansi a curieusement fait de ce message de défaite et de manque de confiance le refrain de sa prière. Dans sa première apparition, il est suivi par « par tout ce qui n’est pas vrai ».Dans la deuxième strophe du même poème intitulé "Prière", on peut lire : « Nous sommes battus ». Désormais, au lieu d’être composé de quatre mots, ce vers est réduit à trois parce que le poète iconoclaste ne se sent plus la force de prononcer le mot Seigneur. Mais ces trois mots traduisent éloquemment la même idée qui est développée dans le tout premier vers de ce poème : il y a de ce fait une construction symétrique.

La troisième strophe reprend la même idée en y ajoutant un adjectif qui renforce la toute première idée « vaincus » : « Nous sommes battus et vaincus ». Le même refrain réapparaît dans la quatrième strophe avec l’ajout d’un groupe prépositionnel : « Nous sommes battus à mort ».

Dans cette strophe le mot battus se répète ; en effet, dès qu’il indique la source de cette défaite : (battus) par le sexe et la marijua- nus, il s’empresse de donner deux détails supplémentaires : « Battus par la peur de gagner un argent fou », « battus aussi par l’envie de vivre ». Tout fonctionne comme si le poète Sony Labou Tansi ne pouvait plus se passer de cet adjectif « battus ».

Cette reprise redondante de la même idée ou du même mot débridé est l’une des manifestations les plus éloquentes de cette esthétique du dévergondage textuel dans Poèmes et vents lisses.

Au plan formel, ce texte poétique est conforme à l’appréciation de Monique Parent de la poésie :

« Le texte poétique se reconnaît donc à l’abondance des synonymies, des antithèses, des symétries, des parallélismes. On pourrait dire que le texte poétique est dû à un phénomène de réécriture : l’idée, la part d’information peuvent se ramener à quelques mots ; mais elles sont reprises sous des formes diverses, nombreuses, et très impressionnantes de sorte que ces formes se gravent dans l’esprit, et paraissent intangibles, plus riches et plus précieuses que le sens qu’elles véhiculent » [23].


Le poète Sony Labou Tansi, qui ne tient pas à "faire mentir" Monique PARENT, relance ce même refrain par trois fois dans la page suivante :

« Nous sommes battus

par la grippe de gagner du vent »

Ensuite il écrit :

« Battus à mort

Par les fabricants de pouvoir »

Enfin, « nous sommes battus

parce qu’après la viande

viennent le froid et la nuit ».

En définitive, le lexème « battus », qui a une coloration pessimiste et triste, devient source d’esthétique à partir du jeu sonore que produit à la réception ce phénomène de construction symétrique.

La musicalité née du parallélisme des constructions, des synonymies est très présente dans Poèmes et vents lisses, Sony Labou Tansi en a fait un effet de style privilégié comme on le remarque dans ces extraits :

« Femme en impossible dévoilement

ma main couvre

le comble de ta stèle femelle

Elle déchire avidement ta robe

jusqu’au jupon parfumé

Et moi toujours titubant

de plaisir j’attends au plus

profond de ton ample nudité

Nous allons souper

de ton râle de femme livrée

verticalement mienne

car j’ai pris l’irréfutable parti

d’agrandir tes joies

jusqu’aux étoiles » [24].

Les phénomènes rythmiques et synonymiques qui entraînent toujours la musicalité dans un texte poétique se signalent dans ce texte ; le dernier vers du premier corpus étudié était : « Vas-y assassine-moi jusqu’au ciel », celui- ci s’achève par :

« d’agrandir tes joies

jusqu’aux étoiles ».

Il y a, dans ces deux corpus, une joie qui part du terrestre vers les hauteurs (jusqu’au ciel // jusqu’aux étoiles) : il s’agit ici d’un phénomène rythmique de symétrie qui s’accentue par des rimes féminines :

« Couvre (vers 2), femelle (vers 3), robe (vers 4), mienne (vers 11), étoiles (vers 14). Il se manifeste aussi au travers des rimes en (é) qui sont légions dans Poèmes et vents lisses (parfumé (vers 5), nudité (vers 8), livrée (vers 10) ». Trois des vers de ce sizain reprennent cette rime en (é) :

= « Je me penche ombre foudroyée

sur la planète de ton sein nu

Je coule fleuve d’amour

= jusqu’à ce ventre explosé

= de cette savoureuse nudité

repu d’exil et de transhumance », p.59.

En définitive, le poète Sony Labou Tansi a su traduire cette défaite ou échec avec harmonie, traduisant la qualité littéraire par la symétrie et le parallélisme, éléments musicaux qui magnifient la beauté de tout texte poétique.


CONCLUSION

Au terme de cette étude, nous retenons que Poèmes et vents lisses est une œuvre poétique bâtie sur le modèle du dévergondage textuel ; ce dévergondage textuel, à cause de son aspect excessif, nous fait dire que ce recueil de poèmes est une œuvre de démesure. Cette œuvre poétique choque les bonnes mœurs de par la récurrence de lexies tournant autour du sexe et du démoniaque, cependant ce fond a priori répugnant contribue à la beauté de ce texte poétique ; c’est la raison pour laquelle nous avons parlé d’esthétique.

Poèmes et vents lisses est, en fait, une belle chanson d’amour parce qu’il ne faut jamais perdre de vue le fait qu’en réalité même celui qui viole une femme est un mendiant d’amour.

Le poète Sony Labou Tansi apparaît, en définitive, comme un orfèvre qui travaille sur des mots choquants pour donner un objet de valeur. De ce fait, on peut affirmer que cette subversion du poète, manifestée à travers cette écriture poétique de dévergondage textuel, participe suffisamment de la beauté de Poèmes et vents lisses. Ce plaisir de l’oreille trouve son fondement dans le régime de littérarité subséquente au principe d’équivalence.

BIBLIOGRAPHIE

JAKOBSON, Roman, Huit questions de poétique, Paris, PUF, Essais de linguistique générale, Paris, Editions de minuit, 1977.

TODOROV, Tzvetan, « Les poètes et le bon usage », in Revue d’esthétique, tome XVIII, 1965.

MOLINIE, Georges, Sémiostylistique, l’effet de l’art, Paris, PUF, 1998.

N’DA, Pierre, L’écriture romanesque de Maurice Bandaman ou la quête d’une esthétique africaine moderne, Paris, L’Harmattan,

- « Transgressions, dévergondage textuel et stratégie iconoclaste dans le roman négro- africain », in Lumières africaines, Washington, University press of the South, 1997, p. 79.

GOGARD, Karl, Introduction à la stylistique, Paris, Champs Université Flammarion, 2001.

TANSI, Sony Labou, La vie et demie, Paris, Seuil, 1979.

- Poèmes et vents lisses, Solignac, Le Bruit des autres, coll. Le traversier, 1995.


[1] Université de Bouaké, Côte d’Ivoire

[2] La poésie contemporaine de langue française depuis 1945, Etudes critiques par Serge Brindeau, Jacques Rancourt, Jean Déjeux, Edouard Maunick, Marc Rombaut, Paris, Eds Saint-Germain-des-Prés, 1973 ; La lettre d’Afrique en création, hors série 1995 ; Sony Labou Tansi écrivain de la honte et des rives magiques du Kongo, L’Harmattan, 1996.

[3] MOLINIE, Georges, Sémiostylistique, l’effet de l’art, Paris, PUF, 1998, p. 91.

[4] TODOROV, T., « Les poètes et le bon usage », dans Revue d’esthétique, t. XVIII, 1965, p.300-305.

[5] N’DA, Pierre, « Transgressions, dévergondage textuel et stratégie iconoclaste dans le roman négro-africain », in Lumières africaines, Washington, University press of the South, 1997, p.79.

[6] TANSI, Sony Labou, La vie et demie, Paris, Seuil, 1979. p. 73.

[7] TANSI, Sony Labou, dans "La vie privée de Satan", in La poésie contemporaine de langue française depuis 1945, p. 804.

[8] TANSI, Sony Labou, Poèmes et vents lisses, p. 50.

[9] TANSI, Sony Labou, Poèmes et vents lisses, p. 22.

[10] TANSI, Sony Labou, Poèmes et vents lisses, p. 25.

[11] N’DA, Pierre, L’écriture romanesque de Maurice Bandaman ou la quête d’une esthétique africaine moderne, Paris, L’Harmattan, p.154.

[12] TANSI, Sony Labou, op. cit., p. 35.

[13] TANSI, Sony Labou, op. cit., p. 37.

[14] N’DA, Pierre, op. cit., p. 141.

[15] TANSI, Sony Labou, op. cit., p. 46.

[16] TANSI, Sony Labou, « La vie privée de Satan », in La poésie contemporaine de langue française depuis 1945, p. 804.

[17] Idem. TANSI, Sony Labou, « La vie privée de Satan », in La poésie contemporaine de langue française depuis 1945, p. 804.

[18] TANSI, Sony Labou, op. cit., p. 36.

[19] Parlant de la fonction poétique, notamment en ce qui concerne le plaisir de l’oreille dans Essais de linguistique générale (p. 218), JAKOBSON donne l’exemple suivant : « « Pourquoi dites-vous toujours Jeanne et Marguerite et jamais Marguerite et Jeanne ? Préférez-vous Jeanne à sa sœur jumelle ? » « Pas du tout, mais ça sonne mieux ainsi » » ; il en va ainsi pour « sexe orangina ».

[20] TODOROV, T, « Les poètes et le bon usage », in Revue d’esthétique, t. XVIII, 1965, p. 300-305.

[21] TANSI, Sony Labou, op. cit., p. 27.

[22] TANSI, Sony Labou, op. cit., p. 11.

[23] PARENT, Monique, « La fonction poétique dans deux textes de Saint John Perse », in Revue de philologie et littérature romane, Université de Strasbourg IX, 1971.

[24] TANSI, Sony Labou, op. cit., p. 54.




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