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LE REALISME SOCIAL ET MAGIQUE CHEZ GABRIEL GARCIA MARQUEZ ET CHEZ SONY LABOU TANSI
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Ethiopiques, n° 68, 1er semestre 2002

Auteur : EL HADJ ABDOULAYE DIOP [1]

Une articulation particulière du réalisme et de l’affabulation a fortement marqué l’œuvre de Gabriel Garcia Marquez et de Sony Labou Tansi. Nous analysons ici la manière dont la stratégie scripturale des deux auteurs construit l’univers de la fiction. Et tour à tour seront examinées dans quelques romans [2] des deux auteurs la représentation du réel, l’élaboration d’une mythologie en relation avec celui-ci et d’une écriture subversive qui se propose de restituer pleinement les différents aspects du réalisme.

1. L’ANCRAGE DES ŒUVRES DANS LE REEL

Comme nous pouvons le remarquer en examinant les œuvres citées, il y a incontestablement une coïncidence entre le vécu et le quotidien chez les deux romanciers, puisque le contexte social, historique, culturel et politique y joue un rôle primordial. D’ailleurs les critiques qui se sont penchés sur les écrits des deux auteurs n’ont pas manqué de souligner leur engagement vis-à-vis de la réalité sociale. Le village d’Aracataca, le cadre exubérant, pittoresque des Caraïbes chez Garcia Marquez, la Katamalanasie, les rivalités entre les villes telles Valancia et Nsanga Norda, le fleuve Zaïre chez Sony Labou Tansi auraient, selon certains d’entre eux, un rôle déterminant dans la structuration des œuvres en question. A travers l’omniprésence des mythes amérindiens, congolais et bibliques, l’on observe une peinture sociale destinée à fustiger des systèmes en vigueur sur les continents africain et latino-américain.
Ainsi, Cent ans de Solitude et L’Automne du patriarche de l’écrivain colombien pourraient être identifiés à "une parabole, plus ou moins fidèle à la réalité, du destin de la Colombie, au moins par restriction du peuple latino-américain". [3]
De mêmeLa Vie et demie, L’Etat honteux et Les Sept solitudes de son homologue congolais traduisent, sous les dehors de la fable, la réalité sociale et politique de son pays. Daniel-Henri Pageaux [4] évoque notamment la montée et la chute brutale de certaines dictatures africaines.
Chez Garcia Marquez le village de Macondo est certes un pays mythique, mais qui pourrait servir à refléter le microcosme de la réalité colombienne contemporaine. Car si Garcia Marquez a besoin de recourir aux mythes, il n’en demeure pas moins sensible aux paradigmes historiques lui permettant de poser le destin du continent latino-américain en général et de son pays en particulier. Sony Labou Tansi, lui aussi, n’échappe pas à la règle. L’univers qu’il décrit est typiquement africain. La Katamalanasie, le pays imaginaire où sévit la dictature sanglante des guides providentiels dans La vie et demie restitue symboliquement une phase historique de l’Afrique centrale. Les antagonismes que l’on note dans Cent ans de solitude et L’Automne du Patriarche trouvent par conséquent leur explication au niveau d’un contexte hispano-américain.
De part et d’autre, les problèmes liés à la dépendance vis-à-vis de l’extérieur ou ceux liés à la gestion du pouvoir sont clairement posés. A travers le conflit qui oppose les ouvriers de la compagnie bananière, la United Fruit, et leur massacre, on entrevoit aisément la domination économique nord-américaine sur le Sud du continent. Comme d’ailleurs on pourrait entrevoir la domination économique africaine avec le contrôle des matières premières par les puissances étrangères occidentales, telle que le laissent percevoir du moins La Vie et demie, L’État honteux et Les Sept solitudes.
Cette dépendance nous est souvent expliquée par la situation coloniale qu’a vécue aussi bien les pays latino-américains que ceux de l’Afrique. Dans Cent ans de solitude et L’Automne du patriarche, œuvres auxquelles nous nous référons en ce qui concerne Garcia Marquez, les allusions à la colonisation européenne, de manière générale, et espagnole en particulier, sont constantes. Le galion, découvert en pleine sierra lors du voyage de Jose Arcadio Buendia et de ses compagnons, en constitue un exemple, comme d’ailleurs l’évocation (au début du deuxième chapitre de Cent Ans de solitude) du corsaire anglais Francis Drake qui attaqua la ville portuaire de Riohacha (p.27). C’est pourquoi Edouardo Tell écrit à ce sujet :
« On a parlé, à propos de son œuvre, de réalisme magique, ce qui est vrai. Mais je "crois que ce qui fait de cette œuvre très engagée et très valable une œuvre finalement très politique, c’est qu’elle décrit la situation non seulement de la Colombie, mais de tous les pays dépendants. Garcia Marquez décrit au niveau de l’univers non conceptuel, cette situation de dépendance : l’isolation de Macondo ». [5]
Les auteurs, dans le souci d’offrir un tableau complet de la situation de leur pays respectif, posent tous les problèmes en relation avec la vie sociale, c’est celui des différents groupes sociaux (rapports ouvriers et patrons, hommes et femmes, entre autres). Garcia Marquez et Sony Labou Tansi, comme nous le disions, représentent une société sous la dépendance de l’extérieur, mais cette société en raison de sa composition très diversifiée et des intérêts inconciliables a du mal à sortir de cette situation. En effet, la classe dirigeante, jalouse de ses prérogatives, s’appuie sur une armée aux méthodes souvent décriées, avec la complicité des puissances étrangères. La représentation de la violence politique et sociale demeure une constante chez les deux écrivains. Dans La Mala hora les tracts anonymes apparus dans ce village colombien qui connut la guerre civile entraînent le déclenchement d’une féroce répression de la part du maire. Et c’est ainsi que le village retombe dans l’enfer quotidien de la terreurpolitique qui fut son lot dans le passé. Cent Ans de Solitude et L’Automne du Patriarchemettent aussi l’accent sur ce rôle néfaste des forces politiques plus soucieuses de la gestion du pouvoir que du bien-être des citoyens. La guerre civile qui oppose Conservateurs et Libéraux se révèle désastreuse pour les populations civiles. Car les deux groupes rivaux usent en fin de compte des mêmes méthodes barbares : séquestrations, exécutions sommaires, tortures.


Chez Sony Labou Tansi, la société représentée vit dans un malaise profond. Non seulement la misère matérielle et le dénuement complet règnent, mais aussi la misère morale et spirituelle ravage les grandes agglomérations urbaines. Les mœurs politiques et sociales ont subi une telle dégradation qu’on pourrait parler d’"une sorte de régression au stade animal" où l’instinct demeure tout puissant. Ainsi la société des indépendances que présente le narrateur dans La Vie et Demie, Les Sept solitudes ... et dansLes Yeux du volcan est marquée par la dictature, mais aussi la corruption, les détournements de deniers publics et des fléaux sociaux comme la prostitution, l’alcoolisme entre autres. Sur cette question le premier roman de Labou Tansi donne le ton :
« L’indépendance avait vraiment déçu et, avec elle, Dieu qui l’avait envoyée. On s’était fait recruter par la bière, les vins, les danses, le tabac, l’amour pissé comme on crache, les boissons obscures, les sectes, la palabre, tout ce qui pouvait empêcher d’être la mauvaise conscience des excellences » (p. 112). [6]
Cette déception sera aussi ressentie par les habitants de Valancia, la ville rebelle dans Les Sept solitudes... après l’assassinat d’Estina Bronzario. Parce qu’elle voulait sauvegarder la dignité de la Côte, la femme de bronze, comme on la surnomme, a payé de sa vie. Sa mort aura pour conséquence davantage de relâchement dans les mœurs : non loin de son propre quartier s’installe une industrie du sexe et de l’alcool permettant l’exploitation de la femme pour laquelle elle lutta durant toute sa vie.
L’œuvre de Garcia Marquez et celle de Labou Tansi se préoccupent également de montrer les différents groupes qui composent la texture sociale de leur pays. Même si l’histoire des Buendia reste une interprétation de la réalité, on note beaucoup de ressemblances entre l’écrit et le vécu quotidien des Hispano-américains. Le destin des populations africaines, en général, et des Congolais, en particulier, apparaît également à travers les romans de Labou Tansi. Il faut donc tout d’abord noter le problème géographique lié par exemple aux difficultés de communication en ce qui concerne Macondo, dont l’espace rappelle celui de la Colombie. Ce village, d’accès difficile, est situé entre le marigot, une "zone de bourbiers" , l’océan que les gitans affirment traverser pendant six mois et une chaîne de haut plateaux.
Sony Labou Tansi, lui, soulève le problème que constituent l’édification d’une nation et la difficulté d’intégration régionale dans les pays africains. C’est ainsi que l’auteur met l’accent sur l’"ethnisme" et le régionalisme dans La Vie et demie , L’Etat honteux et Les Sept solitudes... La répression contre les ethnies khas par les guides providentiels, la sanglante guerre entre la république de la Katamalanasie et le Darmellia, la province sécessionniste, les expéditions punitives de l’armée du colonel Martillimi Lopez contre les Mihilis, les Bhas et les Bozhos en rébellion sont, par conséquent, autant d’exemples qui soulignent l’échec des pouvoirs politiques à bâtir un ordre social où vivent harmonieusement différents peuples.
Dans Cent ans de solitude, la composition raciale de la société se révèle aussi diversifiée que celle du continent latino-américain . Tout d’abord, il y a les Indiens qui, pour la plupart, ont été décimés par les conquérants espagnols. Malgré tout, il existe des zones à prédominance indienne comme le village où l’arrière-grand-père d’Ursula dut se réfugier avec sa femme après l’attaque de Riohacha (p. 27). Et l’un des généraux tout puissants de la guerre fédérale, le général Saturno Santos dans L’Automne du Patriarche, devenu le plus fidèle serviteur du pouvoir patriarcal est un indien.
Ajoutons-y les Noirs venus d’Afrique à la suite de l’esclavage. Ceux-ci sont représentés par Nigromanta la prostituée noire et "les paisibles noirs des Antilles" avec "leurs maisons de bois sur pilotis" (p. 242). Beaucoup d’entre eux se sont métissés au reste de la population, mais tout en conservant leurs cultures. Enfin les Blancs qui constituent un groupe important dans Cent Ans de Solitude sont composés de Français ( les matrones, le médecin qui se nourrit d’herbe), les Italiens (Pietro Crespi), les Espagnols dont la présence est signalée par le galion trouvé en pleine sierra. Cependant, il y a tout au long de l’histoire du continent un métissage de ces différentes cultures qui a conduit malgré quelques antagonismes à une coexistence viable.
Certes, le caractère "criollo" [7] des Buendia est indéniable, mais ils n’ont pas complètement réussi à fonder le clan endogamique dont ils rêvaient. Car, même si Jose Arcadio Buendia s’est marié avec Ursula sa cousine et s’est établi plus tard dans un nouveau village, "loin des indigènes", ses descendants entretiendront des liens avec des hommes ou des femmes d’ailleurs et parfois de culture différente. Jose Arcadio et Rebecca se marieront, comme Jose Arcadio le second avec Fernanda venue de la cité des haut plateaux. Amaranta Ursula sera l’épouse d’un Belge, nommé Gaston, tandis qu’Aureliano Babilonia et Nigromanta seront amants. Ces quelques exemples nous montrent ainsi la parenté entre ces deux romanciers et leur souci d’offrir toutes les facettes de la réalité politique et sociale de leur pays.


2. L’OMNIPRESENCE DU MYTHE ET DU FANTASTIQUE

Plusieurs mythes structurent l’œuvre de Garcia Marquez et de Sony Labou Tansi. Ainsi l’étude du réalisme "magique" permet-elle la découverte de quelques thèmes communs à ceux de la littérature fantastique ; notamment celui du fantôme, celui du mort qui continue de hanter les vivants (Melquiades, les morts qui déambulent en plein jour dans la maison des Buendia quand Macondo commence à vieillir et que Martial Mouyabas, l’ancien président mort, revient dire à son successeur de cesser la répression, à la fin de L’Anté-peuple). On peut relever aussi le climat de l’angoisse, de la peur, du rêve et d’hallucination qui se mêlent, ou enfin celui où le temps semble détraqué comme dans Cent Ans de Solitude et dans La Vie et demie, plus précisément quand une pluie diluvienne de plusieurs années s’est mise à tomber sur Macondo et sur Felix-Ville.
Toujours dans la présentation des différents aspects du réalisme, nous avons pu vérifier chez le "Patriarche" et chez les guides providentiels les traits qui relèvent à la fois du réel et du fantastique ou du mythe, mais bien sûr avec quelques différences. Celles-ci sont essentiellement liées à la nature de leur culture d’origine. Certes tous les présidents, chez les deux écrivains, se prennent pour des hommes exceptionnels dont le sort préside à l’histoire du pays, puisqu’ils se prennent pour des sauveurs, pour des guides providentiels.
Mais si Garcia Marquez fait de son dictateur un vétéran de la guerre fédérale dansL’Automne du patriarche qui parvient au pouvoir par un coup d’Etat, celui de Sony Labou Tansi dans La vie et demiene bénéficie guère de cette légitimité historique. Autrement dit, ce dernier est un intrigant qui a accédé au pouvoir lui aussi par la force et qui entend y rester en se taillant les habits de père de la nation. Son pouvoir qui repose essentiellement sur le soutien de sa tribu et de l’étranger est marqué par le "patrimonialisme" des totalitarismes africains, dont plusieurs pays du continent ont fait la dure expérience pendant les deux premières décennies des indépendances.
Concernant différentes sources qui ont pu influencer les œuvres de nos deux écrivains, nous pouvons mentionner aussi bien les mythes bibliques que les mythes anciens, les mythes amérindiens chez le Colombien et traditionnels chez le Congolais. Les mythes judéo-chrétiens, comme ceux de la Genèse (révélée à travers la forêt chez les deux auteurs), de l’Exode, du Déluge, de l’Apocalypse, ont été exploités par Garcia Marquez et Sony Labou Tansi de manière spécifique. C’est ainsi que, même si la forêt symbolise à la fois le mythe des origines et celui du labyrinthe de part et d’autre, Labou Tansi se démarque de la vision globalement hostile de Garcia Marquez pour y voir un lieu qui se montre complice à l’égard de Chaïdana, donc un lieu de refuge où elle prépare le combat libérateur.
Quant aux mythes bibliques, qui évoquent les plaies tels la peste de l’insomnie, l’"enfer de la dictature qui bouffe", les guerres civiles interminables et illogiques décimant les populations civiles, ils traduisent métaphoriquement la situation chaotique que l’Amérique latine et l’Afrique ont vécu et vivent encore à un moment donné de leur histoire. Pourtant la destruction de Macondo par le déluge pourrait s’inscrire dans la mythologie indigène des "Muiscas" telle qu’on l’a amplement expliqué ailleurs. [8]
Par conséquent, l’imaginaire des deux écrivains telles que nous l’observons, avec l’existence des phénomènes extraordinaires, les prémonitions, les rêves, tentent de restituer toutes les dimensions d’un réel fabuleux.

3. LES PRATIQUES D’ECRITURES

Pourtant, l’étude des procédés d’écriture n’est pas sans intérêt dans l’analyse du sujet, car qu’il s’agisse du traitement du temps, de l’espace et des techniques d’expression, nous pouvons dévoiler d’autres aspects du réalisme des auteurs.
Deux préoccupations guident les deux écrivains dans leurs pratiques d’écritures. D’une part, lorsqu’il s’agit de la première, de porter un témoignage sur les "épopées de la régression" [9] selon l’expression du professeur Pageaux, qui se déroulent dans l’univers créé par les auteurs, avec l’avènement des dictatures impitoyables qui y sévissent. Ainsi expriment-ils souvent dans leurs romans un non-temps par la technique d’événements récurrents ou un temps cyclique, mythique ou circulaire pendant lequel les mutations sociales et humaines mènent inexorablement à la ruine, à la mort, c’est-à-dire au néant. Macondo, à la fin de Cent ans de solitude, est balayé par un orage biblique, tandisLa Vie et demie s’achève sur la guerre ruineuse qui a opposé la capitale et une province sécessionniste. Même quand le temps est vécu de manière rétrospective par les personnages, il s’effectue souvent de manière tragique, douloureuse, puisqu’il devient hantise pour certains comme le colonel Aureliano Buendia ou Chaïdana qui e sont engagés tous deux dans une lutte sans merci contre la tyrannie, souvent avec les mêmes méthodes que leurs adversaires.
D’autre part, la représentation de l’espace non seulement permet d’établir une homologie avec la situation des pays d’origine des écrivains, mais leur offre l’occasion de mener une peinture acerbe contre la violence, la misère, la corruption et la dépendance auxquels leurs pays se trouvent soumis. Quelques lieux privilégiés contribuent toutefois à différencier le mode de traitement de l’espace. Nous rappelons notamment la capitale où se trouve le palais du "Patriarche" qui chez Garcia Marquez, du point de vue de son emplacement (en temps clair, on pouvait voir beaucoup de pays des Caraïbes d’après le texte), sert à figurer l’Amérique latine entière. Les montagnes et ses précipices, les fleuves, les îles, les "paramos", vastes étendues désertiques, la Côte font également penser à la géographie de la Colombie. La mer, emportée par les Américains, souligne symboliquement la situation de dépendance de l’Amérique latine. Alors que le fleuve qui sépare le Congo et le Zaïre, deux pays de cultures assez proches, émoigne de la balkanisation de l’Afrique, en plus de sa domination économique.
Enfin les techniques d’expressions traduisent chez les auteurs le souci de dévoiler leur propre réalité par l’emploi de métaphores baroques chez Garcia Marquez ("les harpes nocturnes du vent", "l’eau lunaire de ses rêves"), des mots créoles, des mots de la langues populaires ; et chez Sony Labou par la création lexicale où abondent des "congolismes", des néologismes et plusieurs termes du terroir [10] ou exprimant la démesure tropicale et le merveilleux "surnaturel".
C’est dire donc que Garcia Marquez et Sony Labou Tansi se sont illustrés par leurs positions convergentes sur les grands problèmes auxquels leurs pays respectifs se trouvent confrontés : pouvoir politique dictatorial, domination économique, impérialisme... Mais l’intérêt de leurs œuvres repose également sur les thèmes existentiels que la littérature aborde en général, c’est-à-dire la souffrance de l’homme, l’angoisse devant la mort, devant le mal.
L’originalité des deux auteurs enfin résulte des formes d’écriture et de représentation qui ont privilégié d’une part l’investigation du merveilleux et du fantastique ; et, de l’autre l’usage d’un réalisme "social" au plus près de la peinture de l’histoire au quotidien.

BIBLIOGRAPHIE

1. Œuvre de Gabriel Garcia Marquez

Cent Ans de solitude, Paris, Seuil, coll. " Points roman ", 1968. _L’Automne du patriarche, Paris Grasset, 1976.
’La Mala hora, Paris, 1986.

2. Œuvres de Sony Labou Tansi

La Vie et demie, Paris, Seuil, 1979.
L’État honteux , Paris, Seuil, 1983.
L’Anté-peuple, Paris, Seuil, 1983.

3. Études sur Gabriel Garcia Marquez

BOUCHE, Claude, "Mythes et structures dans Cien años de soledad de Gabriel Garcia Marquez", in La Marche Romane, Liège, t. XXIII, 2-4 et XXIV, 1-2, 1973- 1975.
DIOP, EL Hadji Abdoulaye, Aspects du Réalisme chez Gabriel Garcia Marquez et chez Sony Labou Tansi : Réalisme merveilleux et réalisme surnaturel, Université Paris IV Sorbonne, thèse de doctorat nouveau régime, septembre 1996.
ROUSSELET, Sylvie, Essai d’interprétation sociologique des procédés énonciatifs dans El otoño del Patriarca de Gabriel Garcia Marquez, Paris, E.H.E.S.S, thèse de doctorat de troisième cycle, 1987.
SEU, Annick, Mythe et Solitude dans Cent ans de solitude, Lyon, thèse de 3ème cycle, Université de Lyon III, 1987.
TELL, Edourdo, cité par Charles VINCENT, Histoires des Lettres hispano-américaines, Paris, Armand Colin, 1954.

4. Etudes sur Sony Labou Tansi

CHEMAIN, Arlette, "Sony Labou Tansi, affabulation, critique, et ressourcement", in Notre Librairie, n° 92-93, 1988, P. 132-133.
DEVESA, Jean Michel, Magie et écriture au Congo, Paris, L’Harmattan, 1994.
- Sony Labou Tansi, écrivain de la honte Paris, L’Harmattan, 1996.
FONKOUA, Romuald, "Dix ans de littérature : Pouvoir, société et écriture", in Notre Librairie, n° 103.
PAGEAUX, Daniel-Henri, "Garcia Marquez en français : De la traduction au modèle", in Lendemain du 27/ 07/1982.
MONGA, Célestin, "Sony Labou Tansi ou l’écriture non-conformiste", in Jeune Afrique, n° 1217 du 2/5/1984.


[1] Professeur de français au lycée industriel Maurice Delafosse à Dakar, Docteur ès-lettres de l’Université de Paris IV Sorbonne (Littératures comparées).

[2] Chez Garcia MARQUEZ, Cent ans de solitude, L’automne du patriarche et La Mala Hora, et Chez Sony LABOU TANSI, La Vie et demie, L’État honteux et Les sept solitudes de Lorsa Lopez.

[3] Claude BOUCHE, "Mythes et structures dans Cieñ años de soledad" de Gabriel Garcia Marquez", La Marche Romane, Liège, t. XXIII, pp.2-4 et XXIV, pp. 1-2, 1973/1975.

[4] "Garcia Marquez en français : De la traduction au modèle", in Lendemain du 27/ 07/1982, P. 45.

[5] Edouardo TELL, cité dans Histoire des lettres hispano-américaines, Paris, Armand Colin, 1954, p. 49

[6] Cl. BOUCHE, op. cit., pp.2-4 et pp.1-2.

[7] Personne de race blanche née dans les colonies en Amérique Latine.

[8] El Hadji Abdoulaye DIOP Aspects du réalisme chez Gabriel Garcia Marquez et chez Sony Labou Tansi : Réalisme merveilleurs et réalisme surnaturel, Université Paris IV Sorbonne, thèse de doctorat nouveau régime, septembre 1996.

[9] Daniel Henri PAGEAUX, op. cit., p.45.

[10] Chez Garcia Marquez, on relève quelques termes de la langue populaire tels que "gordolobo", désignant le rhum blanc à Barranquilla, ou "sanocho", sorte de pot-au-feu préparé avec des bananes et des légumes locaux, ou enfin le "bocachico", un poisson de rivière colombien. La création lexicale chez Sony Labou Tansi relève par contre d’une volonté manifeste si l’on en juge par sa variété et sa complexité : nous avons non seulement des "africanismes" traduisant l’environnement de l’auteur comme "mourir la mort", "dormir une femme", mais également des mots d’argot tels que "bouffer", "foutre", "connerie", "zigoto", ou encore des néologismes comme "excellentiel", "tropi- calement", "regardoir", "léopardement", "mocherie" entre autres.




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