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Ethiopiques 59
revue négro-africaine
de littérature et de philosophie
2ème semestre 1997
Senghor 90, Salve Magister
Hommage au Président Léopold Sédar Senghor
A l’Occasion de son 90e anniversaire
(Octobre 1996)

Auteur : Jacques De Bourbon BUSSET [1]

Léopold Sédar Senghor est un de mes plus anciens amis. Il était l’ami intime d’un autre de mes grands amis, Georges Pompidou. Et le lien de la Khâgne n’a jamais cessé de nous unir.
Il est rare d’être à la fois grand poète et grand chef d’Etat. Senghor a accompli ce doublé, qui fut le rêve manqué de notre fondateur, le Cardinal de Richelieu. Et ce doublé, il l’a réussi avec naturel, sans acharnement, comme si cela allait de soi.
A nos réunions de la Commission du Dictionnaire, il évoquait avec humour les difficultés que tel mot pourrait présenter pour les jeunes filles du Sénégal, dont beaucoup pourtant étaient hellénistes, précision qui enchantait Jacqueline de Romilly. Il nous a fait introduire le mot « essencerie », bien supérieur au ridicule et vague "station service".
Grand poète de l’Afrique noire et de la francophonie, Senghor est aussi un grand poète de l’esprit, car, pour lui comme pour tous les grands artistes, rythme et esprit, loin d’être contradictoires, sont, au contraire, alliés et complices.


[1] de l’Académie française




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