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DESTINS DE LA FEMME : ENTRE FICTION DES ECRIVAINS FRANCAIS D’AFRIQUE NOIRE ET LEURS TITRES
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Ethiopiques n°79
Littérature, philosophie et art
2ème semestre 2007

DESTINS DE LA FEMME : ENTRE FICTION ET REALISME WEREWERE LIKING [1] ET TANELLA BONI [2]

Auteur : Marie-Rose ABOMO-MAURIN [3]

Des femmes écrivent. Parmi elles, se trouvent Werewere Liking, la Camerounaise, et Tanella Boni, l’Ivoirienne. Elles présentent à leur tour des femmes dans des situations sociales, familiales et politiques diverses, mais toujours problématiques. Personnage de théâtre chez Werewere et héroïne de roman chez Tanella Boni, elles surprennent, provoquent tantôt de l’admiration, tantôt de la colère, tant les conditions dans lesquelles elles décident de mener leur vie sont difficilement admises par l’entourage, d’abord, et par la société, enfin. L’intérêt qu’on leur porte va cependant grandissant. L’on peut ainsi comprendre la réponse de Tanella Boni lorsqu’on l’interroge sur la place de la femme dans son roman Les Baigneurs du Lac Rose : « La femme occupe une place prépondérante dans la mesure où c’est une femme qui en est le personnage principal » [4].
Lénie, dans Les Baigneurs du Lac Rose, et Singue Mura, dans la pièce éponyme de Werewere Liking, sont deux jeunes femmes dont le succès social et professionnel, reconnu, multiplie pourtant le nombre de jaloux et de mécontents. En effet, parce qu’elles sont des femmes, elles apparaissent comme des êtres à part. Les commentaires qui constituent l’introduction de Singue Mura, autant que les explications qui complètent le sous-titre, « considérant que », explicitent le point de vue de Werewere au sujet de la femme dans la société africaine :

«  Considérant que :
La femme est douée de plusieurs pouvoirs de création
Qui s’affrontent toujours se contrarient
Souvent s’annihilent
Et qu’elle en est la première et la pire des victimes.

Considérant que :
Toujours quelque part
Tôt ou tard
La femme est mutilée d’un de ces pouvoirs
Mutilée d’une partie d’elle-même
On peut bien affirmer qu’il n’existe pas d’excision que celle du clitoris.

Considérant que :
Ceci n’est pas un propos féministe
Mais tout simplement une considération de femme qui
Désirant s’accomplir totalement
Exploiter toutes ses potentialités
Sans restriction sans mutilation
Se rend compte avec effarement que la mutilation
Semble inscrite au fer rouge dans son destin de femme.
Elle ne donnera la vie qu’au prix de sa vie
Elle ne créera qu’au prix d’une autre de ses créativités
(Singue Mura : 3).

Profession de foi qui s’inscrit dans le judiciaire, cet ensemble relève les entraves que doit surmonter une femme pour s’accomplir. La mutilation évoquée n’est pas exclusivement physique, elle touche à la fois au social, au moral. Elle prend une dimension psychologique dans la mesure où la femme n’est reléguée qu’à la fonction de vagin qui enfante. La revendication du devenir féminin apparaît sous ce plaidoyer qui est en même temps un réquisitoire.
L’introduction de Werewere Liking révèle par ailleurs (4) l’inégalité fondamentale qui distingue l’homme de la femme. La réitéracurrence de la notion de mutilation s’établit non seulement comme une permanence, mais aussi comme une réalité profonde inscrite dans l’histoire de la femme de manière pérenne. Dès lors, surgissent chez le lecteur de Werewere et de Tanella Boni de nombreuses questions : sans doute personnage principal, mais en tant qu’être de papier, la femme apparaît-elle plus heureuse dans la fiction ? Quelle place lui accorde finalement la société quand elle atteint les hautes sphères du pouvoir politique ? Les hommes lui permettent-ils de jouir pleinement de ses capacités intellectuelles au quotidien ? Une femme qui ne peut devenir mère a-t-elle encore sa place dans sa société ?
Pour répondre à ces questions, l’analyse des textes de Werewere Liking et de Tanella Boni retient trois points de réflexion : tout d’abord, l’héroïne du roman et le personnage théâtral connaissent une réussite sociale enviée. On note toutefois qu’ils accusent un échec affligeant dans leur vécu familial. En outre, ces êtres sont soumis à une pression extérieure permanente, en dépit de leur rôle politique et de leur succès professionnel.


1. UNE REUSSITE SOCIALE NOTOIRE

Dans l’une et l’autre œuvres, cette performance apparaît de manière tangible. Il est vrai que les voies empruntées par l’une et l’autre protagonistes diffèrent et autant que le contexte dans lequel elles évoluent.
Singue Mura, sans avoir séjourné en Europe à l’instar de Lénie, est ministre du commerce dans son pays, sans doute le Cameroun. Cependant, comme Lénie, elle a pu suivre des études supérieures couronnées de succès : « Elle a des Doctorat en droit, agrégation d’économie » (18). L’on peut aussi s’en convaincre par les postes administratifs qu’elle occupe respectivement dans l’œuvre. Singue Mura semble jouir d’un pouvoir si important que l’un des personnages s’en sert comme argument d’autorité qui, cependant, résonne de sous-entendus dont la signification est éloquente : « Moi, si j’étais ministre comme Singue Mura, je vous jetterais tous en prison, je fermerais ce village de fous, juste des mois pour que vous preniez conscience de votre méchanceté » (18).
La reconnaissance frise la menace, se polarise sur l’aspect répressif et autoritaire de la fonction gouvernementale, alors que le ministre du commerce n’a pas les attributs d’un ministre de la justice ou d’un garde des sceaux. La renommée de la fonctionnaire est à ce niveau sans tache. Son instruction et sa culture sont les gages de sa réussite, elles lui ont permis d’accéder à ce poste confortable et prépondérant. Sans conteste, elle contribue à l’honneur de son pays et à celui de son village. Aussi a-t-elle réussi à doter son village d’une infrastructure des plus modernes :

« Singue Mura est arrivée ici. Il n’y avait rien ! Elle a construit un dispensaire, un centre d’alphabétisation qui nous a permis de lire et d’écrire.
« Voilà l’église, voilà une école et un collège pour nos enfants. Voilà une mosquée. Voilà une pouponnière avec quatre-vingt orphelins et enfants jetés... Et en plus, elle en a adopté vingt autres, ce qui fait cent enfants
 » (18).

L’évolution constatée dans les réalisations de la ministre confère à cette énumération une valeur de puissance. Toutefois, celle-ci reste fondamentalement liée à la générosité qui accompagne tous les gestes du protagoniste. Singue Mura n’est pas seulement un fonctionnaire, un agent efficace de l’Etat, elle est également une femme de cœur et d’honneur. Elle assume ses fonctions avec rigueur et humanité, et son entourage lui reconnaît un rôle de « bâtisseur ». La liste de ses bienfaits renvoie à une vision épique du personnage dont les exploits étonnent et rassurent. Mieux qu’un homme, elle a su mener à terme les projets qu’elle avait mis sur pied.
Lénie, l’héroïne de Tanella Boni, exerce le métier de journaliste, un métier masculin par excellence. La narratrice la présente d’emblée dans une ambiance qui est devenue la sienne, celle des « chasseurs de scoops » : « Elle déambulait solitaire et majestueuse, essoufflée et stressée, parmi les paysages les plus beaux, à la recherches de scoops du siècle » (Les Baigneurs du Lac rose : 9).
Une page plus loin, sont décrits les débuts de l’héroïne de Tanella Boni dans ce métier de journaliste, métier qui montre son professionnalisme. Non seulement s’est développé son esprit d’observation, mais aussi son sens du jugement et de l’observation qui ne peut faire que des émules :

« Curieuse de tout, son métier de journaliste lui avait appris à vérifier chaque information qui parvenait jusqu’à elle. Dix ans auparavant, elle avait ouvert un dossier sur les bassins miniers et les migrations de chercheurs d’or et de diamant » (10).

C’est ailleurs grâce à ce métier qu’elle exerce avec conscience et passion qu’elle se retrouve sur les traces de Misora, un personnage mythique, un héros de la lutte anticoloniale dont elle va chercher à reconstituer l’histoire. Cette démarche a également pour but de démystifier la puissance et les mobiles qui ont suscité les agissements de Misora. Il n’est d’ailleurs pas exclu, à mon sens, que cette volonté de démystification qui assaille la journaliste vise un autre but. En effet, son entreprise cherche la déstabilisation de ceux qui considèrent le héros disparu comme un être exceptionnel. Mais la chasse lancée contre Misora n’est pas des plus aisées. Elle s’apparente à un parcours initiatique pour la journaliste qui doit, à tout instant, faire preuve de grandes qualités psychologiques et professionnelles.
Lénie ne se décourage pas. « Son carnet bourré de notes et son appareil photos où il ne restait plus une parcelle de pellicule vierge » (12) font d’elle une redoutable conquérante, à l’affût de tout indice susceptible d’éclairer sa voie. A l’instar de Singue Mura, elle exerce elle aussi un métier d’homme. Mais son travail, elle l’envisage différemment des hommes, car il s’agit d’une prise en main de son destin de femme au lendemain du départ de son ami qui l’abandonne sur le quai d’une gare. Ce choix professionnel, considéré comme insensé et même incongru, lui permet de découvrir l’opinion de ses collègues masculins. Leur conception du rôle de la femme relève du cliché : ils refusent d’admettre les compétences des femmes dans des domaines autres que la maternité et l’épouse au foyer. Cette perception de la vie détermine Lénie à plus de hardiesse :

« Dès le lendemain matin, elle prit en main son destin de femme. Elle avait suivi son acteur à la trace comme on traque du gibier » (18).
« Compétence, conscience, courage, traques incessantes, rien ne manque au palmarès professionnel de Lénie, même si elle avoue à deux reprises que son comportement reste empreint d’une grande naïveté :
Croyait-elle naïvement (19),
Sa naïveté ordinaire
 » (105).

C’est justement à cause de cette faiblesse qu’elle appartient à la gent féminine. Cependant, « ses talents de journaliste » (29), d’écrivain, certes, mais aussi d’historienne fouillant dans les strates difficilement pénétrables de l’histoire de Misora, transforment sa quête en une réalisation de sa personne, de son unité, en tant qu’individu autonome. Non seulement « elle cherchait à comprendre les raisons de la chute de Misora » (30), sujet d’autant plus passionnant qu’il engage l’histoire et le devenir d’une génération à laquelle appartiennent Yêté, son ami disparu, Fred Ogun et César, ses autres camarades, mais elle réussit bientôt à leur présenter son point de vue sur la question, établissant ainsi, si besoin était encore de le rappeler, un nouvel équilibre des sexes entre les amis rivaux. « Moi aussi j’ai ma version des faits ! dit-elle. Je pourrai vous raconter juste un épisode si vous voulez » (30). La raison véritable qui l’a amenée à pratiquer ce dur métier, où les déplacements sont déjà eux-mêmes une épreuve, n’est pas de prouver à d’autres ce qu’elle vaut professionnellement, mais bien plus de nourrir sa passion en s’intéressant à ce personnage sur lequel elle enquête, passion qui l’oblige souvent à se retrouver face à elle-même et face à son avenir : « Sa passion pour le guerrier envahissait tout son être, devenait incompréhensible. Elle se demandait si ce n’est pas pour cette seule raison qu’elle avait choisi de devenir journaliste » (31). Voici que se pose la question essentielle, question primordiale qui lui procure une existence sociale bien remplie dont personne ne peut contester la portée profonde. Cette existence est liée à sa destinée, comme à celle de tout être. « Je cherche le chemin de ma propre parole. Et j’ai besoin d’air et, de lumière » (46). L’équilibre existentiel de Lénie passe donc par cette formidable quête de sa personne, quête qui ne se conçoit qu’en tant que recherche du « chemin de sa propre parole ». L’histoire de Misora n’est intéressante que parce qu’elle permet d’atteindre la parole individuelle, fondamentale et profonde : le « Verbe » qui construit l’essence et l’existence. Ainsi, c’est par elle que la vie de Lénie se construit, c’est par son métier de journaliste qu’elle s’épanouit et atteint sa plénitude. N’est-elle pas devenue elle aussi une conquérante au même titre qu’Abla Poukou dont elle évoque les exploits ? Conquérante des temps modernes, ne lui ressemble-t-elle pas lorsqu’elle sacrifie sa fille, la laissant seule, pendant qu’elle parcourt le monde à la recherche des « scoops du siècle » ? Abla Poukou avait, elle, sacrifié aux puissances ondines son fils unique pour sauver son peuple. Ce que veut sauver Lénie, c’est la gent féminine dont elle est la valeureuse représentation. Sans doute aussi, espère-t-elle le salut de son pays grâce à sa démarche. Lénie exerce comme Singue Mura un métier passionnant et reconnu ; elles n’ont rien à envier aux hommes. Pourtant, l’une et l’autre poursuivent un rêve. Singue Mura désire ardemment un enfant pour acquérir de l’autorité au sein de sa belle-famille, alors que Lénie continue à chercher l’homme de sa vie. Elles vivent donc un échec au niveau familial, car la structure de leur foyer va à l’encontre des idées qu’on se fait sur une famille dite « normale ». Il y a un manque qui les empêche d’atteindre pleinement leur équilibre et la sérénité.


2. L’ECHEC FAMILIAL.

Cet échec, je viens de le dire, ne se présente pas de la même manière chez les deux femmes. Chez Singue Mura, le malheur provient du fait qu’elle ne peut pas avoir d’enfant. Et la question que lui pose sa belle-mère restera toujours sans réponse : « Pourquoi maintenant veux-tu laisser s’éteindre cette flamme ? Pourquoi ne me donnes-tu pas un petit-fils ? » (12). Nul doute n’est possible quant à la gravité de la faute commise par cette femme et ce, d’autant plus qu’on l’accuse d’avoir porté préjudice à son intégrité : elle aurait pratiqué de la magie noire, sacrifié ses enfants éventuels, pour réussir sa vie professionnelle : « Tout le monde dit que tu as fait de la magie, que pour réussir tu aurais même sacrifié ta fécondité » (12).

« L’accusation devient grave quand les examens médicaux subis par Singue ne révèlent rien sur les causes réelles ou supposées de sa stérilité. Singue Mura essaie de rappeler à sa belle-mère la dure réalité de la femme pour tenter de l’infléchir. Le sort qui leur est réservé à toutes, qu’elles soient mères ou non, ne laisse aucune place à la réalisation de leurs rêves, surtout lorsqu’il est question de leur devenir professionnel : Tu n’ignores donc pas le prix que paie une femme pour ne pas être qu’une pondeuse... Les ambitions qu’on freine les élans qu’on brise ! Les déchirures du viol dans le cœur, dans le corps, les peurs qu’on cache, l’amertume qu’on accumule et les cris qu’on ravale » (26).

Parce qu’elle ne peut pas avoir d’enfant, son mari est tenu de se remarier. La décision est prise en l’absence de la principale concernée. Si l’on se contente de l’évocation du mari, dont la présence ne paraît nullement indispensable sur scène, c’est que Werewere Liking cherche ainsi à démontrer l’impuissance, et même l’inutilité, de la parole du fils au sein de la structure familiale. Car, avant de jouer le rôle de mari, il reste d’abord l’enfant soumis qui obéit. Sa parole ne vaut que si sa femme peut procréer. Aussi les membres du clan se chargent-ils de parler en son nom : ils donnent ainsi la preuve que sa décision ne peut revêtir aucune valeur, parce qu’il s’est trompé dans le choix de son épouse. Pour prendre la parole, il faut démontrer qu’on est un homme, et pour cela, il est nécessaire d’avoir une progéniture. Malgré son succès matériel et social, Singue Mura est rejetée. C’est la confirmation qu’une femme ne peut accéder, sans suspicions, à de hautes responsabilités ; et tant que l’équilibre entre le rang social occupé et la plénitude familiale est compromis, la sentence sera toujours une sévérité exemplaire : la femme a échoué. Or, une vie familiale bien remplie, avec de nombreux enfants, apparaît pourtant comme une entrave à la réussite sociale. Le choix qui s’impose dès lors prend un aspect tout à fait cornélien. Ce choix, Singue Mura a voulu le faire. Maintenant qu’elle est reniée par tous, elle décide de se suicider. L’échec familial de Lénie est tout relatif, si l’on considère que de nos jours, une femme peut fonder une famille monoparentale. Elle est en effet mère d’une fille, dont on n’évoque que très rapidement l’existence, comme si, dans l’économie du récit, son importance se réduisait à ces quelques mots qui la concernent. Toute la narration par contre se construit autour de Yêté, l’amant parti sans dire adieu : « Un drame amoureux qui se termina un beau matin sur un quai de gare » (Les Baigneurs du lac rose : 9). L’abandon, sur un quai de gare, lieu très fréquenté et anonyme, un matin, constitue son premier échec, mais aussi la raison de cette double quête où la figure de l’homme aimé s’associe à celle de Misora, le conquérant dont elle cherche à reconstruire l’histoire. S’il n’est pas possible de parler tout à fait de confusion, on peut cependant voir dans la démarche de Lénie une quête dont le but est double : trouver l’histoire de Misora et rejoindre l’amant. Durant leur brève cohabitation, Lénie a tout mis en œuvre pour le garder. Son amour devenait une passion dans la volonté d’imprimer une marque indestructible à leur union : « Elle identifiait ce corps (celui de Yêté, l’amant disparu) en lui imprimant sa marque distinctive. Dans mille ans, il se souviendrait encore d’elle » (19).

« Son amour était véritable et sincère, un amour dans lequel elle s’était pleinement investie, une passion incandescente : « Lénie était follement amoureux de Yêté » (20). Une raison de poids aurait pu faire fléchir l’amant et empêcher son départ : Lénie attendait un enfant. Or, il l’avait semée là... Yêté l’avait semée là sur un quai de gare désert, avec un germe dans le ventre. Sa fille était née en l’absence du père, parti trois mois plus tôt elle ne sait où. Il avait disparu de son univers. Il n’avait plus d’oreille pour entendre. Avait-il des yeux pour voir ceux qui le portaient, dans leur cœur ? Ses yeux s’étaient ouverts sur d’autres réalités. Il avait choisi de garder le silence » (21).

Les questions de Lénie sont restées sans réponse, donnant une intensité particulière à ce sentiment d’humiliation qu’avait déjà éprouvé la jeune femme au moment de ce départ inexpliqué et jusque-là inexplicable. Aussi s’installa-t-il progressivement en elle cette amertume que suscitent le dépit, la solitude et l’abandon : « Alors elle germa sans s’en rendre compte, avec ses feuilles tendres et frêles, avec ses épines pleines de sève et de vie, près des rails » (20). II est vrai, cette situation était pénible, tant l’attitude de Yêté avait changé, il était agacé par la passion de Lénie pour Misora. Fallait-il assimiler ce comportement à une crise de jalousie de la part du jeune homme ? Toujours est-il que jamais elle n’oubliera cette phrase assassine que lui lança son ami avant sa disparition : « A quoi ça sert les états d’âme, et puis, tu ne m’empêcheras pas de vivre à la fin ! » (27). Les mots de la rupture apparaissent dans leur évidence même et l’accusation qu’ils sous-tendent sans équivoque. En effet, rien dans l’attitude de Lénie n’excuse un tel emportement de la part de l’amant. Elle avait été conciliante, essayant de détourner les conversations, de perdre du temps pour temporiser et atténuer les orages que pouvaient déclencher des réponses trop rapides, et « pourtant sur un coup de tête ou pour des raisons qu’elle cherchait encore à élucider, qu’elle cherchait désespérément à reconstituer, il avait fini par s’envoler un beau matin, par un train ordinaire roulant à trente à l’heure » (28).

« Evoquer la vitesse du train peut nous paraître ridicule dans les occasions ordinaires, mais dans ce contexte, il permet de mesurer de quelle façon l’héroïne reste suspendue à tous les détails qui participent à ce voyage et qui hantent sa vie. Vivre l’abandon confère à Lénie une mémoire extraordinaire des gestes, des paroles, des faits et des situations, fussent-ils anodins. C’est la mémoire de la femme blessée dans sa chair et dans ses sentiments, dans ce qu’elle a d’essentiel. Rejet non expliqué qui ne peut cependant se comprendre que dans la mesure où Yêté la prend pour une folle, parce qu’elle sort du cadre que lui a fixé la société ; folie qu’évoque aussi Fred lorsque Lénie lui parle de Misora. Il lui semblait qu’elle avait affaire à une cinglée, une rescapée des temps anciens » (37).

Ce à quoi répond Lénie : « Tu voulais savoir ce qui me rendait si folle, Tu ne savais plus quoi faire d’une compagne complément cinglée » (59). César, le frère de Fred, à son tour s’inquiète de la santé mentale de la jeune femme lorsque celle-ci lui parle de Misora : « César pensa que Lénie devenait, folle » (37). On le voit, la conclusion est rapidement acquise et la condamnation sans appel. La folie de la femme confère des circonstances atténuantes à ses actes, qu’on feint d’ignorer et que l’on couvre du sceau de la démence. Jamais, à aucun moment, l’un des hommes de l’histoire ne se remet en cause. Pire encore, aucun ne veut savoir pourquoi Lénie se passionne tant au sujet de Misora et pour son travail. Une cécité bien étrange frappe tous les protagonistes mâles et amène à s’interroger sur ce qu’ils ont réellement envie de voir. Fred reconnaît cependant à la femme le droit de continuer cette quête qu’elle mène depuis toujours : « Depuis des siècles, le monde avait bien changé, les femmes sillonnaient les chemins de l’aventure. Elles exploraient les sentiers de la terre, auscultaient les méandres des galaxies et séduisaient tous les cœurs ! » (48). Ces propos suggèrent toutefois l’entêtement et l’aveuglement qui enferment Lénie dans son univers. Elle paraît prisonnière de son amour ; ce qui motiverait sa soif d’aventure. Lénie semble avoir travaillé contre elle-même, parce qu’elle a voulu sortir d’un cadre. Elle se retrouve seule et « son obstination à vouloir tuer le mythe de Misora avait fini par emporter loin d’elle le seul être auprès de qui elle apprenait à raconter une histoire » (96).


3. LA PRESSION SOCIALE

On ne peut nier son existence à la lecture des deux textes, même si elle reste moins virulente et nocive chez Tanella Boni. On constate dans un premier temps que la femme, être de papier ou de théâtre, n’a pas plus de chance que quelques êtres de chair d’accéder à certains milieux. Rejet pur et simple ou rejet qui s’habillerait du prétexte de la tradition ? Tout est possible. La tradition est depuis longtemps une référence problématique qui camoufle, pour mieux travestir la réalité quotidienne, les comportements et les agissements humains. Singue Mura vit une fois de plus cette exclusion comme un mauvais tour que lui joue le destin. Alors qu’on décide dans le village du remariage de son mari, elle est tenue hors du conseil de famille qui engage néanmoins sa responsabilité :

« Hana : Mais je ne vois pas Singue Mura ! Est-ce qu’on l’en a informée au moins ? Yenlewowa : Ah ! On va le faire tout à l’heure. Il fallait d’abord s’assurer que tout était bien arrangé là-bas pour qu’ici on n’ait plus à revenir en arrière. Maintenant, c’est chose faite ! Le mari doit y aller dans la Journée de demain pour régler les derniers détails avant la cérémonie du lendemain. Turkuturku : Dans un problème où selon la tradition elle a même le droit de choisir sa co-épouse, vous, vous préparez tout comme ça et vous l’en informez la dernière ! Mais c’est scandaleux ! » (Singue Mura, 14-15).

Le rejet de la femme, en dépit de sa réussite sociale, commence au sein de la famille. L’épouse reste l’étrangère, celle qui est venue de l’extérieur, une pièce rapportée qui, semble-t-il, n’a jamais pu entrer dans le cercle clos que forme un véritable foyer. L’absence d’un fils qui aurait perpétué le nom et le clan est ainsi sanctionnée. Cette exclusion consiste aussi à lui refuser la parole, à faire taire ses arguments que tout le monde craint d’entendre, parce qu’ils ont du poids et qu’ils sont dérangeants.
Cette parole à laquelle Lénie accède avec Tanella Boni, par la reconstitution de l’histoire de Misora, les personnages de Werewere Liking semblent la refuser à Singue Mura. Aussi, est-elle acculée et mise dans l’incapacité de se défendre. Le mur de silence qui s’élève progressivement devant elle la condamne au suicide.
Ainsi donc, malgré les cent orphelins qu’elle a recueillis, tout se passe en effet comme si le village marquait une distinction nette entre le rôle économique et politique de Singue Mura et sa capacité à être une femme et une mère biologique. Elle est restée sur le seuil de la grande maison, parce qu’on lui en interdit l’entrée. Bien sûr, Tara, le patriarche, lui reconnaît des actions grâce auxquelles le village est devenu l’un des plus modernes de la région, mais tout de suite, il dévie la conversation et l’oriente vers le domaine inaccessible et toujours glissant de la sorcellerie. Le faux regret qu’il émet - « Elle devrait avoir le respect de tous ici, si seulement ce village était un village d’hommes et non pas de vilains petits sorciers » (15) - pèche par l’emploi de l’irréel et maintient le doute quant à son autorité de patriarche et de sage parmi les siens.
Plus que jamais, la parole du vieillard retentit comme double de langage : il sonne faux et encourage la fronde des villageois. Le conditionnel détruit toute illusion d’acquisition de ce respect de la femme et hypothèque à jamais l’avenir de Singue Mura.
Le problème ne se pose pas de la même manière pour Lénie. Il est vrai que sa solitude est flagrante, comme le prouvent les passages suivants : « Elle déambulait solitaire et majestueuse, essoufflée et stressée » (9) ; « Elle avait une envie folle de noyer son stress au creux de sa baignoire avant d’affronter sa semaine à venir » (25).
Cependant, elle ne semble exclue que de certains lieux, quand une coutume tacite limite la participation aux seuls hommes. « Ici (dans un carrefour, au crépuscule, où elle salue un groupe d’hommes), aucune femme ne participait à l’auguste assemblée » (105). Sans insister sur la valeur polémique du qualificatif préposé « auguste », le message semble bien clair, il est celui de l’exclusion, du rejet.
La pression sociale que subit la femme, même lorsque Tanella Boni tente d’imposer comme thématiques principales de son roman l’amour et l’histoire, reste forte. Elle doit se battre, en dépit de tout, pour s’en sortir, non avec succès puisque l’on perd toujours quelque chose dans une telle lutte, mais au moins avec dignité. Nos deux héroïnes abandonnent : Singue Mura se suicide, tandis que Lénie oublie sa quête dès lors qu’elle a trouvé l’homme qu’elle aime.
Mais pouvons-nous nous arrêter sur ce double échec et conclure que la présence des deux protagonistes dans la fiction reste des plus inutiles, parce que nous ne sommes pas totalement satisfaits de la manière dont se terminent les intrigues ? Il est difficile d’oublier les voies qu’elles empruntent pour poursuivre leur quête, de nier ce par quoi elles passent et ce que le contrat social tacitement conclu leur ôte.
La pression que subit Lénie de la part de Yêté, de César, puis de Fred Ogun pour abandonner sa quête, toute amicale qu’elle est, se révèle significative à plus d’un titre. Il faut convaincre la jeune femme d’abandonner ce métier essentiellement masculin qui absorbe toute sa vie de femme, provoquant la jalousie et le départ de Yêté. Lénie dérange tout le monde à cause de ses traques, ses chasses, sa parole directe, sa conscience professionnelle, mais aussi à cause de sa beauté et sa grâce. Si son enquête sur la mort de Fred Ogun n’aboutit pas, malgré son acharnement à rassembler minutieusement les éléments à la manière d’un détective, c’est parce qu’elle n’a pas pu franchir tous les obstacles dressés sur sa route. Or, en fouinant partout, elle risque de provoquer d’autres problèmes : elle peut par exemple exhumer des secrets d’Etat qu’on tenait à cacher.
César montrait déjà sa brutalité et sa hargne, lorsqu’il lui demandait de cesser ses recherches sur Misora ; il la menaçait de porter préjudice sur son métier et de souiller son intégrité :

« Arrête tes investigations. Arrête tout. Ne va pas écrire dans ton journal que nous sommes tous des imposteurs. Ceux qui ont dirigé le pays depuis le début doivent l’être autant, sinon plus, que nous. Dans tous les cas, personne ne te croira » (111).

Une telle menace ne peut être considérée comme anodine : elle oblige à la réflexion. Pourquoi ne la croirait-on pas ? Serait-ce parce que Lénie est une femme ou parce qu’on la croit folle ? Quoique beaucoup plus énigmatique, Fred, avant son décès accidentel, lui prodigue le même conseil et la met en garde :
« César t’a déjà conseillé d’arrêter tes histoires imaginaires. La vie réelle du Conquérant, tu ne la connais pas. Elle est jonchée d’exploits gigantesques et tu risques de profaner sa mémoire [...]. Toi aussi, puisque tu nous as côtoyés, tu aurais intérêt à faire attention à toi, à protéger ta vie. Ton homme vit aujourd’hui près d’un lac, et il ne veut pas que tu le saches, tant mieux, car cela peut se révéler très dangereux pour toi, pour ton boulot, pour ta vie » (116).

Pour une fois, le ton paternaliste de Fred Ogun sonne comme celui de la vérité, de l’égalité devant la même menace. La pression, plus diffuse mais aussi plus pernicieuse, vient d’une force complètement insaisissable, presque magique, de la force politique dont les tentacules sont aussi nombreuses qu’invisibles. Le combat paraît dès lors inégal car l’ennemi n’est pas déclaré. Les avances de César (108) comme les regards libidineux des hommes déshabillant les femmes (105) ne valent rien devant la pression insidieuse qui s’installe désormais autour d’elle.
La pression autour de Singue Mura semble plus palpable. Les ennemis sont déclarés et ne laissent planer aucun doute quant à leurs intentions. La jeune femme est sommée de laisser son époux se marier, puisqu’elle ne peut lui donner d’enfant.
Werewere Liking situe la source des malheurs de son héroïne dans l’époque de sa jeunesse, alors qu’elle n’était qu’une élève. Si l’on peut apprécier l’essor de la scolarisation féminine dans nos pays africains, il n’empêche, et le constat est amer, que les filles payent cher cette libéralisation, et en sont souvent les victimes. Des victimes, principalement lorsqu’elles sont issues de familles pauvres. En effet, dès lors que les parents ne disposent pas des ressources suffisantes pour permettre à leurs enfants de poursuivre décemment leur scolarité, plusieurs filles vont monnayer leurs études en vendant leur corps. Telle est l’origine des grossesses antérieures de Singue Mura, et de la stérilité qui s’en est suivie. Le besoin d’argent l’a sans doute amenée à se compromettre avec des hommes. Même si Werewere Liking ne le dit pas explicitement, - mais a-t-on besoin de le préciser quand on sait que dans nos pays la gratuité de l’enseignement relève plus du domaine du leurre que de la réalité, - il me semble que l’on ne peut fournir de meilleure explication à ce cas, car nos sociétés sont ainsi faites : elles provoquent régulièrement des situations aussi révoltantes que nuisibles. A travers la déconvenue de Singue Mura, c’est une attaque directe de l’auteur à l’encontre des pouvoirs politiques.
La situation développée par Werewere Liking est l’écho de celle décrite dans le roman de Zanga Tsogo, Vies de Femmes [5]. La romancière s’attarde sur les risques de grossesse qu’encourent les filles mal préparées, parce que mal informées. L’enfant attendu est présenté tel un frein à l’épanouissement. Il constitue un sévère handicap à la réalisation de soi, en même temps qu’il est à la source de nombreux drames. La présence d’une grossesse confirme l’effondrement de tous les rêves. Les textes de Nanga [6] et de Zanga Tsogo reviennent à maintes reprises sur l’espoir que l’école fonde chez les parents. Ils attendent des enfants que ceux-ci les sortent de la misère, sans pour autant pouvoir leur fournir les moyens de telles ambitions.


La fille ou la femme, pour réaliser leurs rêves, essaient de se donner les moyens pour y parvenir. Face aux grossesses non désirées, Singue Mura a eu recours à l’avortement, d’où sa stérilité. Son premier choix de femme s’est en fait révélé néfaste pour sa vie. Elle a réalisé son rêve de jeunesse en dépit de tout. Mais désormais c’est son passé qui lui pose un problème crucial : « On ne va quand même pas garder éternellement une femme stérile. On ne va pas la garder sous prétexte qu’elle a construit ceci ou cela ! (Singue Mura : 15).
Le rejet que subit Singue Mura se conçoit à double titre : non seulement elle ne peut porter un enfant, mais en plus elle a doté son village d’une infrastructure comme seul un homme devrait le faire. Cela sous-entend qu’elle est devenue l’Homme du village :

« O Singue Mura, aide-nous à t’aider, allège ta mémoire du sceau de ta volonté virilisée ; ouvre ton coeur à ta seule et vraie douleur de femme. Soulage-toi et reviens nous : on ne peut pas se fuir soi-même. Ton destin est d’assumer ton destin de femme, nous initier à toutes formes de partage, de l’envergure d’un village, d’une nation, de l’humanité » (44).

« A chacun son rêve ! Qui donc m’empêchera de poursuivre le mien ? » (112), lance Lénie à César.
C’est ce rêve que voulait réaliser Singue Mura. Croire et vivre la liberté de la femme, depuis la déclaration de son émancipation ne résonnent pour l’instant qu’en écho des mots prononcés dans l’air du temps alors que le contexte reste imperméable à ces notions. La jeune femme a voulu choisir, mais, dans la réalité quotidienne, faire un choix est-il vraiment l’expression adéquate ? Les circonstances l’ont amenée à agir de cette manière pour préserver le rêve, pour se hisser à des postes de commandement, mais sa nature et son sexe l’ont fait faillir.
Ces êtres de fiction ressemblent étrangement aux femmes du quotidien. Lorsque Lénie, le personnage de Tanella Boni, discute avec Diane, la sœur de Fred, leur sujet de conversation est la femme :

« Nous avons surtout parlé des femmes qui travaillent de leurs mains et n’ont jamais le temps de réaliser leurs rêves les plus fous, tout ce qui leur passe par la tête. Ce pour quoi elles sont faites. Elles n’ont jamais le temps d’explorer le monde, de dire toute la joie et tout le plaisir qu’elles éprouvent devant les merveilles de la nature ; toute leur indignation et leur révolte devant tant d’injustices et de haines (...). Les femmes, confinées dans l’enclos des foyers et des champs. Dans les salons dorés des belles villas des rivages de lagune » (66).

La discussion entre Lénie et Diane, déjà amorcée, mérite d’être retenue jusqu’au bout. Il semble que la femme n’a pas su adapter ni su changer sa stratégie de conquête au cadre toujours fluctuant dans lequel elle évolue.

« Les femmes se trompent peut-être de conquête, il nous faut changer notre fusil d’épaule. Voir, écouter, goûter la chaleur du vent, qui, seul, indique le sens de l’histoire à inventer. Il n’est pas nécessaire de chercher une place au soleil où déambule fière et majestueuse la foule des hommes savants. Si cela arrive, chacune de nous l’assumera avec tout le génie enfoui dans son âme. Mais l’ombre a aussi son charme, son efficacité. Nous manigançons les plus belles choses de notre existence dans l’ombre. A la lumière de la lune ronde et paisible, loin des rayons ardents du plein jour. Là résident nos forces et nos faiblesses. Pouvoir en parler marque déjà un pas merveilleux sur le chemin de la reconquête de soi » (66).

Il me semble donc que le début de solution des problèmes de la femme, si une solution peut être efficace, commence par cette réappropriation d’elle-même. Cette conquête de tous les instants ne peut se concevoir sans son charme, ni son aisance, ni la maîtrise qu’elle exerce sur son milieu et son travail,
Par son suicide, Singue Mura concède son échec ; la longue lutte paraît maintenant vaine, car elle ne peut servir d’exemple, du moment où elle a abandonné. Werewere Liking donne l’impression d’un pessimisme poignant et angoissant, d’autant plus que son discours devient complètement moral à l’issue de la pièce.
Lénie choisit l’amour, ce qui prend aussi l’apparence d’un abandon. La société aurait-elle raison, aussi bien dans la fiction que dans la réalité, de ne pas croire en cet être ? Je ne le crois pas, car il suffit de reprendre les idées émises par Lénie et Diane, protagonistes du roman de Tanella Boni, idées qu’il nous reste à mettre en action. Le salut de la femme commence par sa capacité d’adaptation aux situations qui se présentent et surtout par la conquête de son propre être.

BIBLIOGRAPHIE

BONI, Tanella, Les Baigneurs du lac rose, Abidjan, NEI, 1955.
BORGOMANO, Madeleine, Voix et Visages de femmes, Abidjan, CEDA, 1989.
CAZENAVE, Odile, Femmes rebelles. Naissance d’un nouveau roman africain au féminin, Paris, L’Harmattan, 1996.
CHEMAIN-LAGRANGE, Arlette, Emancipation féminine et roman africain, Dakar, ENA, 1980.
DESALMAND, Paul, L’émancipation de la femme en Afrique et dans le monde, Abidjan/Dakar, NEA, 1977.
HERZBERGER-FOFANA, Pierrette, Littérature féminine francophone d’Afrique noire, Paris, L’Harmattan, 2000.
HOUEDANOU, Lucien, Le Théâtre rituel, Interview avec Werewere Liking, in Afrique nouvelle 1803, janvier 25-31, 1984, p.12-13.
JACCARD, Anny-Claire, « Des textes novateurs : la littérature féminine », in Notre Librairie, n° 99, 1989, p.155-161.
MAGNIER, Bernard, « A la rencontre de Werewere Liking », in Notre Librairie, n° 79, 1985, p. 42-43.
NDACHI TAGNE, David, « Werewere Liking, créatrice, prolifique et novatrice », Interview, in Notre Librairie, n° 99, 1989, p.194-196.
Notre Librairie, Nouvelles écritures féminines, tome 1, « La parole aux femmes », n°117, avril juin, 1994 ; tome 2, « Femmes d’ici et d’ailleurs », 1994.
WEREWERE, Liking, Singue Mura, Eyo-Ki-YI Editions, 1990.


[1] L’œuvre choisie est Singue Mura, considérant que la femme..., Eyo-Ki-YI Editions, 1990.

[2] Ce travail repose uniquement sur Les Baigneurs du Lac Rose, Abidjan, N.E.I., 1995.

[3] Professeur de Lettres, Orléans, France

[4] Discussion avec Abomo-Maurin, 1994.

[5] Yaoundé, Clé, 1983.

[6] Les chauves souris.




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