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LES FONDEMENTS THÉORIQUES DU SOCIALISME AFRICAIN CHEZ L.S. SENGHOR
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Ethiopiques n°89.
Littérature, philosophie et art
2ème semestre 2012

Auteur : Babacar DIOP [1]

Le socialisme africain est né dans un contexte historique marqué par la domination de l’idéologie du marxisme-léninisme. Beaucoup d’intellectuels africains, après la fin de la Deuxième Guerre mondiale, pensaient que le marxisme constituait la solution miraculeuse pour les peuples dominés en quête de liberté. Nous pouvons faire un « rapprochement entre la lutte anticoloniale et la révolte ouvrière déclenchée par Marx » [2] ; C. Boey disait que « la rencontre historique entre les nations longtemps colonisées et le mouvement communiste » [3] est née des maux engendrés par le capitalisme et d’un besoin d’une profonde révolution des structures sociales de l’Europe et celles de l’Afrique. Léopold S. Senghor a toujours assumé ses « sympathies marxistes », tout en gardant une certaine distance et méfiance. Le marxisme n’est, pour lui, ni la Bible ni le Coran. Le mot d’ordre est donc de penser en Africains et pour les Africains à partir des réalités africaines. Léopold S. Senghor élabore une théorie du socialisme africain qui, pour René Beeckmans, est « une doctrine ouverte, non dogmatique, susceptible de s’enraciner encore de nombreux apports africains et étrangers » [4]. Le philosophe sénégalais Djibril Samb écrit que le socialisme africain apparaît « comme une tentative de conciliation entre tradition et modernité » [5]. Dans le même registre, l’abbé P. Kanouté soutenait déjà : « Dans l’expression "socialisme africain", il me semble que le mot substantiel, le substantif, est "africain" et non "socialisme". (…) L’expression "socialisme africain" désigne un ensemble de valeurs, qui se réfèrent à l’Afrique plutôt qu’à Proudhon, Jaurès ou Marx » [6]. Pour l’abbé P. Kanouté, le socialisme africain contient deux aspects : un aspect négatif qui se veut un refus et un rejet d’une politique de développement économique fondée sur le libéralisme et le capitalisme et un aspect positif qui est une volonté de retour aux valeurs des sociétés africaines traditionnelles. Cette volonté de retour à l’organisation économique et des fraternités d’âges des sociétés africaines traditionnelles témoigne que le socialisme africain est une triple solidarité : « une solidarité sociale », « une solidarité économique » et « une solidarité démocratique ». Le socialisme africain est un « mouvement d’idées » tendant à lier à la fois la thèse de la négritude et du socialisme [7]. Le socialisme africain est simplement le prolongement du combat de la négritude sur le terrain économique, social et politique. Nous allons, tout d’abord, voir comment Senghor a repensé les textes fondamentaux du socialisme à la lumière des réalités des sociétés africaines ? Ensuite, nous tracerons les lignes de force du socialisme senghorien.

1. PENSER LE SOCIALISME A LA LUMIERE DES REALITES AFRICAINES

« Pour une lecture africaine de Marx » [8] Le socialisme a traversé l’histoire. À chaque moment historique, il s’est présenté sous des caractéristiques spécifiques en gardant l’essentiel : un idéal de justice, d’égalité et de liberté. C’est pourquoi la doctrine du socialisme, même si elle est née en Occident, doit se renouveler, s’adapter selon les sociétés et les contextes. Le socialisme ne peut être partout et en tout temps le même. Ce qui indique la nécessité d’aboutir à diverses versions du socialisme.

« Les projets socialistes se renouvellent tout au long des XIXe et XXe siècles, en prise avec les grandes mutations sociales et économiques, avec les transformations politiques affectant les Etats, ainsi qu’avec l’évolution des relations internationales. À chaque période de l’histoire, ils se déclinent en effet de différentes manières et conduisent à des « expériences nationales » originales. (…) l’histoire intellectuelle du socialisme doit inévitablement accepter le principe de la diversité des courants et des sensibilités qui s’en réclament » [9].

Chaque peuple s’inspire de son génie et à partir de ses réalités nationales pour instaurer un socialisme conforme à ses propres aspirations. Le socialisme africain ne doit pas et ne peut pas faire exception à la règle. Le socialisme n’est pas une religion. Les Africains doivent penser le socialisme dans le contexte africain et selon les aspirations africaines. Cette grande capacité d’adaptation du socialisme est une dimension importante de son histoire. Le socialisme doit être fidèle aux principes du pluralisme et de la diversité. Le socialisme n’est ni fixe ni dogmatique. Il est mouvement et pluralisme. Ce principe, Léopold S. Senghor l’a bien compris, parce qu’il appelle les intellectuels et les hommes politiques africains à « une relecture africaine » du socialisme à partir de leurs propres réalités nationales.
Léopold S. Senghor est redevable de Marx à bien des égards. Il lui emprunte les instruments à partir desquels il élabore sa théorie du socialisme africain. Il appelle à une pensée autonome des Africains pour bien distinguer ce qu’il faut prendre de Marx et ce qu’il faut rejeter de lui. Car le marxisme ne doit pas être une prison. « Une fois de plus, nous partirons des œuvres de Marx, le fondateur du socialisme scientifique. Non pour le réciter comme la Bible ou le Coran, comme un dogme, mais pour en retenir le seul esprit, la substance vivante et vivifiante » [10]. Pour Léopold S. Senghor, l’essentiel de Marx se trouve dans ses œuvres de jeunesse. Car elles renferment les principes d’éthique et d’humanisme. Le principal apport de Marx, c’est l’humanisme [11]. Léopold S. Senghor, tout comme Marx, préconise l’action pour la transformation du monde. Le principe de liberté définit l’homme.

« C’est le rôle de la conscience, la possibilité pour l’homme d’agir sur les forces productives, qui le distingue de l’animal, explique et justifie l’action révolutionnaire. Nous sommes ici à la base même de l’humanisme de Marx qui est essentiellement agissant » [12].

La voie qui mène au socialisme africain est un retour aux sources vives du message marxien en le repensant en Négro-africain à partir des réalités négro-africaines. Il faut donc refuser du marxisme qu’il soit un « catéchisme pour pays sous-développés ». Il y a une exigence de lire, comprendre, puis traduire les textes du socialisme par nous-mêmes et pour nous-mêmes à partir de nos réalités nationales.


« … la plupart de nos intellectuels n’ont lu ni Marx ni Engels et, quand ils les ont lus, comme l’a confirmé un professeur communiste, ils ne les ont pas compris. C’est qu’ils les ont lus avec des yeux de Parisiens, de Londoniens ou de New-yorkais ! Et s’ils l’avaient fait de Moscovites ou de Pékinois ce n’aurait pas été mieux. L’étonnement des Chinois… quand on leur présente « la pensée maotsétoung » mise en cachets d’aspirine ! Ce que nous disent ceux-ci, comme les socialistes scandinaves, comme les communistes roumains, yougoslaves, italiens, c’est de relire et de penser par nous-mêmes, Africains, les textes fondamentaux du Socialisme… » [13].

Nombreux sont les apports positifs de Marx à Léopold S. Senghor. Ce sont des points qui apparaissent dans le marxisme comme des vérités permanentes et universelles. Il s’agit essentiellement de l’humanisme, de la méthode dialectique, de la planification et de la justice sociale. Léopold S. Senghor relève dans la théorie du socialisme scientifique quelques « erreurs de circonstances ». Après tout, écrit-il, « Marx et Engels étaient des hommes en chair et en os » [14]. Léopold S. Senghor est en désaccord avec Marx sur certaines questions essentielles, notamment, la théorie de la connaissance, la question religieuse, la théorie de la lutte des classes, la théorie du développement uniforme.

Teilhard de Chardin pour compléter Marx

Marx et Engels offraient à Léopold S. Senghor les premiers instruments de la lutte de la libération. Mais il faut noter que leurs solutions conduisaient à des « impasses ». Léopold S. Senghor était en pleine crise existentielle en ces années qui ont suivi la libération.

« …jeune député socialiste (…), je m’étais jeté, avec une passion que je voulais lucide, dans une nouvelle étude de Marx et d’Engels. Les idées, plus encore le scandale qu’était la vie de la bourgeoisie catholique m’avait fait perdre la foi depuis des années. Le catholicisme, du moins tel qu’il était vécu en France, ne pouvait convenir au Négro-africain que j’étais : humilié parce qu’aliéné » [15].

Senghor était à la recherche de la vérité, de la voie qui mène à la liberté : la pleine liberté du peuple noir. La recherche d’une voie pour la liberté est une épreuve douloureuse : « Je cherchais donc, en ces années d’après la Libération, ma propre libération : dans la sueur et le tremblement. Car, par-delà le politique, voire l’économique, il s’agissait de libération spirituelle » [16].
Le marxisme conduisait au moins à deux impasses : la question de Dieu et la question de la lutte des classes. « Pendant des années, j’ai cherché Dieu dans l’œuvre immense des deux penseurs (Marx et Engels). En vain » [17]. Et pourtant, paraphrasant Lénine, Léopold S. Senghor soutient que Dieu est toujours la question que l’on se pose. Il faut nécessairement lui trouver une solution. Léopold S. Senghor refuse d’escamoter la question de Dieu, car elle est une question essentielle. C’est au milieu des incertitudes, des angoisses, des interrogations qui frappèrent Senghor qu’intervient Teilhard de Chardin pour déboucher les impasses auxquelles conduisait le marxisme. Teilhard de Chardin est le phare qui, au milieu de la crise, indique la lumière. Les solutions qu’il propose débroussaillent la voie du socialisme africain. « Eh bien, ces impasses où nous étions acculés, Teilhard de Chardin allait nous aider à en sortir. Ces questions angoissées – et bien d’autres –, que nous posions, dont la plupart restaient sans réponse satisfaisante, il y répondit avec cohérence et fécondité » [18].
Teilhard de Chardin, en tant que savant et croyant, engage un dialogue fécond avec Marx. Il ne contredit pas Marx, il veut simplement le compléter. Il réconcilie la foi et la science. La science et la foi se développent ensemble sans se confondre. Teilhard de Chardin opère, selon L.S. Senghor, un « retournement dialectique » en dépassant la fausse antinomie entre matière et esprit. Tout est dialectique, c’est-à-dire, tout est mouvement. « Dans la perspective nouvelle de l’espace-temps, surgit, comme symbiose du dépassement, une réalité unique : un esprit-matière » [19].
L’apport de Teilhard de Chardin à Senghor est fondamental. Sa cosmologie fondée sur les « grandes découvertes scientifiques du XXe siècle » ne contredit pas l’ontologie négro-africaine. Au moment où il construit son idée de « socialisme africain », le catholique L.S. Senghor sera heureux de découvrir chez Teilhard de Chardin l’affirmation que l’ « étoffe » de l’univers est spirituelle. Teilhard de Chardin réhabilite les cultures et les civilisations africaines. Il ouvre la voie au socialisme africain en débouchant les « impasses » du marxisme. L’avenir est dans la synthèse et la convergence de toutes les cultures. « L’apport original de Teilhard est d’avoir étendu le phénomène de socialisation à tous les horizons de l’Espace-temps : des groupes technico-professionnels aux nations, de celles-ci aux races et aux continents » [20]. La négritude et le socialisme africain deviennent des discours légitimes. Les Négro-africains doivent revenir aux sources pour célébrer la richesse culturelle dont ils sont dépositaires. L.S. Senghor écrit : « Marx et Engels nous ignoraient passablement. Teilhard de Chardin nous invite, nous Négro-africains, avec les autres peuples et races du Tiers-Monde à apporter notre contribution au « rendez-vous du donner et du recevoir ». Il nous restitue notre être et nous convie au Dialogue : au plus-être » [21]. Et Léopold S. Senghor de poursuivre : « Il (Teilhard) m’a rendu la foi tout en me permettant d’être un socialiste africain : un socialiste croyant ». Teilhard de Chardin permet à L.S. Senghor de jeter les bases du socialisme africain. Car il s’agit pour le socialisme de sortir de l’aliénation matérielle tout comme de l’aliénation spirituelle. La relecture de Marx par les yeux de Teilhard de Chardin inaugure la voie du socialisme africain.

2. LES LIGNES DE FORCE DU SOCIALISME SENGHORIEN

Le socialisme comme méthode

Pour L.S. Senghor, la dialectique signifie que « la vérité ne se présente plus aujourd’hui, comme un absolu qui s’impose despotiquement à notre esprit ». La connaissance est la « confrontation du sujet et de l’objet ». Elle est un effort constant et permanent de recherches actives de la vérité. Aucune vérité ne nous est donnée passivement, de manière dogmatique et définitivement.

« Elle (la dialectique) est un effort conscient et honnête de recherche, qui analyse toutes les données du réel dans leur aspect singulier, leurs réactions réciproques et leur devenir. Elle ne néglige aucune méthode d’investigation, surtout pas la vieille logique. Celle-ci, avec ses définitions de concepts, ses déductions, ses inductions – sans parler de l’intuition- reste la base solide de tout raisonnement cohérent. La dialectique, c’est encore l’usage des méthodes philosophiques et scientifiques les plus efficaces d’aujourd’hui, dont les méthodes existentialistes, phénoménologiques, psychanalytiques » [22].

La dialectique est une méthode d’investigation ouverte à la science, à la technique, et à la philosophie, sans aucun esprit dogmatique, pour la recherche de la vérité. Elle est cohérente, logique, mais souple, car ayant toujours la capacité d’adaptation nécessaire. L’essentiel est de ne jamais perdre de vue le réel. « Comme le dit Sartre, dans Questions de méthode, la pensée marxienne n’est qu’un cadre ; il nous appartient de remplir ce cadre en étudiant les hommes concrets dans des situations concrètes et avec des méthodes efficaces » [23]. Chaque situation a sa propre réalité, sa propre vérité. Il n’y pas de solutions toutes faites prêtes à être appliquées. Toute solution nécessite un effort personnel et collectif d’adaptation à partir du milieu concret. Il n’y a pas de socialisme achevé prêt pour toutes les situations. Le socialisme est toujours à construire. C’est tout le sens de la dialectique.
Le socialisme n’est pour Léopold S. Senghor qu’une méthode. Cela veut dire que les Africains doivent élaborer le socialisme sur le sol africain, à partir des réalités africaines et des aspirations nationales. Il faut tenir compte de l’homme concret pris dans sa situation concrète, des conditions historiques et géographiques réelles. « L’homme de tous les temps de tous les lieux, ce n’est pas l’homme, mais une simple vue de l’esprit. On ne peut saisir les traits permanents de l’homme qu’à travers ses particularités historiques, géographiques, ethniques » [24]. Les Africains doivent, par une méthode scientifique et efficace, trouver leur propre voie, une voie vers le socialisme. C’est la naissance d’une voie proprement africaine, une voie originale qui se différencie de toutes les voies antérieures. Cette voie nouvelle s’annonce comme une révolution.

« …Une troisième révolution est en train de se faire, en réaction contre les matérialismes capitaliste et communiste, qui intégrera les valeurs morales, sinon religieuses, dans les apports politiques et économiques des deux grandes révolutions. Dans cette dernière révolution, les peuples de couleurs, les Négro-africains parmi d’autres, doivent jouer leur rôle ; ils doivent apporter leur contribution à l’édification de la nouvelle civilisation planétaire » [25].


Le socialisme est un esprit de liberté, une remise en cause et une recherche scientifique permanentes. Le socialisme se réalise par la science et la liberté.

« Le socialisme, c’est, essentiellement, avec celle des rapports économiques entre les hommes, la transformation des structures économiques elles-mêmes. Ce qui exige le développement des sciences et des techniques, partant, la formation des savants et des techniciens. Il est question de libérer l’esprit de toutes les routines, de toutes les prisons scolastiques, dont celles du marxisme dogmatique, et de développer, en même temps, les forces productives. Le socialisme, c’est un perpétuel esprit de recherche et de liberté. C’est une éducation toujours à refaire » [26].

Rester fidèle au socialisme, c’est revenir toujours à la méthode dialectique, c’est-à-dire revenir au réel. Ne jamais construire en s’enfermant dans l’abstrait, c’est-à-dire dans le dogmatisme. La vérité reste le réel. Pour construire le socialisme, il faut partir de l’analyse objective de la situation sociale et économique d’une aire géographique et historique concrète.

« Le socialisme ne règne pas au royaume d’Utopie ou de Démagogie, c’est l’analyse objective de la situation sociale actuelle dans un pays donné. C’est surtout le choix des moyens les plus efficaces de transformer cette situation en résolvant les contradictions. Que la méthode et les moyens préconisés par Marx soient encore valables, dans la mesure où l’Europe a informé notre société et où les réalités du XIXe siècle subsistent au XXe, personne ne le conteste. Mais, précisément, la réflexion philosophique a progressé depuis un siècle et, avec les connaissances, les méthodes scientifiques. Les techniques aussi. Par-dessus tout, si informés que nous soyons par l’Europe, nos réalités ne sont pas les mêmes. Rester fidèle au socialisme, c’est, pour nous, devant ces réalités nouvelles, choisir des méthodes, des techniques et des moyens nouveaux : les plus modernes, les pus perfectionnés » [27].
« La méthode, c’est l’investigation, mais c’est surtout de l’invention audacieuse, de l’imagination féconde, c’est un effort permanent et constant de construction et de reconstruction. C’est de cette façon seulement qu’il est possible de chercher et de trouver une voie africaine du socialisme. « Je dis « voie africaine ». Il s’agit de descendre des nuages idéologiques aux réalités concrètes du terroir. Il s’agit d’emprunter, non pas la métaphysique, mais la « méthode » et les techniques. Il est question d’un socialisme qui s’appuie sur les réalités africaines, sénégalaises – réalités matérielles et spirituelles –, et, ce faisant, fasse appel à l’invention : à l’imagination, à la volonté, au travail
 » [28].

Le socialisme n’est ni le Coran ni l’Évangile. Il n’est pas donné une fois pour toutes comme dans une révélation divine. On ne s’agenouille pas devant le socialisme, fût-il celui de Marx, d’Engels ou de Mao Tsé-toung. Ces derniers ont pensé le socialisme à partir de leurs préoccupations sociales, économiques et politiques. Les Africains doivent suivre leur voie en repensant le socialisme avec leurs propres aspirations nationales :

« … Il est question, année après année, de préciser la Voie africaine du socialisme. En effet, le socialisme, au dire même de Marx et d’Engels, s’il est, en un certain sens, une doctrine, n’est pas un dogme, c’est-à-dire un Coran ou un Évangile, donné, une fois pour toutes, dans une révélation divine, qu’il s’agit de réciter ou d’appliquer ne varietur. Et cela dans la mesure où le socialisme est science. Car toute science, à la mesure même de ses progrès – des faits nouveaux et des problèmes qu’elle découvre –, évolue jusque dans ses méthodes. En quoi consistent précisément ses progrès. J’irai plus loin, les croyants le savent, le Coran et l’Évangile eux-mêmes, pour être vécus, doivent embrasser notre situation présente et les découvertes scientifiques pour les éclairer spirituellement » [29].

Il s’agit moins de révéler un dogme que d’élaborer une doctrine, et moins une doctrine qu’une méthode. Il est surtout question ici, plus précisément, d’user non pas d’une méthode, mais de toutes les méthodes – des plus modernes de préférence sans, pour autant, exclure les méthodes des sociétés négro-africaines. Nous devons d’abord

« analyser lucidement les données concrètes de nos problèmes…dans leur contexte africain et mondial ; pour ensuite, chercher les solutions les plus efficaces à les résoudre dans le même contexte, en tenant bien compte de leur évolution historique et de leur spécificité sociologique. Car la politique est faite par et pour les hommes concrets : en situation » [30].

Le socialisme comme humanisme

La politique désigne, selon Léopold S. Senghor, une science totale de la formation de l’homme, de l’éducation des citoyens pour les rendre beaux et bons, physiquement et intellectuellement. Son but est qu’une fois que le décollage économique assuré, apporter la contribution à l’élaboration d’une civilisation négro-africaine qui doit participer à l’édification d’un « humanisme panhumain ». Léopold S. Senghor définit le concept de politique :


« J’entends le mot politique en son sens étymologique. Il s’agit de gouverner, pour leur bien commun, les hommes rassemblés dans la Cité. Il s’agit de développer, par l’organisation même de la Cité en réseaux actifs de solidarité, toutes les virtualités non seulement des individus, mais encore des groupes intermédiaires : de le promouvoir en personnes et communautés. En un mot, de les faire bien être en les faisant plus être, physiquement et spirituellement : biologiquement » [31].

La politique, c’est le développement total et harmonieux de tout l’homme. L’élévation matérielle du niveau de vie tout simplement ne suffit pas pour rendre l’homme heureux. Il faut le progrès de la totalité de l’homme. « C’est la foi au Progrès, en un progrès qui n’est ni l’élévation du niveau de vie, ni douceur de vivre, mais le mouvement qui porte l’Humanité et, de celles-ci, les individus, vers toujours plus être » [32]. Les hommes aspirent à l’épanouissement, au plus-être. Ils aspirent au développement de toutes les virtualités du corps, de l’intelligence et du cœur. La politique, à moins de vouloir être une action escamotée, doit avoir pour but le développement et l’éducation de l’homme total.

« Le but ultime (…), c’est le développement de l’Homme intégral et de tous les Hommes, sans exception, d’une nation donnée. (…) En d’autres termes, le développement, c’est la satisfaction des besoins de l’homme : besoins animaux, dont la satisfaction permet de sortir de la faim et de la maladie, mais aussi besoins humains, qui ont noms instruction, surtout culture » [33].

La conception senghorienne de la politique est profondément humaniste. L’homme est placé au-dessus de tout. Le socialisme ne peut se fonder que sur des principes humanistes. En cela, le but de la politique et celui du socialisme se confondent.
Le socialisme n’est qu’un instrument d’action, un moyen, une méthode au service de la politique et des hommes. « Le socialisme africain doit aboutir à créer un nouveau type d’homme, plus homme. Il doit réaliser l’Homme en se fondant sur l’Homme » [34]. Le but du socialisme, comme celui de la politique, est de libérer l’Homme, le sortir de toutes les formes d’aliénation. Le socialisme est un projet de libération de l’homme. C’est un humanisme : « L’homme reste notre dernier souci ; il constitue notre mesure » [35]. Le but du socialisme est l’épanouissement des personnes, le plus-être de l’homme. « Le socialisme ne donne pas la primauté à l’économique, mais à l’humain : à l’homme concret, situé dans le temps et l’espace, qui est, en même temps, le moyen majeur et l’unique but du développement » [36]. Et L.S. Senghor de poursuivre :

« Il est question, exactement, de la Voie africaine du socialisme : d’un socialisme humaniste, dont la fin est l’homme intégral, communiant avec ses frères, les autres personnes, dont les valeurs, partout, sont les valeurs de la Négritude, qui auront intégré les apports fécondants des autres continents et, d’abord, les sciences et les techniques de l’Europe » [37].

Les valeurs du socialisme africain sont celles de la Négritude. Cela signifie que le socialisme africain est nécessairement spiritualiste. Car l’homme noir est un être fondamentalement spiritualiste. Léopold S. Senghor préconise un « retour aux sources : aux valeurs de la Négritude » pour dépasser l’athéisme de Marx. La religion est une dimension essentielle dans la théorie du socialisme senghorien. Babacar Sine écrit :

« … l’un des traits les plus saillants du socialisme senghorien réside dans le fait qu’il entend s’enraciner dans les valeurs religieuses africaines. En effet, Senghor part d’un fait, d’une donnée caractéristique de la culture : la présence plénière du fait religieux. C’est sur ce socle qu’il entend bâtir ou tout au moins faire reposer sa doctrine socialiste » [38].

Le socialisme senghorien est un « socialisme-négritude », c’est-à-dire un socialisme des valeurs de la négritude. Le socialisme africain intègre donc les valeurs spirituelles. L’homme ne se nourrit pas simplement de pain. Il vit aussi de « nourritures spirituelles ». Pour Léopold S. Senghor,

« il s’agit dans l’édification de notre socialisme, dans l’exécution de notre Plan, de ne pas négliger les moyens spirituels contenus dans nos religions. Il s’agit de remonter aux sources pour rendre à ces religions leur sens, c’est-à-dire leur intériorité (…) Car c’est cela, la Re-ligion : une liaison, par intégration réciproque du sujet et de l’objet, de l’homme et de l’univers. Prenons garde, seulement d’avoir présent à l’esprit que l’Homme, c’est tout l’Homme et tous les hommes » [39].

Le socialisme africain a pour but de rendre à l’homme toute son humanité en le faisant vivre dans une société équilibrée et harmonieuse, une société qui lui assure sa sécurité et sa liberté. C’est ce que soutient Cheikh H. Kane :

« Le Socialisme est un humanisme, ceci découle de la mission qu’il accepte de vouloir le développement de l’homme dans une société équilibrée et harmonieuse. Quel type d’hommes doit-il tendre à réaliser ? Que sera cet humanisme socialiste ? Un humanisme doit se référer à une culture, c’est-à-dire à la somme des acquisitions de l’homme affrontant sa situation dans tous ses éléments, et s’éclairant d’un système de valeurs, pour créer des signes lui permettant de s’exprimer et de communiquer avec les autres hommes. Il ne peut y avoir de cultures et de croissance humaine en dehors d’un système de valeurs qu’il faut établir et illustrer- établir par une éthique, illustrer par une esthétique » [40].

Souleymane B. Diagne se situe dans la même perspective tracée par Ch. H. Kane. Il soutient que le socialisme senghorien est un socialisme vitaliste, spiritualiste. Le socialisme senghorien renoue avec Dieu, avec les valeurs de la négritude. Le bergsonisme apparaît non seulement dans la négritude, mais aussi dans le socialisme africain. « …La philosophie vitaliste de Senghor (qui) est (…) l’effet d’une rencontre entre une ontologie de forces qui est au principe des religions de différents terroirs africains et leur dénominateur commun pour ainsi dire, et la pensée bergsonienne de l’élan vital » [41]. Le socialisme africain est fidèle aux forces vitalistes. C’est pour dire que le socialisme senghorien prend sa source des valeurs culturelles de la société africaine traditionnelle.
Le socialisme africain est un socialisme humaniste qui réconcilie l’homme avec les valeurs spirituelles, celles de la négritude. L’homme ne peut être au service d’un quelconque appareil. Ce sont les appareils qui doivent se mettre au service de l’homme. Le Parti et l’État sont des instruments au service de l’homme et non le contraire. L’homme n’est pas un moyen, mais une fin. Le socialisme africain est un socialisme de solidarité intégrale, solidarité entre l’homme et l’homme, solidarité entre l’homme et l’univers, solidarité entre l’homme et Dieu.


Le socialisme comme démocratie

Le projet socialiste a pour fin de briser les chaînes de l’aliénation. Le socialisme a toujours eu pour finalité l’homme dont l’attribut fondamental est la liberté. L’homme ne peut s’épanouir pleinement sans la liberté.

« Depuis les théoriciens français dits utopistes, comme Proudhon, Fourrier et Saint-Simon, jusqu’aux penseurs allemands modernes, dont Marx et Engels seront les plus scientifiques, le Socialisme sera une doctrine faite pour l’homme, parce qu’orienté vers l’épanouissement de l’homme » [42].

Nous avons différentes versions du socialisme, mais elles convergent toutes vers le même but : la liberté humaine.

« Les diverses expressions du socialisme, (…) si différentes qu’elles soient, convergent toutes vers le même but : la libération et l’épanouissement de l’homme, cette libération et cet épanouissement étant, eux-mêmes, le résultat de l’« activité générique » de l’homme se libérant par le travail » [43].

Il n’y a pas de socialisme dans l’aliénation. Il n’y a pas de socialisme dans le totalitarisme. Le socialisme et la liberté sont inséparables. Une société socialiste est nécessairement une société dans laquelle les hommes sont libres et égaux. Elle est nécessairement libre et démocratique.

« … Le Socialisme se donne, comme ambition, l’Homme dont l’attribut fondamental est la liberté, plus exactement, l’action libre. C’est pourquoi l’analyse et la compréhension du concept de l’aliénation paraissent si importantes, car il ne peut y avoir de liberté dans l’aliénation mais, en même temps la démocratie est, historiquement, un moyen de liberté, et un instrument de la justice » [44].

La finalité du socialisme, c’est donc « l’instauration d’une société fondée sur la solidarité des hommes dans la justice », dans la liberté et dans la démocratie. Le socialisme est un projet de société fondé sur des valeurs de justice et d’égalité dans la solidarité des hommes et dans la démocratie. Il est un aboutissement à la liberté et à la dignité humaine. Le socialisme, c’est la liberté, c’est la démocratie. Pour Léopold S. Senghor : « Le Socialisme, sans la liberté comme objectif majeur, ne peut être que totalitarisme, car ce serait la négation de l’homme » [45].
Le socialisme ne reconnaît et ne tolère aucune dictature quelles qu’en soient les motivations. La dictature est étrangère aux valeurs socialistes. Le socialisme ne peut être édifié que dans la démocratie et par la démocratie. Il faut vivre en démocratie pour vivre en société socialiste. Le socialisme est nécessairement démocratique, sinon ce n’est pas le socialisme. Le socialisme africain est une option pour la démocratie, contrairement au socialisme scientifique qui prône la dictature du prolétariat. Léopold S. Senghor récuse la dictature de toute classe, de tout parti politique ou de tout homme. Seule la démocratie peut abriter une société socialiste. À la thèse de la « Dictature du prolétariat » du marxisme-léninisme, Léopold S. Senghor oppose la thèse du « pluralisme démocratique ». La dictature du prolétariat est contraire au socialisme. Pour Léopold S. Senghor, dans le socialisme démocratique, le plus important n’est pas le substantif « socialisme », mais l’épithète « démocratique ». Sans démocratie, il n’y a pas de socialisme.
Au lendemain des indépendances africaines, beaucoup de régimes politiques se sont militarisés pour devenir des dictatures. L’option démocratique est abandonnée par de nombreux dirigeants africains, au nom d’un fallacieux argument de l’effort de construction nationale. C’est dans un tel contexte que Léopold S. Senghor réaffirme son ancrage dans les valeurs de la démocratie :

« Le vrai problème n’était donc pas, pour nous, un problème de dictature, mais de démocratie. Il fallait que la souveraineté, remise au Peuple sénégalais, fut exercée par ce peuple. Ce que nous devons également faire de trois manières : en supprimant la chefferie, en instaurant le pluralisme des partis, en faisant du Parti dominant un parti des masses » [46].

Léopold S. Senghor, très subtil, rejette le Parti unique pour adopter « le Parti dominant » qui, dit-il, cadre le mieux avec des préoccupations démocratiques. Car le parti unique est une dictature ; il n’est pas conforme aux principes de la démocratie qui encourage le pluralisme.

« Dans un pays sous-développé, où l’indépendance, comme révolution nationale, a été l’œuvre de tous, le Parti unique nous est apparu comme un danger de coterie : de sclérose. (…) Devenu Parti de cadres, où l’on entre qu’après un long stage, il cesse d’être « parti des masses ». La formule du Parti dominant nous a semblé la meilleure. (…) le Parti dominant est le parti des masses : organisation politique de la Nation en devenir pour sa construction, par la socialisation » [47].

Le Parti dominant, contrairement au parti unique qui est bureaucratique, est un parti des masses, ouvert à tout le peuple, un parti qui réalise les principes de la démocratie. Le socialisme senghorien est un socialisme démocratique, c’est-à-dire un socialisme humaniste qui restitue à l’homme tous ses attributs fondamentaux dont le plus important est la liberté. C’est pourquoi Léopold S. Senghor choisit la voie du socialisme démocratique : « Nous sommes pour une voie moyenne, pour un socialisme démocratique » [48]. Et Léopold S. Senghor de conclure : « En démocratie, par définition, on ne peut faire le bonheur du peuple contre sa volonté » [49].

CONCLUSION

Le socialisme africain de Léopold S. Senghor tire ses sources des valeurs de la négritude et de l’héritage corrigé du socialisme en Occident. Pour Senghor, il faut partir de Marx et d’Engels, mais en évitant l’erreur fatale de s’agenouiller devant eux. Car Marx et Engels sont des hommes en chair et en os, donc susceptibles de se tromper. Les Africains doivent lire Marx et Engels à partir des réalités et des spécificités africaines pour édifier leur propre modèle socialiste, un modèle conforme à leurs propres aspirations. L’attitude de Léopold S. Senghor vis-à-vis de Marx est ambigüe. Nous pouvons remarquer une certaine attirance et en même temps une certaine réfutation. Le marxisme apporte beaucoup d’instruments, mais il n’a pas pu apporter des solutions à toutes les préoccupations de Senghor. Léopold S. Senghor avait une préoccupation essentielle que ni Marx ni Engels n’avaient résolue : la question de Dieu et de la réhabilitation de l’homme noir.
C’est dans la pensée de Teilhard de Chardin qu’il a trouvé des éléments de réponse à cette préoccupation essentielle. Si le marxisme conduisait à des impasses, Teilhard de Chardin les débouchait. Léopold S. Senghor lit Marx avec les yeux de Teilhard de Chardin. Car Teilhard complète Marx. Il entretient avec Marx un dialogue fécond en homme de science et de foi. Teilhard de Chardin rectifie Marx en réhabilitant la question de Dieu. C’est de ce dialogue conciliateur qu’organise L.S. Senghor entre Marx et Teilhard qu’est né le socialisme africain. Le socialisme africain renoue avec les valeurs de la société africaine traditionnelle. Le socialisme africain devient donc un « socialisme humaniste, spiritualisé, corrigé par le réalisme africain ». C’est une idéologie politique enracinée dans les réalités africaines. « Ainsi de la synthèse que fait Senghor de Marx et de Teilhard que naît ce socialisme sénégalais qui accorde une place éminente à la religion et à la coopération fraternelle entre les hommes » [50].
Léopold S. Senghor élabore le socialisme africain à partir des réalités africaines en refusant de s’enfermer dans le marxisme dogmatique. Ainsi, il rejette chez Marx l’athéisme matérialiste. Pour lui, l’athéisme matérialiste de Marx peut s’expliquer par les déviations des chrétientés historiques. Léopold S. Senghor récuse le dogmatisme de la lutte des classes qui n’est pas le problème majeur en Afrique. Le problème majeur est celui des inégalités entre pays nantis et pays pauvres, pays développés et pays sous-développés. Le socialisme senghorien s’articule autour de trois lignes de force : le socialisme est une méthode, un humanisme, une démocratie.

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[1] Docteur en philosophie, Dakar, Sénégal

[2] BOEY, C., « Confiance et méfiance de L.S. Senghor à l’égard de K. Marx », in Voies africaines du socialisme, Journées africaines de Louvain, 1963, Éditions Bibliothèque de l’Étoile, Léopoldville, p.49.

[3] Ibid., p.50.

[4] BEEKMANS, R., « Doctrine politique et économique du socialisme africain », in Voies africaines du socialisme, p.96.

[5] SAMB, D., Le vocabulaire des philosophes africains, L’Harmattan, Paris, 2010, p.176.

[6] KANOUTE, P., « Retour aux sources », in Voies africaines du socialisme, p. 24.

[7] D’ARBOUSSIER, G., « Le fondement africain du socialisme africain », in Voies africaines du socialisme, p.13.

[8] Nous reprenons ici le titre d’un ouvrage de Léopold S. SENGHOR, Pour une relecture africaine de Marx et d’Engels, Les Nouvelles Éditions Africaines, Dakar-Abidjan, 1976.

[9] NAY, O., « Socialisme », in Encyclopédia universalis, v. 22, Paris, 2008, p.223.

[10] SENGHOR, L.S., Liberté 2, Paris, Seuil, 1971, p.184.

[11] Pour définir l’humanisme, L.S. SENGHOR se réfère à la définition de MARITAIN : « Pour laisser toute discussion ouverte, disons que l’humanisme (et une telle définition peut elle-même être développée suivant les lignes très divergentes) tend essentiellement à rendre plus vraiment humain…en le faisant participer à tout ce qui peut l’enrichir dans la nature et dans l’histoire (en ‘’concentrant le monde en l’homme’’, comme disait à peu près Scheler, et en ‘’ dilatant l’homme au monde’’) ; il demande tout à la fois que l’homme développe les virtualités contenues en lui, ses forces créatrices et la vie de la raison, et travaille à faire des forces du monde physique les instruments de sa liberté » . MARITAIN cité par L.S. SENGHOR dans Liberté 2, p.29-30.

[12] SENGHOR, L.S., Liberté 2, p.37.

[13] SENGHOR, L.S., Pour une relecture africaine de Marx et d’Engels, Dakar-Abidjan, Les Nouvelles Éditions Africaines, 1976, p.7-8.

[14] SENGHOR, L.S., op.cit., p.19.

[15] SENGHOR, L.S., Liberté 5, Paris, Seuil, 1993, p.9.

[16] SENGHOR, L.S., Liberté 5.

[17] SENGHOR, L.S., op.cit., p.10.

[18] SENGHOR, L.S., Pierre de Teilhard de Chardin et la politique africaine, Paris, Seuil, 1962, p. 33.

[19] SENGHOR, L.S., Liberté 5, p.11.

[20] SENGHOR, L.S., Liberté 5, p.12.

[21] Ibid., p.12-13.

[22] SENGHOR, L.S., Liberté 5, p.249.

[23] Ibid.

[24] Idem, p.293.

[25] SENGHOR, L.S., Liberté 5, p. 254.

[26] Ibid., p.314.

[27] Idem, p.315.

[28] SENGHOR, L.S., Liberté 4, Paris, Seuil, 1984, p.54.

[29] Ibid., p.72.

[30] SENGHOR, L.S., Liberté 4, p.73.

[31] SENGHOR, L.S., Pierre Teilhard de Chardin et la politique africaine, p.15.

[32] Ibid., p.55-56.

[33] SENGHOR, L.S., Pour une relecture africaine de Marx et Engels, p.55-56.

[34] SENGHOR, L.S., Liberté 4, p.17.

[35] Ibid., p.270.

[36] Idem., p.398-399.

[37] Idem., p.90.

[38] SINE, B., Le Marxisme devant les sociétés africaines contemporaines, Paris, Présence Africaine, 1983, p.122.

[39] SENGHOR, L.S., Théorie et pratique du socialisme sénégalais, édité par les services de presse du Ministère de l’Information, des Télécommunications et du Tourisme, 1964, p.70-71.

[40] KANE, Ch. H., in Colloque sur les politiques de développement et les diverses voies africaines vers le socialisme, Présence Africaine, 1963, p.129.

[41] DIAGNE, S.B., Bergson postcolonial. L’élan vital dans la pensée de Léopold Sédar Senghor et de Mohamed Iqbal, Paris, CNRS Éditions, 2011, p.47.

[42] SENGHOR, L.S., « Socialisme et liberté », in Ethiopiques, spécial centenaire, contributions de Léopold Sédar Senghor à la Revue, numéro spécial, septembre 2006, p.149.

[43] Ibid., p.150.

[44] Idem, p.153.

[45] Idem.

[46] SENGHOR, L.S., Théorie et pratique du socialisme sénégalais, p.48.

[47] SENGHOR, L.S., Théorie et pratique du socialisme sénégalais.

[48] SENGHOR, L.S., Liberté 2, p.253.

[49] Ibid., p.85.

[50] NDAW, A., « Le socialisme spiritualiste de Senghor », in Le colloque senghorien de Dakar, Presse universitaire de Dakar, 1998, p.266.




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