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L’EMERGENCE D’UNE ECRITURE FEMINISTE AU SENEGAL ET AU QUEBEC
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Ethiopiques n° 74.
Littérature, philosophie et art
1er semestre 2005. Altérité et diversité culturelle

Auteur : Mansour DRAME [1]

L’écriture féministe est un moyen par lequel des femmes prennent la plume pour une reconnaissance de droits : l’accès à la parole et un pouvoir de décision. S’estimant victimes du sexisme, de l’arrogante domination masculine, elles sont à la pointe du combat pour l’émancipation. L’heure n’est plus à l’évocation de la condition féminine, de son état d’ignorance et de soumission, mais à l’esprit de conquête d’un statut égalitaire. Les femmes sont des actrices, mieux, des protagonistes.
Le féminisme se développe et se répand dans le monde au point de bouleverser profondément le champ littéraire. Il est rapidement pris à leur compte par certaines écrivaines dans des livres majeurs et précurseurs. C’est le cas notamment d’Awa Thiam qui, dans La parole aux négresses (1978), fait découvrir aux femmes une voix, leur donne la parole ne serait-ce que pour montrer qu’elles existent. Mariama Bâ fit également date avec Une si longue lettre (1979), une fiction romanesque avec, au centre du sujet ; le drame de la polygamie. La grève des bàttu (1979) d’Aminata Sow Fall est une satire sociale et politique, où la lutte des femmes trouve un écho. Les Québécoises ont recours à deux formes d’écriture : le roman et le théâtre, pour s’attaquer aux tabous religieux et à la division sexuelle du travail. Véritable roman féministe, L’Euguélionne (1976) de Louky Bersianik décrit la longue marche d’une femme vers un nouveau monde, de nouvelles valeurs. Môman travaille pas, a trop d’ouvrage (1976) du Centre des Femmes compte parmi les œuvres qui ont particulièrement marqué le théâtre : l’exploitation des femmes pour les tâches ménagères. Les fées ont soif (1978) de Denise Boucher est un cri, une volonté de sortir d’un univers ecclésiastique et machiste.
Situer ces écritures dans l’espace et le temps, c’est mettre en évidence la place des femmes dans chaque société. Rien ne semble rapprocher ces auteures sinon une passion commune pour la liberté.
Un tel phénomène ne peut s’expliquer sans un contexte particulier. Notre objectif est d’analyser les conditions de son émergence à travers un regard sur l’horizon littéraire (la venue à l’écriture) et la prise de parole (la révolte des personnages, leur aspiration à l’égalité).

1. L’HORIZON LITTERAIRE

Les femmes assument l’audace de dire « je » dans une société, une culture où la première personne du singulier est suspecte, où la notion du moi fait figure d’offense. L’affirmation de soi se pose en rupture avec l’idéologie dominante.
Elles trouvent dans l’écriture un moyen d’assurer leur survie et le droit d’exister. Sous forme de confessions, elles racontent la recherche par la plume de mots pour dire.
Des femmes d’action créent des modes d’expression et de contestation. Au Sénégal, Annette Mbaye d’Erneville, institutrice puis journaliste et militante, anime la revue Awa, un espace de liberté, un organe d’information. Symbole d’une lutte, elle apporte une nouvelle voix pour aller de l’avant, à la rencontre des femmes. Awa se veut une tribune et accueille dans ses colonnes articles, récits et témoignages. Toujours à l’avant-garde, elle mobilise des auteures avec une priorité : briser le silence et combler une envie d’écrire. La revue est à pied d’œuvre pour redonner à la femme africaine sa place dans la société.
De même au Québec, la création de revues marque l’avènement du féminisme [2]. La véritable revue féministe, Les têtes de pioche, est lancée en 1976 par Nicole Brossard, Madeleine Gagnon et France Théorêt. Ces pionnières s’engagent à faire partager les enjeux du combat en donnant la parole à leurs sœurs :

« Dans ce combat, le journal est pour nous un moyen et ne sera, dans l’histoire du féminisme québécois, sans doute qu’une étape. Nous invitons les femmes où qu’elles soient à faire entendre leurs voix... » [3].


La sortie de ce numéro offre aux femmes une première tribune. Elles y voient un moyen d’exprimer des revendications ou de donner des opinions. Revue de large audience, Les têtes de pioche s’ouvre à la collaboration de toutes personnes de bonne volonté, susceptibles d’aider à conquérir la liberté. A mesure qu’elle s’affirme, elle sensibilise davantage au défi.
Dans ces revues comme dans ces livres, l’écriture est un lieu de combat. La littérature africaine est restée longtemps l’œuvre exclusive des hommes. Ils se sont toujours reconnus le droit d’écrire sur les femmes en évoquant leur condition. Par opposition aux personnages masculins, les personnages féminins jouent un rôle secondaire voire marginal. Les hommes dominent la scène sans qu’une femme « ait pensé sa propre condition et donné à sa réflexion la forme d’une fiction romanesque ou poétique » [4]. La société québécoise est profondément machiste. L’imaginaire féminin est emprisonné dans la maison du père [5] et son statut reste fondé sur l’obéissance et la tutelle.
De ce fait, la création d’une littérature féministe représente un enjeu majeur [6]. Son analyse se situe à la confluence de divers facteurs dynamiques : affirmation de la personnalité, bouleversements socioculturels, influence de la lecture et de la scolarisation. Par ses études, à Saint-Louis, Aminata Sow Fall fut marquée par des lectures. Elle y apprit à aimer la littérature. A la Sorbonne, à Paris, elle subit l’influence d’écrivains français. Etudiante à l’Ecole Normale des jeunes filles, Mariama Bâ manifeste un goût pour les lettres, une envie des livres, la soif d’écrire. Dans Une si longue lettre [7], on retrouve une figure de femme qu’elle a donné à connaître à travers ce besoin : très affectée par la perte de son mari, Modou, Ramatoulaye trouve refuge dans les mots pour préserver sa force morale.
Au fil des lectures, Louky Bersianik et Denise Boucher trouvent des symboles et des héroïnes. Le souci éducatif va croissant pour elles. Dans la forme comme sur le fond, se manifeste une volonté de se récréer dans l’écriture, d’y exalter un désir de reconnaissance.
La tendance est de faire de la littérature protestataire une identité et de l’éveil des consciences une mission. On comprend alors pourquoi l’écriture est d’abord une prise de position, une sensation de se trouver aux côtés des victimes. Sociologue de formation, Awa Thiam appuie son essai Parole aux négresses sur des témoignages intimes de femmes : récits de vie, expériences vécues. Sur la base de conversations recueillies, elles racontent leur combat contre la culpabilité de rompre la chaîne ancestrale des traditions, de trahir les coutumes familiales. Ce que retrace bien l’auteure, sans mâcher ses mots, c’est leur désir de disposer de leur vie, de leurs corps, de leurs sentiments. Si l’on partage la passion d’Awa Thiam, on se retrouve parfaitement dans ce livre courageux. Sensible aux problèmes de ses sœurs et en véritable romancière, Mariama Bâ décrit avec lucidité un univers qui révèle en même temps l’enjeu de son combat. Elevée dans un milieu traditionaliste, elle fut marquée par la violence et le mépris des hommes à l’égard des femmes. Son livre est un passionnant document ethnologique : en décrivant la vie familiale, les mœurs, les coutumes, elle nous introduit au cœur de la société. Grâce au « je » d’une femme adulte, capable d’analyser son parcours, elle pose un regard critique sur la rigidité des structures sociales. La situation de Ramatoulaye éclaire la crise que traversent les sociétés traditionnelles confrontées à la modernité. Aminata Sow Fall, non plus, ne reste pas indifférente aux maux sociaux, notamment au sort des femmes. La polygamie est présentée sous ses formes les plus dramatiques. Au terme d’une décennie d’indépendance, ce problème demeure, loin d’être résolu par les pouvoirs publics. Deuxième roman écrit par la romancière, après son retour d’Europe, La grève des bâttu [8], est une bonne porte d’entrée de son œuvre. Son récit évoque la vie, au jour le jour, de femmes soumises aux caprices et aux foudres du mari.
Du côté québécois, les femmes écrivains s’organisent et organisent leurs actions afin d’affirmer, de défendre leur cause [9]. L’Euguélionne de Louky Bersianik illustre bien cette vocation. Non seulement cette auteure se passionne pour l’écriture, mais elle tient avant tout à une nouvelle vision des rapports hommes-femmes à travers la langue. Le discours mâle travaille à déciviliser la femme, à la dégrader au sens propre du mot. L’Euguélionne quitte la « planète négative », le monde des législateurs, pour la « planète positive », le monde de l’égalité. L’écriture de Louky Bersianik opère une rupture avec ce que nous avons coutume de lire et d’entendre sur les femmes. Rupture dans la manière de dire qui est aussi rupture dans la manière de penser l’histoire en faisant passer au premier plan celles qui la subissent et cherchent à s’en sortir.
C’est dans le même esprit que le centre des femmes éduque et informe. Offrant un lieu d’expression aux personnages, le théâtre des cuisines est un formidable outil de contestation. La représentation de la pièce Môman travaille pas, a trop d’ouvrage permit de toucher un public plus large. Les fées ont soif de Denise Boucher donne un aperçu des mutations québécoises dans la deuxième moitié du vingtième siècle. Ecrit avec cœur, ce livre est l’œuvre d’une femme en colère et dans un contexte où les ouvrages sur le sexisme affichent une défiance par rapport aux normes. Son intérêt est de faire sortir les fées de la prison, de l’univers des clichés où une idéologie religieuse, machiste les a cantonnées.
Toute cette littérature de combat agit sur l’âme et le destin des femmes. Le processus qui doit les mener à la liberté est irréversible.


2. LA PRISE DE PAROLE

A l’origine de la situation faite aux femmes, il y a l’idée que la nature imposerait à l’homme de régner et à la femme de subir. L’une des pratiques, qui corroborent ce mythe dans la culture africaine, est la polygamie. Le mari a le droit de prendre plus d’une femme. Dans ce contexte, cette pratique relève du domaine de la contrainte, de l’arbitraire, et demeure « la preuve criante de l’inégalité des droits entre hommes et femmes » [10]. L’homme devient davantage un maître qu’un mari.
Dans la tradition canadienne-française, le mari impose son nom, se donne la priorité dans le mariage et devient moralement le propriétaire de sa femme [11]. Au regard de cette loi, l’épouse est incapable. Elle ne peut ni disposer de ses revenus, ni exercer l’autorité à l’égard de ses enfants. Le travail domestique est sa principale fonction au service de la famille.
Sur toutes ces questions, la parole se libère, l’esprit vient aux femmes sur un ton batailleur. Dès lors, il est intéressant d’observer leur réaction à l’égard des hommes. Se dessinent deux attitudes : l’agressivité verbale ou la rupture. Dans La grève des bàttu, Aminata Sow Fall aborde de front ce problème en mettant en scène deux personnages : Lolli et Raabi. A l’annonce du second mariage de son époux, Lolli s’en prend violemment à lui :

« Ingrat, salaud, menteur. « Tiem » !’ Tu veux que je me taise ! Vingt-quatre ans de mariage ! Tu n’étais rien ! Rien qu’un pauvre va-nu-pieds. Et je t’ai supporté, j’ai patienté ; j’ai « travaillé, travaillé » et aujourd’hui, tout ce que tu as pu acquérir grâce à mon « travail » et ma patience, tout ce que tu as eu avec l’aide que je t’ai apportée, tout cela tu veux le partager avec une autre maintenant. Voyou, menteur, ingrat ! Vous êtes tous pareils. Voyou, créature sans vergogne » (43).

Lolli hurle de rage, accable son mari d’injures. Elle éprouve un sentiment d’abandon, de trahison. Le contrat de mariage est rompu : Mour décide sans gêne et par surprise de se remarier. Parole aux négresses est le fruit d’un travail à l’écoute des femmes hantées par le besoin de restaurer leur dignité. Mariée de force, à dix huit ans, Yacine vit dans un univers infernal : promiscuité, grossesses répétées. Un soir, son mari rentre d’un voyage avec une co-épouse, elle le quitte pour retourner chez sa mère :

« Le même jour, après le déjeuner, alors qu’il était reparti en ville pour son commerce, j’ai rassemblé les vêtements de mes enfants, ainsi que mes ustensiles de cuisine. Et je suis partie » (p.26).

Yacine n’accepte pas d’être mise devant le fait accompli. Elle prend la décision de rompre, de se libérer. Le divorce sera prononcé à sa demande. Insoumises, insurgées, leur existence devient un combat : l’analyse du mal, la pratique de l’autodéfense. A l’instar du héros romantique, un rebelle est celui qui dit ‘non’, qui défie l’ordre, passant de la révolte intérieure à la révolte sociale. Blessée dans son honneur, Aïssatou est saisie dans sa volonté de tout sacrifier pour vivre la passion de la liberté. Ce personnage est au cœur de l’action dans Une si longue lettre. Lorsque au mépris des règles de solidarité entre époux, Mawdo a pris une deuxième femme, Aïssatou a choisi la rupture en quittant le foyer conjugal (p.50). Elle refuse la polygamie, un système fondé sur les intérêts masculins et qui fait de la femme la chose de son mari. La fierté de son caractère la sauve. A la différence de Lolli et de Ramatoulaye qui finissent dans la résignation, elle préfère le divorce, la séparation. Aïssatou part pour échapper à la condition de paria, de femme délaissée. Force est de constater que les livres disent surtout le courage et la détermination des femmes dans un monde où les places ne leur sont guère réservées. Grâce à un soutien affirmé, Daba et Raabi remplissent une fonction d’éveil auprès de leurs mères respectives. Daba se monte contre son père et, dans une attitude féministe, incite sa mère Ramatoulaye à rompre : « Romps, Maman ! Chasse cet homme, il ne nous a pas respectées, ni toi, ni moi » (p.60). Raabi essaie, aussi, de persuader sa mère, Lolli, de ne pas céder, de « prendre ses responsabilités et de demander à son père de choisir » (La grève des bâttu, p.46). En fait, Daba et Raabi sont d’une génération de filles modernes, conscientes de leurs droits et dont l’ambition est de faire bouger la société.
Exaltées, déchaînées, Nicolle, Yvette, Rita courent après leur émancipation. Toutes trois déversent de la hargne contre la subordination, la servitude dans le mariage. Elles font face à l’enfer de leur vie conjugale :

« Vivre enfermées à cœur d’années à travailler, c’est ça not’vie de reine du foyer.
Là c’est assez d’être isolées, ça doit changer, c’est à nous autres de s’organiser
 ». (Môman... travaille pas, p.35).

La remise en cause de l’ordre social, un ordre auquel ces ménagères ont cédé, à un moment, puis, dans la seconde partie du livre, la révolte des opprimées, ne forment qu’un aspect du sujet total, absolu, d’une réalité qui mutile l’individu et le brime dans son désir de liberté. On retrouve l’obsession de Louky Bersianik à signer un roman engagé, bilan de personnages au profil révolutionnaire qui tentent de renverser le rapport de forces en leur faveur. Exil n’hésite pas du reste, lorsqu’elle se décide à parler, à s’affirmer sans nuance, tuant dans l’œuf tout désir de domination. Ainsi, une religieuse voit ses préjugés sexistes complètement pulvérisés :

« N’avez-vous pas honte ! N’avez-vous pas honte de continuer à former des esclaves, à l’ère des fusées spatiales ! ... Et si vous tenez tellement à enseigner les arts ménagers, faites entrer autant de garçons que de filles dans vos classes » (L’Euguélionne, p.175).

Au fil des pages, Exil donne un sens à son existence : transgresser les règles, s’émanciper par rapport aux tabous et aux habitudes.


L’avenir de ces personnages est dans une nouvelle vision des rapports homme-femme. On ne se rebelle pas seulement contre une situation, mais pour l’égalité : celle des époux, celle des sexes. C’est cette lutte qu’évoque Mariama Bâ à travers la conscience de Ramatoulaye, femme éprise de justice dans une nation d’hommes : l’Assemblée Nationale est une « assemblée masculine » (p.88). Le roman dessine avec force l’éveil d’une conscience politique et, à travers celle-ci, la figure d’une Afrique en mutation. L’Euguélionne est en guerre, elle a une force de résistance, celle de tenir tête à la phallocratie : « Il paraît qu’il y a maintenant deux ou trois femmes qui ont réussi à se faire élire, mais ce sont toujours des exceptions » (p.369).
La participation massive des femmes au pouvoir politique est la condition de l’égalité réelle. Pour cela, il faudra que la politique leur fasse une large place et que la société toute entière leur ouvre les portes. Par le refus d’une « exclusion à partir de valeurs masculines et patriarcales » [12], l’idée d’une égale répartition des responsabilités ou des fonctions se fait jour. Très acharnée à établir une égalité effective dans les instances de décision, L’Euguélionne croit au rôle politique de la femme, plaide pour des réformes améliorant son sort et constituant, à ses yeux, un pas vers la parité.
L’évolution des structures sociales favorise une dissolution de la hiérarchie. L’idéal est de tendre vers un nouvel équilibre, une « transformation profonde des rapports entre les sexes »13. L’égalité des droits fait alors de grands pas dans les textes de loi : accès des femmes à la citoyenneté et à la magistrature, inscription dans la constitution du principe d’égalité, de la notion de conjoint dans le couple. Ramatoulaye en est réellement consciente, elle plaide pour une réorganisation de la société dans un esprit de « complémentarité de l’homme et de la femme » (p.129). Pour Yvette qui incarne aussi la résistance féminine, le devoir de la femme québécoise est d’être une citoyenne consciente : « ... des jobs égales ... un salaire égal pour un travail égal » (Môman travaille pas..., p.58). A partir de là, peuvent s’établir de nouveaux rapports sociaux avec les hommes : « nous devant toi debout, nouvelles » (Les fées ont soif, p.100).
Le mouvement essentiel est la construction et le développement d’un projet de société où « différence et égalité cessent de s’opposer » [13]. Les revendications vont au-delà de l’égalité juridique et professionnelle : l’aspiration est à l’autonomie et à l’épanouissement personnel. L’esprit de solidarité et de complémentarité trouve une traduction dans les pratiques sociales. De là naîtra une « ère qui reconnaît la légitimité du modèle égalitaire entre les sexes » [14].

En étudiant les rapports entre écriture et féminisme, nous avons pris conscience de l’importance que révèle le statut de la femme. Au-delà des différences culturelles, il y a des invariants : le mal d’être, le mal de vivre, un besoin de résistance. Le tempérament exalté des personnages donne aux récits ou aux fictions une vitalité dans un climat littéraire dominé par la question de l’émancipation. Les écrivaines ont largement contribué à la révolte des femmes et à l’affirmation de leur personnalité, parlant avec fougue de justice et d’égalité, évoquant avec dégoût le diktat masculin qui passe par la répression de toute aspiration. Par leur talent et leur savoir-faire, elles furent et demeurent des figures de proue d’un combat historique.


BIBLIOGRAPHIE

Œuvres

BA, Mariama, Une si longue lettre, Dakar, NEA, 1979.
BERSIANIK, Louky, L’Euguélionne, Montréal, La Presse, 1976.
BOUCHER, Denise, Les fées ont soif, Montréal, Intermède, 1978.
SOW, Fall Aminata, La grève des bàttu, Dakar, NEA, 1979.
THIAM, Awa, La parole aux négresses, Paris, Denoël, 1978.
(Centre des femmes), Môman travaille pas, a trop d’ouvrage, Montréal, Remue-Ménage, 1976.

Etudes

BRAHIMI, Denise et Trévarthen Anne, Les femmes dans la littérature africaine, Paris, Karthala, 1998.
CHEMAIN-DEGRANGE, Arlette, Emancipation féminine et roman africain, Dakar, NEA, 1980.
DE SEVE, Micheline, Pour un féminisme libertaire, Montréal, Boréal, 1985.
DIARRA, Fatoumata Agnès, Femmes africaines en devenir, Paris, Anthropos, 1971.
DOLMENT, Marcelle et BARTHE, Marcel, La femme au Québec, Montréal, Presses libres, 1973.
LEE, Sonia,Les romancières du continent noir, Paris, Hatier, 1994.
MAILLE, Chantal, Les Québécoises et la conquête du pouvoir politique, Montréal, Saint-Martin1990.
MONTREYNAUD, Florence, Le XXème siècle des femmes=, Paris, Nathan, 1999.
SMART, Patricia, Ecrire dans la maison du père, Montréal, Québec/Amérique, 1989.


[1] Université Paris IV Sorbonne.

[2] Québécoises deboutte ! Est un journal lancé en 1971 et publié pendant un certain temps par le Centre des Femmes. Il s’adressait aux femmes en lutte et représentait un outil de travail autant pratique que théorique.

[3] Les têtes de pioche, avril 1976, p.2.

[4] CHEMAIN-DEGRANGE, Arlette, Emancipation féminine et roman africain, Dakar, NEA, 1980, p.23.

[5] SMART, Patricia, Ecrire dans la maison du père, Québec/Amérique, Montréal, 1989, p.45.

[6] En 1972, à Dakar, les Nouvelles Editions Africaines (NEA) voient le jour. L’émergence d’un nouvel espace public permet la vulgarisation d’une littérature de femmes. Romancières, nouvellistes, essayistes et poétesses peuvent enfin s’y exprimer et voir circuler leurs œuvres.

[7] Par son titre, ce roman est un « hommage à l’écriture des femmes ». Cf. Sonia LEE, Les romancières du continent noir, Paris, Hatier, 1994, p.79.

[8] Ecuelle.

[9] La création des Editions Remue-Ménage (1976) amorce un tournant décisif dans le champ éditorial. Son fonctionnement est assuré collectivement par des femmes (administration, diffusion). La maison s’ouvre à toutes les démarches de lutte des femmes dans le domaine social, politique, culturel, artistique et sous diverses formes : fictions, romans, essais, documents, théâtre.

[10] BRAHIMI, Denise et TREVARTHEN, Anne, Les femmes dans la littérature africaine, Paris, Karthala, 1998, p.15.

[11] DOLMENT, Marcelle et BARTHE, Marcel, La femme au Québec, Montréal, Presses libres, 1973, p.26.

[12] MAILLE, Chantal, Les Québécoises et la conquête du pouvoir politique, Montréal, Saint-Martin, 1990, p.9.

[13] DE SEVE, Micheline, Pour une féminisme libertaire, Montréal, Boréal, 1985, p.7.

[14] MONTREYNAUD, Florence, Le XXème siècle des femmes, Paris, Nathan, 1999, p.17




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