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AIME CESAIRE : LA GLOIRE ET L’AMERTUME
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Ethiopiques numéro spécial.
Hommage à A. CESAIRE
2ème semestre 2009

Auteur : Bios DIALLO [1]

Un décès est toujours inconsolable. Un hommage, une peine encore plus grande. Parce que c’est l’homme et l’œuvre du défunt qu’on revisite. Cependant, quelle que soit la part de douleur qui nous accompagne le long des lignes d’évocation, il est des personnalités qui méritent bien l’exercice. Pas l’expérience. Et Aimé Césaire, c’est le sommet de la montagne. Parce que l’héroïsme, il l’a porté jusqu’au dernier souffle de sa vie.
Césaire, la France ne l’a jamais aimé. Jamais considéré comme un citoyen glorieux. Malgré l’encre versée pour sa langue ! La haine, entre l’homme et sa patrie ? L’île Martinique à la savoureuse canne à sucre ! La fibre nationale que Césaire a sans cesse développée, pour cette île et l’Afrique continent des ancêtres, n’a jamais été du goût de Paris. L’égraineur se ressentait dans les propos, ou attitudes, de nombre d’hommes politiques français. Au point que certains leaders français en viennent même à oublier que Césaire a été compagnon de leur président, un certain Georges Pompidou que Senghor, en khâgne, lui présenta un jour. Dans l’escalade du rejet, François Bayrou. Alors ministre de l’Education, ce Bayrou-là décide en 1995 d’exclure, d’enlever Césaire du programme du baccalauréat. Par qui le remplaça-t-on ? Aragon ! « plus représentatif de la littérature française », dit avec ironie Le Canard Enchaîné [2], seul journal a avoir mesuré le degré du scandale en étalant le fait à sa Une. En effet, un grand doute subsiste, et sur l’homme choisi et sur le texte retenu : Les Yeux d’Elsa. Aragon y dissimule à peine son homosexualité. Il y a mieux, puisqu’il n’échappe à personne qu’Aragon était un inconditionnel de Staline, « un complice des procès de Moscou, du Goulag et de toutes les malhonnêtetés du Parti Communiste Français » [3]. Que le ban et l’arrière-ban de la chiennerie française trouvent l’appui de François Bayrou, dans un tel choix, mérite bien des interrogations sur l’identité française. Oui, Annie, un vrai Statue cou coupé !
Né le 26 juin 1913 à Basse-Pointe, en Martinique, Aimé Césaire n’est certes pas venu au monde au temps où les Noirs courbaient l’échine dans les champs de canne à sucre. Mais les stigmates de la traite, qui a pris fin au siècle précédent, étaient si frais que la peine infiltra le corps du bonhomme à la forte conscience. Là même où des ancêtres nègres trimèrent des siècles durant, pour un gain usurpé, l’homme aux grosses lunettes décida de redresser la barre de l’injustice par son cri. Sa plume peint tous les quotidiens. Des douleurs historiques de l’esclavage à la plaie, qui ne se refermera jamais, de la colonisation. Sa vie sera comme cette mare où la pirogue ne vit qu’en eaux troubles.
A sa naissance, le placenta de Césaire est enterré sous un arbre. Et sa coiffe de nouveau-né, enfouie au pied d’un bananier de l’habitation familiale, rapportent Roger Toumson et Simonne Henry-Valmore dans Aimé Césaire. Le Nègre inconsolé [4]. Tout indique que "rien de mal ne saurait arriver" à ce second fils de Fernand Césaire, économe d’habitation dans une propriété productrice de canne à sucre et de rhum, et de Marie-Félicité Eléonore, une simple couturière. Né coiffé donc, et dans la lignée des humains que le destin protège, Césaire aurait pu gagner ses jours sans peine et dans l’indifférence. Que non ! Puisqu’il choisira les combats les plus âpres.
Si le fils de la Négresse, Alexandre Dumas de La Pailletterie, le vainqueur de Saint-Bernard et de Montcenis, le héros de Bixen, a offert soixante fois sa vie à la France, comme le souligne Claude Ribbe dans Le crime de Napoléon [5], Aimé Césaire donne en ce qui le concerne 90% de sa mémoire au rayonnement de la France et de ... sa langue. C’est l’autre fils, légitime celui-là, André Breton en l’occurrence, le père du surréalisme français, qui l’écrit dans Martinique charmeuse de serpents [6] : « Aimé Césaire maîtrise la langue française comme quiconque avant lui ne l’a maîtrisée ». Depuis, la phrase a fait le tour des salles universitaires. Sans jamais se poser pour autant dans l’hémicycle des Institutions françaises, héroïquement oublieuses. Comme toujours. Et comme l’hypocrisie sait toujours se moquer de la culture, le soir des funérailles on attribua le prix de la reconnaissance au linceul. L’heure est glorieuse, puisque l’éternel nobélisable qui ne le fut jamais, ne peut plus avoir de pensée belliqueuse. Et pour cause : lui qui aurait donné la cinglante réplique a définitivement posé la plume ce 17 avril 2008 ! Et, sans cette faucheuse invisible, à 94 ans il avait toujours ses dents pour poser le venin dans l’encrier.
Césaire, qu’as-tu fait à la République ? « Je crois qu’il est du droit de tout homme d’aspirer à l’indépendance. A son autonomie ». La réponse est sans équivoque, mais dérange. Après la seconde guerre mondiale, comme nombre d’intellectuels, Césaire prend part au sursaut national qui doit reconstruire la France saignée par la guerre et la domination allemande. Mais Césaire sait que, s’il est un enfant de la République française, cela ne peut être que le fruit d’un hasard. L’errance d’un accident historique. Il est noir, dans une nation blanche. Identité douloureusement ressentie dès le début des années 1930 alors qu’il préside l’Association des Etudiants Martiniquais à Paris.
Loin de sa Martinique charmeuse de serpents, Césaire participe aux voix de contestations qui se cristallisent autour du mouvement l’Etudiant noir. Avec ses amis, René Ménil entre autres, il fonde la revue Tropiques qui torpille les lois de Vichy. Destinée à produire des textes sur la faune et la flore, le jeu est futé.


« Beaucoup n’ont pas compris les premiers articles publiés dans la revue, dit Aimé Césaire, un brin moqueur. L’intérêt que nous accordions à la faune, à notre brousse, n’était que le regard que nous portions sur nous-mêmes. Notre société. Les tares de la République raciste et esclavagiste ». Seul André Breton, de passage à Fort-de-France, en route vers les Etats-Unis où il devait s’exiler, comprend le stratagème et accorde son soutien à la bande des mousquetaires de l’île.
Césaire intègre le Parti communiste français en 1946. Les amis de l’île lui demandent de figurer sur leur liste électorale. Et le voilà qui fait son entrée en politique. Mais ne voulant jamais qu’on parle à sa place, le fils de Fernand dit ceci : « Nègre, homme de couleur, colonisé et appartenant à une société opprimée, je n’avais pas le droit de me croiser les bras ».

L’engagement par l’écriture

Jeune, Césaire mène une vie à part, irrité par le snobisme qu’avaient certains de ses compatriotes à singer les Blancs. Il en vient à détester ou se moquer de sa Martinique natale dont l’habit ne lui convient pas. « Le bal du samedi, la musique, les boîtes de nuit » lui déplaisent, confie-t-il à Françoise Vergès dans Nègre je suis, nègre je resterai [7]. Il quitte l’île, lorsqu’on lui attribue une bourse. Lors du voyage, à bord du navire Le Pérou qui mettra près de vingt jours avant de gagner la capitale française, Césaire se réfugie au fond d’une cabine minuscule. Evitant ainsi, à nouveau, de festoyer avec les autres. Il n’apparaît qu’au moment du dîner. Puis, après la soupe, retour au coin !
Une fois à Paris, il laisse éclater sa joie. Exulte même. Mais se fixe une mission : « Etre parmi les meilleurs, découvrir ma vraie identité, donner du sens à mon refus de la fête ». Avec la recommandation de son professeur d’histoire, Euguène Rozert, il est admis sans peine au lycée Louis-Le-Grand.
En hypokhâgne, la roue du destin lui déroule vite ses sentiers. Le jour même de son inscription, en cette année 1931, il croise un petit homme noir portant des lunettes. Il s’appelle Léopold Sédar Senghor et vient du Sénégal. Rapides présentations, et ce pacte : « Bizuth, tu seras mon bizuth », lance l’Africain à l’Antillais. L’amitié à vie ! Et à travers elle, le pacte avec tout un continent, l’Afrique.
C’est surtout à travers l’écriture que le normalien de la rue d’Ulm fait connaître sa pensée. Dans le nid d’un Paris glacé où les intellectuels noirs s’organisent autour du Sénégalais Alioune Diop qui crée la revue Présence africaine, aujourd’hui maison d’édition. Frustré par une France qui, débarrassée de l’ennemi allemand, refuse de libérer ses propres colonies, Césaire s’interroge : « Qui suis-je ? Qui sommes-nous ? Que sommes-nous dans ce monde blanc ? Que dois-je faire ? ». Au plan métaphysique : « Qu’est-il permis d’espérer ? ». La découverte des écrivains noirs américains Langston Hugues, Claude MacKay, Richard Wright, entre autres, qui ont déjà une longue tradition de lutte dernière eux, le confirme dans ses choix de bataille. Leur refus de l’assimilationnisme le fascine, lui l’hibou au Chant blessé [8]. Ses cordes vocales vibrent pour l’égalité des droits. Il pousse ses amis vers les débats tranchants. « Césaire, écrit Claude Ribbe [9], fait de l’oppression subie la matière d’une doctrine révolutionnaire ». Ce qui fera le terreau de la Négritude, concept qu’il invente et nourrit avec ses compagnons, et qui devient sa principale raison d’exister. Claude Ribbe de narrer le banal incident qui va métamorphoser Césaire en marron, en révolté, mais aussi en écrivain : « Un jour, près de la place d’Italie, il est apostrophé sans façon par un automobiliste qui le confond probablement avec Nénuphar :

« - Hé, p’tit nègre...
- Le petit nègre t’emmerde ! »

Le Martiniquais, transplanté, né à bord du bateau, croit à peine à une « cohabitation » saine avec les Européens. C’est surtout le refus de ce que l’écrivain guyanais Léon-Gontran Damas, qu’il a connu au lycée Schœlcher de Fort-de-France et avec qui il avait commencé à coucher sa colère dans un journal local, souligne dans le poème qu’il lui dédie dans Pigments : « J’ai l’impression d’être ridicule/avec les théories qu’ils assaisonnent/au goût de leurs besoins/de leurs passions/de leurs instincts ouverts la nuit/en forme de paillasson ».
Des discussions surgit le mot Négritude !

« C’est ce moment crucial, René Depestre, que choisissent des forcenés de tous bords pour remettre en vogue des théories de la race, des thèses rageusement élitistes, des déraisons d’Etat aux dents de requins, des cannibalismes transnationaux, des nationalismes aux appétits de tigres » [10].

Il ne s’agit nullement d’une usurpation de danse, sur les pistes du monde. Mais d’une aspiration héroïquement digne. « La négritude, écrit Jacques Coursil, professeur aux universités Antilles-Guyane à Fort-de- France et Cornell à New York, correspond au renversement d’une insulte raciale, renversement d’un indicateur, l’insulte nègre » [11]. Sans attendre l’ordre de se courber, Césaire « ramasse ce mot de Nègre qui lui a été jeté comme une pierre », comme le soulignait Jean-Paul Sartre dans sa préface « Orphée noir » à l’Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache... de Léopold Sédar Senghor [12]. Césaire précise, dans « Prophétie » des Armes miraculeuses : « Nègre désormais, c’est ma révolte, ma gueule, mon nom ».
Chaque jour que Dieu fait devient une heure de combat. L’arbre pousse. Un mouvement d’ensemble se crée, organise la résistance. Et fait du Quartier latin un QG. Pour Césaire, le nazisme et le colonialisme procèdent de la même stratégie : assujettir éternellement les peuples faibles. Et pour cela l’Europe, qui a fermé les yeux sur l’impérialisme-nazisme qui « ne s’était appliqué qu’à des peuples non européens », « est moralement et spirituellement indéfendable ». Il fustige, sans réserve, la colonisation, une absurdité dont l’humanité n’avait nullement besoin. Un pied de nez à son alter ego, le grammairien Senghor, qui jugeait que celle-ci était « un mal nécessaire » !
Le théâtre de Césaire, comme sa poésie, est un miroir contre les préjugés. L’œuvre pétrie de détresses de la condition de Noirs déportés aux Antilles, opprimés et brimés. Au milieu de somptueux vers chargés de douleurs, il dépeint un passé lacéré et un présent cadenassé. Le rêve : gagner par le Nègre une place respectable dans le concert des nations.
Cependant, quelle que soit la virulence de ses écrits, Césaire n’a jamais sombré « dans le racisme noir ». Même si l’ancre qu’il tend porte des lamelles tranchantes. Ecoutons-le se définir lui-même : « J’habite une blessure sacrée/j’habite des ancêtres imaginaires/j’habite un couloir obscur [...] j’habite de temps en temps une de mes plaies ». Puis, le soir, dans le murmure : « Ayant craché volcan mes entrailles d’eau vive/je reste avec mes pains de mots et mes minerais secrets ». Et il ne cache pas qu’il « habite une vaste pensée ». Sa conviction étant qu’il « habite le plus souvent le pis le plus sec/du piton le plus efflanqué ».
Ces vers, tirés de Moi Laminaire [13], montrent la douleur qui traverse, et transperce de part en part, autant ses essais que ses poèmes qui trouvent leur germe dans la traite négrière, l’esclavage et la colonisation. Des peines qui ont donné naissance au Cahier d’un retour au pays natal [14]. Et si l’inspiration, voire la rédaction des premières pages de ce Cahier, est née en Yougoslavie où Césaire séjournait chez un ami, il n’en reste pas moins que la matrice de cet écrit est essentiellement africaine. Destinée même à l’Afrique. Aux frères et sœurs Nègres. Ceux-là et celles-là dont les cœurs, greniers épis de mépris, se demandent toujours ce qu’ils ont fait à l’humanité.
Et si Césaire réfléchit et écrit en ces termes, ce n’est nullement pour renier l’île dont il est originaire. Au contraire, c’est pour être mieux en phase avec ce que lui-même a toujours considéré comme valeur juste : les Noirs aux Antilles et aux Amériques ne sont que des transplantés ! Voilà pourquoi il célèbre sans réserve Haïti, la République où la négritude s’est pour première fois mise debout. Pour s’en convaincre, il suffit de lire Toussaint-Louverture [15]. Dans sa salve volcanique, Césaire prévient tout de même que sa négritude n’est « ni une tour ni une cathédrale [mais qu’] elle plonge dans la chair rouge du sol/elle plonge dans la chair ardente du ciel [et qu’] elle troue l’accablement opaque de sa droite patience ». Les vers sont de braises et d’épines.
Elu député à l’Assemblée nationale française, il sera impossible de dompter celui qui a eu une « enfance lait de luciole et frisson de reptile ». Le voilà qui réfute l’assimilation qui, à ses yeux, n’est que de l’aliénation. Celle qui alterne l’être, en le rendant répugnant à lui-même. Car, dans le désir de ressembler à l’Autre, on se renie, on tue sa propre identité. Un peu ce que d’aucuns reprochent à « la négritude de Senghor ». On se souvient des termes durs du dramaturge nigérian Wole Soyinka : « Le tigre ne crie pas sa tigritude, il bondit sur sa proie et la mange ». Le pamphlétaire béninois Stanislas Adotevi, auteur de Négritude et Négrologues [16], enfonce le clou : « Senghor était un inconditionnel de la France qui n’a proposé aux Africains que le nœud coulant de l’assimilationnisme » [17].


Difficile d’accès

Aimé Césaire, c’est avant tout une plume forgée dans la connaissance des classiques. S’il tourne, délibérément, le dos à la littérature de « l’alexandrin », « dépassée pour le Noir » qu’il est, il est un lecteur assidu du grec et du latin. Bercé à l’école des écrivains des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles, Corneille, Racine, Pascal, Hugo, et à celle d’Alexandre Dumas, il garde un rapport particulier avec la langue française. Son univers en sera rendu fortement hermétique. Si difficile que d’aucuns verront dans chacune de ses expressions du néologisme. Il faut alors s’en référer, à chaque fois, au dictionnaire. Lire Césaire demande du temps. De la patience. Parce que l’exigence est en amont comme en aval !
Le médecin franco-algérien, René Hénane, est un des rares chercheurs à s’être plié à l’exercice. Il a traqué les mots de Césaire, les uns après les autres. Son Glossaire des termes rares dans l’œuvre d’Aimé Césaire [18] est un bijou. Un essai très abouti de belles trouvailles. Sur les mille mots répertoriés, le long des écrits de Césaire, seuls trois - et encore !- ne relèvent pas du patrimoine mondial. Il s’agit de :

- Laïlape : le mot pourrait venir de laelaps, terme mythologique désignant une tempête représentée par un chien monstrueux. Autre sens : laelaps, encore appelé gamase, est un acarien parasite suceur de sang chez l’animal et l’homme. Sauf que le contexte poétique pourrait être autre, dit le même Hénane qui cite Gloria Onyeoziri auteur de La parole poétique d’Aimé Césaire [19]. Laïlape serait donc une juxtaposition de laïus (discours oiseux et vain) et lape, du verbe laper. Ce sens serait confirmé par le mot bêler (moi qui bêle), c’est-à-dire pousser un cri plaintif, humble et résigné.
- Mabraque : mot-valise formé de maboul (de l’arabe mahboul, fou) et braque, mot ancien désignant l’étourdi, l’écervelé. Mabraque, nous dit Hénane, signifie bizarre, fou.
- Suduleuse : mot-valise qui pourrait être composé de la racine latine sudor, sueur, sudation et du suffixe -leuse, que l’on retrouve dans les termes médicaux papuleuse, vésiculeuse. Une affection cutanée...

Césaire, c’est donc un raffinement intellectuel et gourmand de la langue. En témoignent les exemples repérés par le même René Hénane : « Face de puits », dans Les Armes miraculeuses, signifie « face puante ». « Les fougues de chair vive » désignent le mât d’un bateau. C’est un sens ancien du mot « fougue ». Dans Cahier d’un retour au pays natal, on lit : « Ô terre almée... » Almée vient de l’arabe el-aalma, « la savante ». « Terre almée » voudrait donc dire « terre ayant une âme ». Toujours dans le Cahier, on tombe sur « jiculi ». Parfois traduit par « peyotl », plante mexicaine hallucinogène, « jiculi » est loin de désigner ici une drogue, mais le sperme. Probablement un terme inspiré du latin « jaculari » qui a donné « éjaculer ».
Ces éclairages prouvent que le chemin qui va du Cahier d’un retour au pays natal à Moi, Laminaire, à Toussaint-Louverture ou encore Victor Schœlcher n’est porté que par des feuillages du terroir. Césaire a la force des mots et des images. Ce qui ne gâche rien, puisque, en usant de l’archaïsme, il donne une saveur particulière à un français qui frise le cultisme et la préciosité baroque.
Et, contrairement à ce qu’on a souvent laissé entendre, Césaire n’a jamais appartenu au mouvement surréaliste. Certes il avait de la sympathie pour son chef de fil, André Breton, dont il fit la connaissance à Fort-de-France en 1941. Faut-il préciser que c’est l’auteur des Vases communicants qui chercha à le voir, après avoir découvert un de ses textes dans la vitrine d’un magasin ? Bref, si le surréalisme lui a permis de se révéler à lui-même, de mieux se connaître par l’interrogation, disons l’anticipation sur la pensée, Césaire rebute en vrai cette doctrine. Comme toute autre œuvre, d’ailleurs, qui voudrait l’inféoder. Une fois de plus, la peur d’être ridicule dans l’habit de l’Autre.

Les convictions d’un dur

S’il reconnaît que la culture est une invention des hommes, afin de rendre la « vie vivable et la mort supportable », Césaire est loin de céder aux choses par mimétisme. Il en est ainsi de la civilisation de l’universel. N’en déplaise à son « plus-que frère, Senghor » qui en était le chantre ! Surtout lorsque celle-ci se décline sous les auspices de la francophonie. Il dit à Jean-Michel Djian [20] : « La francophonie c’était un acte de colonialisme. Cela m’est apparu comme un acte politique, presque une forme d’impérialisme ». Aujourd’hui encore, l’argument n’a pas varié d’un iota puisque la francophonie continue à se décliner sous : « Ferme ta gueule, toi qui viens de Dakar ! Ferme ta gueule, toi qui viens des Antilles ! Ferme ta gueule, toi qui viens du Gabon !... »
Dans ses vieux jours, Césaire est demeuré blessé, rongé par le mal-être martiniquais et antillais. Pour s’en convaincre, il suffit d’aller en Martinique, en Guadeloupe ou encore en Guyane. L’administration y demeure structurée comme au temps colonial. La plèbe paupérisée, essentiellement noire. Ce qui afflige profondément Césaire. Mais, privilégiant l’action sur les larmes sur soi, il reste figé sur le piédestal des convictions qui le poussent à refuser, en décembre 2005, de recevoir à Fort-de-France le ministre de l’Intérieur français Nicolas Sarkozy qui tenait à son heure de pèlerinage chez le... volcan. Sauf que, on le sait, la montagne Pelée hait les provocations. Et Césaire, symbole vivant de cette larve volcanique, était loin d’avoir digéré la loi Sarkozy du 23 février 2005 qui voulait inscrire dans les « manuels scolaires français » le rôle « positif » de la colonisation et de la présence française en Outre-Mer. « Parce que je suis l’auteur du Discours sur le colonialisme, je reste fidèle à ma doctrine et anticolonialiste résolu », avait répliqué Césaire à la presse [21]. Comme le rappelle David Alliot, dans Aimé Césaire. Le Nègre universel [22], c’est pour la première fois que Césaire refuse de recevoir un élu de la République.

Rhum et sommeil trouble

Césaire élu député, puis maire, les Martiniquais l’exhortent à obtenir pour eux un statut de département français ! Une assimilation ? Non, une simple aspiration à l’égalité avec « les colons de la Métropole ». Un alignement équitable sur les salaires, les avantages sociaux... Mais lorsqu’il sent qu’il prêche dans le désert, avec des déclarations de bonnes intentions sans effets concrets, l’intellectuel brise la bienséance politique et s’adresse sans équivoque à ses compatriotes de couleur : « Vous voyez, vous n’êtes pas des Français, ils ne vous considèrent pas comme tels, vous n’êtes que des Nègres... ».
Au bout du petit matin, dans sa « ville plate, étalée, inerte sous son fardeau géométrique », il demande à son peuple de « cesser d’être le jouet sombre/au carnaval des autres ». Et de prendre son destin en main. Lui-même prend le taureau par les cornes, refuse d’être inféodé. De se plier aux ordres de la rue Saint-Georges, siège du Parti Communiste !
Le 24 octobre 1956, Césaire, accompagné d’Alioune Diop, remet son historique Lettre de démission à Maurice Thorez. Le lendemain, de larges extraits du pamphlet seront publiés dans le magazine France-Observateur. Césaire fustige l’esprit dogmatique et sectaire du Parti. Les mots sont respectueux, mais ô combien surprenants pour celui qui reçoit le texte en pleine figure : « Aucune doctrine, dit-il au chef du PC, ne vaut que repensée par nous, que repensée pour nous, que convertie à nous ». Un refus de « l’habitude de faire pour nous, l’habitude de disposer de nous, l’habitude de penser pour nous ». Le fils de la montagne Pelée veut sa plantation à lui.
Le 22 novembre, Place de la Savane à Fort-de-France, Césaire prononce devant une foule de dix mille personnes, un discours fleuve de deux heures ! Ovationné par une nation îlienne qui lui est toute acquise, il fonde son propre camp : le Parti progressiste martiniquais. La lutte est désormais interne. Et les calomnies ne manquent pas. Les plus virulentes viendront, comme toujours, des anciens compagnons. Parmi eux, Roger Garaudy, « alors installé dans le rôle officiel du gardien des Tables de la Loi », dit Roger Toumson. Mais aucune pression ne fera plier Césaire.
En 1958, faisant confiance à André Malraux, porte-parole du général de Gaulle, il soutient le oui au référendum. Il sera déçu après le vote, car aucune promesse ne sera tenue pour ses compatriotes qui restent en marge de la gestion de leurs propres affaires. Même ayant quitté les plantations, ils demeurent confinés dans des rôles subalternes. Toute sa vie, Césaire dénoncera ce mépris de la Métropole.
Antilles, îles de la colère, lance en Une le magazine Envoyé spécial de France2 [23]. L’actualité porte sur un mouvement de grève déclenché voilà plus de 45 jours sur l’ensemble des îles. On rouspète. Dans la colère, une chanson monte vite aux emblèmes : « La gwadloup sé ta nou, la gwadloup sé pa ta yo ! La martnik sé ta nou, la martnik sé pa ta yo ! La Guadeloupe, la Martinique... sont à nous. Et pas à vous ! » Une adresse claire aux Békés, ces Blancs descendants de colons qui détiennent le pouvoir économique des îles. Avec bien sûr la bénédiction de la Grande France qui veille, par leur entremise, au grain.
Ayant séjourné en Guyane française et en Martinique, l’auteur de ces lignes ne pense pas fantaisistes les propos scandés. Encore moins belliqueux, ou même aussi haineux, comme voudrait le laisser entendre une certaine presse hexagonale. Là-bas, malgré l’existence d’une nature généreuse, le coût de la vie est 2 à 3 fois plus élevé qu’à Paris. Ou, comme on dit depuis les îles, qu’à la Métropole.
Dans les esprits qui s’échauffent, face au mépris et à la vie chère, la pensée indépendantiste pointe. Disons donc que les propos de Césaire n’ont pas pris une ride.

« L’indépendance, elle est indispensable à mes yeux. Car l’inégalité ne peut se poursuivre. Mais ce sont les Martiniquais eux-mêmes qui choisiront la formule politique la plus intéressante pour eux. Tôt ou tard, on y viendra » [24].

Dans l’esprit de ces « Français entièrement à part », pour reprendre ses termes, et pour lesquels il a de tout temps combattu, les jours sont durs. Un quotidien plus qu’ardu à surmonter. Voilà pourquoi le collectif LKP (Liyannaj Kont Pwofitasyon qui signifie « contre l’exploitation outrancière ») a, en ces jours de février, fait valser sur tous les tons de révolte. Devant les cameras de TV, et sur les ondes de radios, il ne s’agit plus du zouk-d’amour mais du zouk-dénonciateur. Le zouk-cri-du- ventre ! La coupe du rhum ne fait plus danser. Les îles ont faim. Et le sommeil de Césaire doit être bien trouble !


Jamais prophète chez soi

Impuissante devant son esprit rebelle, l’administration métropolitaine, en relation avec les Békés, lui pourrit la vie. Des bâtons dans les roues, à chaque entame de projet. Le jeu devient puéril : conduire au pourrissement toute décision, ambition, politique venant de son élan. On tente même de l’isoler... intellectuellement. Jusqu’à tenter de le priver de recevoir, comme il se doit, "son" Senghor devenu président de la République du Sénégal.
En effet, à Fort-de-France, en 1976, Olivier Stirn, sous-ministre de la Coopération de Giscard, tente de faire obstruction à leur rencontre. C’était sans compter avec ce que les deux intellectuels ont vécu ensemble. Senghor, son Maîtrede bizutage, outrepasse la bienséance diplomatique et se rend chez son double. Mieux, venu avec sa troupe nationale du Théâtre Daniel Sorano, Senghor fait jouer La Tragédie du roi Christophe pour la première fois en terre martiniquaise. Pardon, en terre française !
Chez lui, en Martinique, Césaire a été pendant un demi-siècle maire inamovible de Fort-de-France. Une preuve que le soldat de couleur, « bouche des malheurs qui n’ont point de bouche », avait aussi la confiance des siens. Même lorsque « les fils spirituels » décident de le tuer, lui le père, à travers l’invention d’un mouvement littéraire dénommé créolité. Avec la force de caractère et des mots qui font sa personnalité si singulière, Césaire qualifiera cette mouvance de simple refuge, d’alibi cache complexe. « Ce qu’ils appellent créolité, regrettait-il dans l’entretien qu’il m’avait accordé à Fort-de-France dans son bureau et que j’avais orgueilleusement intitulé « Quand petit Nègre rencontre Grand Nègre » [25], n’est rien d’autre qu’un racisme camouflé. Ils ont honte d’être Nègres. Et comme ils ne peuvent pas dire qu’ils sont blancs, ils disent « on est créoles ». En ignorant que « s’il n’y a pas de Nègre premier, il n’y a pas de Créole second ». Créole désignant tout indigène né aux Antilles... ».
Césaire refuse de s’attarder sur des détails peu porteurs. A l’image de l’esthétique, un des griefs de Raphaël Confiant contre lui dans Aimé Césaire, une traversée paradoxale du siècle [26]. Sans armes de reconnaissance fiable, dit Annie Le Brun, ces détracteurs ont voulu le « rendre responsable de tous les maux qui accablent la Martinique. Ce qui n’est qu’une hargne où la malhonnêteté, la bassesse et la bêtise jouent à part égale » [27]. Quant au concerné, il extirpe avec tact l’épine, lorsqu’on cherche à créer l’amalgame entre son statut d’intellectuel et celui de maire et de député : « Un écrivain écrit dans l’absolu, un politique travaille dans le relatif ». Deux niveaux distincts, qu’il réussit à conjuguer, avec brio d’ailleurs ! Même si, le soir du bilan, il était loin d’être prophète chez lui.
Césaire, nous le disions au début de ce texte, la République s’est peu intéressée à lui. Elle ne se souvient de lui que sur le tard. On ne lui décerna le Grand Prix national de la poésie qu’en 1982 ! Sept ans après, en juillet 1989, Antoine Vitez, administrateur de la Comédie-Française, lui rend hommage au Festival d’Avignon. Puis, comme par mimétisme, La Tragédie du roi Christophe fait son entrée à la Comédie-Française en juin 1991. Et... le 14 juillet de la même année, le président François Mitterrand dévoile une plaque sur le fronton du ministère des DOM-TOM où ses vers sont inscrits !
Beaucoup se demandent pourquoi Léopold Sédar Senghor est entré à l’Académie française et pas lui. Le professeur Georges Ngal, auteur de Aimé Césaire, Un homme à la recherche d’une patrie [28] : « Parce que Césaire est demeuré un Nègre pur. Autant sur le plan de l’écriture que sur l’action politique... Césaire n’est resté Français que parce que son peuple aspirait à cette donne ». Jules Rosette, directeur du Théâtre Noir à Paris, est plus explicite : « La France ne couronnera jamais un homme qui la bafoue ».
Les humeurs, ce n’est pas ce qui faisait écrire Césaire. Et pour cause : malgré l’âge, et l’éloignement dû au retour des amis Senghor, Houphouët-Boigny et d’autres en Afrique après les indépendances, et lui en Martinique, Césaire n’a jamais lâché la filiation qui l’avait rapproché de ses frères. On se souvient de ses positions ardues aux côtés du leader guinéen, Sékou Touré qui, pour avoir éventé à temps le piège de l’assimilationnisme et du néocolonialisme, devint à ses yeux « l’homme africain décisif ». Une marque de fascination, pour celui qui osa dire NON en 1958 à de Gaulle, qu’il fera connaître dans un article publié dans la revue Présence Africaine [29]. Il va jusqu’à refuser de se ranger du côté des détracteurs d’un Sékou devenu dictateur. Au contraire, il n’y verra que les faiblesses de la nature humaine. Ce qui importe, pour lui, c’était la capacité de Sékou Touré de refuser la domination coloniale et néo-coloniale.
Ce qui le blesse profondément, par contre, c’est l’assassinat du héros d’Une Saison au Congo, le Premier ministre Patrice Lumumba : un piège impérialiste, servi par des concitoyens peu avertis. Que les indépendances aient échoué, déçu, dans leur majorité, l’affecte profondément.

Ma part de Césaire

L’Afrique a une dette envers Césaire. Ses intellectuels aussi. C’est pourquoi l’auteur de ces lignes ne pouvait s’empêcher de prendre part à cet hommage. Conscient que c’est en Afrique que Césaire est le plus lu, voire vénéré. Ses œuvres, La tragédie du roi Christophe, Une saison au Congo, Cahier d’un retour au pays natal, Discours sur le colonialisme...se déclament partout avec éloquence. La terre à laquelle il a prêté ses nuits de réflexions et de combat l’a déjà célébré en juin 2003 à Bamako, au Mali, grâce aux Editions Cauris. C’était à l’occasion de ses quatre-vingt dix ans. J’y avais pris part, puisque je faisais partie des instigateurs de la rencontre.
Aimé Césaire, je l’ai rencontré en novembre 2002. Au moment de cet illustre tête-à-tête, j’étais encore un homme à la quête de son pays. Elève à Sélibaby, une bourgade perdue dans le sud de la Mauritanie, j’avais mastiqué ses vers et pensées. Mais, depuis des décennies, je me trouvais loin de ma chère patrie qui trépignait sous le joug d’une dérive dictatoriale. De la force, et des idées, j’avais donc besoin.
C’est ainsi que, invité au Festival Cinémazonia, qui se tenait à Cayenne en Guyane, je m’étais dit que je ne pouvais être plus proche de la rivière. Et qu’au bord des eaux dormantes vivait encore la plus grande pieuvre des révoltes. Passage obligé donc.
Des amis, Suzy Landau, une mordue des arts et longtemps promotrice des cultures africaines en Martinique, Adams Kwaté, un journaliste sénégalais établi à Fort-de-France, France Zobda, la belle signare des Caprices d’un fleuve [30] et directrice du festival en question et enfin Euzhan Palcy, réalisatrice d’Aimé Césaire, une voix pour l’histoire, me faciliteront l’accès à la grotte.
Le jour où j’ai vu le Nègre créole [31] se révèlera symbolique. Et pour cause. Le 28 novembre, de cette année 2002, mon pays, la Mauritanie, fête ses quarante-deux ans d’indépendance. La veille, avant d’arriver au bout du petit matin à son bureau à la mairie de Fort-de-France, c’est au quartier du Lamentin que Suzy m’a offert le gîte et le couvert. C’est de là, du haut de la colline, que j’ai observé avant de descendre la ville, ces cours d’eau et de paysages lointains où le sang des Nègres marrons avait engendré des révoltes.
En rencontrant le chantre, je découvre un homme serein. Et j’ai eu l’impression que j’entrais au Paradis. Car, être dans l’antre de cet illustre bureau qu’il occupait depuis 1946, c’était comme glisser dans une félicité qu’on voudrait fin de vie !


Nègre de Mauritanie que je suis, j’avais évoqué avec lui la négritude et la peine des peuples marginalisés. Après lui avoir dressé la géo-politique de mon pays [manque de partage du pouvoir, persistance de l’esclavage, ou ce que d’aucuns appellent séquelles ou survivances, la dictature...], il m’avoue : « Je n’avais de la Mauritanie qu’une vision enfantine. C’est, pour moi, le sable, le désert ; ce sont des cavaliers, des hommes en otage... des guerriers. C’est cette vision naïve que j’ai gardée de ce pays au sud du Sahara » [32]. Je compris donc que « son ami Senghor » racontait délibérément son histoire sélective de l’Afrique au combattant des îles. _ Lorsque Césaire me fait le bilan de sa vie, politique, à l’aube de ses 90 ans, et les coups reçus, malgré tous les combats et la force de dignité qu’il incarne, je baisse la tête. Bouleversé : « Ses propos me remettent devant ma propre histoire, mes origines lacérées. [...] Césaire est un Nègre inconsolé. Et moi, le petit Nègre né à Sélibaby, la tête en feu, j’avais presque envie de lui confier : Moi, je suis un Nègre inquiet » [33].
Depuis janvier 2006, je suis revenu dans mon pays où se dessine une nouvelle donne politique. Ma lutte se fait désormais de l’intérieur, avec des champs que j’espère prometteurs. J’écoute ou regarde tous les soirs, ou à chaque fois que c’est possible, les interviews, les conférences de Césaire, ou des œuvres qui lui sont consacrées. Ainsi, à chaque réveil, ses mots me servent de béquilles :

« La lutte, on sait à peu près quand ça commence, mais on ne sait jamais quand ça prend fin. Et il ne faudra jamais se lasser de reprendre des expériences. De nouvelles formes de lutte. Avec la patience, les luttes les plus désespérées peuvent devenir des victoires ».

Césaire l’homme digne, et plein d’humilité, est parti blessé. Car, à l’image de son père, le vieil économe, il est parti sans voir l’indépendance de son île. Mais n’allez surtout pas croire qu’il rêvait de présidence : « Ah non, ah non ! Je ne souhaite être président de quoi que ce soit ! Je n’ai aucune ambition de cet ordre. J’ai été professeur, ce dont je me suis acquitté avec fierté. Puis... maire. Je pense avoir donné le meilleur de moi-même. A la Martinique, aux Antilles et à l’Afrique. La postérité jugera » [34]. La postérité te dit : Chapeau, Nègre !

BIBLIOGRAPHIE INDICATIVE ET QUELQUES OUVRAGES CITES

Ecrits de Césaire

Cahier d’un retour au pays natal, Présence Africaine, 1956.
Discours sur le colonialisme, Présence Africaine, 1955.
Soleil cou coupé, Editions K, 1948.
Une tempête, Seuil, 1969.
Les armes miraculeuses, Gallimard, 1946.
La tragédie du roi Christophe Présence Africaine, 1964.
Une saison au Congo, Seuil 1967.
Et les chiens se taisaient, Présence Africaine, 1956.
Moi Laminaire, Paris, Seuil, 1982.
Toussaint-Louverture, La révolution française et le problème colonial, préface de Charles-André Julien, Club français du livre. Réédition Présence Africaine, 1962, 1981.
« La pensée politique de Sékou Touré », in Présence Africaine, décembre 1959-janvier 1960.

Sur Césaire

ADOTEVI, Stanislas, Négritude et Négrologues, Paris, Union générale d’édition, 1972.
- Aimé Césaire, Une pensée pour le XXIe siècle, Paris-Fort-de-France, Présence Africaine et le Centre Césairien d’Etudes et de Recherches, 2003.
- Césaire et Nous, Une rencontre entre l’Afrique et les Amériques au XXIe siècle, Editions Cauris, 2004.
ALLIOT, David, Aimé Césaire Le Nègre universel, Paris, Infolio, 2008.
BRETON, André, Martinique charmeuse de serpents, Paris, Jean-Jacques Pauvert, réédition 1972.
LE BRUN, Annie, Pour Aimé Césaire, Paris, Jean-Michel Place, 1994.
- Statue cou coupé, Paris, Jean-Michel Place, 1996.
CONFIANT, Raphaël, Aimé Césaire, une traversée paradoxale du siècle, Paris, Stock, 1993.
DEPESTRE, René, Bonjour et adieu à la négritude, Paris, Seghers, 1989.
DIALLO, Bios, « Quand petit Nègre rencontre Grand Nègre », entretien avec Aimé Césaire in La revue de l’Intelligent, n°I, juin-juillet-août, 2003.
- « Qu’est devenu... Stanislas Spero Adotevi », in Jeune Afrique/ L’Intelligent, n°2316 du 29 mai au 4 juin, 2005.
DJIAN, Jean-Michel, Léopold Sédar Senghor. Genèse d’un imaginaire francophone, Paris, Gallimard, 2005.
FANON, Frantz, Les damnés de la terre, Paris, Gallimard, 1961.
ONYEOZIRI, Gloria, La parole poétique d’Aimé Césaire, Paris, L’Harmattan 1992.
- Le Canard Enchaîné du 13 septembre 1995 sur la « révision » scandaleuse du programme scolaire.
HENANE, René, Glossaire des termes rares dans l’œuvre d’Aimé Césaire, Paris, Jean-Michel Place, 2004.
- Aimé Césaire, le chant blessé, biologie et poétique, Paris, Jean-Michel Place, 1999.
- Jardins d’Aimé Césaire, Paris, L’Harmattan, 2003.
KESTELOOT, Lilyan et KOTCHY, Barthélemy, Comprendre Aimé Césaire : L’homme et l’œuvre, Les classiques africains, 1993.
KESTELOOT, Lilyan, Comprendre Cahier d’un retour au pays natal d’Aimé Césaire, Les classiques africains, 1994.
RIBBE, Claude, Le Crime de Napoléon, Paris, Editions Privé, 2006.
- Le Nègre vous emmerde. Pour Aimé Césaire, Paris, Buchet Chastel, 2008.
SENGHOR, Léopold Sédar, Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache de langue française. Préface de Jean-Paul Sartre, Paris, Puf, 1948.
NGAL, George, Aimé Césaire, Un homme à la recherche d’une patrie, NEA, 1975.
TOUMSON, Roger et HENRY-VALMORE, Simonne, Aimé Césaire Le nègre inconsolé, Paris, Vents d’ailleurs, 2002.
VERGES, Françoise, Nègre je suis, nègre je resterai, Paris, Albin Michel, 2005.
ZAOUROU, B. Zadi, Césaire entre deux cultures, Dakar-Abidjan, Nouvelles Editions Africaines, 1978. Films et audio

Aimé Césaire, un homme, une terre, documentaire réalisé par Sarah Maldoror, écrit par Michel Leiris, CNRS, « Les amphis de la cinquième », 1976.
Aimé Césaire, une voix pour l’histoire (en quatre parties), réalisé par Euzhan Palcy, 1994.
Aimé Césaire, Les voix de l’écriture, par RFI (2 CD), 1996.


[1] Journaliste et écrivain mauritanien

[2] Le Canard Enchaîné du 13 septembre 1995.

[3] LE BRUN, Anne, Statue cou coupé, Paris, Jean-Michel Place, 1996.

[4] Paris, Vents d’ailleurs, 2002.

[5] RIBBE, Claude, Le crime de Napoléon, Paris, Editions Privé, 2006.

[6] BRETON, André, Martinique charmeuse de serpents, Jean-Jacques Pauvert, réédition 1972.

[7] VERGES, Françoise, Nègre je suis, nègre je resterai, Paris, Albin Michel, 2005.

[8] HENANE, René, Aimé Césaire, le chant blessé, Paris, Jean-Michel Place, 1999.

[9] RIBBE, Claude, Le Nègre vous emmerde, Pour Aimé Césaire, Paris, Buchet Chastel, 2008.

[10] DEPESTRE, René, Bonjour et adieu à la négritude, Paris, Seghers, 1989.

[11] COURSIL, Jacques, Césaire et nous, Une rencontre entre l’Afrique et les Amériques au XXIe siècle, Paris, Cauris Editions, 2004.

[12] Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache de langue française de Léopold Sédar SENGHOR, Préface de Jean-Paul SARTRE, Paris, PUF, 1948.

[13] Moi Laminaire, Paris, Seuil, 1982.

[14] Cahier d’un retour au pays natal, Présence Africaine, 1956.

[15] Toussaint-Louverture, La révolution française et le problème colonial, préface de Charles-André Julien, Paris, Club français du livre 1962, réédition Présence africaine, Paris, 1981.

[16] ADOTEVI, Stanislas, Négritude et Négrologues, Union générale d’édition, 1972.

[17] DIALLO, Bios, « Qu’est devenu... Stanislas Spero Adotevi », in Jeune Afrique/ L’Intelligent, n°2316, du 29 mai au 4 juin 2005.

[18] HENANE, René, Glossaire des termes rares dans l’œuvre d’Aimé Césaire, Paris, Jean-Michel Place, 2004.

[19] ONYEOZIRI, Gloria, La parole poétique d’Aimé Césaire, Paris, L’Harmattan, 1992.

[20] DJIAN, Jean-Michel, Léopold Sédar Senghor, Genèse d’un imaginaire francophone, Paris, Gallimard, 2005.

[21] La loi retirée, Césaire reçoit Sarkozy le 10 mars lors de sa visite à Fort-de-France.

[22] ALLIOT, David, Aimé Césaire. Le Nègre universel, Infolio, 2008.

[23] France2, jeudi 5 mars 2009.

[24] Quand petit Nègre rencontre Grand Nègre, entretien in La revue de l’Intelligent, n°I juin-juillet-août 2003.

[25] Quand petit Nègre rencontre Grand Nègre, entretien in La revue de l’Intelligent, n°1, juin-juillet-août, 2003.

[26] CONFIANT, Raphaël, Aimé Césaire, une traversée paradoxale du siècle, Paris, Stock, 1993.

[27] LE BRUN, Annie, Pour Aimé Césaire, Jean-Michel Place, 1994.

[28] NGAL, George, Aimé Césaire, Un homme à la recherche d’une patrie, Dakar- Abidjan, NEA, 1975.

[29] Article de l’édition de décembre 1959-janvier 1960 intitulé « La pensée politique de Sékou Touré ».

[30] Les Caprices d’un fleuve, très beau film de Bernard Giraudeau tourné en Casamance, au Sénégal.

[31] « Le jour où j’ai vu le Nègre créole », in Césaire et nous, Une rencontre entre l’Afrique et les Amériques au XXIe siècle, Eds Cauris, 2004.

[32] « Quand petit Nègre rencontre Grand Nègre », op. cit.

[33] « Le jour où j’ai vu le Nègre créole » op. cit.

[34] « Quand petit Nègre rencontre Grand Nègre », op. cit.




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