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LA FEMME DANS LE MYTHE DE MBEGAAN NDUUR
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Ethiopiques n°88.
Littérature, philosophie et art
1er semestre 2012.
Espaces publics africains, crises et mutations

LA FEMME DANS LE MYTHE DE MBEGAAN NDUUR

Auteur : Seynabou MBAYE [1]

Le mythe de Mbeggan Nduur qui fonde l’émergence du pouvoir politique au Saalum, un des royaumes seereer [2] du Sénégal, accorde une place non négligeable à la femme qui y joue des rôles assez importants aussi bien dans la transmission des valeurs du groupe, dans l’émergence et la transmission du pouvoir politique, que dans la stabilisation et l’élargissement des bases sociales et territoriales du royaume.
Certes, ce sont les circonstances et le contexte de l’émergence de ce pouvoir politique qui placent la femme au cœur du dispositif institutionnel, mais celle-ci ira au-delà d’une simple implication par les hommes pour parvenir à une participation politique qui lui fera jouer des rôles de premier ordre.

1. LE CONTEXTE HISTORIQUE ET CULTUREL

Entre les XIe et XIIIe siècles, les Seereer qui ont quitté le Nord du Sénégal, où ils ont vécu pendant longtemps, viennent s’installer plus au Sud, dans leurs emplacements actuels [3]. Motivés par la recherche de meilleures conditions de vie et le refus de se soumettre à l’islamisation en cours à l’époque dans leur terroir d’origine, ils trouveront dans leurs terres d’accueil du Siin et du Saalum de petites colonies d’origine mandingue qu’ils vont assimiler. En effet, par un métissage biologique et culturel entre ces deux ethnies, on aboutira à la formation d’une seule société agraire.
Entre les XIVe et XVIe siècles, des Gelwaar, originaires du Gaabu [4], prennent le chemin de l’exil à la suite d’une profonde instabilité politique consécutive à une dévolution contestée du pouvoir et finissent par s’installer dans les terroirs occupés par les Seereer, notamment au Siin et au Saalum.
Grâce aux alliances matrimoniales, les Gelwaar vont finir par s’intégrer sans grands heurts aux grandes familles Seereer, détentrices de la terre, trouvées au Siin et qu’ils vont par la suite associer à l’exercice du pouvoir politique qu’ils ont instauré, dans le respect des structures lignagères trouvées sur place.
Mais au Saalum, la situation semble un peu plus complexe, du fait de la pluralité des communautés ethniques en présence et de leur attitude différente envers les Seereer. Si la grande communauté autochtone seereer accepta sans difficultés celles d’origines mandingue et pël, avec qui elle vécut dans la plus grande harmonie, ce ne fut pas le cas pour la communauté tukulër dirigée par Ali Eli Bana Sall.
En effet, ayant quitté son Fuuta-Toro natal pour venir s’installer à Njob, au cœur du Mbey [5], Ali Eli Bana entreprit d’islamiser les populations trouvées sur place, ce qui les révolta au point qu’ils cherchèrent un libérateur qu’ils finirent par trouver en Mbegaan Nduur.

2. LE MYTHE DE MBEGAAN NDUUR

A l’instar des autres mythes, celui de Mbegaan Nduur est un récit des origines, un récit de fondation d’un nouvel ordre politique et social, porteur de significations symboliques qui expliquent la manière d’être du Seereer dans son environnement [6].
Personnage carrefour, Mbegaan Nduur est le fondateur du royaume du Saalum à la fin du XVe siècle ; il a aussi été Teeñ du Bawol [7] avant la prise du pouvoir par Amari Ngóone Sobel [8] et a régné antérieurement au Siin pendant une période de dix ans [9].
Mbegaan Nduur est le fils de Maan Fay, princesse gelwaar du Siin descendante de Maysa Waali Maane [10]. De par sa mère, il est un membre de l’aristocratie gelwaar. Son père, Maari Nduur, est un maître chasseur originaire du Saalum, aux connaissances très étendues et qui rendait de grands services à sa communauté en la nourrissant gratuitement de ses lanières de viande salées et séchées.


Souffrant d’une plaie incurable qu’elle trainait au pied depuis longtemps, Maan Fay sera envoyée au Mbey, par son frère, se faire soigner par le chasseur et guérisseur Maari Nduur. Sa grande science permit à ce dernier de « voir » que cette femme porterait en son sein un enfant exceptionnel, raison pour laquelle il transgressera les règles sociales établies pour en être le géniteur.
Fruit d’une mésalliance, Mbegaan Nduur grandira dans la cour royale de son oncle Waagaan Fay, avec les moqueries de ses cousins sur son origine paternelle étrangère et inférieure, qui, le moment venu, seront le fondement symbolique de son entreprise de libération du terroir paternel du joug du chef tukulër Ali Eli Bana Sall.
Après avoir vaincu ce dernier, Mbegaan va rebaptiser le Mbey du nom de Saalum et y transposer les formes d’organisations sociale et politique instaurées au Siin par les Gelwaar. Il organise la vie et les activités économiques autour de sa capitale, Kawoon, réussit l’expansion de son territoire vers les royaumes environnants du Kajoor et du Bawol et vers la Gambie voisine située plus au sud, et assure l’abondance et la prospérité, avant de disparaitre dans l’affluent du bras de mer du Siin qu’est Sangamaar.
Le mythe de Mbegaan Nduur transpose et réactualise ainsi le modèle conventionnel d’autres récits mythiques de l’Ouest-africain, notamment celui du Wagadu-Gana [11] et de Njaajaan Njaay [12].

3. LA FEMME DANS LE MYTHE DE MBEGAAN NDUUR

Le peuplement, la culture et l’histoire du Siin et du Saalum étant très intimement liés, ces deux espaces ont connu, à des différences moindres, la même évolution aux plans politique et social. En effet, lorsqu’ils sont venus du Gaabu pour s’installer au Siin, les Gelwaar y ont transposé, avec beaucoup de tact, le modèle de leur organisation sociale et politique.
Dans cette société agraire seereer aux structures sociales égalitaires, ils vont instaurer une nouvelle organisation basée sur des relations de subordination fondées sur la division sociale du travail.
De même, à l’absence de pouvoir politique centralisé sous l’autorité d’un roi, ils vont substituer une organisation autour d’un Etat central. En effet, à l’instar des sociétés wolof de l’époque, le Siin et le Saalum pré-gelwaar fonctionnaient sur la base d’un système lamanal [13] dont l’organisation tournait autour de la terre, de la famille et du sacré. Chaque chef gouvernait sa communauté dont l’activité principale était l’agriculture, assurait la prospérité des activités culturales et veillait au respect des droits et normes. Comme l’affirme Bassirou Dieng :

A la tête de chaque groupe se trouvait un laman, sorte de patriarche, qui assumait les fonctions religieuse, politique, juridique et foncière. Il répartissait les terres, percevait les redevances et assurait la fertilité par des offrandes et des sacrifices en faveur des divinités ancestrales [14].

Pour réussir sans heurts la transposition de cette nouvelle organisation politique et surtout conserver le pouvoir, les Gelwaar vont instituer la dévolution matrilinéaire et prendre toutes les dispositions qui le leur permettront. C’est ainsi que Téning Joom, qui est la fille de Siga Bajal, une des sœurs de Maysa Waali qui l’avait accompagné durant son exil du Gaabu, sera donnée en mariage au lutteur seereer Bougar Biram Fay. De cette union naquirent plusieurs enfants, notamment Tase Fay et Waagaan Fay qui seront les premiers rois du Siin.

La femme porteuse des valeurs du groupe

Comme dans d’autres mythes, la mère de Mbegaan Nduur, Maan Fay, est le fondement social et politique du récit mythique et de la geste du héros. En effet, nous sommes dans une société matrilinéaire, ce qui est un héritage de l’Egypte ancienne comme Cheikh Anta DIOP l’a montré dans ses travaux [15].
Le système social instauré par les Gelwaar en pays seereer accordait une place primordiale à la femme qui jouissait d’une grande liberté et d’honneurs liés à la maternité, car les titres étaient transmis à l’enfant par sa mère. En effet, n’était gelwaar que l’enfant né d’une femme gelwaar et seul ce dernier pouvait prétendre à la royauté. L’enfant de père gelwaar et de mère non-gelwaar pouvait cependant avoir d’autres fonctions, notamment celle de chef de l’une des nombreuses localités qui seront créées.
Maan Fay, petite sœur des rois du Siin Tase Fay et Waagaan Fay, revint de Tanda Mbudaay, village seereer du Mbey, guérie de sa plaie mais porteuse d’une grossesse contractée hors des liens du mariage. Cette transgression des normes sociales établies est fortement symbolique, dans la mesure où elle permettra la jonction entre les deux groupes qui, sur le plan idéologique, sont opposés, mais dont la rencontre est nécessaire à l’émergence d’un nouvel ordre politique.
C’est donc avec la figure de la mère que commence le mythe de Mbegaan Nduur.
Nous pouvons d’ailleurs comparer Maan Fay à Prométhée, le titan de la mythologie grecque qui créa l’homme à partir d’eau et de terre et façonna son corps d’une manière distinguée à l’image des dieux ; des entrailles de Maan Fay sortit l’ancêtre fondateur dont le nom est porteur d’une signification symbolique [16]. En lui donnant ce nom, son père avait prédit qu’il dominerait le Saalum et le Siin et d’ailleurs, à la fin de sa vie, il accèdera à un statut d’ancêtre mythique protecteur de l’ordre social et pourvoyeur de pluies.
Comme Prométhée qui, malgré l’opposition de Zeus, offrit le feu à l’homme, lui permettant d’accéder à la culture, Maan Fay permit à Maari Nduur d’entrer dans une autre culture. L’acceptation et l’intégration idéologique de ce chasseur et de son groupe d’origine, ainsi que sa socialisation, vont donc passer par Maan Fay qui le sortit de son repaire de Mbudaay, où il vivait entouré des fauves qu’il tuait, dépeçait, coupait en lanières qu’il séchait à l’air libre en vue de l’alimentation des populations des villages voisins.
Maan Fay peut aussi être assimilée à Muso Koroni, une des bases de la création du monde dans le mythe cosmogonique des Dogons [17], en ce sens qu’elle est la matrice nécessaire à la fécondation. D’ailleurs, Maari Nduur ne s’y est pas trompé, comme en témoignent ses propos et son désir lorsque Maan Fay lui fut amenée pour qu’il la soignât :

Il regarda longuement Maan Fay et dit :
Ce qu’elle garde en son sein sera une personnalité.
Je voudrais que vous me la donniez en mariage après que je l’aurai soignée
 [18].


Le personnage issu de cette union entre la femme, symbole de l’ordre gelwaar, et Maari Nduur, le symbole du maître chasseur, sera à l’origine de l’émergence du pouvoir politique au Saalum. Mais auparavant, Mbegaan aura grandi dans la cour royale du Siin, auprès de ses oncles et de sa mère qui lui transmettront les valeurs gelwaar.
Après avoir fait du Mbey un royaume qu’il rebaptisera du nom de Saalum, Mbegaan Nduur y transposera le modèle politique en vigueur au Siin, notamment la dévolution matrilinéaire du pouvoir, de sorte que ses neveux Lat-Menge Jeléen Njaay, Samba Làmbur Njaay, Seni Ndieme Jeléen Njaay et Walbumi Jeléen Njaay lui succéderont.
Cette place attribuée à la femme dans la culture seereer est encore une réalité qui fait que les relations entre le neveu et l’oncle sont très étroites, dans la mesure où celui-ci est considéré comme un substitut de la mère.
Cependant, ce n’est pas seulement ce rôle de transmission des valeurs sociales que le mythe fait jouer à la femme. La femme prend aussi une part active dans la conquête du pouvoir. La femme adjuvant du héros dans la conquête du pouvoir Le mythe de Mbegaan Nduur célèbre la femme qui y joue des rôles très importants, notamment dans la conquête du pouvoir politique. En effet, lorsque Mbegaan décida de quitter le Siin pour venir au Mbey découvrir le pays de son père, il le fit avec de nombreux compagnons mais aussi avec ses petites sœurs Menge et Ndumbe Nduur.
Installé dans la forêt de Coofak, Mbegaan mena plusieurs assauts infructueux contre le marabout Ali Eli Bana Sall qui avait des troupes plus aguerries et mieux initiées aux techniques de guerre. Le mythe fait participer Menge Nduur aux combats menés par son frère, car elle le galvanise et le soutient dans le champ de bataille, mais en vain.
Face à cette impasse perçue comme un affront, Menge se révolta contre son frère et se proposa, sans aucune forme de subtilité, de prendre sa place, convaincue qu’elle aura plus de succès que lui.
Selon le récit, elle le défia même en ces termes :
Même moi qui suis une femme,
Si je combattais ce marabout, il y a longtemps que je l’aurais fait quitter
 [19].

C’est ce défi, qui peut être analysé comme un mandement, qui va accélérer le déroulement de l’action mythique dans la mesure où Menge proposera à son frère la stratégie qui lui permettra de vaincre l’adversaire. Ainsi, au jour et au moment choisis, déroulant le stratagème, le frère se transforma en serpent, la sœur en chatte et le griot en haie. Ils attendirent que le marabout accomplît la prière de takusaan [20] pour que le serpent entrât dans sa babouche et attendît qu’il se rechaussât pour le mordre mortellement. Face à la furie meurtrière de la foule de fidèles du marabout, le serpent double de Mbegaan fut sauvé par la chatte double de Menge et protégé par la haie double du griot.
La présence de la femme est active et intelligente tout au long du récit, car c’est sa science qui sera déterminante dans l’issue de la confrontation. Là où la force physique de l’homme a échoué, la stratégie féminine a réussi.
Ce rôle de la femme dans la conquête du pouvoir sera le prétexte de son mariage avec le roi du Jolof de l’époque Jeléen Njaay, car, dit le récit, il fallait l’éloigner pour préserver le secret du stratagème mis en œuvre pour évincer Ali Eli Bana. C’est là un préjugé défavorable à l’endroit de la femme qui ne repose sur rien d’objectif, car malgré son éloignement, le secret a été divulgué aux générations suivantes.
Ce rôle joué par Menge Nduur dans la conquête du pouvoir s’inscrit dans une logique de légitimation de la dévolution matrilinéaire du pouvoir qui a été transposée du Siin au Saalum et qui permettra aux Gelwaar de conserver le pouvoir pendant près de cinq siècles.
Cette place respectable de la femme qui est comme un alter ego de l’ancêtre fondateur est bien différente de la situation que nous constatons aujourd’hui avec les multiples agressions dont elle est victime et qui sont la résultante des nombreuses mutations qui affectent profondément les valeurs qui ont toujours constitué le soubassement social et culturel de la société sénégalaise.
A titre illustratif de ces agressions, nous pouvons retenir les récurrentes violences faites aux femmes qui sont devenues une réalité dans notre société et dont l’une des causes est justement la forte influence du système patriarcal qui s’est presque entièrement substitué au système matriarcal et qui impose la domination totale de l’homme sur la femme et les enfants. Cela a débouché sur des rapports de force très inégalitaires, de sorte que la femme, considérée désormais comme le sexe faible, subit la domination de l’homme dans tous les rapports sociaux.
A l’opposé, le système matrilinéaire n’engendrait pas de compétition entre l’homme et la femme, car chacun acceptait sa place et son rôle et ceux de l’autre, de sorte qu’il n’y avait pas de rapports de domination, mais des relations équilibrées. La femme, facteur d’élargissement et de stabilisation des bases sociales et territoriales du royaume

Dans le mythe de fondation du Saalum, c’est la femme qui permet l’élargissement des bases sociales et territoriales du royaume. En effet, le mariage de Maan Fay avec Maari Nduur autorisé seulement après la naissance de Mbegaan Nduur, lorsque le chasseur étranger aura compensé son « infériorité sociale » par sa grande science, va créer des liens de parenté entre le Siin et le Saalum qui deviendra comme un appendice de ce premier royaume seereer. Mbegaan dont la lignée paternelle était au Saalum est aussi un enfant de ce terroir qu’il découvrira seulement à l’âge adulte.
Prétextant une visite à son père et à ses parents, Mbegaan Nduur sera le libérateur de la communauté seereer autochtone qui l’exhorta à mettre fin à l’affront d’Ali Eli Bana qui nourrissait le dessein de la convertir à l’Islam. Après avoir instauré la royauté au Saalum, il va unifier sous son autorité les deux entités territoriales où résidaient ses parents.


Ce rôle d’élargissement des bases du royaume sera également joué par Menge Nduur qui, par son mariage avec Jeléen Njaay, fit entrer le patronyme wolof Njaay au Saalum ainsi que plusieurs vagues de migrations de cette ethnie dont le Saalum deviendra la deuxième patrie. Nous pouvons retenir que l’administration de la province de Kaymoor sera confiée au roi du Jolof déchu du nom de Biram Njeeme eler Njaay venu se réfugier au Saalum pendant le règne de Walbumi Jeléen Njaay, neveu de Mbegaan.
Le mythe fait de Menge Nduur le personnage symbolique qui donnera naissance au lignage dynastique gelwaar qui régnera au Saalum à la suite de Mbegaan.
Menge sera aussi un facteur de stabilisation et de paix pour le royaume de son frère, dans la mesure où son mariage avec le roi du Jolof mettra le Saalum à l’abri de toute velléité guerrière ou conflit politique avec cet empire qui, à l’époque, dominait les royaumes de la Sénégambie comme le Kajoor et le Bawol.
Nous pouvons retenir que ce même rôle a été joué tout récemment par le comité de veille des femmes pour des élections apaisées au Sénégal en 2012 qui a réuni diverses organisations, particulièrement de femmes, œuvrant dans le domaine de la protection et de la promotion des droits humains. Avec cette prise de position et les actions menées pour parvenir à des élections pacifiques, nous pouvons dire que les agressions culturelles n’ont pas totalement compromis la croyance en certaines pratiques traditionnelles comme le recours à la femme pour parvenir au dénouement de certaines crises, notamment politiques.
Il nous paraît donc déterminant de nous interroger sur ce qui reste des valeurs qui ont toujours constitué le fondement social et culturel de notre société et de voir dans quelle mesure le retour au mythe peut constituer une solution aux changements de comportements et de conduite des individus et des groupes et un moyen de nous départir des nouveaux comportements qui mettent en danger la cohésion sociale.
Nous pourrons ainsi repenser notre culture, par un retour aux origines, pour l’adapter à nos nouvelles conditions de vie, en plaçant au centre de la réflexion la nature des rapports qui lient les acteurs de la famille et de la société.

BIBLIOGRAPHIE

ANSART, P., Idéologie, conflit et pouvoir, Paris, P.U.F, 1977.
BECKER, Ch. et MARTIN, V., « Les Teeñ du Bawol », in Bull. IFAN, tome 38, série B, n°3, 1976.
DIENG, B., Société wolof et discours du pouvoir. Analyse des récits épiques du Kajoor, Dakar, Presses Universitaires de Dakar, 2008.
DIERTERLEN, G., « Mythe et organisation sociale au Soudan français », in Journal des Africanistes, vol.1, 1955, p.39-76.
DIOP, Ch. A, L’unité culturelle de l’Afrique noire, Paris, Présence Africaine, 1982.
MBAYE, S., L’héritage de Mbegaan Nduur, fondateur du royaume du Saalum, Thèse de doctorat, Dakar, UCAD, FLSH, 2011.


[1] Université Ch. A. Diop de Dakar

[2] Une des ethnies du Sénégal qui habite au centre ouest du pays et sur la Petite Côte, dans la région de Thiès.

[3] Les Seereer se sont installés à l’origine au Siin, au Saalum, au Bawol et sur la Petite Côte.

[4] Ancienne province de l’empire du Mali qui finit par prendre son autonomie à la suite du déclin de ce dernier.

[5] Nom traditionnel du Saalum.

[6] ANSART, Pierre, Idéologie, conflit et pouvoir, Paris, P.U.F, 1977, p. 23.

[7] BECKER, Ch. et MARTIN, V., « Les Teeñ du Bawol », in Bull. IFAN, tome 38, série B, n°3, 1976, p. 458.

[8] Libérateur du Kajoor et du Bawol de la domination de l’empire du Jolof, vers 1520.

[9] BECKER, Ch. et MARTIN, V., op. cit.

[10] Maysa Waali est le fondateur de la royauté gelwaar au Siin dans la 2e moitié du XVe siècle. Parti du Gaabu en compagnie d’une suite nombreuse, il s’établit au Siin, précisément à Mbiisel qui sera sa capitale, à la suite d’une longue pérégrination qui l’a conduit au Niombato, dans les îles du Saloum et à Joal-Fadiouth. A sa mort, le pouvoir qu’il avait instauré sera conservé par sa descendance issue d’une alliance matrimoniale entre sa nièce Tening Joom et le lutteur sérère Bougar Biram Ngoor Fay.

[11] Mythe de fondation de l’Etat du Wagadu-Gana auquel se réfèrent les Soninké.

[12] Mythe de fondation des royaumes du Waalo et du Jolof auquel se réfèrent les Wolof.

[13] De laman, qui signifie maître des terres.

[14] DIENG, Bassirou, Société wolof et discours du pouvoir, Analyse des récits épiques du Kajoor, Dakar, P.U.D., 2008, p. 17.

[15] DIOP, Ch. Anta, L’unité culturelle de l’Afrique noire, Paris, Présence Africaine, 1982.

[16] Le nom Mbegaan est dérivé du verbe seereer weg qui signifie fermer (en parlant de porte, par exemple). Il a donc le sens de sécuriser, protéger. Utilisé dans la lutte traditionnelle, ce verbe désigne l’action du lutteur qui sort triomphal des compétitions sans être battu par un adversaire.

[17] DIETERLEN, G., « Mythe et organisation sociale au Soudan français », in Journal des Africanistes, vol.25, n°1, 1955, p. 39-76.

[18] MBAYE, S., L’héritage de Mbegaan Nduur, fondateur du royaume du Saalum, Thèse de doctorat, Dakar, UCAD, FLSH, 2011, p. 152.

[19] MBAYE, S, p. 118.

[20] Prière musulmane accomplie vers 17 heures.




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