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L’ÉCHIQUIER et LIANES NOIRES
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Éthiopiques n°93.
Littérature, philosophie et art
2ème semestre 2014

L’ÉCHIQUIER

Auteur : Guy VIEILFAULT

Deux compagnons d’un jour d’une amère infortune
L’un d’eux blanc comme neige et l’autre de peau brune -
Vaguaient vers le trépas
Dans un désert perdu dont on ne revient pas
Selon certains augures.
La Mort déjà, sans plus de fioritures,
Affilait fin sa faux
Pour d’ultimes assauts.
Un instant à l’arrêt devant quelque squelette,
Considérant, pensif, l’homme blond qui halète,
L’Indigène s’enquiert, se redressant soudain :
" Vous qui ne me toisiez hier qu’avec dédain,
Pourriez-vous, sans faillir, en regard de votre ombre
Affirmer, tout de go, que la mienne est plus sombre ?
Et quand nos os luiront, dans le soir pestilent,
Qui dira de nous deux lequel était le Blanc ? "

Amis, il vous faut bien m’en croire :
Tant claire nous soit l’heure au matin débutant
La même nuit est noire
Qui, longue, nous attend.

LIANES NOIRES

Auteur : Guy VIEILFAULT

La peau luit des femmes lys noirs
Ardant du feu des latérites
Pourpres dans l’agonie du soir

Il danse effleuré le pilon
De mains croisées alternatives
Dont elles jouent de leurs bras longs

L’onde frémit au marigot
De mufles s’empressant avides
Elles rient drapées d’indigo
Des plaintes mates du sorgho
Les basculantes cariatides

Et battent les tambours du sang
En l’oreille de ma mémoire
A l’heure carmin renaissant
Sur l’horizon où vont dansant
Flexueuses les lianes noires.





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