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QUELQUES ASPECTS DE LA RECEPTION ALLEMANDE DE L’ŒUVRE DE SENGHOR EN ALLEMAGNE
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Ethiopiques numéro spécial.
Littérature, philosophie et art
10e anniversaire. Senghor, d’hier à demain

Auteur : János RIESZ [1]

La réception de l’œuvre de L. S. Senghor en Allemagne est étroitement liée au personnage et à l’œuvre de Janheinz Jahn qui fut, pendant plus de vingt ans, le médiateur et le traducteur de Senghor dans l’espace germanophone ; c’est sûrement aussi grâce à Jahn que Senghor reçut, en 1968, le prestigieux Prix de la paix des libraires allemands à la Foire du livre de Francfort. De l’autre côté, la rencontre avec Léopold Senghor a marqué, de façon durable, la vie et les travaux de Janheinz Jahn, depuis leur première rencontre en fin 1951 jusqu’à la fin de sa vie, deux jours avant sa mort prématurée le 20 octobre 1973, Jahn avait encore réalisé une interview pour la télévision ouest-allemande avec le président Senghor, en visite officielle à Bonn.
Nous voudrions, par la suite, rappeler les étapes les plus importantes de ce rapport, à la fois amical et de travail, entre le poète et homme politique sénégalais et le critique et homme de lettres allemand. Au centre de notre réflexion, nous mettons le fait que, grâce à l’encouragement et au soutien de Senghor, Jahn s’était mis à la tâche pour collecter et préparer – selon le modèle de la célèbre Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache de langue française – la non moins célèbre anthologie Schwarzer Orpheus [Orphée noir, reprenant le titre de la préface de Jean-Paul Sartre à l’Anthologie de Senghor] qui fut le grand événement qui ouvrit le chemin à la poésie et littérature négro-africaines en Allemagne et qui, pour la première fois après la période du nazisme et de la deuxième Guerre mondiale, donnait une vision un peu plus large de « ce que l’homme noir avait apporté » au siècle, pour reprendre une formule de Senghor lui-même.
Dans un article du quotidien Darmstädter Echo du 20 septembre 1968, Jahn a rappelé sa première rencontre avec Senghor :

C’était en l’année 1950 [en réalité fin 1951]. L’association franco-allemande de Francfort avait invité à une manifestation dans laquelle un poète africain de langue française devait faire une conférence.
Je ne savais pas que ce soir allait marquer un tournant dans ma propre carrière. Sur le podium monta un homme de petite taille, mais agile et gracile, avec un profil jeune et un teint noir foncé.
« Il est député à l’Assemblée nationale française », murmura mon voisin […] _ Il parlait d’une voix austère, mais sonore, avec un débit lent et mesuré et de brillantes formulations ; et je lui fus reconnaissant de fixer de ses yeux son public comme un bon professeur, de marquer chaque phrase, mot par mot distinctement.
Ainsi les mots trouvaient leur temps à s’asseoir dans la conscience de l’auditoire, dont le français n’était pas la langue maternelle.
Je croyais que cette façon de parler était une expression de sa politesse envers son public ; je ne savais pas encore que Senghor parlait toujours ainsi.
Il parlait de culture africaine et européenne, de la raison du jugement et de la raison émotive, de l’analyse et de la comparaison, du caractère poétique et imagé des langues africaines, de la force du rythme et de la magie de la parole. Il citait des poèmes en wolof et en français, des poètes dont les noms nous étaient pas ou peu connus : Aimé Césaire, Léon Damas, Birago Diop, Paul Niger. Je pense que c’était par modestie qu’il ne citait pas un vers de sa propre plume.
Sa récitation était à la fois monotone et d’une grande intensité. On sentait à certains moments un frisson dans le dos ; on était comme frappé en plein visage par le rythme non seulement des poésies françaises d’un Césaire, mais aussi des poèmes wolof, qu’il tambourinait avec les doigts sur le pupitre, en des cadences sombres et complexes
.

Ainsi est apparue – à partir de son discours et des récitations, fruit de la clarté de sa présentation et du feu de son engagement personnel – l’image d’une culture africaine d’une vitalité fascinante, miroitant d’images poétiques, résonnant de rythmes nouveaux, que l’homme sur le podium non seulement présentait et interprétait, mais dont il faisait, visiblement, partie.
Il s’identifiait à une Afrique qu’aucun de ses auditeurs n’avait jamais soupçonnée, voire connue. Et à travers de petites phrases et allusions, il faisait comprendre l’étendue de ses compétences, connaissant mieux la littérature européenne, voire allemande, que la plupart de ses auditeurs de ce soir-là. Le public fut ravi. Un monde nouveau s’était ouvert, où la poésie était encore synonyme de chant, où un poème ne pouvait être considéré comme parfait que s’il était chanté et dansé.
Nous disposons encore d’un autre témoignage sur cette soirée mémorable, qui nous livre d’autres détails, surtout concernant le comportement de Jahn et le lieu et les circonstances de la rencontre entre les deux hommes. Il est de Erica de Bary, écrivain et traductrice, qui avait fait des voyages en Afrique et passé les années de la guerre en France, et qui est morte en 2007 à l’âge de cent ans [2] :

C’était le 1er décembre 1951 quand Léopold Sédar Senghor, à l’époque député du Sénégal à l’Assemblée Nationale à Paris, donnait une conférence dans laquelle il présentait la nouvelle poésie négro-africaine de langue française. Après sa lecture, un inconnu vint me contacter pour me demander s’il pouvait venir chez moi le lendemain, dans notre maison, pour faire la connaissance du poète sénégalais dans un cercle plus intime. Sa demande était aussi insistante que ses remerciements furent spontanés. Et son enthousiasme fut à l’origine d’une conception très vaste.

Cette conception « très vaste », dont parle Erica de Bary, n’était autre que l’idée de Jahn, de faire une anthologie en version allemande selon le modèle de l’Anthologie de Senghor de 1948, certes, mais il ne comptait nullement se limiter à la seule poésie de langue française, comme il l’expliquera lui-même plus tard dans un article publié dans le journal Die Gegenwart (Frankfurt M.) du 31 juillet 1954 :

J’avais pris connaissance de la production lyrique des Noirs nord-américains et, à partir de l’Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache éditée par Senghor, de la poésie des peuples africains de langue française. Et je suis tombé, dans la préface de Sartre, sur cette phrase : « La poésie noire de langue française est, de nos jours, la seule grande poésie révolutionnaire ». – Pourquoi seulement la française ? me suis-je demandé. Si les Noirs de notre époque produisent une grande poésie révolutionnaire, est-il probable qu’elle se limite à la seule langue française ?.

Jahn décida donc d’élargir le champ de sa recherche et de la collecte des poèmes à intégrer dans sa future anthologie à des auteurs de langue anglaise, espagnole, portugaise et néerlandaise. Il chercha à établir un contact avec des auteurs noirs en Amérique du Nord et du Sud, aux Antilles, en Afrique, ce qui ne fut pas toujours facile et prit beaucoup de temps. C’est encore Erica de Bary qui, dans son article nécrologique, rappelle l’immense effort que Jahn dut déployer pour arriver à ses fins [3] :

Il y eut une vaste correspondance avec des auteurs dont l’adresse postale était souvent difficile à trouver, qui souvent ne répondaient qu’à une deuxième ou troisième lettre et qui oubliaient souvent d’ajouter leurs poèmes à la lettre de réponse. Ainsi, la sortie du volume tardait jusqu’en 1954. […] Mais Jahn n’était pas seulement capable d’enthousiasme, il disposait également d’une persévérance et d’une infatigable ténacité dans son travail : la recherche, la collecte, la lecture, le tri, détecter et suivre des pistes inconnues.


Dans une longue lettre du 18 octobre 1968, Jahn rappelle à son ami Senghor que c’était lui qui l’avait « poussé à consacrer (sa) vie à l’étude de la littérature moderne africaine. Après cette soirée avec vous dans la maison de M. et Mme de Bary à Francfort, j’ai décidé de documenter et d’étudier cette littérature » [4].
L’importance de l’Anthologie éditée par Senghor n’est plus à prouver ; c’est avec cette anthologie que la littérature africaine de langue française est entrée dans la « littérature monde », que la Négritude, grâce aussi à la préface de Sartre, s’est imposée à un moment donné comme la référence aux débats sur la fonction et la signification de la nouvelle littérature négro-africaine, pas seulement de langue française. Elle a connu plusieurs rééditions et est toujours en librairie. Il y a donc, depuis plus de 60 ans, une présence ininterrompue de cette anthologie.
La fortune de l’anthologie Schwarzer Orpheus, éditée par Jahn, ne fut pas moins grande dans les pays de langue allemande. La première édition de 1954, beau volume bien relié, fut suivie, quelques mois après seulement, de la deuxième, et une troisième en 1959 ; une autre édition vit le jour dix ans après, augmentée de nouvelles poésies de nombreux auteurs, surtout africains. Dans les années 1960 et 1980 suivirent des éditions en format de poche (Fischer, dtv), qui connurent également plusieurs rééditions. La première édition en format de poche chez l’éditeur Fischer en 1960 tira à 60.000 exemplaires. On peut donc dire qu’avec l’anthologie de Jahn, le public allemand prit connaissance de la poésie (et par la suite : de la littérature) africaine et que Schwarzer Orpheus a frayé le chemin à un grand nombre d’autres traductions d’auteurs africains, faites, à l’époque, en grande partie par Janheinz Jahn lui-même qui, pendant plus de vingt ans, a joué le rôle de pionnier dans la transmission de la nouvelle littérature africaine, de langue française aussi bien que de langue anglaise, espagnole et portugaise. L’Université de Mainz, qui a pu acquérir la bibliothèque de Jahn après sa mort en 1973, a fêté le cinquantenaire de la parution de Schwarzer Orpheus en organisant un colloque en 2004. Dans les Archives Janheinz Jahn, en dépôt à la Humboldt Universität de Berlin, j’ai pu accéder à un dossier de plus de 200 comptes rendus de Schwarzer Orpheus. Il s’agit d’articles de presse et d’émissions de radio des années 1954/1956 qui montrent l’effort de la critique allemande qui, durant le nazisme et les années difficiles de l’après-guerre, avait été coupée des débats internationaux et qui dut réapprendre à traiter de cette littérature et à se ré-inserer dans les débats et échanges intellectuels au niveau international. Dans cet effort, elle développe un discours sur la poésie africaine qui intègre un certain nombre de topoi, de figures de pensée qui vont orienter la perception et la compréhension de cette poésie dans les pays de langue allemande. Essayons de définir et de fixer les plus importantes de ces figures, qui montrent que l’on cherche à la fois à se démarquer du monolinguisme de l’Anthologie de Senghor et de l’argumentaire de Jean-Paul Sartre, et de définir les effets de cette poésie au niveau du langage comme celui de la pensée poétique.
(1) Il y a ceux qui, sur les traces de Jahn, condamnent la limitation à la seule langue française, tel Walter Gutermuth dans Offenbach Post du 23 septembre 1954 : « (L. S. Senghor) avait publié une anthologie de la poésie des peuples africains de langue française. Mais qu’est-ce que cela représentait par rapport à la totalité de la poésie nègre ? Au mieux un petit fragment, juste de quoi stimuler la faim des bibliophiles. On voulait plus, on voulait tout ». – Beaucoup s’étonnent devant le « miracle » du fait « que ces hommes, sous un nom étranger, en une langue étrangère […] aient pu garder leur héritage et qu’ils sachent exprimer leur originalité en une langue étrangère » (Thilo Koch, émission radiophonique du SFB de Berlin, le 29 octobre 1954). Ils sont émerveillés devant « l’étrange homogénéité des sentiments de ce chœur polyglotte » (H. G. Brenner, in : Deutsche Zeitung und Wirtschaftszeitung, 22 septembre 1954). L’Orphée noir, le poète noir le trouve partout et c’est partout le même : « Dans les grandes langues (anglais, français, espagnol, portugais) et dans les dialectes sonores de son pays » (H. Dittmar, in : Neue Ruhr Zeitung, 6 octobre 1954).

(2) L’effet sur les langues d’accueil, l’« exploit de ces poèmes (c’est que) par leur naturalisme magique (ils) ont enrichi et continuent d’enrichir leurs langues d’emprunt » et « ils ont contribué ainsi à mieux faire entendre ces langues » (H.B. Brenner, cité ci-dessus). Par la lutte « avec les langues européennes, ils tirent, pour exprimer ce qu’ils ont à dire, des sonorités tout à fait nouvelles » (anonyme dans : Der Fürstenländer, Suisse, 27 novembre 1954). Pour le lecteur européen, l’emploi des langues d’Europe est une « circonstance heureuse », en ceci qu’il « trouve ainsi un accès plus facile à la poésie noire contemporaine » (in : Südkurier, Konstanz, 7 décembre 1954). En même temps, le poète noir est obligé de prendre position contre la langue du colonisateur : « Qu’on s’imagine à quelle résistance nos langues confrontent le poète noir, le poussant à des énoncés extrêmes, dans des langues où l’innocence est blanche et le péché noir » (J. Chr. Hampe, in : Sonntagsblatt, Hamburg, 16 février 1955). C’est justement dans leur caractère « étranger et fabuleux » que « des métaphores et des accords fulgurants s’élèvent devant nous. […] Aucun poète blanc moderne n’a trouvé dans ses vers un langage plus fort que le poète sénégambien Léopold Sédar Senghor qui écrit en français. » (S. Einstein, in : Die Rheinpfalz, Ludwigshafen, 20 décembre 1954). Bien que les poèmes des poètes noirs aient été écrits en langues européennes, « ils gardent néanmoins une grande partie de l’imaginaire africain, (et) se révèlent être créateurs pour les langues des pays hôtes, qu’ils veulent exprimer à leur façon » (W. Ehlers, in : Bücherschiff, Frankfurt M., Heft 2, 1955).

(3) Plusieurs critiques semblent littéralement emportés par cette poésie et ses créations verbales « grandioses », ainsi l’article (sigle : EP) dans le quotidien Mannheimer Morgen du 7 avril 1955 : après avoir évoqué l’exemple de Césaire et de Senghor, le journaliste poursuit : « Quelles forces immenses se manifestent ici, que de nouvelles possibilités d’expression, bien que la langue soit un vêtement étranger, que de créations verbales grandioses dans lesquelles se transforme leur mutisme ! ». – Ces poètes noirs rejoignent ainsi la modernité européenne tout en gardant leur héritage africain, comme l’explique Hugo Loetscher dans le Tagesanzeiger de Zurich du 24 septembre 1955 :

C’est précisément parce qu’ils n’ont pas été élevés avec la tradition contraignante occidentale […] qu’ils arrivent à capter sans hésitation et en créateurs le monde chéri et haï de la Civilisation, en le reliant aux images et représentations de leurs peuples. […] à travers cette poésie nègre, nous assistons à l’irruption, dans la poésie mondiale moderne, d’une imagination sans freins, ‘sauvage’, capable de remonter aux origines, avec une foule de métaphores inconnues et saisissantes ; mais c’est surtout le rythme qui triomphe.

(4) Quelques rares critiques voient aussi les dangers qui guettent ceux qui se servent d’une langue qui n’est pas leur langue maternelle et qui se voient ainsi obligés d’emprunter des concepts qui ne leur sont pas familiers. Ainsi K. A. Horst dans la revue Wort und Wahrheit (Heft 5, 1956) :

Ce qui nous touche dans ces poèmes, c’est une vie affective différente, qui s’exprime à travers le rythme, le langage des images, les émotions, pour se créer une expressivité originale. Par contre, les idées exprimées courent souvent le risque de s’immobiliser en des poncifs. Cela pourrait venir du fait que les poètes nègres se servent de la langue de leurs pays hôtes et se voient obligés d’emprunter de celles-ci des concepts qu’ils n’ont pas formés eux-mêmes. Quand on les traduit encore une fois [en langue allemande] ils ne sont que du papier.

Dans l’Allemagne de la deuxième « après-guerre » qui, depuis 1918, ne connaissait plus le « fardeau » des colonies, le monolinguisme de l’Anthologie de Senghor est perçu comme choquant et presque « contre nature ». Jahn et bon nombre de critiques allemands ne s’érigent pas contre l’emploi des langues européennes par des Africains. Leur bilinguisme est présenté comme un avantage pour les deux côtés et gagné de haute lutte. C’est la limitation à une seule langue qui leur donne le sentiment d’un manque, d’une exclusion. Il y a dans ces positions de la critique allemande comme une utopie : on accepte que les auteurs noirs s’expriment en des langues européennes, dont le français, tout en attendant qu’un jour ils seront en mesure de faire valoir leurs propres langues. Entre-temps, les lecteurs et critiques, traducteurs et autres spécialistes auront peut-être appris à mieux gérer ces richesses qui nous viennent d’Afrique, à les comprendre et traduire convenablement. C’est à partir de ce rapport différent à la langue qu’on peut aussi expliquer en partie les différences dans le choix des auteurs et des poèmes et leur arrangement dans les deux anthologies, et l’orientation différente que Jahn imposa, à travers ce choix dans Schwarzer Orpheus, au lectorat allemand, choix qui eut aussi des conséquences pour la réception de l’œuvre de Léopold Senghor dans les pays de langues germaniques (le livre a connu aussi un certain succès aux Pays Bas et dans les pays scandinaves).
L’Anthologie de Senghor est subdivisée en six parties que nous rappelons avec les noms des auteurs qui y sont présentés : Guyane : Léon-G. Damas (15 titres) ; Martinique : Gilbert Gratiant (3), Etienne Léro (10), Aimé Césaire (13) ; Guadeloupe : Guy Tirolien (4), Paul Niger (3) ; Haïti : Léon Laleau (5), Jacques Roumain (4), Jean-F. Brière (3), René Belance (2) ; Afrique Noire : Birago Diop (3), Léopold S. Senghor (14), David Diop (5) ; Madagascar : Jean-Joseph Rabéarivelo (12), Jacques Rabémananjara (2), Flavien Ranaivo (5). Donc, en tout, 16 auteurs et 110 titres. Dans Schwarzer Orpheus de Janheinz Jahn (volume paru six ans plus tard !) nous avons un nombre d’auteurs beaucoup plus élevé, à savoir 80, et un nombre de 163 textes, donc un nombre beaucoup plus réduit de textes par auteur.
Dans l’anthologie de Jahn nous trouvons à la première place l’Afrique (p. 5-48), suivie par les Antilles (p. 49-118), l’Amérique du Sud (p. 119-144) et l’Amérique du Nord (p.145-162). Dans la partie africaine, le Sénégal, qui figure toujours à la première place (toujours avec L. S. Senghor, Birago Diop et David Diop), est suivi par des poètes originaires de la Gold Coast, du Nigéria, du Congo, d’Afrique du Sud, de Rhodésie, du Rwanda et de Madagascar (que Jahn intègre dans la partie africaine).
Dans la partie caribéenne (toujours la plus grande par rapport au nombre de pages) nous trouvons quelques changements : pour la Martinique, Etienne Léro sera remplacé par Lionel Attuly, et dans la partie haïtienne seront ajoutés des poèmes d’auteurs qui ne figuraient pas dans l’Anthologie de Senghor : Louis Borno, Carlos Saint-Louis, Carl Brouard, René Depestre, Roussan Camille ; sont supprimés par rapport au modèle français : Jean-F. Brière, René Belance. Dans cette partie sont présentés également bon nombre de poètes cubains hispanophones (Nicolás Guillén, Regino E. Boti, Gaston Baquero, José Manuel Poveda, Marcelino Arouzarena) ; anglophones de la Jamaïque : Claude McKay, Basil McFarlane, Philip M. Sherlock, Alston Anderson ; de Puerto Rico : Carmen Colón Pellot ; de St. Lucia le futur prix Nobel Derek Walcott (né en 1931, le plus jeune auteur de cette anthologie !), de la Barbade : H. A. Vaughan, Frank A. Collymore ; de St. Vincent : Owen Campbell ; de Tobago : E. M. Roach ; de Trinidad : Harold Télémaque.
La partie sud-américaine est ouverte par huit poèmes de Léon-Gontran Damas d’origine guyanaise, qui sera suivi de poètes de la Guyane britannique et du Surinam néerlandophone, de poètes hispanophones de Colombie, d’Équateur, du Pérou et d’Uruguay ; puis d’auteurs lusophones du Brésil. La partie nord-américaine contient quelques noms bien connus comme Langston Hughes ou Countee Cullen, mais elle est relativement courte, étant donné qu’il existait déjà à l’époque plusieurs anthologies de la poésie noire des États-Unis sur le marché allemand.
Outre la plus grande variété des pays et langues d’origine, l’anthologie Schwarzer Orpheus contient aussi un nombre significatif de femmes écrivains : Efoua Theodora Morgue (Gold Coast), Mabael Jolaoso (Nigéria), Lettie Grace Nomakhosi Tayedzerhwa (Basutoland), Carmen Colón Pellot (Puerto Rico), Virginia Brindis Salas (Uruguay), Gwendolyn Brooks (USA), Margaret Walker (USA). Quand on pense au rôle que les femmes ont joué durant les années 1930 de la première Négritude – les sœurs Nardal qui, dans leur Revue du monde noir (1931/32), avaient publié des textes de plusieurs femmes ou l’Anglo-américaine Nancy Cunard qui, dans son anthologie Negro de 1934, avait également donné leur place aux femmes – on peut regretter cette absence dans l’Anthologie de Senghor de 1948.
Avec le recul, aujourd’hui, on peut être d’avis que les auteurs africains dans des anthologies comme celle de Senghor et de Jahn, au lieu d’être enfermés dans un cadre strictement « francophone » (la future « Francophonie » s’annonce déjà dans la politique française durant cette période de décolonisation [5], ont plutôt « gagné » à être placées dans un contexte mondial, d’une « littérature monde ». La poésie de la « Négritude », à ses origines, n’avait pas peur du plurilinguisme. Pensons encore à la Revue du Monde noir / Review of the Black World des sœurs Nardal, qui était bilingue. La revue Présence Africaine, à ses débuts, essaya de renouer avec cette tradition de plurilinguisme de la première Négritude. N’oublions pas non plus que l’anthologie d’Alain Locke, The New Negro [1925], était, dans les années 1930, le « livre de chevet » de Léopold Senghor et qu’il a souvent souligné les origines nord-américaines de la pensée de la Négritude (W.E.B. Du Bois, Claude McKay).
Nul doute que pour Janheinz Jahn, Léopold Senghor figure parmi les plus grands poètes de l’époque. Il le met à la première place dans Schwarzer Orpheus et c’est à lui qu’il consacre, avec Aimé Césaire, le plus d’espace dans son anthologie. Dans la postface, il cite le nom de Senghor parmi « les auteurs les plus importants de l’Afrique », en compagnie de Birago Diop, Antoine Roger Bolumba du Congo belge, Efuar Theodora Morgue de la Gold Coast et le poète malgache Jean-Joseph Rabéarivelo qui sont pour lui les « plus éminents représentants de cette ‘Renaissance des Noirs’ dont le centre est aux Antilles » (167).


Ce qui, en revanche, peut surprendre, vu le respect et l’admiration que Jahn éprouvait envers Senghor, est le fait que le choix de poèmes du poète sénégalais dans Schwarzer Orpheus diffère presque intégralement de celui de l’Anthologie de 1948. Dans celle-ci Senghor avait placé, dans un souci d’équilibre par rapport à la totalité de sa production poétique, trois poèmes de son premier recueil, Chants d’ombre (1945), quatre des Hosties Noires (1948), autant des Chants pour Naëtt (1949), et trois du volume non encore publié à l’époque, Éthiopiques, qui sortira en 1956. Le seul de ces poèmes qui sera repris dans Schwarzer Orpheus est « Congo » du futur recueil Éthiopiques ; les neuf autres textes sont tous tirés du recueil Chants pour Naëtt et le futur recueil Nocturnes – sept poèmes d’amour et deux strophes (III, IV) du « Chant de l’initié ». Pour expliquer ce choix qui pourrait, à première vue, sembler arbitraire, il faudrait entrer plus en détail dans la vision que Jahn avait de la « poésie africaine » (et peut-être de la poésie tout court) et dans le contexte allemand des années de la deuxième après-guerre. Nous nous limitons ici à signaler la problématique.
Senghor, par ailleurs, est non seulement l’auteur qui a éveillé en Jahn la curiosité et l’enthousiasme pour tout ce qui était africain, mais aussi l’auteur à travers l’œuvre duquel il s’est mis à l’apprentissage des réalités africaines. Ceci est visible à partir des explications que Jahn a intégrées dans l’annexe des traductions des poésies de Senghor. Dans le commentaire de Schwarzer Orpheus (p. 190 sq.), il se contente d’expliquer des termes que Senghor avait également accompagnés d’une « brève explication » dans l’appendice à Chants pour Naëtt (p.46-48), tels les noms d’instruments de musique comme : khalam, balafong, gorong, talmbatt ; ou bien des termes botaniques ou géographiques tels adéra (arbrisseau du Sahel à fleurs rouges) et kori (« ligne mince de verdure qui, dans le désert, dessine le lit d’une rivière, le plus souvent à sec »).
Pour sa traduction des « Poésies complètes » de Senghor [6], une belle édition bilingue, publiée par l’éditeur Carl Hanser à Munich (qui était déjà l’éditeur de Schwarzer Orpheus), Jahn a établi un glossaire de neuf pages, avec plus de 250 entrées, pour la constitution duquel Jahn s’est plus d’une fois adressé à Senghor. Ainsi, dans une lettre du Président de la République (n° 855 PR/SP) [7], celui-ci répond « sans tarder » aux questions que Jahn lui avait posées, « dans l’ordre où vous me les avez posées ». Il s’agit d’expliquer les noms de Pierre Achille, d’Almamy et de Bakel, et le mot wolof bassi. Almamy est expliqué ainsi : « Dans l’organisation théocratique des Peuls du Fouta Djalon, l’Almamy était un chef de caractère religieux et civil en même temps. Le titre correspond à celui d’Emir, en Mauritanie ». Et Senghor n’oublie pas d’ajouter : « Le Fouta-Djalon est situé en République de Guinée ». Il ne serait donc pas exagéré de dire que cette édition est en partie le résultat d’une coopération entre le poète et son traducteur. Quand Jahn, en 1970, reçut le Prix de la traduction de l’Académie allemande de langue et littérature à Darmstadt, c’était sûrement aussi grâce à sa belle traduction de Senghor.
En ce qui concerne le choix et l’arrangement des poèmes dans ce volume qui porte le titre de Botschaft und Anruf (« Message et Appel »), Jahn, comme dans Schwarzer Orpheus, ne se soucie pas de la chronologie, de la date de parution des recueils, qu’il renverse simplement, en mettant à la première place le dernier paru des recueils de Senghor, Nocturnes (1961) pour remonter ensuite dans le temps : Ethiopiques (1956), Hosties Noires (1948) et Chants d’ombre (1945). Même à l’intérieur des recueils, il modifie souvent la succession des poèmes. A notre sens, il ne faut pas y voir un manque de respect à l’égard de l’auteur ou un défaut d’« esprit philologique ». Jahn avait une vision de l’Afrique et de la poésie africaine qu’il s’efforçait de transmettre au public allemand et à laquelle il pliait aussi, si nécessaire, la présentation des textes.
Pour donner une idée de ce mélange entre la présentation d’un savoir acquis (selon une célèbre formule de J. W. Goethe dans le Divan-occidental-oriental : « Qui veut comprendre le poète, / Doit aller au pays du poète ») et l’enthousiasme du traducteur-poète, nous citons un paragraphe de la postface à l’édition allemande des poèmes de Senghor, où Jahn essaie de situer cette poésie dans son cadre géographique et historique :
Dans ses vers il [L. S. Senghor] rend vivant son pays, sa petite patrie : le royaume du Sine, entre le Cap Vert et le Salum, dont il est originaire, le pays sereer plus étendu, avec comme voisins les royaumes des Wolofs, des Toucouleurs et des Peuls : le Cayor et le Baol, le Fouta et le Bundu. Des peuples d’agriculteurs et de pasteurs qui habitent ce pays, aujourd’hui nommé Sénégal : des zones de transition entre le désert et la forêt tropicale : des savanes, des côtes aux îles nombreuses et des lagunes, des plaines avec beaucoup ou trop peu d’eau – le théâtre d’une longue histoire mouvementée et d’une ancienne chevalerie, aujourd’hui encore vivante, avec ses tournois, ses mœurs courtoises, ses ménestrels errants, ses légendes et lieux sacrés, ses danses magiques et divinités de la nature. Des contrées où l’or de la parole a plus de valeur que l’or extrait de la terre. A l’école de la brousse, les jeunes sont initiés au savoir et aux connaissances d’une vieille culture ; les tams-tams, les balafons et les koras, des instruments à rythme et à cordes, martèlent le secret des bois sacrés, font l’éloge du vainqueur des luttes, composent une chanson d’amour pour la bien-aimée. Des épopées conservent les souvenirs des grands empires du Soudan et du Sahel occidental : le Ghana et le Mali, les empires des Songhaï et des Soussou, des Mossi avec leurs grands rois et chefs de guerre, le Grand Askia, Sundjata, Sonni Ali et Kankan Musa, qui faisait le pèlerinage vers la Mecque avec le plus grand faste. Grandeur et misère de l’Afrique, la traite et le colonialisme, la Deuxième Guerre mondiale quand l’Afrique a sauvé la France – le passé et le présent sont liés dans les vers palpitants de Senghor, composés et chantés sur les rives du Sénégal et de la Loire, au bord de la Méditerranée et dans le Stalag allemand, à Coïmbra et à Paris.
Comme l’a bien dit l’écrivain haïtien Roger Dorsinville, qui a vécu de longues années à Dakar, Janheinz Jahn était littéralement « ébloui » par l’Afrique et les Africains, incapable de penser ou de dire du mal de l’Afrique, comme il le dit dans un entretien avec Ulla Schild, la compagne de Jahn pendant de longues années et qui a géré son héritage après sa mort :

On a l’impression, quand on a lu Jahn et surtout quand on l’a vu en Afrique, qu’il restait un homme ébloui par la découverte de ce continent, que cet Africain près de la nature, réactif au visible et à l’invisible le fascinait. Il n’a pas été un spécialiste des arts mais il a jeté un coup d’œil ébloui sur les arts du bois, de la cire perdue (1982, 60).

Et Ulla Schild de confirmer : « Il était un enthousiaste qui trouvait bon tout ce qui était africain. […] L’Afrique était son miracle ; il voulait tout voir, comprendre l’Africain » (ibid.). Mais Jahn « était loin d’être naïf et n’était pas privé de sens critique » (ibid.), et il ne se contentait pas de traduire les auteurs africains et de la Diaspora noire ; il voulait tout savoir, tout comprendre, tout absorber et tout transformer et intégrer dans sa vision du continent.
C’est ainsi qu’est né son livre Muntu : Umrisse der neoafrikanischen Kultur (Muntu : profil de la culture néo-africaine), livre qui fut traduit en sept langues (suédois, anglais, français, italien, espagnol, norvégien, néerlandais). L’édition française fut publiée en 1961 aux Editions du Seuil sous le titre : Muntu : l’homme africain et la culture néo-africaine (trad. de Tr. Brian de Martinoir). Muntu a connu un accueil très contrasté et a suscité des débats fervents et controversés. Jahn, qui, à l’époque de sa rédaction, n’avait pas encore mis le pied sur le continent africain, se base avant tout sur les théorèmes de la Négritude et les idées d’une « philosophie » africaine (voire « bantou ») du père Placide Tempels et du rwandais Alexis Kagame, références qui, après la publication des œuvres anticolonialistes de Césaire, Fanon et Memmi, étaient devenues la cible de beaucoup de critiques. Et Jahn lui-même, après avoir parcouru l’Afrique de l’Ouest (en 1959) et découvert les auteurs de la littérature anglophone, nigériens notamment, avait dû modifier une grande partie de ses conceptions. Il faut retenir néanmoins que le livre a connu un grand succès, particulièrement en Amérique du Nord et parmi la diaspora africaine aux États-Unis (comme le confirme Roger Dorsinville, en Haïti aussi).
L’auteur sud-africain Peter Abrahams, en exil aux États Unis, en donna un compte rendu enthousiaste dans le New York Times Book Reviews du 14 mai 1961 où il est dit :

I think this is the first time that any Western writer has gone below the surface of what is glibly called ‘the African personality’ and come up with a true picture. This, I think, is as near as anybody who is not himself an African will get to understanding what makes the African tick. This is how the African sees his world ; these are his beliefs ; and here, too, I think, the thoughtful reader will find an indication of what is likely to happen in tomorrow’s continent. Jahn’s ‘Muntu’ is must reading for all who are concerned with the future of Africa and the world. It is also a rare piece of scholarship in its own right on the cultural past and present of possibly the most misunderstood people in today’s world, cité in Schild, 1995 : 57).

Malgré toutes les attaques contre Muntu, Jahn a non seulement continué son travail pour une meilleure compréhension de la littérature africaine et posé les fondements d’un travail « scientifique » de recherche et d’analyse sur cette littérature [8] ; il est resté en même temps fidèle à ses débuts, à celui qui l’avait introduit dans le champ de la Négritude et de la littérature et de la « philosophie » africaines, à son mentor Léopold S. Senghor.
On peut voir précisément une preuve de cette fidélité dans le fait que la préface que Senghor a écrite pour la traduction française du roman Une couronne pour Udomo (1963) de Peter Abrahams, qu’il présente comme un « classique de la Négritude », a été reprise par Jahn dans le choix d’essais de Senghor qu’il a publié en 1967 sous le titre (qui reprend celui du premier volume de Liberté ) Négritude und Humanismus. Jahn place le texte de Senghor à la fin du volume. Et nous pensons que « la leçon » que Senghor tire du roman de l’auteur sud-africain est certainement celle de Jahn aussi. La voici :

La Négritude, pour s’exprimer, doit se dépasser, en dépassant le folklore et l’exotisme. Elle le fera en revenant aux sources mêmes de la Négritude : à notre art ancien, qui est ars parce que son objet est l’Homme et que le rythme, loin d’y être abondance, est mesure, celle-là même qui donne, à chaque chose, sa juste place » (1964 : 430).

La Négritude n’était pas, ni pour Senghor ni pour Jahn, un concept immuable et figé dans le passé, c’était un noyau dur autour duquel s’agrégeait une réflexion constamment en éveil, « se dépassant » constamment au rythme de l’Histoire, de nouvelles découvertes et de nouvelles rencontres. On peut seulement regretter qu’il ne fut pas donné à Jahn d’accompagner plus longtemps son aîné et celui de la littérature africaine, et qu’il fut arraché par la mort en pleine activité et encore plein de projets, à l’âge de 55 ans.

BIBLIOGRAPHIE

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- Schwarzer Orpheus – Moderne Dichtung afrikanischer Völker beider Hemisphären, ausgewählt und übertragen von J. Jahn, München, Carl Hanser, 1954, 1955, 1959, nouvelle édition 1964. – Éd. en format de poche à partir de 1960 (Fischer, dtv).
- Muntu – Die neoafrikanische Kultur, Düsseldorf-Köln, 1958, nouv. éd. 1986.
LINDFORS, Bernth et SCHILD, Ulla (éds.), Neo-African Literature and Culture. Essays in Memory of Janheinz Jahn, Wiesbaden, B. Heyman, 1976.
RIESZ, János, « Senghor and the Germans », in Research in African Literatures (Special Issue Léopold Senghor) vol. 33, nr. 4, Winter 2002, 25-37.
SADJI, Booker W., « Hommage à … ou plutôt amitié pour Janheinz Jahn », in « Hommage posthume à Janheinz Jahn », Le Soleil – Supplément du n° 1.825, 19 mai 1976.
SCHILD, Ulla, « A Bibliography of the Works of Janheinz Jahn », in Research in African Literature, vol. 5, n° 2, Autumn 1974, 196-205.
- « Vermittlung am Kreuzpunkt der Kulturen – eine biographische Skizze des Afrikanisten Janheinz Jahn », in Kunst, Literatur und Gesellschaft – Zur Rezeption und Bedeutung von Kunst und Literatur in der Dritten Welt, éd. par Dieter Neubert et Andreas Thimm, Mainz, Universität, 1995, 45-61.
SCHILD, U. et DORSINVILLE, R., « L’Homme ébloui. Portrait de Jahn avec Ulla Schild », in Africa (Dakar), no. 141, mais 1982, 59-61.
SEILER-DIETRICH, Almut, « Janheinz Jahn und die neoafrikanische Literatur », in Nicht nur Mythen und Märchen – Afrika-Literaturwissenschaft als Herausforderung, éd. par Flora Veit-Wild, Trier, Wissenschaftlicher Verlag, 2003, 94-113.
SENGHOR, Léopold Sédar (éd.), Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache de langue française, précédée de « Orphée Noir » par Jean-Paul Sartre, Paris, P.U.F., 1948.
- Œuvre Poétique, Paris, Seuil, 1964, 1973, 1979, 1984 et 1990.
- Liberté I – Négritude et Humanisme, Paris, Seuil, 1964.
ZWERENZ, Gerhard, « Die Westdeutschen entdecken den Tod », in G. Zwerenz, Die Westdeutschen – Erfahrungen, Beschreibungen, Analysen, München, C. Bertelsmann, 1977, 137-155.

Traductions en allemand d’œuvres de L.S. Senghor par Janheinz Jahn :

Tam-Tam Schwarz : Gesänge vom Senegal, Auswahl, Heidelberg, Wolfgang Rothe, 1955.
Botschaft und Anruf. Sämtliche Gedichte, französisch und deutsch, herausgegeben und übertragen von Janheinz JAHN, München, Carl Hanser, 1963. – Nouvelle édition, révue et mise en forme par J. RIESZ, Wuppertal, Peter Hammer, 2006.
Négritude und Humanismus, herausgegeben und übertragen von J. JAHN, Düsseldorf-Köln, Diederichs, 1967.


[1] Université de Bayreuth, Allemagne.

[2] Cité d’après ZWERENZ 1977, p. 148 suiv.

[3] Cité par ZWERENZ, 1977, p.148 suiv.

[4] Lettre consultée aux Archives Janheinz Jahn à la Humboldt Universität de Berlin.

[5] Voir ma contribution au colloque « Perspectives européennes des études littéraires francophones », du 17 au 19 mars 2009, à l’Université Stendhal-Grenoble 3, sous le titre : « Le concept de ‘francophonie’ vu d’Allemagne » (sous presse).

[6] Un premier choix de poésies de L. S. Senghor dans la traduction de JAHN avait été publié en 1955 à Heidelberg (voir bibliographie).

[7] Citée d’après la copie des Archives Jahn à Berlin.

[8] Voir la bibliographie de Jahn établie par Ulla SCHILD, 1974.




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