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Études Littéraires, Pratiques romanesques francophones d’Afrique et des Antilles, hiver 2012, Université de Laval, 183 p.
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Éthiopiques n°92.
Littérature, philosophie et art
De la négritude à la renaissance africaine
1er semestre 2014

Études Littéraires, Pratiques romanesques francophones d’Afrique et des Antilles, hiver 2012, Université de Laval, 183 p.

Auteur : Cheick SAKHO

Ce numéro de la revue d’Études Littéraires propose une nouvelle approche des textes littéraires francophones d’Afrique et des Antilles. Il embrasse un champ d’étude assez vaste, touchant à l’Afrique subsaharienne, le Maghreb et les Antilles. Les contributeurs à ce numéro d’hivers 2012 proviennent également d’horizons divers (Canada, Afrique noire, Europe et Maghreb). La diversité des auteurs étudiés et des signataires des articles montrent la richesse de ce présent numéro.
Justin Bisanswa, par une relecture du roman de la Sénégalaise Ken Bugul : Le baobab fou, prend le contre-pied des autres critiques qui, jusque-là, ne retiennent de cet auteur que les éléments purement autobiographique repris dans l’œuvre : « Tout se passe comme si Ken Bugul ne comptait comme écrivain finalement que par son autobiographie (p. 22) ». Le chercheur s’intéresse ici à la forme de l’écriture du premier roman de Ken Bugul. La mémoire tatouée du marocain Abdelkébir Khatibi a été l’objet aussi d’une étude qui s’interroge sur « le polymorphisme de la narration qui transparaît dans un jeu de dissimulation et dans un commerce entre les genres et les formes (p. 45) ». Une étude de Nadra Lajri, traitant de l’humour dans les romans d’Alain Mabanckou et d’Azouz Begag, démontre qu’en accordant la parole aux minorités, ces deux écrivains, par le procédé de l’autodérision, permettent à ces derniers d’exprimer avec leurs propres mots leur mal-être. Les trois romanciers marocains dénommés les 3k (Khaïr-Eddin, Khatibi et Kilito) sont considérés, selon Assia Behabib, comme faisant partie de la modernité, aussi bien par leur écriture (qui s’inspire de l’univers culturel arabe et occidental) que par leur singularité ; Khatibi étant le pionnier de la « guérilla linguistique ». Marie-Rose Abomo-Maurin révèle dans L’A-Fric de Jacques Fam Ndongo une écriture de l’énigme qui échappe à toute classification. La romancière camerounaise Calixthe Beyala préconise dans ses œuvres le renversement des rapports de force entre l’homme et la femme. Moïse Ngolwa montre que dans les œuvres de cet écrivain de la diaspora, contrairement à la conception bien ancrée chez les Africains que l’homme est au-dessus de la femme, on observe plutôt que « l’homme y est présenté comme dépendant du sexe, réduit à l’état de bête en rut. (p. 9) ». Survivantes, en donnant la parole à une rescapée du génocide rwandais, exprime toute l’horreur et la bestialité dont les hommes sont capables. À travers le témoignage d’Esther Mujawayo, Catalina Sagarra, se fondant sur l’énonciation, mesure le fossé qui sépare désormais victimes tutsi (je, nous, on, vous, tu) et bourreaux hutu (ils, eux). Les personnages historiques antillais ont été revisités dans Un dimanche au cachot de Chamoiseau et L’archet du colonel de Confiant. Bernadette Cailler propose d’analyser l’action de ces personnages restés dans la mémoire collective contemporaine. Kasereka Kavwahirehi, s’appuyant sur le Discours antillais et le Traité du Tout-Monde dévoile la reconfiguration du monde prônée par Edouard Glissant ; une reconfiguration qui, affirme-t-il, « passe par un ébranlement de catégories et de disciplines liées au déploiement de la métaphysique de l’Un, en tant que ce dernier est opposé à la Diversité et, donc, à la Relation (p.136) ». Analysant le roman inachevé de Georges Perec, 53 jours, Maxime Decout met au jour cinq récits enchâssés, sous-tendus par une écriture de mise en abîme, menant le lecteur sur de fausses pistes et lui donnant le vertige.
Le présent numéro d’Études littéraires est riche par la diversité des textes étudiés et par la qualité des articles, et contribue absolument à faire connaître et apprécier davantage la littérature africaine et antillaise d’expression française. Toutefois nous ne manquerons pas de signaler quelques impairs qui peuvent subsister dans toute œuvre humaine. C’est ainsi que nous avons noté entre autres, cette coquilles dès la présentation du numéro « les structurelles temporelles » à la place de « les structures temporelles », à la page 9, ligne 9 ; toujours dans la présentation, l’auteur a préféré employer le terme écrivaine (p. 9) optant pour la féminisation alors que dans son article, il penche pour écrivain (p. 21) mettant de côté la féminisation ; il aurait été souhaitable d’harmoniser. Autre maladresse : la double orthographe du prénom de l’intervieweur de Khatibi : Hamid (dans le texte p. 49 ligne 12) et Ahmed, même page note 17.
Cependant, ceci n’entache en rien la bonne qualité des articles publiés dans ce numéro que nous recommandons à tous ceux qui s’intéressent à la littérature africaine francophone.





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