Accueil > Tous les numéros > Numéro 84 > LITTERATURE > L’AMITIE ET L’AMOUR DANS LES CONTES ET LEGENDES DU MALI



L’AMITIE ET L’AMOUR DANS LES CONTES ET LEGENDES DU MALI
impression Imprimer

Ethiopiques n°84.
Littérature, philosophie et art
1er semestre 2010

Auteur : Denis DOUYON [1]

Les thèmes de l’amour et de l’amitié sont très présents dans les textes oraux comme le conte, la légende, le mythe et l’épopée, et leur traitement, selon une méthode appropriée, permet de découvrir différents aspects des relations sociales en Afrique. Les textes qui seront présentés et analysés (contes dogon) ont été recueillis en 1993 lors de recherches en littérature orale en vue de préparer ma thèse. Ce sont des textes connus des hommes et des femmes qui ont un peu plus de quarante ans. J’en ai recueilli un grand nombre qui ne sont ni transcrits ni traduits.
Pour une certaine commodité, je ne reproduis pas les originaux en dogon. La traduction faite par moi-même est assez proche du texte original, étant entendu que je suis moi-même locuteur de la langue. Cependant, certains textes comme les chants, qui sont des textes courts, apparaissent, reproduits en dogon. Les raisons de ce choix sont que les chants insérés dans le récit sont bien construits, pleins de symboles et se transmettent plus facilement que les textes du récit susceptibles de subir beaucoup de variations.
Le premier conte dogon parle, d’une part, de la relation entre le génie de l’eau (le Nommo) transformé en jeune homme et une jeune fille et, d’autre part, de la reconnaissance des liens de sang, de la prohibition du mariage entre consanguins. Ici l’amitié est sous-tendue par le refus de transgresser un pacte.
Le deuxième conte dogon-bamanan met en lumière l’importance de l’amitié (homme / animal), de l’amour-haine (mère / enfant / épouse). Souvent l’amitié est sacrifiée sur l’autel de l’amour, à tort ?
Les trois mythes, La légende de Tapama Djenepo, existent en plusieurs versions, celles que je présente sont conformes à la version d’Abdoulaye Sagara. Il convient de souligner qu’il existe plusieurs versions de ces légendes. Nous avons reconstitué les trois légendes ou mythes de manière à trouver une chronologie entre la légende du Wagadu Bida, celle de Tapama Djenepo et enfin le mythe de Mali-Sadio.
La légende de Wagadu Bida est bien connue dans le Sahel occidental ; elle met en scène des êtres imaginaires ou réels mus par le désir du pouvoir de la fortune et de l’amour. Celle de Tapama Djenepo explique l’origine de la renommée de la ville de Djenné. Tapama est une jeune fille emmurée vivante par les Soninké venus du Wagadu dans l’enceinte qui entourait la ville fortifiée. Si Tapama accepte de mourir par amour pour ses parents et sa ville, son fiancé fuit la ville de Djenné par amour pour elle ; il se transforme en hippopotame (mali, en bamanan) à la recherche de sa fiancée. Il rencontre Sadio à Bafoulabé, en pays khasonké. Mali est tué par des chasseurs jaloux, Sadio se tue par amour pour Mali. Les deux amants sont enterrés à Bafoulabé, sur les berges du Sénégal. Leur tombe est aujourd’hui un lieu de pèlerinage des amants esseulés et/ou des femmes stériles.
Les différents textes vont ainsi permettre d’analyser les règles qui régissent l’amour et l’amitié dans différentes sociétés maliennes. Il sera possible de faire remarquer que les relations entre les êtres de nature différente, par « adoption » ou par « alliance », sont mal vécues. L’analyse formelle sera sacrifiée sur l’autel du sens et surtout de l’analyse symbolique.
Pour ce faire, je vais m’inspirer de l’analyse de la parenté en Afrique, surtout que l’amour et l’amitié sont les manifestations du degré de liens affectueux entre les différents partenaires. Considérant la famille nucléaire comme la base de toutes les relations sociales, on s’habituera aux termes construits en utilisant le « in » (anglais) qui veut dire en, dans, à l’intérieur de et out – de, hors de : Amour in, Amour out, haine in, haine out, Amitié out.


1. LES TEXTES

Conte n°1 – « La scarification du Nommo »

Il était une fois une orpheline de mère. Après le décès de sa mère, son père épousa une autre femme. Cette femme maltraitait beaucoup l’orpheline.
A l’occasion des fêtes, les filles avaient coutume de se regrouper et d’aller se faire des scarifications dans un village lointain. Quinze jours avant le grand dama, les filles se préparèrent pour aller se scarifier dans un village renommé pour ses techniques de scarification. L’orpheline voulut partir avec les autres, mais sa marâtre ne le lui permit pas. Elle resta à s’occuper des tâches ménagères.
La veille du jour de la fête, toutes les filles retournèrent chacune dans sa famille, portant de belles scarifications sur les tempes et l’abdomen. Le même jour, l’’orpheline alla chercher de l’eau au marigot en pleurant. Arrivée au marigot, elle trouva un jeune homme qui lui demanda : « Pourquoi pleures-tu ? » ; elle lui répondit : « Toutes les filles portent des scarifications, et moi, ma mère ne m’a pas autorisée à y aller. » « Viens ! Je vais te tresser les cheveux et te faire des scarifications ! » Le jeune homme tressa les cheveux de l’orpheline, lui fit de très belles scarifications et lui fit cette recommandation : « Quand on te demandera : « Qui t’a tressée et fait tes scarifications ? », ne réponds pas ! » La jeune fille dit : « D’accord. »
Le jour du grand dama, toutes les filles du village sont sorties sur le tai, avec leurs belles parures et leurs scarifications. L’orpheline aussi est sortie au tai, parée de ses seules scarifications ; celles-ci étaient tellement belles que les jeunes gens n’avaient d’yeux que pour elle. Les autres filles étaient jalouses. Tout le monde voulait savoir où elle avait fait les scarifications, mais l’orpheline se taisait.
Mais, dans la foule, il y avait un jeune homme d’une rare beauté ; elle tomba amoureuse du jeune homme qu’elle ne connaissait pas. Elle a causé toute la nuit avec le jeune qui lui demandait qui l’avait scarifiée. Elle restait muette. Le jeune homme a tellement insisté que l’orpheline s’apprêtait à dévoiler l’identité de celui qui l’avait scarifiée. Au même moment, un oiseau s’assit sur son pied et se mit à chanter :

Nommo kara, Nommo kara ye………………… Scarification du Nommo
Iya Nommo kara Nommo kara ye……….. Jeune fille scarifiée par le Nommo
De wo tegeje tegesè yowoli………………… Ton père t’a demandé, tu as refusé
Na wo tegesè tegeje yowoli…………………… Ta mère t’a demandé, tu as refusé
Nommo kara kijè monyu ye woi mi tere……………… Scarification du nommo, chose de mon malheur.

Quand l’orpheline a entendu le chant de l’oiseau, elle s’est tue. A plusieurs reprises, le jeune homme a tenté de savoir l’auteur de la scarification. Chaque fois que le jeune demandait l’identité de la personne qui a fait les scarifications de l’orpheline, l’oiseau se déplaçait des pieds au genou, du genou à la cuisse, de la cuisse à l’épaule, toujours en chantant : Scarification du nommo (ter)
Ton père t’a demandé, tu as refusé
Ta mère t’a demandé, tu as refusé
Scarification du nommo, chose de malheur
.

Et la jeune fille se taisait. Mais à un moment donné, elle allait lâcher le nom quand l’oiseau s’assit sur sa langue. Alors la jeune fille suivit l’oiseau en brousse.
En brousse, l’oiseau lui apprit qu’elle avait un frère qui avait disparu dans la brousse et qu’il voulait l’aider à le retrouver. L’oiseau allait d’arbre en arbre et la jeune fille chantait :

Jimu soriyo ye mi dehi Le jeune fromager est mon père
Jimu nungo soriyo ye Ce jeune fromager !
Jimu soriyo ye mi dehi Le jeune est mon père fromager
Jimu soriyo ye lègè bara Le jeune fromager est une épreuve supplémentaire
Namu pèndi ye mi nahi Le cotonnier est ma mère (ter)
Namu nungo pèndi ye Ce jeune cotonnier
Namu pèndi ye mi nahi Le jeune cotonnier est ma mère
Namu pèndi ye lègè bara Le jeune cotonnier est une épreuve supplémentaire

L’oiseau a mené la jeune fille, sous l’acacia, sous le raisinier sauvage, sous le fromager. Chaque fois que l’oiseau se posait sur un arbre, elle chantait :


Jimu soriyo ye mi dehi Le jeune fromager est mon père
Jimu nungo soriyo ye Ce jeune fromager !
Jimu soriyo ye mi dehi Le jeune est mon père fromager
Jimu soriyo ye lègè bara Le jeune fromager est une épreuve supplémentaire
Namu pèndi ye mi nahi Le cotonnier est ma mère (ter)
Namu nungo pèndi ye Ce jeune cotonnier
Namu pèndi ye mi nahi Le jeune cotonnier est ma mère
Namu pèndi ye lègè bara Le jeune cotonnier est une épreuve supplémentaire

Ils sont arrivés dans un village, ont trouvé une case dont le toit était en feu ; l’oiseau voulant se poser sur le toit, mourut brûlé. La jeune fille chanta :

Jimu soriyo ye mi dehi Le jeune fromager est mon père
Jimu nungo soriyo ye Ce jeune fromager !
Jimu soriyo ye mi dehi Le jeune est mon père fromager
Jimu soriyo ye lègè bara Le jeune fromager est une épreuve supplémentaire
Namu pèndi ye mi nahi Le cotonnier est ma mère (ter)
Namu nungo pèndi ye……………. Ce jeune cotonnier
Namu pèndi ye mi nahi…………… Le jeune cotonnier est ma mère
Namu pèndi ye lègè bara......... Le jeune cotonnier est une épreuve supplémentaire

Un jeune homme sortit des flammes et demanda à la jeune fille de faire revenir à la vie tous les êtres vivants qui sont entrés dans le feu avec lui. Ainsi, chaque fois que la jeune fille chantait, une poule, un coq, une chèvre, un bouc, un mouton, un bélier, une vache, un taureau et une vieille jument revenaient. Quand tous ces êtres sont revenus à la vie, Dieu demanda à chacun les raisons qui l’ont poussé à entrer dans le feu : tous les animaux répondirent : par amitié pour le jeune qui les traitait très bien. Quand le tour de la jument arriva, elle répondit : « Je pensais qu’il y avait à manger ». Tout en colère, Dieu élargit le ventre de la jument qui peut manger toute la nuit et tout le jour sans être rassasiée. C’est pourquoi, le cheval n’est pas l’ami du pauvre.
La jeune fille retourna en famille avec son frère. Ils vivaient ensemble dans la même famille. Elle sut qu’il s’appelait Atanu. Quand elle s’adressait à son frère, elle disait : « Eh ! Toi ». Son père et sa mère ne comprenaient pas pourquoi leur fille ne nommait pas son frère par son nom. Le père fit part de ses inquiétudes au devin par « le renard pâle ». Celui-ci lui expliqua les raisons de l’attitude de la fille et lui indiqua ce qu’il fallait faire pour qu’elle change de comportement. De retour à la maison, le père expliqua à son fils ce que le devin lui avait recommandé.
Le lendemain matin, le garçon s’en alla en brousse, grimpa sur un arbre feuillu et observa le marigot où venaient se baigner les jeunes filles du village. L’après-midi était le temps favorable pour la baignade ; aussi vit-il un groupe de jeunes filles venir et se jeter à l’eau après avoir déposé leurs pagnes au bord du marigot. Et sa sœur faisait partie du groupe. Aussitôt il descendit de l’arbre et courut ramasser tous les pagnes qui étaient entassés au bord du marigot et remonta dans l’arbre et s’assit sur une branche. Quand le moment vint pour les filles de sortir de l’eau, chacune chantait : « Atanu donne-moi mon pagne ! » (ter) ; il jetait le pagne de l’intéressée qui s’habillait et rentrait au village. Toutes les filles sortirent de l’eau après avoir récupéré leurs pagnes. Il ne restait que sa sœur qui disait dans son chant : « Eh, toi ! Donne-moi mon pagne ! » (ter). Le frère fit semblant de ne pas entendre. Elle chanta une deuxième fois. Il ne répondit pas. La troisième fois, elle dit en chantant : « Atanu ye ma yiru oo mi yamu » (ter) (Eh ! Atanu donne-moi mon pagne, je veux partir (ter). Le jeune homme jeta le pagne. La sœur le récupéra et s’en alla à la maison. C’est ainsi que fut mis fin au désir des sœurs de vouloir pour amants et époux leurs frères.

Conte n°2 – « Le chasseur et ses chiens »

Il était une fois un jeune chasseur très adroit. Aucun animal ne pouvait lui échapper tant il était adroit. Un jour, réuni autour du lion, ils décidèrent de le tuer. Ils montèrent un stratagème et envoyèrent la biche l’exécuter. Celle-ci alla dans une fourmilière, s’y roula et se transforma en une très belle jeune fille.
Un jour, de retour de la chasse, il rencontra une jeune fille, étrangère à son village, qui allait en brousse. Elle le salua respectueusement. Il répondit à la salutation, demanda son nom et se proposa de la revoir.
Le jeune homme parla de cette rencontre à sa mère. Elle voulut savoir la filiation de la jeune fille, mais n’en trouva aucune. Mais le jeune était tombé sous le charme de la jeune fille. Le mariage eut lieu peu de temps après.
La nuit, la jeune fille demandait au jeune homme ses secrets pour avoir toujours du gibier. Il lui raconta l’amitié qui le liait à ses chiens. Il en avait sept. Chaque chien avait un nom spécifique, et le plus ancien s’appelait Sinbèlu. La fille lui demanda ce que ces noms recelaient comme secret. Il le lui dit. Quand elle sut les secrets du jeune chasseur, elle mit son plan en marche : elle refusait de manger du gibier que le jeune homme amenait de la brousse, préférant la chair de chien. Le jeune tuait un chien chaque fois que son épouse en réclamait. La mère du jeune homme observait les agissements de sa bru. Aussi ramassait-elle les os des chiens que la jeune femme mangeait et les gardait-elle dans un canari. Le jeune homme donna à manger même la chair de Sinbèlu contre le gré de sa mère. Quand elle eut mangé tous les chiens du chasseur, elle lui proposa de l’accompagner en brousse chercher du bois de chauffe. Le jeune chasseur accepta. Mais il ne comprenait pas pourquoi sa jeune épouse ne voulait pas du bois sec ramassé près du village. A chaque fois qu’il trouvait des bois assez gros pour le chauffage, elle disait : « Non, allons plus loin ! » Ils marchèrent jusqu’au lieu de chasse du jeune homme. Une fois sur les lieux, la jeune femme lui dit : « Reste ici, je vais chercher du bois ! » Elle se cacha à la vue du jeune homme et se métamorphosa en une biche, appela tous les animaux pour qu’ils en finissent avec un homme nuisible à la race des animaux sauvages. Tous les animaux accoururent. Le jeune homme fut en un rien de temps encerclé par des animaux féroces. Il courut grimper dans un arbre. Les animaux ont commencé à couper l’arbre avec leurs dents. Au moment où l’arbre était près de tomber, il mettait un peu de « baran » (poudre d’écorce) sur le tronc qui se reconstituait. Cela a duré toute la matinée. Quand le soleil commença à décliner, la poudre était finie, alors il sortit son sifflet et siffla. Sa mère l’entendit, mais ne dit rien. Il siffla une deuxième fois, elle entendit mais ne fit rien. Quand il siffla une troisième fois, elle fit bouillir de l’eau dans laquelle elle mit tous les os des chiens qu’avait mangés sa bru, et de la marmite sortirent de gros chiens qui coururent sauver leur maître.
De retour à la maison, il remercia sa mère et demanda à son père de lui donner un fusil en argent, avec lequel aucun chasseur n’avait tiré. Le père lui fit fabriquer un fusil en argent que personne n’avait utilisé avant. Il dit à son fils de lui apporter un gibier qu’aucun chasseur n’avait jamais tué.
Le jeune partit en brousse. Il se promena toute la journée, mais ne vit qu’un écureuil. Le deuxième jour, il vit un lézard à la tête rouge ; mais le troisième jour, il vit un élan avec une corne au milieu du front. Il voulut tirer sur l’animal qui lui dit : « Epargne-moi ! Plus loin tu verras d’autres animaux. » Il ne l’écouta pas et tira. Le bruit de la chute de l’animal fit trembler la terre toute entière. Il coupa la queue de l’animal et l’apporta à son père. Quand il sortit la queue de l’animal de son sac, elle chanta :


Ii nawan-i gè taa……………... (Il) a tiré sur un enfant
nawan i’nbe taa…………… (Il) a tiré sur une personne comme une viande
wogu woguturu (bis)………. (Idéophone)
Tiwe tiwe !………………… (Idéophone)

Le père lui dit de s’éloigner. Il porta la viande au village et la distribua à ses proches. Quand les femmes mirent la viande dans la marmite pour la faie cuire, elle chantait :

Ii nawan-i gè taa
nawan i’nbe taa
wogu woguturu (bis) tiwe tiwe !

Tous vinrent remettre au chasseur sa viande maudite. Il fit bouillir la viande et la mangea ; et dans son ventre la viande chantait :

« Ii nawan-i gè taa
nawan i’nbe taa
wogu woguturu (bis) tiwe tiwe ! ».

Il alla en brousse pour ses besoins, mais il ne put se soulager près du village. Il alla de plus en plus loin, jusqu’au lieu où il avait tué l’animal. Là, il chia et son caca se métamorphosa en un élan et le dévora. On accrocha sa ceinture qui seule était restée sur un arbre.

Enwènrèn sakelem

Le mythe du Wagadu-Bida

C’est le récit qui relate l’origine de la prospérité et du déclin du grand et puissant royaume du Ghana. Le royaume et particulièrement sa capitale Wagadu reposaient sur Bida, un serpent totémique, protecteur de l’empire et de la ville. Ce serpent donnait la pluie et l’or aux populations à la seule condition qu’on lui sacrifiât, chaque année, la plus belle fille de Wagadu, de surcroît une vierge. L’élue avait droit à toutes les faveurs du roi et de la population avant son sacrifice. Un pacte liait les populations du Wagadu au serpent qui était respecté de génération en génération.
Mais, une année, le choix tomba sur une fille de Koumbi, nommée Siya, de la famille des Yatabaré, clan allié des Cissé souverains du royaume. Mais Siya avait été fiancée à Sefedokote surnommé l’Intrépide.
Au jour indiqué, on habilla Siya comme une princesse et on la conduisit au repaire de l’animal qui habitait dans une grotte. Quand le serpent sortit la tête pour happer Siya, Amadou Sefedokote tira son sabre de son fourreau et trancha la tête du serpent, il en poussa une autre qu’il trancha, jusqu’à sept têtes qui allèrent tomber chacune dans une région soit du Mali, soit de la Guinée, ou ailleurs dans un pays de la sous-région. Ce fut le déclin du Wagadu où, pendant sept ans, sept mois et sept semaines, la sécheresse et la famine s’installèrent. Les populations essaimèrent et s’exilèrent dans d’autres régions du pays.
La tradition raconte que les régions dans lesquelles une tête de l’animal est tombée sont devenues des régions aurifères. Les Soninké qui sont de grands voyageurs y trouvent l’explication de leur goût pour l’aventure.

Le mythe de Tapama Djenepo

Il s’agit du mythe qui fonde la prospérité et la renommée de Djenné, ville majestueuse connue pour la grandeur de sa mosquée et la science de ses érudits à l’instar de Tombouctou.
Djenné était un hameau de culture et de pêche où cohabitaient Bobo agriculteurs et Bozo pêcheurs. A la suite de la destruction de Koumbi, capitale du royaume de Wagadu, les Soninké vinrent s’installer à Djenné. Refusant les maisons en chaume, ils voulurent construire des maisons en banco. Mais, chaque fois qu’ils montaient les enceintes des murs des maisons, à une certaine hauteur, l’argile se transformait en sable et les murs s’effondraient. Les bâtisseurs avaient entrepris de faire une enceinte pour protéger leur lieu de résidence contre toute agression. On consulta un oracle pour conjurer le mauvais sort. On leur fit comprendre que des semences humaines avaient pollué l’eau du fleuve et qu’un sacrifice humain était nécessaire pour rétablir l’ordre, car les génies de l’eau étaient en colère. L’oracle désigna Tapama, une jeune Bozo. Celle-ci devait être emmurée vivante afin que les murs tiennent.
La désignation de la jeune fille provoqua chez les Djenenké un sentiment mêlé de peine et de consternation ; mais les parents de Tapama acceptèrent ce sort avec fierté, car ils comprirent le choix de leur fille comme une marque d’honneur. C’est la raison pour laquelle la mère de Tapama encourageait sa fille à se sacrifier avec dignité et honneur. Le sacrifice se ferait le septième jour du mois lunaire.
Le jour indiqué, alors que les jeunes filles qui l’accompagnaient pleuraient, Tapama chantait : « Quel honneur pour moi !
Ah quel honneur !
Je suis fière de mourir pour mon village
Fière de mourir pour sa prospérité
Demain, mon nom sera honoré
Le nom de mon père sera honoré
Le nom de ma mère sera honoré
Je suis fière ».


Les bâtisseurs étaient à l’œuvre et attendaient la jeune fille pour l’emmurer. On habilla Tapama comme une princesse. On l’accompagna jusqu’à hauteur des bâtisseurs et on la leur remit. Un jali chanta les mérites de son père, Kalifa Djenepo, et de sa mère. Des larmes coulèrent des yeux de Tapama et le fleuve se mit en colère. Tapama chanta :

« Quel honneur pour moi ! _ Ah quel honneur !
Je suis fière de mourir pour mon village
Fière de mourir pour sa prospérité
Demain, mon nom sera honoré
Le nom de mon père sera honoré
Le nom de ma mère sera honoré
Je suis fière »
.

Les murs fondirent sous la furie des eaux. Les bâtisseurs reprirent la construction de la muraille. Quand les murs furent au niveau des genoux et que les larmes de la jeune fille se mêlaient à l’eau du fleuve, les murs s’écoulèrent. On reprit l’ouvrage qui atteignit les reins, la fille pleura, les murs s’écroulèrent. On reprit une troisième fois, les murs atteignirent jusqu’au cou, elle pleura et les murs s’écroulèrent. La quatrième fois, les bâtisseurs parvinrent à construire les murs en faisant disparaître la jeune fille ; elle ne chanta plus ni ne pleura, ce fut le premier signe de la mort de Tapama Djenepo [2]. Le deuil dura sept ans, sept mois et sept jours. La tradition veut que chaque fois que quelqu’un chante la chanson proférée par Tapama connue sous le nom de « Chanson de minuit », on entend le souffle de Tapama du côté de Kanafa, un quartier de Djenné.

Le mythe de Mali-Sadio

La tradition raconte qu’après la mort de Tapama, son fiancé, mécontent du sort réservé à sa bien-aimée, se transforma en hippopotame (mali en langue bamanan) et s’exila à Bafoulabé, dans les eaux du fleuve Sénégal, abandonnant les eaux du Bani. Mali tomba amoureux d’une fille aperçue sur les berges du fleuve Sénégal, elle s’appelait Sadio. Sadio venait puiser de l’eau et se baigner dans le fleuve. L’animal et la jeune fille sympathisèrent, s’aimèrent et ne se quittèrent plus. L’animal aidait les pêcheurs à trouver les lieux poissonneux, à traverser le fleuve sur son dos, tout le monde l’appelait : « Le-cheval-de-la-rivière ».
Un jour, un autre pachyderme se présenta dans les environs de Bafoulabé. La population, le prenant pour Mali, voulait bénéficier de ses services, mais l’animal tua certains et blessa d’autres. On décida de tuer l’animal, jusqu’au jour où des chasseurs venus de la Guinée se rendirent compte de la méprise. Mais des jaloux qui convoitaient la belle Sadio complotèrent contre Mali et l’abattirent. Apprenant l’assassinat de son amant, Sadio se donna la mort. Les deux amants furent enterrés sur les berges du Sénégal. Leur tombe commune est aujourd’hui un lieu de pèlerinage.

2. LES PERSONNAGES PERMANENTS DES CONTES

Dans le premier conte, on trouve trois séquences qui rendent le « complexe » selon la terminologie de Paulme :

- Première séquence le père, la mère, la fille, les filles du village, le jeune homme (Nommo), l’oiseau et l’ami de la jeune fille.
- Deuxième séquence : l’oiseau, la jeune fille, le frère et les animaux
Troisième séquence : le père, la sœur, le frère, le devin, les autres filles
Dans le deuxième conte, les principaux personnages sont : la mère, le père, l’épouse du fils, les chiens de chasse, l’élan, les villageois.
Les personnages permanents sont : le père, la mère, le fils/frère et la fille/sœur.

Les personnages des mythes

- Wagadu Bida : Siya, Amadou Sefekoto, le Serpent, les habitants de Koumbi
Tapama Djenepo : Tapama, son père, sa mère, ses amies, son fiancé, les habitants de Djenné
Mali-Sadio : Mali, Sadio, hippopotame étranger, les habitants de Bafoulabé, les chasseurs venus de Guinée.

Dans les trois mythes, les personnages permanents jouent plutôt une fonction sociale : Siya et Amadou Sefedokote ; Tapama et son fiancé ; Mali et Sadio. On peut dire que sont récurrents les couples.

Les différents aspects de l’amour

L’amour à l’intérieur de la famille (amour in)

Considéré comme une affection que les membres d’une famille ressentent les uns pour les autres, l’amour permet de conserver l’unité de la famille. La figure marquante de cet amour est la mère, que les Dogon nomment « celle qui donne toujours ». L’amour maternel vise toujours le bien des enfants. C’est le cas du conte n°2 dans lequel la mère vient au secours de son enfant en danger de mort.
Dans le conte n°1, l’orpheline va à la recherche de son frère, jusque-là inconnu. Elle le retrouve après un long voyage dans un incendie. Grâce au concours de l’oiseau, elle ressuscite son frère et les deux retournent à la maison paternelle.
Le mythe de Tapama Djenepo montre le même amour filial entre le père, la mère et leur fille. Les parents conduisent leur fille sur le chemin de l’honneur de la famille, ce qui est une sorte de sublimation de l’amour.
L’amour à l’intérieur de la famille que je nomme l’amour in est une inclination intériorisée, donc refoulée, frappée d’interdit. On nomme inceste ici le fait de vouloir vivre par « fantaisie » et de façon « épidermique » cet amour. Dans le conte n°1, si l’orpheline retrouve son frère, elle éprouve un sentiment autre que celui que doit ressentir une sœur pour son frère. Cette attirance ne renferme-t-elle pas la permission de mariage entre cousins croisés dans un milieu où les mêmes termes désignent les différents liens de sang ?


L’amour à l’extérieur de la famille (amour out)

Il ne s’agit plus d’une affection, mais plutôt d’une inclination à caractère passionnel régie par l’instinct sexuel. Cette relation ne se vit pas avec un membre de la famille, avec une personne qui peut ne pas avoir une quelconque affinité avec la famille. Je le considère comme un amour out parce qu’il est vécu au niveau de la famille comme la perte d’un membre de la famille ou l’intrusion d’un élément extérieur, si cet amour ou cette relation doit aboutir au mariage.
Le conte n°2 est un exemple d’amour out ; le garçon de la famille aime une personne autre qu’un membre de la famille, transportant son amour initial « intériorisé » vers l’extérieur. Il déstabilise non seulement son propre équilibre (il doit tuer ses chiens par amour pour son épouse), mais aussi l’équilibre de la famille, parce que la mère regardait les agissements de sa bru avec suspicion. Dans bien des cas, dans les contes l’amour out implique un jeu d’intérêt : la jeune fille se marie au jeune chasseur dans l’intention de se venger. Dans les mythes, Siya doit se marier symboliquement au serpent afin que le pays bénéficie de la pluie, et Tapama épouse le génie de l’eau afin que la ville de Djenné soit préservée de l’inondation et qu’elle rayonne dans le monde entier. L’amour out est en réalité un commerce. Le jeune chasseur rencontre l’élue de son cœur à la croisée des chemins, il doit manifester son attachement à cette dernière en allant chercher du bois de chauffe dans la forêt, lieu ouvert et sauvage par excellence. Dans de nombreuses sociétés africaines, l’amour out doit être socialisé parce qu’il est dynamique et ne peut se limiter à un espace fermé comme la famille ou le village, contrairement à l’amour in. L’amour out comme son nom l’indique nourrit des velléités d’extraire le membre de la famille du giron de la mère, en mettent le fils ou la fille en insécurité. Le conte n°1 montre effectivement l’insécurité dans laquelle vivait l’orpheline tombée amoureuse d’un jeune homme, ce dernier voulant la faire parler contre le serment de ne dévoiler le secret du Nommo à personne. L’amour out est tyrannique, sans partage et égoïste ; et, lorsqu’il se manifeste sous cet aspect dans la famille, l’amour in peut se transformer en rivalité et même en haine : l’enfant qui réclame un fusil en argent à son père, et le père qui réclame un gibier extraordinaire à son enfant.

L’adversité à l’intérieur de la famille (haine in)

Là où on parle d’amour, il est difficile d’exclure la rivalité, l’égoïsme, voire la haine. C’est pour cette raison que j’ai pris l’expression haine in, des comportements opposés à l’amour vécu à l’intérieur de la famille, dont les racines sont dans l’amour. La haine in est le comportement de la marâtre à l’égard de la fille de sa coépouse défunte, ou de la fille de son mari (en dogon, l’enfant désigne par « nalò » l’épouse du père dont on n’est pas l’enfant biologique – (littéralement) Cela veut dire « mère sale »). La mère/belle-mère peut avoir le même comportement de rivalité, de jalousie et de haine envers sa bru. Dans le cas du jeune chasseur, c’est de bonne guerre que la belle-mère se méfie de sa bru. Celle-ci non plus n’éprouve pas un grand amour pour sa belle-mère, au contraire, elle a le flair animal et décèle en elle une rivale : l’une veut faire disparaître l’époux, l’autre veut sauver son fils. Le comportement incontrôlé de l’enfant a eu pour effet de l’opposer à son père, à qui il demande une arme hors norme : un fusil en argent. Il arrive que les parents (père et mère), sans le vouloir, deviennent des adversaires de leur enfant chéri, comme on le retrouve dans le conte n°1 où le père et la mère demandent à la fille l’identité de la personne qui l’a scarifiée. Si elle ne répond pas, c’est moins par désobéissance que par souci de préserver les secrets de famille.

L’adversité hors de la famille (haine out)

La haine hors de la famille est la résultante des jeux d’intérêts manifestes des différents partenaires. Dans le conte n°2, l’époux devient le premier ennemi de son épouse quand celle-ci reprend sa forme animale et cherche à le faire mourir.
Dans les mythes, la haine se manifeste contre des êtres surnaturels : Amadou Sefedokote contre le Serpent sacré, le fiancé de Tapama Djenepo contre les anciens et les oracles qui ont désigné sa fiancée ; mais aussi les jeunes de Bafoulabé et les chasseurs guinéens contre Mali qui a l’affection de Sadio. Autant l’amour est dynamique, autant la haine l’est, et dans les contes comme dans les mythes, on passe de la rivalité ou de la jalousie à la violence physique (conte n°2 et légende du Wagadu ; le fiancé de Tapama Djenepo préfère subir une forme de « castration » en devenant hippopotame).

L’amour impossible (in et out)

Ce sont les relations considérées comme anormales mais que les partenaires désirent vivre pleinement. Dans le premier conte, la sœur désire avoir son frère comme compagnon de vie, et vivre avec lui en époux et épouse. Mais, dès que leur relation fait partie de l’amour in, il leur est impossible d’envisager ou de vouloir vivre à leur gré (d’ailleurs, en dogon, les jeunes s’amusent à dire « sa èrii ojonu » – c’est le raisin sauvage sucré qu’on avale, pour parler des relations privilégiées entre cousins croisés –, de terme « sa » voulant dire sœur consanguine comme fille du frère du père, de la sœur du père, de la sœur de la mère, du frère de la mère, etc.). La prohibition de telles relations est manifeste quand les partenaires sont des humains et des animaux, comme c’est le cas de Sadio et de Mali, de Siya et du Serpent. L’amour impossible est un désir jamais assouvi, une inclination que rejette le groupe : inceste (conte n°1), zoophilie (Mali-Sadio), nécrophilie (Tapama Djenepo).


L’amitié

C’est une relation d’affection réciproque entre deux ou plusieurs partenaires, qui n’est fondée ni sur les liens de sang ni sur une inclination sexuelle.
Cette relation est vécue entre le petit oiseau et la jeune fille. L’oiseau s’est lié d’amitié avec la jeune fille sans raison valable, il apparaît subitement et lui prodigue des conseils en lui rappelant le pacte qui la lie au Nommo. Il lui montre le chemin de la résurrection de son frère considéré comme disparu. L’ami est un conseiller, un frère ou une sœur que l’on a choisi.
C’est aussi ce qui lie les chiens au jeune chasseur. L’une des caractéristiques de l’amitié est la fidélité, qualité humaine que l’on perd facilement en amour (in comme out). Le petit oiseau, les chiens et Mali restent fidèles à leurs amis. L’amitié n’est pas tyrannique ou égoïste, c’est la relation de partage par excellence : dans le conte n°1, les animaux entrent dans le feu par amitié pour le jeune homme qui a partagé avec eux ce qu’il possédait ; dans le mythe de Mali-Sadio, Mali partage son amitié avec les villageois en leur montrant les endroits poissonneux du fleuve, en faisant traverser les habitants, et Sadio n’est en rien jalouse de cette relation.
Si l’on peut impunément trahir en amour (époux/épouse, amant/amante) on ne peut le faire en amitié. C’est ce qu’exprime la mère du jeune chasseur qui rassemble les os des chiens ; elle manifeste par ce geste l’immortalité de l’amitié. En effet, la jeune fille reste liée au Nommo pour toujours dès l’instant qu’elle ne trahit pas le génie de l’eau. Le petit oiseau (tourterelle pour certains) donne toujours des nouvelles du monde invisible aux femmes.

L’amour et l’amitié : naissance – vie – mort, ou immortalité ?

L’amour et l’amitié, en milieu dogon comme en milieu bamanan, soninké, sont soumis aux mêmes lois naturelles que l’homme. Ils naissent un jour, durent un certain temps et meurent. Dans les textes que j’ai proposés, la relation humaine qui prend fin, qui s’éteint, c’est bien l’amour défini comme inclination envers une personne ou un être. Le lien entre la biche métamorphosée en femme et qui a épousé un chasseur a pris fin le jour de la trahison ; la relation entre Siya et Amadou Sefedokote prend fin le jour où il coupe la tête du Serpent sacré. L’amour moins physique entre Tapama, ses parents et son fiancé prend fin le jour où elle est emmurée.
Mais l’amitié est la relation valorisée qui ne vieillit pas, ne s’altère pas, ne s’use pas. En milieu dogon, une expression est employée pour parler de l’amitié entre deux individus : « Anruge nu jelii » (amis aux mains inséparables) ou encore « anruge dawan /dama » (amis frappés d’interdit). Le maître chasseur et ses chiens restent amis au-delà de la mort ; Mali et Sadio restent des amis au-delà de la mort. L’amitié est sacrée en milieu dogon, et cela se manifeste par le don réciproque d’habits ou de tissus neufs entre les familles des deux individus quand l’un vient de mourir.

CONCLUSION

On le voit, l’amour et l’amitié sont de même nature, mais ne se vivent pas de la même manière. Si l’amour est manifeste à l’intérieur de la famille comme hors de la famille en tant que relation de consanguinité ou d’alliance matrimoniale, l’amitié doit se manifester hors de la famille. L’ami n’intervient dans la famille que pour raccommoder, réconcilier.
Contrairement à ce qui s’observe dans certains milieux, en milieu dogon, l’amitié véritable se vit comme les liens de sang et, en tant que telle, elle obéit à une règle d’héritage. Cette règle fait de l’amitié une des relations sacrées entre hommes ou femmes.
Dans les différents contes et légendes ou mythes, les relations de parenté sont des éléments importants dans le rôle que l’individu doit jouer au sein du groupe. Dans la famille comme hors de la famille, les relations matrimoniales, les rapports d’adoption, les rapports d’intérêt ou de rivalité, de respect/d’évitement sont transmis par les contes, les mythes et/ou légendes. Les relations contre-nature sont contrôlées par des personnes avisées comme la mère, le père ou les autres membres de la famille qui en connaissent les premières manifestations. Il serait intéressant de savoir quelle exploitation l’on peut faire de ces manières ; considérées à tort ou à raison comme anciennes, de gérer des groupes humains avec des inclinations diverses : homosexualité, transsexualité, pédophilie, etc.

BIBLIOGRAPHIE

CALAME-GRIAULE, G., Ethnologie et Langage : la parole chez les Dogon, Paris, Institut d’ethnologie, 1987, 590 p.
DERIVE, J., L’Epopée : unité et diversité d’un genre, Paris, Karthala, 2002, 262 p.
DIOP, D., Coups de Pilon, Paris, Présence Africaine, 1964.
DOUYON, D., « Inyanran, l’esthétique dogon », in Les Mondes dogon, 2002, p.124-131.
- « La parole enjolivée », in KONATE, M. et LEBRIS, M., Les Mondes dogon, Hoëbeke, p. 132 – 135. – - « Représentations de la femme dans un récit dogon (Mali) », in BAUMGARDT, U. et UGOCHUGWU, F., Approches littéraires de l’oralité africaines, Paris, Karthala, 2005, p.146-160.
- « Le discours diplomatique et démagogique du cousin plaisant au Mali », in Cahiers d’Etudes Africaines n°184, 2006, p. 883-906.
DUMESTRE, G., FONKOUA, R. et HALEN, P. et STADTLER, K., Les champs littéraires africains, Paris, Karthala, 2001, 342 p.
Notre Librairie, Littérature malienne : Au carrefour de l’oral et de l’écrit, 1984, n°75-76.
GUEYE, M. Aminata Sow Fall : oralité et société dans l’œuvre romanesque, Paris, L’Harmattan, 2005, 197 p.
KEITA, C. M. C., Massa Makan Diabaté : un griot mandingue à la rencontre de l’écriture, Paris, L’Harmattan, 1995,152 p.
OUEDRAOGO, J., Maryse Condé et Ahmadou Kourouma : Griots de l’indicible, NY, Peter Lang, 2004, 180 p.
SAGARA, A ., SEYDOU, C. et THOYER, A., Récits épiques des chasseurs bamanan du Mali, Paris, L’Harmattan, 1995, 255 p.
THIERS-THIAM, V., A chacun son griot : Le griot-narrateur dans la littérature et le cinéma d’Afrique de l’Ouest, Paris, L’Harmattan, 2004, 178 p.


[1] Faculté des Lettres, Langues, Arts et Sciences humaines (FLASH) de Bamako, Mali.

[2] Djenepo est un nom de famille de pêcheurs bozo qui veut dire : « le cadavre de Djenné ».




Site réalisé avec SPIP avec le soutien de l’Agence universitaire de la Francophonie