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L’AUTRE ET SA RELIGION DANS LES DISCOURS IDENTITAIRES : LES EXEMPLES DE LA VIE D’EL HADJ OMAR DE MOHAMMADOU ALIOU TYAM ET DE « LA CONQUETE DE JERUSALEM »
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Ethiopiques n°85.
Littérature, philosophie et art
2ème semestre 2010

Auteur : Cheick SAKHO [1]

Fortement présente dans l’Occident médiéval et en Afrique – où elle est encore vivante –, l’épopée a longtemps servi de support pour faire connaître les manières d’être, de vivre et de penser d’une communauté à une époque donnée tant sur le plan culturel, historique, sociologique, idéologique que politique. En se définissant essentiellement comme un acte de parole, elle apparaît comme une forme sociale liée aux hommes et à l’histoire. Une telle implication pose « un type de relation entre les hommes et le temps historique qu’ils vivent ou mémorisent, et l’émergence d’une forme qui médiatise ce rapport » [2].
Nous envisageons de mener, dans ce travail, une étude comparée d’une épopée religieuse africaine et d’une chanson de geste médiévale française de la première croisade. Pour ce faire, nous avons choisi comme corpus La Vie d’El hadj Omar de Mohammadou Aliou Tyam [3] et une traduction de « La Conquête de Jérusalem » par Jean Subrenat publiée en 1997 aux éditions Robert Laffont. Ces deux textes appartiennent à des contextes géographiques et historiques différents mais traitent de la même question : celle de la conquête religieuse. En effet, rédigé au fil du djihad d’Elhadj Omar, le poème de Tyam raconte la geste de l’un des plus grands conquérants musulmans du XIXe siècle et « La Conquête de Jérusalem », remaniée, à partir du récit de Richard le Pèlerin, au XIIe siècle, par Graindor de Douai, relate, quant à elle, les exploits accomplis un siècle plus tôt par les chrétiens occidentaux lors de la reconquête de la Terre Sainte de la chrétienté sur les Turcs musulmans.
Le texte de Mouhammadou Aliou Tyam rend compte du conflit entre l’islam et les religions traditionnelles ouest-africaines alors que le texte médiéval relate la confrontation entre l’islam [4] et la chrétienté en Orient.
Nous tenterons d’abord de présenter sommairement les différents récits de notre corpus afin d’éclairer les lecteurs africains et/ou européens qui ignorent l’un ou l’autre texte, puis d’analyser le rapport de nos textes à l’histoire et enfin de montrer les conceptions idéologiques de leurs auteurs.

1. PRESENTATION DES ŒUVRES

La littérature orale a beaucoup contribué à la vulgarisation des cultures et des civilisations restées trop longtemps inconnues. En effet, les peuples qui ne connaissaient pas l’écriture n’ont pu conserver leurs cultures et leurs civilisations que grâce à l’oralité. C’est ainsi que de génération en génération, ces peuples ont pu inventer, développer, conserver et transmettre une culture qui leur était propre, en créant des récits comme les contes, les mythes, les légendes, les épopées…

La Vie d’El Hadj Omar : Qacida en Poular

Ce texte de Mamadou Aliou Tyam, un disciple de la première heure d’El Hadj Omar, reprend la vie du saint homme à partir de son pèlerinage aux Lieux Saints de l’islam. Le texte reproduit l’itinéraire d’Omar du Fouta Toro au Moyen Orient en passant par plusieurs royaumes en Afrique : le Boundou, le Fouta Djalon, le Kangari, Sokoto, etc. Arrivé en Arabie, le marabout accomplit trois fois le pèlerinage et se rend dans tous les Lieux Saints de l’islam. Il y fait la rencontre de Mohammadou-El-Ghali qui lui donne le titre de Khalif de la Tidjaniya en Afrique de l’Ouest, la confrérie fondée par Cheikh Ahmad Al Tidjani, un soufi né en Algérie et décédé en exil à Fez, au Maroc. A la fin de son pèlerinage, comme il avait l’intention de rester en Arabie, il reçoit l’ordre de rentrer dans son pays et de déclarer la guerre sainte aux contrées païennes ouest-africaines : « Va balayer les pays ».
Le pèlerin prend alors le chemin du retour. Il passe par l’Egypte où il confond dans une joute oratoire des savants de l’université Al Azar du Caire. Il continue vers le Fouta Toro. Mais ce voyage de retour n’était pas sans difficultés. En effet, Tyam relate les arrestations et les espionnages dont son héros avait fait l’objet de la part des souverains des royaumes qu’il traversait.
A son retour, il va d’abord s’établir à Djégonko et c’est à partir de cette ville qu’il va lancer son djihad. Au début, avec ses disciples, il cultivait des champs qu’ils avaient défrichés eux-mêmes et enseignait le Coran tout en payant le tribut au roi de Tamba qui leur avait donné l’autorisation de s’installer sur ses terres. Quelques années plus tard, il refuse de continuer de payer le tribut et déclare ouvertement la guerre au roi Yimba, après avoir obtenu l’entrée de Jéli Moussa, le griot de ce dernier, dans ses rangs. C’était sa première victoire et le début de sa guerre contre l’idolâtrie. En effet, après avoir recruté un nombre important de fidèles et acheté suffisamment d’armes, il pouvait mettre en œuvre son projet. C’est ainsi qu’il s’attaque à plusieurs royaumes malinké comme le Bambouk, les royaumes bambara du Massassi, le Kaarta. Il conquiert Ségou et y place son fils Ahmadou Cheikhou avec le titre de Commandeur des croyants, il conquiert par la suite Hamdallaye, capitale de l’Empire peul du Macina, avant d’être assiégé dans cette même ville par une coalition des Manding, des Peuls et des Kounta. Alors, il envoie son neveu Tidjani chercher des secours. Les assaillants ayant allumé du feu devant l’entrée de la cité où ils avaient campé, le marabout parviendra tout de même à faire sortir ses messagers sans que l’ennemi s’en aperçoive. Les messagers marchent sur le feu sans se brûler.


Lorsqu’ils filèrent, ceux qui étaient devant, lorsqu’ils arrivèrent A la porte, ils trouvèrent un feu ardent ; on s’arrêta. Le Différenciateur dit : « Qu’est-ce qui vous arrête ? » Ils répondirent : « Du feu. » Il dit : « Marchez dessus, personne ne sera brûlé ». Ils marchèrent dessus, tous étant préservés jusqu’à ce qu’ils l’eussent franchi. Aucun d’eux ne fut brûlé, même la chaleur ne les atteignait pas » (Tyam, vv. 126-128).

Mais avant leur retour, El Hadj Omar est obligé d’abandonner la ville et de se réfugier dans les grottes de Déguembéré où ses assaillants le prennent pour mort, sans avoir vu véritablement son corps. A son retour, Tadjani venge son oncle en massacrant ses assaillants et s’établit définitivement à Bandjagara dont il fait sa capitale.

« La Conquête de Jérusalem »

Ce texte qui fait suite à « La Chanson d’Antioche » commence par le siège de Jérusalem. En effet, les croisés, qui avaient réussi à s’emparer de la cité d’Antioche tenue par le roi Garsion, ont établi leur siège devant Jérusalem qui était alors aux mains du Turc Corbadas. Le siège dure pendant un long moment sans que les croisés puissent faire tomber la ville. Ils sont d’ailleurs confrontés à beaucoup de difficultés comme la faim, le froid, les maladies, etc. et certains d’entre eux se livrent au cannibalisme en mangeant les cadavres (c’est le cas du roi Tafur et de ses hommes) des Turcs qu’ils avaient tués ou de manger leurs propres montures. Cependant, les batailles qu’ils livrent, lors des sorties des Turcs, tournent toujours à leur avantage. Le roi Corbadas, se sentant affaibli, décide de demander de l’aide à Sultan en utilisant une centaine de pigeons voyageurs qui sont tous interceptés par les chrétiens. C’est finalement son fils Cornumaran qui décide de partir lui-même chercher des secours. Il sort avec des milliers de Turcs. La plus grande partie est tuée par les Chrétiens mais il parvient à s’échapper avec quelques-uns de ses hommes. Cependant, avant son retour, les Croisés ont fini par prendre la ville et ont donné à Corbadas un sauf-conduit pour quitter Jérusalem après leur avoir livré son palais. Les Croisés deviennent donc maîtres de la Cité sainte. Par un signe, Dieu désigne Godefroy comme roi de Jérusalem. Ce dernier accepte la charge mais refuse de porter une couronne d’or là où Jésus avait porté une couronne d’épines. Une partie des Croisés, considérant que leur mission est terminée, décident de repartir pour l’Europe mais ils sont contraints de revenir très vite car, par un autre signe divin, ils sont avertis que le roi Godefroy est en grand danger à l’intérieur de Jérusalem.
En effet, Cornumaran, le prince déchu de Jérusalem, est revenu avec une importante armée qui est commandée par Sultan lui-même. Mais grâce au retour des barons et à l’aide de Saint Georges, les assiégés parviennent à repousser les assiégeants et à conserver la ville. Les barons pourchassent les Turcs et prennent toutes les cités que ces derniers avaient désertées. Les forces turques sont donc défaites, ce qui permet à la chrétienté de dominer en Orient. A leur retour, les Croisés remarqueront qu’un lion avait rassemblé les cadavres des chrétiens dans un sépulcre. Les cadavres des païens seront, quant à eux, rassemblés et brûlés à l’extérieur de la ville par les chrétiens ; seul Cornumaran aura des obsèques dignes de sa bravoure.

2. LES RAPPORTS DES TEXTES A L’HISTOIRE

Nos textes gardent des rapports complexes avec les événements qu’ils relatent car moins de deux siècles séparent les événements relatés dans « La Conquête de Jérusalem » de la création du récit alors que La Vie d’El Hadj Omar est rédigée au fil du djihad. Cependant, au sortir du contact du poète avec l’histoire, celle-ci est plus ou moins remodelée car d’autres éléments, purs produits de son imagination, occupent une place de choix dans la narration. On sort dès lors du domaine de l’histoire pour entrer dans celui de la littérature.

Les rapports de « La Conquête Jérusalem » à l’histoire

Composé moins de deux siècles après les événements qu’il relate, le texte de La Conquête de Jérusalem est fondé sur un fait historiquement attesté, il s’agit de cette première vague de chevaliers et de gens de toutes conditions qui s’est rendue en Orient pour libérer le Saint-Sépulcre. C’est qu’on a appelé la première croisade.
Il faut dire qu’à cette même période, l’Eglise tentait de maintenir la paix en Europe occidentale où l’explosion démographique faisait que l’insécurité régnait partout. Cette insécurité était due aux querelles entre les lignées. Car le plus souvent, l’honneur se lavait dans le sang. L’insécurité pouvait aussi se manifester par des attaques contre les petites gens comme les paysans, les orphelins et les veuves qui étaient sans défense. Pour combattre cela, l’Eglise institua la paix de Dieu : « La paix jurée par les assistants lors des conciles ou des assemblées plus vastes, étaient les signes visibles, les fruits quasi miraculeux d’une politique sciemment déterminée pour mettre fin aux guerres privées, aux désordres de la violence » [5], et la trêve de Dieu proclamée en 989 à Charroux et qui consistait en une « interdiction de guerroyer plusieurs jours par semaine » [6].
Toutefois, pour que ces institutions puissent perdurer il fallait trouver aux chevaliers, qui étaient devenus de plus en plus turbulents et incontrôlables, d’autres endroits où ils pourraient se battre. C’est ainsi que le pape Urbain II, lors d’un concile à Clermont en 1095, invite les chevaliers à cesser leurs guerres fratricides et à aller se battre en Orient pour libérer la Terre Sainte, ce qui, selon lui, apparaissait comme plus juste et plus légitime.


Si on regarde sa naissance, la croisade est l’événement à l’état pur ; elle surgit d’un discours du pape Urbain II prononcé le 27 novembre 1095 sur un terrain proche de la porte du Champ Herm, hors les murs de Clermont. Dès ce jour une institution fonctionna qui relevait du pouvoir ecclésiastique et, aussi dans la réalité concrète, du pouvoir séculier et qui eut la capacité de mettre en mouvement des armées destinées à libérer la Terre Sainte de ses occupants musulmans, puis d’assurer la défense des Etats latins d’Orient [7].

Les chevaliers comme les autres catégories de populations jurèrent volontiers de participer à l’expédition. Voilà comment est née l’idée de croisade qui consistait donc en une guerre initiée et largement soutenue par l’Eglise contre l’islam pour la libération de la Terre Sainte de la chrétienté, en particulier Jérusalem.
C’est cet événement historique qui a été repris par les poètes pour créer les chansons de geste du premier cycle de la croisade. Cependant les histoires collectées à partir des récits de ceux qui ont participé à la croisade ont été retravaillées par les remanieurs qui ont fait jouer leur imagination afin d’y introduire d’autres événements ou de donner à certains personnages des rôles importants qu’ils n’avaient pas pourtant dans la réalité historique. En effet, un personnage comme Pierre l’Ermite qui a conduit la première vague de pèlerins, appelée croisade des pauvres, qui s’est fait massacrer (il est d’ailleurs le seul qui ait pu s’échapper) a été reconduit par la chanson qui en fait un de ceux qui ont rendu la victoire possible, en lui faisant assumer le rôle de légat, rôle historiquement assuré par l’évêque Aymérie qui était choisi par le pape lui-même. Sa mission consistait à canaliser les troupes, à calmer les rivalités qui ne tarderaient pas à surgir, entre les chefs militaires, à cause des ambitions des uns et des autres.
Les retouches des poètes médiévaux consistent également à créer des personnages purement imaginaires comme les Tafurs, ces personnages purs produits de l’imagination du poète jouent un rôle important à côté des personnages historiques car ils font partie des premiers à entrer dans Jérusalem. Ils sont considérés comme des cannibales dans le récit.

Plus intéressants s’avèrent en revanche certains personnages cannibales ainsi décrits : ces êtres acéphales ayant le menton, le nez et les yeux (ces deux derniers ne sont pas mentionnés) plantés sur le torse sont en fait des Blemmyes, hérités de la tradition latine. Leur régime alimentaire est de surcroît particulier, puisqu’ils se repaissent ici de chair humaine avariée [8].

Autre événement tiré des purs fantasmes des poètes, c’est bien évidement le fait de montrer une chrétienté conquérante qui a repris toutes les terres orientales des mains des Arabes, les a pacifiées et a étendu sa domination jusqu’à la Mecque, ce qui ne correspond, bien, sûr en rien à la réalité historique.

Les rapports de la Qacida à l’histoire

La Vie d’El hadj Omar semble plus conforme à la réalité historique. Il n’y a pas de déformations majeures car la création du récit a eu lieu au moment des faits. En effet, l’absence de décalage par rapport aux événements ne permet pas le recul nécessaire pour inventer une autre histoire qui soit très éloignée des faits réels. Ce texte peut, en effet, être considéré à la fois comme une œuvre littéraire et une source historique, et constitue un témoignage important pour l’historiographie africaine en général et pour les études omariennes en particulier.
Au moment du déclenchement du djihad omarien, le Fouta Toro était déjà une théocratie vieille de près de trois quarts de siècle, de même que plusieurs Etats peuls comme le Fouta Djalon, le Macina, le Boundou, etc. Son action ne pouvait donc avoir de sens dans ces Etats-là. Ses voyages, à travers tous ces pays qu’il va conquérir plus tard, pour se rendre à la Mecque, lui ont permis d’avoir une certaine connaissance de ces Etats et de pouvoir planifier et réaliser son projet dans cette partie de l’Afrique de l’Ouest où l’islam était largement inconnu et où les religions traditionnelles dominaient.
A cette époque également les côtes ouest-africaines étaient occupées par les Occidentaux qui y avaient installé des comptoirs commerciaux et commençaient même à montrer leurs ambitions en mettant certains royaumes et provinces sous protectorat. C’est l’une des raisons qui faisaient qu’El hadj Omar était amené à orienter son action vers l’est.
Tous ces faits ont été rapportés sans qu’y soient ajoutés d’autres. Toutefois, ce qui pourrait être reproché à Mohammadou Aliou Tyam, c’est le fait qu’il semble minimiser la présence française dans son texte. En effet, les marques de la présence du colonisateur n’apparaissent qu’à partir des exhortations d’El hadj Omar encourageant ses compatriotes à venir le rejoindre dans son projet. On se rappelle cette formule lapidaire qu’il avait l’habitude d’utiliser : « Ce pays a cessé d’être le vôtre, c’est celui du Blanc, la cohabitation avec lui ne sera jamais bonne ». Les confrontations entre l’armée des djihadistes et celle du colon sont reléguées volontairement au second plan car elles ont pour la plupart tourné à l’avantage de ce dernier ; si elles sont relatées, la défaite est expliquée par l’indiscipline de certains talibés qui n’auraient pas suivi les recommandations de leur maître.
Nous avons remarqué, cependant, que certains événements en plus d’être évoqués dans le récit de Mohammadou Aliou Tyam sont datés avec précision. Ce qui non seulement différencie notre auteur des jongleurs européens mais aussi des griots traditionnels africains qui sont incapables de dater les faits qu’ils mentionnent dans leurs textes car nageant dans une tradition orale pure ; ils s’appesantissent par conséquent très peu sur les coordonnées temporelles. Ce qui donne un cachet plus historique, plus réaliste à ce récit par rapport à celui de « La Conquête de Jérusalem ». Si Tyam a réussi cette performance que l’on ne retrouve ni chez le griot africain ni chez le jongleur de l’Europe médiévale, c’est parce qu’il est un lettré musulman qui a su adopter la graphie arabe dans son texte. Ce poème est bien un texte oral fixé par écrit, il s’appuie sur les formes de la poésie arabe.
Cette analyse nous aura permis de voir comment le professionnel de la parole arrive à partir du fonds historique à créer une version épique dans laquelle il chante un héros dont il glorifie les actes pour sublimer sa communauté.

3. LES CONCEPTIONS IDEOLOGIQUES

L’épopée étant essentiellement un discours idéologique, c’est sous ce rapport que nous essayerons d’analyser dans cette présente étude la représentation que les jongleurs européens et les talibés ouest-africains font de l’Autre et de sa religion dans les différents textes que nous avons choisis.

La conscience d’appartenir à la religion de la Vérité

Musulman de naissance et ayant jeûné dès le berceau selon plusieurs versions, l’enfant prédestiné qu’était El Hadj Omar trouvera l’accomplissement de son action dans cet ordre plein de garanties qui lui a été donné par le Prophète lui-même durant son pèlerinage aux Lieux Saints de l’islam.

Comme il avait pensé rester [à Médine], alors il lui ordonna le retour dans l’ouest : « Va balayer les pays », le supérieur qui ne se lasse pas : Toutes tes affaires dans ce monde et dans l’autre, toutes sont dans mes mains. Hé toi ! mon Talibé, écoute pour bien retenir : Là certes [dans mes mains], tant que tu ne seras pas mêlé aux rois de ce monde et à leurs compagnons ; écoute pour bien comprendre. (Tyam, vv. 70-72) ».


Dès lors donc, gagner à l’islam les populations ouest-africaines, ancrées dans les religions traditionnelles, devint un sacerdoce pour le pèlerin et le pacte signé avec le Prophète qui légitime son action devient une sorte de viatique. Omar était donc conscient d’être investi d’une mission divine qu’il devrait accomplir avec honneur. Tyam manifeste à plusieurs endroits du texte cette légitimité et donc le fait d’être dans le Vrai en faisant de ceux qui mourront pour la cause divine de véritables martyrs :

Le Cheikh pria pour eux une prière agréable qui ne manquera pas d’être exaucée, Enfin il témoigna auprès d’eux de [leur] entrée dans la ville de Dyanatah (le paradis). (Tyam, v. 242) ».

A la fin de son poème il dira encore de tous ceux qui sont tombés durant cette guerre sainte :

L’Elu dira : « Entrez, vous et les Compagnons, Jusqu’au paradis l’Illioun ; le malheur, vous ne le reverrez pas ». Cette ville animée, aux vastes places, dont [le sol] est sans détritus, Aux étages blanchis, aux rues qui ne sont pas étroites. Des lits et des coussins parfumés, [d’un parfum] qui ne se dissipe, Et des vêtements moelleux dont les variétés ne se ressemblent pas. Et des femmes parfumées, au corps doux qui n’est pas crasseux, Et des jeunes filles de même âge qui ne vieillissent pas (Tyam, vv. 1172- 1175) ».

Le narrateur de « La Conquête de Jérusalem » considère lui aussi ceux qui sont morts pour libérer le Sépulcre comme des martyrs. C’est ainsi qu’à la mort d’Enguerran de Saint-Pol, il déclare :

Enguerran de Saint-Pol prie l’Esprit saint d’avoir pitié de son âme, si telle est sa volonté, et de venir au secours de son peuple, sans l’exposer à la mort, dans sa lutte pour vaincre et mettre en déroute les infidèles. Il lève la main pour se signer ; Dieu l’a fait alors trépasser, la main tendue vers l’orient. Notre Seigneur a envoyé Saint Michel recevoir son âme pour lui donner son siège au paradis, les saints et les anges sont à son service, comme il est juste, car il est mort en martyr. (« La Conquête de Jérusalem », p. 330) ».

Nous remarquons donc que sur ce point précis comme sur tant d’autres, le poète musulman rejoint son homologue européen, car ce dernier considère également ceux qui ont sacrifié leur vie pour libérer le Saint-Sépulcre comme des martyrs qui iront immanquablement au paradis. Légitimée par le discours du pape Urbain II à Clermont et une prophétie du Christ sur la croix annonçant la venue, d’outre mer, de son peuple, pour le venger, la croisade devint un devoir pour tous les chrétiens d’Occident qui ne tarderont pas à s’ébranler vers l’Orient alors aux mains des Turcs musulmans. La guerre pour la reconquête de la Terre Sainte de la chrétienté est ainsi enclenchée. Les Croisés vont chercher le salut de leur âme au prix de leur vie dans une guerre qui les mènera loin de chez eux.
Pour donner de la contenance aux hommes qui composent leurs armées et éviter qu’ils se découragent en les poussant à plus de courage, d’héroïsme et d’exploits le marabout et héros de l’histoire de Tyam et le prêtre, légat dans « La Conquête de Jérusalem », leur font comprendre que la victoire ne dépend que du degré de leur foi en Dieu et de leur disponibilité à s’engager pour la cause divine. C’est ainsi que dans les deux passages suivants, que nous avons choisis parmi beaucoup d’autres, El Hadj Omar s’adressait à ses hommes :

Là l’Unique réjouit les Talibés ; il attira leur attention sur Les promesses [de récompenses] et les menaces [de châtiments éternels] ; Les traditions [sur le Prophète] et leurs maximes furent exposées. Il prêcha, il remplit leur cœur [d’aspirations] vers l’autre monde, Si bien qu’il ploya pour eux ce monde comme un rouleau et que l’autre Monde devint [leur] but (vv. 330-332).

et :

[…] Là il se renseigna sur l’avenir, la chose dont on approchait : Si vous êtes l’armée d’Allah seul, si vous êtes fermes, Vous ouvrirez le Kaarta et le Ségou, cela ne marquera pas [d’arriver]. (vv. 259-260) ».

A ces prêches et exhortations du héros de La Vie d’El Hadj Omar, correspond une exaltation de Pierre l’Ermite dans « La Conquête de Jérusalem ». En effet, le personnage s’adressait aux chrétiens en ces termes :

Nous devons aimer et vénérer le Seigneur Dieu. Quiconque voudra gagner la suprême récompense, attirer sur lui la bénédiction divine, qu’il tende toute son énergie à bien faire, car celui qui mourra ici, Dieu lui donnera au paradis le repos éternel avec les saints Innocents ! (« La Conquête de Jérusalem », p. 197) ».

Figures caricaturales de la religion de l’Autre

Dans « La Conquête de Jérusalem » comme dans toutes les chansons de geste françaises, l’Autre c’est le musulman. Il est dépeint sous les traits du païen ou du Sarrasin adorateur d’idoles et négateur de Dieu. C’est par conséquent un polythéiste, un adepte de la religion du diable car dans l’imaginaire du chrétien du Moyen-âge tous ceux qui ne croient pas à la religion chrétienne croient à celle du diable. C’est pour cette raison que ces textes composés par les jongleurs du Moyen-âge proposent cette vision stéréotypée de la religion de l’Autre. Jean-Pierre Martin dit à ce propos :

Les Sarrasins de nos chansons de geste sont polythéistes et adorent Mahomet. Ce sont deux différences essentielles avec l’islam, dont la recherche s’est depuis longtemps efforcée de rendre compte, soit en y voyant un trait de pure ignorance, soit en l’interprétant comme outil de propagande destiné à ridiculiser la religion de l’adversaire religieux pour mieux le faire condamner par le public chrétien [9].

C’est pour cela que dès l’introduction de « La Conquête de Jérusalem », l’éditeur s’attache à adresser à ses lecteurs une sorte d’avertissement afin d’attirer leur attention sur ce que nous pouvons appeler l’altérité religieuse à l’époque médiévale afin de ne pas tomber dans le piège des trouvères et leurs relais, les jongleurs. Subrénat dit à ce propos, dans l’introduction de cette présente traduction :

Il s’agit, en effet, d’un conflit à la fois militaire et religieux, toujours sous-tendu par l’idéologie épique selon laquelle la chrétienté et la féodalité, hors lesquelles il n’y a point de salut, vont de pair. Etre chrétien, c’est participer au système féodal. Etre musulman, c’est être dehors et, sur le plan religieux, adhérer à une religion caricaturale qui n’est pas réellement l’islam, mais un syncrétisme étrange de paganisme, d’idolâtrie, de satanisme aussi (« La conquête de Jérusalem », p. 173) ».

Pour des besoins idéologiques, le jongleur ne peut s’empêcher de caricaturer l’islam qui est ici aux prises avec la chrétienté. La caricature dans la chanson de geste c’est le fait de peindre une religion monothéiste comme l’islam en une religion polythéiste incarnée par la représentation d’un panthéon où siègent trois dieux (Mahomet, Tervagant, Apollin). Ce qui, en fait, rappelle fort curieusement la trinité chrétienne. Ainsi la religion musulmane est dans l’imaginaire chrétien médiéval le souvenir d’un passé antique ancré dans la croyance en plusieurs dieux. C’est en cela aussi que le musulman est considéré comme un Sarrasin. Cette confusion est le fruit d’un héritage antique mal assimilé par les compositeurs des épopées médiévales qui peignent le musulman du Moyen-âge sous les traits des peuples païens de l’Antiquité grecque. A ce propos, Norman Daniel affirme :

Il est indiscutable que les créateurs, ou les praticiens de la convention poétique avaient pour objectif de dépeindre une religion païenne, mais il semble qu’ils n’aient pas su comment faire, n’ayant retenu du passé aucune idée de ce qu’était le paganisme. On pourrait dire qu’ils essayèrent de bâtir une religion chamanique – un dieu obscurément appréhendé qui ne peut-être approché que par l’intermédiaire d’un esprit approprié, Tervagant et les autres, un prêtre ou un manipulateur pouvait à l’occasion jouer le rôle du chaman [10].


Ce qui apparaît comme un monstrueux amalgame qui a fini par donner une vision caricaturale du musulman car considéré comme un polythéiste. La caricature de la religion islamique est poussée à son point le plus culminant dans cette représentation du prophète Mohamed considéré dans le récit comme une divinité sous les traits d’un homme décorant la tente de Sultan. Au-delà de l’aspect exotique de la décoration orientale, Mohamed est dépeint ici comme un dieu qui porte une importance particulière aux choses terrestres.

La tente est magnifique, il faut le dire. Mahomet Gomelin l’avait fabriquée ; elle était bordée tout autour de merveilleuses topazes avec des incrustations, dans une résine odorante, de riches pierres au pouvoir magique (« La Conquête de Jérusalem », p. 284).

« La Chanson d’Antioche » [11], un autre récit de la première croisade, rapporte de manière très comique une représentation de l’accès au paradis pour les non-chrétiens. En effet, ce poème met en scène un Sarrasin, désigné ici sous le terme de païen qui, conscient qu’il ne mérite pas d’entrer au paradis, décide quand-même d’y accéder par la corruption ou par la violence qu’il projette d’exercer sur Saint Pierre, le préposé à la porte du paradis selon la conception chrétienne.

Quand un des nôtres mourra, il devra porter deux besants dans la main gauche et une pierre dans la main droite ; et Mahomet lui posera une deuxième pierre sur la poitrine. Le païen montera tout droit au paradis que le seigneur Dieu de gloire avait donné à Adam ; il offrira les deux besants à Saint Pierre le portier pour payer son entrée ; si celui-ci le repousse, il brandira la pierre l’en frappera en plein sur le front ; et il fera de même avec l’autre pierre si bien que de gré ou de force, il entrera, car Mahomet sera là pour l’aider et le guider (« La Chanson d’Antioche » (p. 107).

Christine Bousquet dira à propos de cette façon très comique des chrétiens du Moyen-âge de représenter et de tourner l’Autre en dérision, à travers sa religion :

Le comique de la situation devient alors une vision péjorative de l’Autre, dans ce qu’il a de plus profond et de plus sacré. La gravité alors s’accentue et derrière le rire voulu, se cache une vision négative de l’Autre et sa religion [12].

En outre personne ne saurait dire, parmi ces trois divinités, souvent associées à une quatrième (Jupiter), qui a vraiment la prééminence sur les autres, leurs fidèles les invoquant indifféremment dans n’importe quelle situation même si celui qui revient le plus souvent dans leurs prières demeure Mahomet.
Dans La Vie d’El hadj Omar : Qacida en Poular par contre, l’Autre c’est l’adepte des religions traditionnelles africaines. C’est donc quelqu’un qui croit aux idoles et autres totems. Même s’il n’y a pas de caricature à proprement parler de la religion païenne qui se trouve complètement niée et rejetée comme voie pouvant mener à Dieu, nous soulignerons les propos dont la teneur en dit long sur la position de l’auteur de notre texte. A plusieurs endroits de ce récit nous remarquons que Mohammadou Aliou Tyam considère l’Autre comme un « bâtard » ou un « âne ».
Dès lors, nous remarquons que nous sommes en face d’un auteur qui défend les idéaux du héros en prenant une part active dans la dé-crédibilisation de la religion de l’Autre tout en légitimant et justifiant l’action de son maître. Les conceptions idéologiques des auteurs sont donc perceptibles dans leur intrusion dans les textes. Les auteurs sont trahis par leur passion qui se manifeste par leur parti pris tout au long de leurs récits. Passionné et visiblement en colère contre l’ennemi de son Cheikh, Tyam déclarera : « On fit ses préparatifs et l’on continua vers le village de Doussou Nyanhoro, ce fils de bâtard » (Tyam, v. 562). Et plus loin en parlant d’autres personnages il dira : « Là, ces ânes prirent la brousse, chacun s’enfuit droit devant soi » (Tyam, v. 941).
Le narrateur de « La Conquête de Jérusalem » ne rate pas non plus les ennemis de la chrétienté. En effet, à plusieurs moments de son récit, il les traite de « canailles » ou de « maudits infidèles ».
Cependant, ce qui démontre le parti pris des narrateurs, c’est surtout l’utilisation très fréquente de la première personne du pluriel « nous » dans la narration. Tyam emploie, en outre, le pronom « on » inclusif qui a la même valeur que le « nous ». En choisissant d’être des narrateurs homo-diégétiques, des narrateurs dans l’histoire, les auteurs de nos poèmes s’identifient à leur héros et marquent leur adhésion aux idéaux incarnés par ces derniers.

Les symboles de la défaite de la religion de l’Autre

Pour marquer leur victoire, le héros de La Vie d’El Hadj Omar : Qacida en Poular comme celui de « La Conquête de Jérusalem », accompliront, sur le plan religieux, des actes symboliques très forts. C’est ainsi que nous voyons El hadj Omar se chargeant lui-même de briser les idoles de ses adversaires (imitant ainsi l’action du Prophète dans la Kaaba) et de construire à la place des mosquées pour les nouveaux convertis.

L’unique se leva, alla les [idoles] briser de sa main chargée de baraka, Pour imiter l’action de l’Elu qui habite Daïbata. (Tyam, vv. 84-85) ».

Du côté des chrétiens occidentaux de « La Conquête de Jérusalem », trois hommes parmi les plus vaillants, le duc Godefroy de Bouillon, Robert le Frison et Thomas de Marne, dès la libération de Jérusalem, sans perdre de temps, sans même penser à se reposer ou enlever les armures de leurs chevaux et les mettre à l’écurie, se rendent directement au Sépulcre pour s’y recueillir et le nettoyer.

Quand au bon duc de Bouillon, à l’illustre Robert le Frison, au farouche Thomas de Marne, ils ne se soucient pas de mettre leurs chevaux à l’écurie, mais vont au Sépulcre pour le nettoyer et lui rendre sa beauté, puis au Temple saint que Dieu aimait, devant lequel ils s’agenouillent. Chacun avait une pièce d’étoffe précieuse ; ils n’y laissèrent ni poussière, ni paille, ni saleté, ni suie, ni éclat de bois, ni ordure, ni boue. On aurait pu les voir tous les trois embrasser le tombeau, le toucher, le serrer de leurs bras, puis aller préparer au temple l’autel où Jésus fut déposé (« La Conquête de Jérusalem », p. 265).

Dans la chanson de geste française comme dans l’épopée religieuse africaine, la confrontation tourne toujours à l’avantage de celui qui a quitté son pays pour venir chez l’Autre afin d’imposer une nouvelle vision du monde, sa religion. Dans les deux cas, le vaincu est soit exécuté soit converti à la religion du vainqueur qui fait remplacer par la même occasion ses lieux de cultes par les siens propres. Leurs villes aussi sont occupées et un nouveau pouvoir est mis en place. El Hadj Omar Tall installe son fils Ahmadou Cheikhou à Ségou avec le titre de Commandeur des croyants et le duc Godefroy de Bouillon est placé sur le trône de Jérusalem après la défaite du roi Corbadas. Ce qui faire dire à Norman Daniel à propos des chansons de gestes médiévales :

Le pouvoir est l’enjeu du combat entre les Sarrasins et les Chrétiens, et, de la même manière, c’est l’objet du conflit entre les dieux. […] Tout ce que nous pouvons dire en faveur de nos poètes est qu’ils ont réinventé une religion dépourvue du mythe de la création ou toute autre histoire sacrée, ou hiérogamique. Seule la rivalité en vue de la domination les intéresse [13].


Ainsi dans la chanson de geste tous les Sarrasins qui acceptent de se convertir sont épargnés et baptisés ; dans l’épopée omarienne également ceux qui acceptent de renoncer à leurs idoles et d’embrasser l’Islam auront eux aussi la vie sauve, se feront raser la tête pour être convertis et recevront une tablette de bois afin d’apprendre la parole de Dieu.

La conception d’une Histoire organisée en trois univers temporels, sarrasin, juif et chrétien, avait ainsi pour corollaire la perception des non-chrétiens mis en scène dans l’épopée comme représentant de la permanence d’univers antérieurs à la révélation et destinés à disparaître par le massacre ou la conversion [….] [14].

Il n’y a que deux issues possibles pour les vaincus soit ils acceptent de se convertir et ils auront alors la vie sauve soit ils refusent d’entrer dans la religion de leurs adversaires, dans ce cas, ils sont mis à mort. La violence qui se trouve ici légitimée par l’idée de guerre sainte reste un fait très marquant aussi bien dans les épopées religieuses africaines que dans les chansons de geste européennes.

CONCLUSION

En définitive, l’étude du thème de l’altérité religieuse nous a permis de voir que nos deux œuvres participent à véhiculer davantage une idéologie donnée, celle du vainqueur. Il s’agit pour nos auteurs de glorifier les sociétés auxquelles ils appartiennent.
En effet, bien qu’appartenant à des contextes historiques et géographiques différents, (Europe médiévale et XIXe siècle africain), ils gardent beaucoup de traits communs, particulièrement celui de l’expansion de la religion. Dans « La Conquête de Jérusalem », l’auteur tente de justifier l’hégémonie de la chrétienté en Orient alors que dans sa qacida (son poème), Tyam essaie de légitimer la domination de l’islam sur les religions traditionnelles africaines. Cette volonté de servir une idéologie pousse le poète africain à taire volontairement certains événements réels alors que le poète européen, lui, a choisi d’inventer d’autres histoires qui ne correspondent pas à la réalité historique ; et donnent des rôles importants à certains personnages qui n’ont pas en fait joué un rôle historique majeur. Le fait d’ajouter des épisodes, pour l’un, ou d’en supprimer, pour l’autre, contribue à rehausser l’image de leur société. Les événements qui peuvent rendre cette image encore plus éclatante sont donc ajoutés alors que ceux qui risquent de la ternir sont passés sous silence. Evidement tous ces événements, tus ou ajoutés, sont destinés à discréditer la société de l’Autre, ici, particulièrement sa religion.

BIBLIOGRAPHIE

Corpus

TYAM, M. A., La vie d’El Hadj Omar : Qacida en Poular, traduction d’Henri Gaden, Paris, Institut d’ethnologie, 1935. « La Conquête de Jérusalem », traduction de Jean Subrénat, in Croisades et pèlerinages, récits, chroniques, et voyages en Terres Saintes XIIe-XVIe siècle, Paris, Robert Laffont, 1997.

Articles et ouvrages

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ROUSSET, Paul, Histoire d’une idéologie : la croisade, Paris, L’âge d’homme, 1983.


[1] Université Cheikh Anta Diop de Dakar

[2] MADELENAT, D., L’épopée, Paris, PUF, 1986, p.81.

[3] Transcription, traduction et annotation d’Henri GADEN, publiée en 1935 à l’Institut d’Ethnologie de Paris.

[4] Dans les chansons de geste, les jongleurs n’évoquent pas clairement l’islam. Ils parlent plutôt d’une religion sarrasine, mais quand on se réfère au fond ou au contexte historique nous voyons clairement qu’il s’agit bien d’une opposition entre l’islam et le christianisme.

[5] HEERS, J., Libérer Jérusalem, la première croisade 1095-1107, Paris, Périn, 1995, p. 46.

[6] Idem., p. 47.

[7] ROUSSET, P., Histoire d’une idéologie : la croisade, Paris, L’âge de l’homme, 1983, p. 9.

[8] LECLERCQ, A., « L’Orient monstrueux dans le premier Cycle de la croisade », in Bien lire et Bien Apprendre n° 26, revue de médiévistique, Centre d’Etudes médiévales et dialectales de Lille 3, 2008, p. 60-61.

[9] MARTIN, J. P., « Les sarrasins, l’idolâtrie et l’imaginaire de l’Antiquité dans les chansons de geste », in Littérature et religion au moyen âge et à la renaissance, études réunies par J. C. VALLECALLE, Presses universitaires de Lyon, 1997, p. 27.

[10] DANIEL, N., Héros et sarrasins, une interprétation des chansons de geste, traduction par A. Spiess, Paris, Cerf, 2001, p. 150.

[11] « La Chanson d’Antioche », in Croisades et pèlerinages, traduction de Micheline de Combarieu fu Grès, Paris, Robert Laffont, 1997.

[12] BOUSQUET, C., « Face à l’islam, Ricold de Monte Croce (1288) et son imagier (1405) », in Pèlerinage et croisades, Paris, Editions du CTHS, 1995, p. 253.

[13] DANIEL, N., op. cit., p. 154.

[14] MARTIN, J. P., op. cit., p. 45.




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