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RELIGION ET CREATION LITTERAIRE : ETUDE DE LA REPRESENTATION DU RELIGIEUX DANS L’ETRANGE DESTIN DE WANGRIN D’AMADOU HAMPATE BA
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Ethiopiques n°87.
Littérature, philosophie et art
2ème semestre 2011

Auteur : S. Khalifa Ababacar WADE [1]

Toute religion se décline en un triptyque : une divinité pouvant revêtir diverses formes, un culte et des adorateurs.
Le sacré est intrinsèquement lié au fait religieux. C’est, précise Marie-Line Bretin [2], « ce qui est mystérieux et le plus souvent inaccessible à l’homme, ce qui échappe à sa compréhension et devient tabou, interdit, inviolable, terrifiant, mais aussi digne d’un respect absolu ». L’homo religiosus vit émotivement le sacré comme « le sentiment du mysterium tremendum, du mystère qui fait frissonner », ajoute Rudolf Otto [3].
Féru de spiritualité depuis son enfance, sa famille [4] étant marquée par une double obédience religieuse traditionnelle et islamique, A. Hampâté insère le religieux dans ses textes littéraires comme facteur informant la psychologie des personnages, les péripéties du discours narratif, l’atmosphère sociolinguistique. Dans L’étrange destin de Wangrin, deux religions dites révélées sont présentes : le christianisme et l’islam. Elles cohabitent avec les croyances locales qui relèvent de ce que des anthropologues nomment animisme, à l’instar d’A. H. Bâ lui-même ; nous y reviendrons.
Cette étude connaîtra dans ses grandes lignes une structure ternaire en passant par le fil de l’analyse ethnolinguistique [5] les différents modes de présence du religieux chrétien, islamique et animiste dans le texte littéraire.

1. LE CHRISTIANISME DANS L’ETRANGE DESTIN DE WANGRIN

La religion chrétienne fut, pour les colonisateurs, un instrument d’assimilation culturelle des peuples africains. Les missionnaires accompagnèrent les armées d’occupation.

1.1. L’enseignement religieux chrétien

Ces missionnaires étaient venus enseigner aux Africains une civilisation et une foi nouvelles :

Les petits élèves de l’école des otages et de l’orphelinat des métis assistaient en effet à la messe chaque dimanche, les premiers pour recevoir bonbons et friandises que les prêtres distribuaient parfois à leurs catéchumènes, les seconds parce qu’ils y étaient obligés. Le catholicisme était en effet regardé comme la religion officielle de leurs pères, bien que ceux-ci fussent considérés comme « inconnus » par l’état civil [6].

Les enfants africains recevaient ainsi un enseignement religieux. Les sucreries étaient un appât que les habiles prêtres utilisaient pour que les « fils d’otages » assistassent aux messes : occasions d’imprégnation spirituelle, voire d’évangélisation.
Les métis, quant à eux, n’ont pas le choix, ils sont « officiellement » chrétiens, car engendrés en partie par des Européens. Même s’ils ne sont pas reconnus par leurs pères blancs, le pouvoir colonial décide paradoxalement d’en faire des Européens de cœur. Et, pour ce faire, quoi de plus efficace que la religion ? Celle de leurs mères noires importe très peu. Ces êtres hybrides vont ainsi vivre écartés de la culture maternelle, qui est celle du pays qui les a vus naître, celle de leurs ancêtres. Cette situation produit un drame, que nous décrit Abdoulaye Sadji dans son roman Nini, mulâtresse du Sénégal [7].
La présence régulière à ces messes du dimanche, avions-nous dit, marque les jeunes cerveaux des élèves noirs issus de familles musulmanes ou animistes ou des deux à la fois. C’est pourquoi Wangrin, devenu adulte, garde encore en mémoire des passages des sermons du prêtre :

Ce prêtre barbu avait déclaré un jour : “ Réjouissez-vous, mes enfants. Jésus, notre Dieu, Seigneur et sauveur, a dit : “Les premiers seront les derniers, et les derniers seront les premiers" [8].

Cependant, la religion catholique n’a pas réussi à s’implanter dans l’âme de Wangrin et celle de ses condisciples.

1.2. La résistance religieuse des Africains

Beaucoup d’Africains, dans le roman, qui avaient déjà en leur for intérieur l’islam et l’animisme, ne manqueront pas d’essayer de fermer leur cœur à la nouvelle foi venue d’Europe :

Comme tous les élèves de l’École des otages, Wangrin avait eu coutume, en entrant dans l’église, de faire le signe de la croix en prononçant une formule spéciale et quelque peu sacrilège. En effet, la traduction correcte en bambara de la formule sacramentelle :

« Au nom du Père,
du fils
et du Saint-Esprit
Ainsi soit-il ».
aurait dû être :
« Faa
ni den
ni hakili-senu
i togo la amen ».
Mais les élèves, qui étaient tous fils d’animistes ou de musulmans, avaient malicieusement inventé la formule suivante, qu’ils murmuraient en faisant le signe de la croix :
« Naa keera min ye
nne
nin
taa-la ».
C’est-à-dire :
« Quoi que ce soit,
moi,
ma participation
n’y sera »
 [9].


On note ici que la langue locale, incomprise par le colonisateur, est utilisée comme instrument de résistance culturelle, face à l’agression religieuse des Blancs. Ce n’est pas étonnant que ce soient les adultes qui aient appris aux élèves « qui étaient tous fils d’animistes ou de musulmans » cette habile manière de fermer leurs âmes vierges et immatures à cette nouvelle foi que les nouveaux maîtres veulent imposer.

1.3. Le christianisme et le pouvoir politique

Le christianisme, c’est, officiellement, pour les autorités coloniales françaises, le catholicisme. Mais A. H. Bâ nous montre que la France comprend une autre mouvance chrétienne : le protestantisme.
Hampâté Bâ évoque cette religion en esquissant le portrait psychologique de l’inspecteur des affaires administratives venu auditer le cercle de Diagaramba, suite à une dénonciation anonyme à propos d’un vol de bœufs dans lequel Wangrin et l’adjoint du commandant de cercle sont impliqués :

Né d’une famille protestante et petit-fils d’un duc, il avait un nom : Charles de Brière, et un idéal : servir l’humanité en reconnaissant à tous les hommes des droits égaux inviolables, spirituels et sociaux [10].

Cette admirative esquisse rappelle l’estime sans bornes qu’Amadou Bâ vouait à Théodore Monod (ancien directeur de l’Institut Français d’Afrique Noire) qu’il appelait son « cher ami et maître » [11]. C’est là un hommage qui prend les allures d’une critique du système colonial.
Une preuve du fait que le catholicisme est la religion officielle du système colonial est que ses autorités figurent en bonne place dans le schéma protocolaire : arrivés à Dakar, les nouveaux administrateurs des colonies, en attente de leur affectation, devaient rendre des visites aux autorités, et l’évêque de Dakar figure en bonne place dans « l’ordre de préséance » [12].C’est pourquoi, dès son arrivée à Dioussola, avant de prendre fonction, Wangrin rend « des visites de courtoisie à toute la notabilité », notamment l’évêque catholique [13].
En fait, l’église catholique était si puissante que « les pères blancs, souligne le narrateur, créaient parfois beaucoup de difficultés aux administrateurs non chrétiens » [14] tels qu’Henri Tolber, qui « n’aimait pas les prêtres » [15]. La seule faute de ces autorités semble ne pas partager la foi de ces prêtres. Ces derniers sont conscients que sans l’appui des puissants commandants de cercle et autres pontes de l’administration coloniale, il leur sera difficile de mener à bien leur mission évangélisatrice. C’est donc tout bénéfice pour eux de mettre la pression sur les autorités qui ne leur sont pas favorables, quitte à manigancer afin de les faire affecter ou révoquer.
Mais l’habile Wangrin a su tirer profit de la posture privilégiée des autorités catholiques dans le système colonial. Il parvient à obtenir l’arbitrage du « révérend père supérieur de la mission de Meba » lorsque le commandant de cercle de Yagouwahi voulait l’incarcérer injustement :

En sortant du bureau (du commandant de cercle de Yagouwahi, qui l’a menacé de l’emprisonner s’il ne quittait pas le cercle avant seize heures) Wangrin s’en fut trouver le révérend père supérieur de la mission catholique de Meba. Il lui fit connaître l’intention du comte du Pont de la Roche de le mettre arbitrairement en prison [...] [16].

Le rusé personnage, ayant préparé ainsi psychologiquement le prélat, va pouvoir en faire son avocat face à l’injustice dont il sera victime :

Dès son incarcération, Wangrin envoya un mot au révérend père supérieur de la mission de Meba pour l’informer qu’il avait effectivement été emprisonné, comme il lui en avait exprimé la crainte […] [17].

En effet, l’autorité ecclésiastique, éprise de justice, défenseur du faible face au puissant, car conscient d’être missionnaire de Dieu, ne pouvait rester indifférent face à l’acte arbitraire du commandant, même si Wangrin n’est pas chrétien :

Le lendemain, le révérend père supérieur vint trouver le commandant. Ce dernier confessa au prêtre combien il était navré que son imbécile de brigadier eût appliqué à la lettre une mesure dictée dans un moment de colère [...].
Le prêtre se rendit à la prison et demanda à Wangrin de laisser tomber cette affaire [18] (ce que fit Wangrin)
.

L’attitude de respect quasi révérenciel que le commandant a pour le prélat, auquel il « confessa » sa faute, confirme le fait que l’église catholique, dans les colonies, se positionne en alter ego du pouvoir politique, même si la laïcité est constitutionnelle en France.
Par conséquent, le catholicisme, religion officielle, a des rapports tantôt complémentaires pour l’atteinte des objectifs assimilationnistes, tantôt conflictuels, quand l’Eglise sent ses intérêts menacés, avec le pouvoir colonial français. Beaucoup d’indigènes, nous l’avons montré supra, musulmans ou animistes, dans leur majorité, font une résistance culturelle et religieuse.

2. L’ISLAM DANS L’ETRANGE DESTIN DE WANGRIN

L’islam est beaucoup plus anciennement implanté que le christianisme en Afrique de l’Ouest. Des populations de cette région l’ont embrassé depuis le Moyen Age. Il a longtemps cohabité avec les croyances traditionnelles et s’est même greffé à elles. Le syncrétisme islamo-animiste est une constante en Afrique occidentale, même si on note souvent une opposition principielle entre l’islam et les religions africaines.
Contrairement à l’église catholique, l’islam n’est pas pris en compte dans la nomenclature hiérarchique de l’administration coloniale. Pourtant, il a fortement moulé les mentalités, les comportements, certaines pratiques coutumières indigènes.

2.1. L’Islam et les parlers locaux

Les parlers locaux sont enrichis d’expressions arabo-islamiques qui sont souvent modifiées et adaptées aux accents et modes d’élocution des Africains. En atteste la formule de salutation très courante en Afrique de l’Ouest, et que l’on retrouve à maintes reprises dans L’Etrange destin de Wangrin : « Salamale-kum ! La paix sur vous ! » [19]. C’est l’auteur qui traduit pour le public étranger, notamment européen.
Après les salutations, on dit au visiteur « Similla ! » [20]. Ce terme est un diminutif et une africanisation du premier verset du Coran, que tout musulman doit prononcer en entrant dans un lieu ou en en sortant et en commençant un acte, à savoir : « Bismi Llaahir Rahmanir Rahimi », qui signifie « Au nom de Dieu le Très Miséricordieux, le Tout Miséricordieux » [21].
Il en est de même de certaines exclamations faites pour confirmer la véracité d’une affirmation ou pour marquer sa satisfaction ou son admiration. Wangrin s’exclame « Wallaye ! Wallaye ! » [22], témoignant ainsi sa joie à Diofo, le chef des esclaves de feu Brildji, envoyé par Loli, qui lui a apporté beaucoup d’or, lui en promettant plus, si le cadavre de son maître n’est pas exhumé. « Wallaye » se constitue de deux mots arabes : « wa » (و) et « Allah » (ﷲ). C’est, selon la tradition islamique, une formule de serment signifiant « au nom de Dieu » ou « par le Dieu tout-puissant ».


2.2. L’islam, régulateur psychosociologique

L’islam, qui est ainsi visible dans la langue courante, régit les actes, les pensées des fidèles, voire leurs coutumes et traditions. En premier lieu, notons l’utilisation du caractère sacré du Coran pour sceller une nouvelle alliance entre Africains :

Abougui Mansou tendit les deux mains vers Wangrin et lui dit : “ Mets tes mains dans les miennes’’. Wangrin s’exécuta avec beaucoup d’humilité. Abougui Mansou récita le premier chapitre (ou « sourate ») du Coran appelé Fatiha, « l’Ouvrante ». C’était là le scellement de leur pacte de mutuelle assistance... [23].

En second lieu, la foi musulmane s’exprime à plusieurs reprises dans le roman par une sorte de fatalisme, un abandon à la volonté d’Allah, comme ici :

Mais le Seigneur Allâh fait ce qu’il veut. [24]
Alhamdu lillâh ! Dit Diofo. Cet appel est pour nous un heureux augure. L’avenir, par la grâce du Seigneur, ne saurait plus nous réserver que bonheur et satisfaction
 [25].

La dernière phrase dénote la prédétermination des circonstances futures par Dieu considéré comme Omniscient et Omnipotent. Ainsi, il est normal de remercier Dieu quand Sa générosité se manifeste. De plus, la foi de Diofo se mêle de superstition, car le fait que, dès la fin de son propos, l’appel du muezzin retentisse est interprété par lui comme un heureux présage.
Mais le fatalisme – posture mentale qui, selon l’Encyclopédie Larousse, « considère tous les événements comme irrévocablement fixés à l’avance par une cause unique et surnaturelle » – chez Diofo n’exclut pas l’action.
C’est pourquoi lui et son camp sont prêts à tout pour empêcher l’exhumation de Brildji : corrompre Wangrin, se battre à mort. Aussi ordonne-t-il aux nombreux autres esclaves :

Je vous demande à tous de me laisser faire. Apprêtez les poudres, mais n’y mettez pas le feu sans mon ordre [26].

Il existe une différence de points de vue entre la loi islamique et les coutumes locales sur la question de la succession. La mort du chef de province Brildji entraîna une lutte souterraine sans merci entre son fils Loli et son frère puîné Karibou pour lui succéder au pouvoir et hériter de son immense fortune. L’islam et la tradition ont servi aux argumentaires des camps antagonistes. Celui de Lolli se range du côté de la loi musulmane, plus conforme à ses intérêts : le fils hérite de son père. Mais celui du frère de Brildji, quoique d’obédience islamique, préfère invoquer la tradition : succession de l’aîné par son puîné.
Wangrin sut profiter de cette situation ambiguë en imposant habilement l’application de la loi islamique et de la coutume, donnant une part d’héritage à chacun des adversaires, avec la complicité de l’autorité coloniale. Ainsi, s’adressant à Karibou Sawali, Wangrin dit :

Le commandant Réardris m’a donc fait part de la décision du gouverneur de te donner le commandement de la province, à l’exclusion de la fortune de Brildji qui sera attribuée, en totalité, à ses héritiers, avec Loli comme responsable et gérant.
Au cas où tu exigerais l’application de la tradition instituée par les Peuls rouges Thiala, il t’opposerait la loi musulmane, que tu as embrassée – à moins que tu n’abandonnes publiquement ta foi, ce qui te mettrait dans la pire des situations
 [27].

Une autre incidence de la religion musulmane dans la vie locale, c’est l’office islamique qui rythme la vie quotidienne. Ainsi à plusieurs reprises, les appels à la prière psalmodiés par les muezzins ponctuent la narration, interrompent les prises de parole et font réagir les personnages (voir supra).
Les heures des prières canoniques servent souvent à déterminer les moments des rendez-vous. Comme ici :

Je te donne rendez-vous chez moi, ce soir, après la prière Saafo (c’est Wangrin qui parle à Bila Kouttou, le planton du commandant du cercle de Dioussola) [28]. Tierno Siddi ajouta : Quand le muezzin lancera son premier appel à la prière de l’après-midi, tu te rendras au bord de la rivière Maayé [29].

En instituant cinq offices religieux à des heures fixes, dans la journée et dans la nuit, l’islam a créé, dans des sociétés ignorant la pendule, une horloge communautaire servant de repère aux individus. Les appels des muezzins, comme les coups de gongs des pendules, marquent les étapes importantes de la marche inéluctable du temps. Ce temps si étroitement lié à notre cadre vital et donc indispensable à toutes nos activités.

2.3. La figure de l’imam

Parler de prière musulmane amène à s’intéresser à la figure de l’imam. C’est le dirigeant des différents offices religieux, comme le prêtre ou le pasteur de la religion chrétienne. Wangrin fait usage du pouvoir d’Imam Souleymane pour manipuler Karibou – qui l’a déjà payé pour l’exhumation de son frère – et le persuader à y renoncer. Voici comment le protégé de Gongoloma-Sooké va faire entrer l’imam dans son jeu :

O imam, lui dit-il (Wangrin), j’ai une pénible tâche à accomplir qui consiste à exhumer le corps de Brildji afin de constater qu’il n’a pas été assassiné. Je n’ai jamais, de ma vie, entendu parler de l’accomplissement d’une œuvre aussi macabre. […]
Aussi voudrais-je te demander d’accompagner Loli et Diofo qui conduiront une délégation auprès de Karibou, pour le prier de venir me demander de surseoir à l’exhumation prescrite par les blancs-blancs, chefs du pays.
- O Wangrin, répondit l’imam, l’islam et la tradition peule ignorent l’exhumation. Un double devoir m’astreint donc de m’élever contre cette opération. C’est avec plaisir que j’accompagnerai Loli auprès de son oncle dans le but que tu suggères
 [30].

L’imam accomplira à merveille sa mission, le terrain ayant été déblayé par Wangrin, qui avait raconté à Karibou que l’imam avait perdu connaissance quand il lui fit part de sa décision d’exhumer Brildji, à cause de l’énormité d’un tel sacrilège : une histoire bien sûr inventée de toutes pièces par le manipulateur.
L’imam est respecté dans les sociétés musulmanes, car il est une figure sacrée. Il actualise plusieurs fois par jour le culte du Dieu unique. Il se place en avant, en tête de sa communauté, face à Lui. La lumière, le pouvoir du « Sacré-très-haut », pour reprendre Amadou H. Bâ, suinteraient de lui, attirés, comme l’aimant attire la limaille de fer, par ses prières, à toutes les grandes occasions : prières officielles et canoniques, mariages, funérailles (prière sur le mort avant son inhumation), baptêmes, etc. Son rôle n’est donc pas seulement d’officier ou de prêcher. Il est adjuvant à l’état-civil, lui qui légitime et scelle les unions et légalise les divorces, accueille les nouveau-nés, raccompagne les morts … De ce fait, qui mieux que lui peut servir de médiateur social ? Il est donc tout naturel qu’à des instants aussi critiques que ceux qu’il a provoqués par cupidité [31], Wangrin fasse appel à l’imam Souleymane.
Revenons à la réponse de l’imam à Wangrin. En évoquant « l’islam et la tradition peule » et en disant : « Un double devoir m’astreint donc de m’élever contre cette opération », ne dévoile-t-il pas un syncrétisme religieux ? Difficile de gommer entièrement les valeurs et paradigmes qui ont informé, depuis des siècles, voire des millénaires, l’esprit des ancêtres, et le nôtre.
En somme, l’islam est profondément intériorisé par les personnages de L’étrange destin de Wangrin. Leur foi transparaît à travers leur discours et leurs actes. S’adaptant à merveille à leur identité culturelle, la religion musulmane n’en corrige pas moins certaines traditions locales.
A présent, il s’agit de s’intéresser à ce legs spirituel des ancêtres.


3. LA RELIGION AFRICAINE TRADITIONNELLE DANS L’ETRANGE DESTIN DE WANGRIN

La religion africaine traditionnelle se dévoile dans le roman à travers des survivances et des pratiques qui relèvent de la magie. Elle est dénommée animisme par beaucoup d’historiens et d’ethnologues. A la fin du XIXe siècle, l’anthropologue Edward B. Taylor [32] emploie ce terme pour désigner les croyances des peuples dits « primitifs ».
Issu du latin animus, signifiant âme, animisme est expliqué par Amadou H. Bâ en ces termes : « Tout est lié. Tout est vivant. Tout est interdépendant ». Il se livre ensuite à une véritable exégèse de cette forme de spiritualité :

L’homme africain est un croyant né. Il n’a pas attendu les Livres révélés pour acquérir la conviction de l’existence d’une Force, Puissance-Source des existences et motrice des actions et mouvements des êtres. Seulement, pour lui, cette force n’est pas en dehors des créatures. Elle est en chaque être. Elle lui donne la vie, veille à son développement et, éventuellement, à sa reproduction [33].

La religion africaine traditionnelle reconnaît, d’après ces propos, l’existence d’un Dieu suprême, à l’instar des religions dites révélées. Mais elle est une forme singulière d’appréhension du monde.

3.1. L’ontologie traditionnelle africaine

La religion africaine traditionnelle est d’abord une ontologie. L’Africain conçoit l’être humain comme un concentré de forces, de doubles. Ceux-ci entrent parfois en conflit ou simplement discutent, comme ici chez Wangrin :

Son “double espoir’’ lui susurra : “Wangrin, ne t’en fais pas. Un homme qui roule sur des millions et des lingots d’or comme toi ne saurait connaître l’injure du sort.’’
Son “double objectif’’ ripostait en chuchotant avec fermeté : “Wangrin, tu as amorcé une pente glissante…’’
 [34].

A la page 327 de L’étrange destin de Wangrin, le lecteur peut constater que le « double » n’est pas seulement logé dans la personne, il habite, par la vertu de bilocation, en même temps le « Tana » ou animal sacré. Ainsi est-il proscrit à tout homme de tuer son « Tana » au risque que des conséquences fâcheuses ne lui adviennent. En commettant une telle bévue, Wangrin s’est définitivement livré à l’emprise de la malchance.

3.2. Les divinités

La personne principale de l’homme est appelée par les Bambaras Maa, cette dénomination se retrouve dans le nom du Dieu suprême Maa-Ngala. Cela « lui confère l’esprit et le fait participer à la Force Suprême » [35] dont il devient l’interlocuteur privilégié.
Mais le croyant animiste ne s’adresse directement au Dieu suprême que très rarement. La mythologie traditionnelle est pleine de divinités aux fonctions et aux caractéristiques bien tranchées. Selon le but que l’on veut atteindre, on invoque telle ou telle divinité intermédiaire. Le croyant est dans une relation magique avec les forces surnaturelles. Il suscite leur action en agissant sur elles par le biais du verbe, du geste et du sacrifice.
Amadou Hampâté Bâ se plaît à recenser, dans L’étrange destin de Wangrin, les divinités du panthéon local. On note en premier lieu Maa-Ngala, le Dieu suprême, comme dans ces propos :

Maa-Ngala et ses agents principaux et subalternes sont avec vous [36].

Parmi « ses agents principaux et subalternes », Hampâté cite :

.« Sanou, le dieu-roi de l’or » [37] ;
.« Yooyayo,dieu partenaire de Nganiba (la grande sorcière), le patron de cette partie sud du pays » [38] ;
.« les esprits gardiens du massif sud malien » [39] :
.« Nyakuruba, la déesse de la maternité » [40] invoqué par la matrone chenue lors de l’enfantement de Wangrin ;
. Le dieu Komo [41], « dieu des forgerons » ;
. Les « petits dieux des garçons non circoncis, Tieblenin et Ntomo » [42] ; . Le « petit dieu » des adoloscents circoncis, Ntomo-Ntori [43] ; . Gongoloma-sooké, le « dieu fabuleux » [44], dieu-patron de Wangrin.

Ces déités sont non seulement spécialisées, mais ne sont pas du même sexe ni de la même catégorie d’âge. En tant que femelle, Nyakuruba est à même de jouer aux sages-femmes. Les enfants, eux, ont leurs « petits dieux » qu’ils pourront sans doute associer à leurs jeux. Il y a là un panthéon aux caractéristiques.
Les hommes peuvent rejoindre le monde des divinités et devenir eux-mêmes des dieux. Ce sont les ancêtres du clan qui, grâce à des rites funéraires particuliers effectués par leurs descendants, changent de statut pour accéder à celui d’esprits tutélaires. Amadou H. Bâ explique cette mutation :

Les anciens, en mourant, deviennent des “ esprits tutélaires’’, à condition que leur postérité ou leur pays aient rendu à leur dépouille les honneurs funéraires traditionnels dus aux morts : cérémonies du 1er, du 3e, du 7e et du 40e jour après leur mort.

Un temple, bois sacré, est érigé par chaque clan ou famille pour abriter les mânes des ancêtres et pour effectuer prières et sacrifices auprès d’eux.

3.3. Etres et choses sacrés

Les dieux et les esprits des ancêtres de la religion traditionnelle africaine ont des adjuvants palpables. Ce sont des animaux, des végétaux, des minéraux, des masques et même des humains censés être investis de leurs vertus. Ce sont des temples inertes ou vivants, des totems [45]. Ils sont l’objet de rituels d’approche et d’interdits.
Pour ce qui est des végétaux sacrés, plusieurs types se présentent dans le roman. Le « vieux toro bossu » [46], arbre mystérieux « aux fleurs invisibles dont les corolles étaient d’or », est un des symboles du mythe qui ouvre le roman. Dans ce végétal sont réunis le sublime (les fleurs en or) et le hideux (la forme bossue de l’arbre). Cela lui confère un aspect monstrueux qui s’harmonise dans son environnement peuplé d’êtres bizarres.
Ce « toro » préfigure et annonce le kapokier [47] en fleurs sur lequel sera perchée la tourterelle qui annoncera à Wangrin la fin de sa période faste. Ce kapokier a une branche morte et c’est sur celle-ci que se perche l’oiseau. C’est là une monstruosité de la nature assez significative. La vie (les fleurs) et la mort (la branche sèche) cohabitent dans un arbre. Arbre qui devient ainsi un lien entre les mondes parallèles, la dimension visible et celle invisible. Il traduit également le manichéisme des deux mondes où le Mal et le Bien sont en perpétuel affrontement. Le choix de la branche morte par le volatile prédit la victoire du Mal dans l’univers individuel de Wangrin. Son destin sera désormais contrôlé par les forces du mal.
Des oiseaux sacrés cohabitent harmonieusement avec ces végétaux : « Tenin-Tourouma » le passereau et « N’tubanin-kan-fin », « la tourterelle au cou cerclé de noir ».
Le lecteur peut noter la présence dans le récit de deux reptiles. Ninkinanka [48], « l’immense python du Mandé », qui serait à l’origine des lits des fleuves et rivières de la sous-région qu’il aurait excavés à l’aide de ses « trois cent soixante-cinq anneaux qui composaient son immense squelette ». Ninkinanka est un animal mythique vecteur de bien et de prospérité. En cela, il rappelle le légendaire serpent Bida du Wagadou qui, selon la légende, assurait la richesse aurifère de l’empire du Ghana. Ce rapport du serpent totem avec l’or nous renvoie au serpent du père de Camara Laye [49].
Le masque dansant du Komo prédira exactement le destin de Wangrin. Mis en communion spirituelle avec le dieu, par le biais du masque et des roulements du tam-tam, le forgeron porteur du masque ne serait plus lui-même. Il est dans une transe qui rappelle celle des « saltige » ou sorciers lors des « xoy » [50] sérères du Sénégal ou celle des « nganga » du Cameroun, que le père Eric de Rosny [51] nous a décrits.
Les choses inertes peuvent aussi contenir l’esprit du dieu, comme la petite pierre de Wangrin qui « symbolise le lien qui l’unissait à Gongoloma-Sooké » et qu’il invoque à travers le minéral :

O caillou ! Tu symbolises la première force du cosmos. Tu contiens du fer, lequel contient du feu.
Tu es, ô caillou, l’habitat de l’esprit de Gongoloma-Sooké, mon dieu protecteur (…)
 [52].


Cette pierre, météorite venu des confins intersidéraux, est un synopsis de l’univers. Ainsi, rien n’est plus à même de servir d’habitacle symbolique à un esprit divin, de la dimension de Gongoloma-Sooké « berger des étoiles (qu’il) faisait paître dans les plaines de l’espace sans fin et sans orientation. La Voie lactée constituait le gros de son troupeau » [53].

3.4. Les espaces sacrés

Le sacré, même s’il irradie toutes les activités humaines, n’en possède pas moins des espaces spécifiques, réservés. Ces lieux sont entourés du même respect craintif que celui accordé aux puissances occultes censées les habiter. Toute transgression, toute omission ou négligence des rites nécessaires pour y accéder serait sanctionnée par les dieux.
Plusieurs types de ces espaces religieux nous sont offerts dans L’étrange destin de Wangrin : le bois sacré, les cours d’eau sacrés…
Le bois sacré est un lieu de culte central. C’est le tabernacle des mânes des ancêtres. Chaque clan a son bois sacré et même parfois chaque famille. Mais il est « forclos à tout rire de femme et à tout sourire qui se fane » [54], déclame Senghor. D’autres sanctuaires naturels existent. Ce sont les cours et étendues d’eau : les rivières, marigots, fleuves, lacs. Dans L’étrange destin de Wangrin, il est fait état notamment de ’’Mare aux caïmans sacrés’’ » à Diagaramba appelée « Iwaldo » [55], de « cours d’eau sacré qui traversait la ville » de Dioussola [56]. Ces eaux sont sacrées du fait de leur contenu : caïmans, pythons ou boas (« dassiri »), poissons. Animaux qui sont l’incarnation des ancêtres ou des esprits. La sacralité des eaux est donc un transfert métonymique : le résident rend respectable et vénérable la résidence.

3.5. Le culte et les rites traditionnels

La religion traditionnelle a son propre mode d’adoration des puissances spirituelles. Le croyant cherche à atteindre la déité ciblée et à la faire agir ou réagir en sa faveur. Wangrin adresse cette prière à ses ancêtres - la prière est le premier mode d’adoration et de vénération :

O mânes des miens ancêtres, vous qui êtes au royaume des forces, venez une fois de plus à mon secours.
Dans mes veines court votre sang. Il a coulé de vos artères dans celles de mon père, puis dans les miennes. Digne ou indigne, je suis de vous.
Soufflez en moi la vertu qui permet au caméléon de changer constamment ses couleurs selon l’ambiance afin de passer inaperçu.
Insufflez en moi la douceur et la tendresse de l’agneau qui me permettront de plaire à tous et de mieux réaliser mes affaires.
Mais aussi, grands ancêtres ! guerriers farouches ! armez-moi des griffes du lion et du léopard afin que je puisse déchirer sans pitié et sans quartier ceux qui se mettraient en travers de ma route et qui chercheraient à faire dévier le cours de mes gains vers une caisse autre que la mienne…
 [57].

De la même manière, Senghor adresse une prière à ses ancêtres dans son poème intitulé « Prière aux Masques » [58]. Comme Wangrin qui rappelle de prime abord les liens de sang qui l’unissent à ses ancêtres (« Dans mes veines court votre sang. Il a coulé de vos artères dans celles de mon père, puis dans les miennes »), le poète Senghor déclame : « Vous distillez cet air d’éternité où je respire l’air de mes pères ». Dans les deux cas, la prière suit un schéma classique : les louanges dithyrambiques, l’expression des besoins et une clausule (les trois points de suspensions montrent que l’auteur a élidé celle-ci).
Les rituels religieux sont pratiqués à toute occasion importante : naissance, funérailles, mariage, circoncision, semailles, fêtes des récoltes, jeux gymniques, etc. En effet, la naissance du héros de L’étrange destin de Wangrin est l’occasion d’invocation de Nyakuruba, la déesse de l’accouchement par la matrone. La danse du masque du dieu Komo, dès la venue au monde de Wangrin, souhaite la bienvenue au nouveau-né. Cela ressemble à un baptême mystique.
Le sacrifice est une pratique centrale dans le culte traditionnel. Son étymologie latine sacrificium [59] est une contraction de sacer, sacré, et facere, faire ; ce qui signifie : action de faire une œuvre sacrée.
Le sacrifice n’est pas uniquement l’immolation d’une victime. Il peut consister en offrande, oblation de biens matériels, aliments, etc. Selon Bergson, il a deux fonctions : « Acheter la faveur du dieu et détourner sa colère » [60]. C’est dans cette optique qu’elle précède et accompagne la prière.
Plusieurs fois Wangrin effectua des sacrifices à son dieu Gongoloma-Sooké, à ses ancêtres, aux poissons sacrés… pour réaliser ses ambitions. Il immola poulets, bœufs, moutons. Il offrit des noix de cola, de la nourriture aux nécessiteux. Quand il eut énervé les mânes de ses ancêtres, tué le python sacré, il fit des sacrifices pour apaiser ancêtres et dieux.
Ainsi l’animisme crée une atmosphère unique dans le roman de Bâ.

CONCLUSION

L’étrange destin de Wangrin est assurément, comme le veut Xavier Garnier [61], un roman spiritualiste. Trois traditions religieuses s’y côtoient et marquent de part en part la vie, l’itinéraire, la mentalité et les actes des personnages.
La religion africaine traditionnelle est improprement appelée animisme, ce terme ne reflétant pas toutes ses réalités et tous ses aspects.
Elle occupe une place de choix dans L’étrange destin de Wangrin. Elle cohabite sans heurts avec l’islam dans un harmonieux syncrétisme que rien ne semble offusquer.

BIBLIOGRAPHIE

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Ouvrages et articles

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[1] Université Ch. A. Diop de Dakar

[2] BRETIN, Marie-Line, Cours de philosophie, 2ème édition, Paris, Vuibert, juillet 2006.

[3] OTTO, R., Le Sacré, trad. A. Jundt, Paris, Payot, (1917)1949, p. 28.

[4] Cf. BA, Amadou H., Amkoullel. L’enfant peul. Mémoires, Arles, Actes sud, Paris, 1991.

[5] Cf. CALAME-GRIAULE, G., « La recherche du sens en littérature orale », in Terrain, n° 14, 1990, p.119-125.

[6] BA, Amadou, L’étrange destin de Wangrin ; ou Les roueries d’un interprète africain, p. 30.

[7] Nini, mulâtresse du Sénégal,Paris, Présence africaine, 1988, 252 pages.

[8] BA, A. H., L’étrange destin de Wangrin,, p. 30.

[9] BA, A. H., op. Cit., p. 30-31.

[10] BA, A. H., op. Cit., p.73.

[11] TRIAUD, Jean-Louis, « D’un maître à l’autre : l’histoire d’un transfert. Ahmadou Hampâté Bâ entre Thierno Bokar et Théodore Monod (1938-1954) », in, Africa Studies Centre Worshop, 17-18 September 2007, p. 6 – 7.

[12] Idem., p. 203.

[13] BA, A. H., L’étrange destin de Wangrin, p. 223.

[14] Idem., note 191, p.375.

[15] BA, A. H., L’étrange destin de Wangrin, p. 239.

[16] Ibid., p. 212-213.

[17] Idem.

[18] BA, A. H., L’étrange destin de Wangrin, p. 212-213.

[19] BA, A. H., L’étrange destin de Wangrin, p. 171.

[20] Ibid., p. 171.

[21] Le Saint Coran, traduction et commentaire de Muhammad Hamidullah avec la collaboration de M. Léturmy, Amana Corporation, 1989.

[22] BA, A. H., L’étrange destin de Wangrin, p. 172.

[23] BA, A. H., L’étrange destin de Wangrin, p. 42.

[24] Ibid. p. 151 : Wangrin s’adressant à la famille éplorée de Brildji.

[25] Ibid., p.165.

[26] Idem.

[27] BA, A. H., L’étrange destin de Wangrin, p.197.

[28] Idem., p.227. A la note 185, Hampâté BA explique le terme Saafo : « Dernière prière que célèbre le musulman avant de se coucher ».

[29] BA, A. H., op. cit., p. 88.

[30] Ibid., p.177.

[31] L’exhumation de Brildji n’a nullement été ordonnée par l’autorité coloniale, c’est une ruse de Wangrin pour manipuler les camps qui se disputent l’héritage de Brildji, afin de se faire soudoyer grassement. Ce qu’il a réussi.

[32] TAYLOR, Edward B., La civilisation primitive (Primitive Culture, 1871, traduit de l’anglais sur la deuxième édition par Pauline Brunet et Edmond Barbier), C. Reinwald et Cie, Paris, 1876-78, 2 vol.

[33] BA, A. H., Aspects de la civilisation africaine : personne, culture, religion, Paris, Présence africaine, 1972, p.119-120.

[34] BA, A. H., L’étrange destin de Wangrin, p. 325.

[35] BA, A. H., Aspects de la civilisation africaine : personne, culture, religion, p 15.

[36] BA, A. Hampâté, L’étrange destin de Wangrin, p. 284.

[37] Idem., p.12.

[38] BA, A. Hampâté, L’étrange destin de Wangrin, p.12

[39] Idem.

[40] Ibid., p. 14.

[41] Ibid., p.17. et la note 9, p. 367.

[42] Ibid., p.18.

[43] Idem.

[44] Ibid., p.20.

[45] Ce culte des totems est appelé totémisme. A propos du totem, le dictionnaire Le Robert précise que c’est un « animal (quelquefois végétal ou très rarement chose) considéré comme l’ancêtre et par suite le protecteur du clan, objet de tabous et de devoirs particuliers ».

[46] BA, A.H., L’étrange destin de Wangrin, p.12.

[47] Ibid., p. 337.

[48] BA, A. H., op. Cit.,p. 12.

[49] LAYE, C., L’enfant noir, Paris, Presses-Pocket, 1976.

[50] « xoy » : séance de prédiction organisée à la veille de chaque saison des pluies, regroupant dans le Sine (Sénégal) les plus grands saltige (sorciers-devins-guérisseurs) sérères.

[51] DE ROSNY, E., Les yeux de ma chèvre, Paris, Plon, Terre humaine, 1981.

[52] BA, A.H., L’étrange destin de Wangrin, p.256.

[53] Ibid., p.20.

[54] SENGHOR, Léopold Sédar, « Prière aux masques », in Chants d’Ombre, Paris, Seuil, 1945.

[55] BA, A.H., L’étrange destin de Wangrin, p. 27.

[56] BA, A. Hampâté, L’étrange destin de Wangrin, p.223.

[57] Ibid., p. 231.

[58] SENGHOR, Léopold Sédar, « Prière aux masques », in Chants d’Ombre, Seuil, Paris, 1945.

[59] Dictionnaire Le Littré.

[60] BERGSON, H., Les deux sources de la morale et de la religion, Paris Presses Universitaires de France, 1955.

[61] GARNIER, Xavier, La magie dans le roman africain, Paris, Presses Universitaires de France, 1999.




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