Accueil > Tous les numéros > Numéro 7 > ISLAM SOCIETES AFRICAINES ET CULTURES INDUSTRIELLES, MAMADOU DIA, LES NOUVELLES EDITIONS AFRICAINES 165 PAGES



ISLAM SOCIETES AFRICAINES ET CULTURES INDUSTRIELLES, MAMADOU DIA, LES NOUVELLES EDITIONS AFRICAINES 165 PAGES
impression Imprimer

Ethiopiques numéro 7
revue socialiste
de culture négro-africaine 1976

Auteur : Amar SAMB

Je viens de lire avec beaucoup d’attention, avec beaucoup d’intérêt et surtout de profit « Islam, Sociétés africaines et Culture industrielle », livre de M. Mamadou Dia, ancien Premier Président du Conseil du Sénégal indépendant, livre publié tout récemment par la dynamique maison d’édition, les Nouvelles Editions africaines.
Cette note de lecture ne devra engager, je le souhaite, que la responsabilité de son auteur qui n’exige de personne d’être de son avis.
En effet, certains Africains, professeurs ou écrivains armés des seules règles de critique littéraire occidentale et faisant fi de la méthode négro-africaine en cette matière - et qui procède d’une autre sensibilité plus fonctionnelle qu’esthétique - s’érigent, dès la parution d’un ouvrage écrit par un de leurs frères de race, en censeurs devant qui tout livre nouvellement édité doit dire, paraphrasant Paul Valéry : « Il dépend de vous, critiques africains qui passez que ce sois tombe ou trésor ».
Or donc, le titre même de l’ouvrage de M. Dia indique les quatre points importants sur lesquels s’articulent les réflexions d’un musulman convaincu, libéral et réformiste, d’un économiste tout à fait acquis à un socialisme certes scientifique mais spiritualiste, efficace, humaniste, bref culturel. Ces quatre points consistent en l’Islam, les sociétés africaines, la culture en général et la culture industrielle, mais tous ces éléments viennent se cristalliser, tout au long de 165 pages et dans une perspective historique, autour de l’idée d’un retour aux sources, à l’orthodoxie musulmane pour bâtir un socialisme religieux, fait de la synthèse des idéologies spiritualistes musulmanes et négro-africaines d’une part, et d’autre part, de la matérialité et de l’efficacité de la civilisation technicienne occidentale.
Avant d’aller plus loin, une seule remarque préliminaire s’impose, elle porte sur la forme. Tous les mots arabes et tous les noms d’illustres personnages de l’Islam sont mal transcrits en caractères latins voire complètement déformés. Je n’en citerai que les exemples suivants : « haddith » au lieu de « hadît », « foukhaws » pour « fuqahâ », « zakkat » pour « zakâ », « bila kaf » pour « bilâ kayf », « morabi » pour murâbit », « dar el-salam » pour « dâr-ul-Islâm », « Averves » pour « Averroès » ou Ibn et-Ruvd ». « Al-Hadji » pour « Hallâj », etc...
Sont-ce des coquilles ou des négligences d’un non-arabisant, même musulman ? Cette mauvaise transcription confère un autre sens à ces mots et expressions. Par exemple, « dâr us-salâm », maison de la paix est un surnom de Bagdad [1], c’est loin de signifier demeure de l’Islam par opposition à « dâr ul-harb », pays de l’ennemi.
S’agissant de l’Islam, après avoir annoncé un retour à la pureté originelle, aux sources, coran et Sunna [2], à l’orthodoxie, c’est-à-dire l’enseignement coranique tel qu’il avait été pratiqué par Mahomet et ses quatre califes immédiats [3], en récusant la méthode des Européens, M. Dia a écrit son livre en se référant pourtant plus aux écrits des Orientalistes comme Paul Marty, Louis Massignon, Louis Gardet, Vincent Monteil et surtout Jacques Berque, en citant peu le Livre saint de l’Islam et les Traditions prophétiques.
Mais l’essentiel est d’avoir bien assimilé la lecture de ces illustres islamologues dont les sympathies agissantes et bien connues sinon pour la religion musulmane, du moins pour les Arabes, nous dispensent d’en fournir la preuve.
En outre, les arguments tirés des lectures bien assimilées sont étayés, renforcés par ceux d’un homme dont la conviction, la ferveur et la piété religieuses ne laissent aucun doute.
Chaque fois qu’il aborde une question, il utilise la méthode consistant à définir l’objet d’abord négativement, ensuite positivement et à en tirer, enfin, des conclusions fort intéressantes.
Aussi procède-t-il tour à tour à une fine analyse du dogme islamique, à une définition de l’Islam, à l’examen approfondi des cinq piliers de la religion, c’est-à-dire du culte : la double profession de foi, la prière, l’aumône légale, le jeûne du ramadan et le pèlerinage.
Après avoir abordé la législation et les institutions politiques, sociales, économiques, juridiques et morales de l’Islam, il donne un aperçu historique de cette religion en exaltant l’époque des Abbassides (750-1258), considérée comme l’âge d’or de la civilisation arabo-islamique, résultat de l’application de l’enseignement orthodoxe du Coran et de la Sunna. Il n’oublie pas de parler de la pénétration de l’Islam en Afrique noire, de l’emploi, des voies et moyens, par la force certes, mais surtout par la persuasion. __ Avant d’en arriver au début de la colonisation par « l’Europe) rivale de l’Islam », M. Dia exalte d’une part l’influence culturelle de cette religion qui a aidé à l’organisation politique et sociale des pays de la zone sahélienne et à la fondation de théocraties musulmanes, voire de républiques, et d’autre part, il magnifie les relations de toutes sortes « établies entre le monde arabe et des souverains comme Kankan Moussa et Mamadou Touré ».


De là, il procède à une critique interne, j’allais dire qu’il fait une autocritique, dresse un tableau trop sombre de la colonisation, de ses méfaits sur l’Islam, devenu un Islam collaborateur, « marchand », maraboutique, celui des ordres religieux plus portés à la prédication.
En abordant la période comprise entre les indépendances et maintenant, M. Dia note des signes prometteurs de renouveau, d’esprit créateur, témoignant une reconversion des mentalités non seulement au sein des confréries, mais aussi dans les associations culturelles musulmanes en Afrique ainsi que des mouvements réformistes, réalistes, efficaces et révolutionnaires dans les pays du Maghreb, dans ceux du Moyen et Proche-Orient et surtout en Egypte qui donne le ton.
Que tirer de cette analyse de l’Islam et de son histoire ? L’auteur a raison d’insister sur les facteurs internes du déclin de la culture islamique : apparition du dogmatisme dans la recherche scientifique, autoritarisme, scolastique routinière, soumission complaisante de certains porte-paroles de l’Islam, maraboutisme allié et caution du pouvoir colonial, manque d’imitation intelligente de l’exemple du Prophète et d’Omar 1er, rupture de l’équilibre entre l’homme et le monde, entre l’être et l’avoir, entre l’idéal et le réalisme, entre le spirituel et le matériel, fermeture de la porte d’ijtihâd [4].
Quant à la cause extérieure de l’ankylose du monde musulman, c’est la colonisation dont il a par trop noirci le tableau. L’auteur a sans doute oublié que le régime colonial a, malgré lui, aidé les mouvements d’islamisation par la construction de tribunaux musulmans, la formation d’interprètes [5] par le commandement donné à des militaires musulmans partout en Afrique noire ayant sous leurs ordres des troupes animistes, la construction de routes, l’organisation de pèlerinages aux Lieux saints de l’Islam, l’offre d’ouvrages en matière islamique à des chefs religieux, pour ne citer que ces mesures qui ont, tout de même, contribué à répandre l’Islam, à multiplier les contacts entre musulmans, à observer le cinquième devoir du culte, à l’application du droit musulman, à assurer la sécurité dans certaines contrées livrées aux exactions des anciens souverains peu tendres pour les musulmans [6].
On objectera que de telles mesures avaient été inspirées par une politique « paternaliste » et « pernicieuse », par une tactique « insidieuse » après une hostilité ouverte contre l’Islam.
Dans son analyse de l’Islam, il insistera sur le monothéisme, la tolérance, l’humanisme et l’universalisme de cette religion de liberté et non de fatalisme, de réflexion et de recherche positives et non de formalisme, d’enthousiasme créateur et non de passivité, une religion qui « a barré la route à l’envahissement des doctrines matérialistes », une religion qui fait de « l’homme un témoin de Dieu ».
Ces vues sur l’Islam sont exactes. Mais une lecture attentive du Coran aurait montré à M. Dia que l’homme est plus qu’un témoin de Dieu, mais « un lieutenant, un vicaire, un remplaçant de son Créateur » [7]. Il aurait pu en tirer des conclusions fort intéressantes quand on sait que parmi les attributs de Dieu, on cite la toute-puissance, l’omniprésence, par exemple, ce que son vicaire doit s’efforcer d’acquérir en toute logique.
La première partie ne se termine pas sur une note pessimiste ; bien au contraire, l’optimisme se dégage de l’analyse de chaque point fondamental de l’Islam. Il préconise même « une islamisation radicale, totale, parfaite, pas de demi-mesure, dans tous les domaines ». Par quels moyens ? Par un retour aux sources surtout.
Et de là, il aborde la seconde partie, dans une sous-division, les sociétés africaines qu’il analyse sous tous les aspects. Il cite moins d’auteurs africanistes. Il semble plus à l’aise. C’est un examen sérieux. Il dissèque tout. Il mène une très fine étude comparative entre l’Islam et les croyances négro-africaines. Il note une nette convergence dans ces domaines : monothéisme de base, spiritualité, culte des saints et celui des ancêtres, sociétés secrètes et confréries soufies, le pouvoir de la parole incantée, psalmodiée et l’eschatologie.
Certes, des différences existent comme le culte des dieux, farouchement combattu par l’Islam ; une rationalisation moins poussée de l’idée divine chez l’Africain ; l’Islam respecte plus l’homme, « œuvre divine » et sans pour autant écarter un sens esthétique mesuré, condamne les mutations sauf dans certains cas, et il n’approuve pas non plus les scarifications corporelles qui défigurent cette œuvre de Dieu.
Cependant, tout compte fait, les apports de l’Islam étant largement positifs, M. Dia demande aux sociétés africaines « une conversion mentale, intérieure, par un transfert dynamique d’éléments spirituels, rationnels et universels » [8]. Il préconise l’unification, la convergence et la symbiose « entre la société islamique et la société traditionnelle africaine, celle-ci sort de cette rencontre renforcée dans son équilibre et sa cohésion » [9]. Et il en fait « la justification pleine de la mission de l’Islam en Afrique noire ».
Il pose les conditions de réalisation de cette symbiose et signale les ilôts de résistance.
Pour M. Dia, ce n’est pas l’Islam qu’il faut prendre pour un frein au développement des sociétés africaines, c’est plutôt « le colonialisme qui a encouragé le maraboutisme contre l’orthodoxie musulmane » entretenant ainsi une régression sociale et économique, fatalisme, routine, superstitions, indolence, passivité, l’obéissance aux marabouts supplément à l’obéissance aux prescriptions coraniques et à la Sounna. Dans la seconde sous-division, après avoir condamné « l’Islam marchand petit bourgeois » et « l’esprit de dichotomie opposant l’Islam arabe à l’Islam noir », l’Ancien Président du Conseil salue les heureux effets de la reconversion des mentalités chez les chefs de confrérie.
Il demande aux « Etats de l’Afrique spiritualiste de soutenir tout effort qui tend à faire du sentiment religieux un facteur de progrès », ainsi l’Islam nouveau pourra jouer un rôle décisif dans la transformation des jeunes nations.
Parmi les groupements religieux dont les efforts économiques doivent être soutenus, l’auteur cite ceux qui imitent les exemples de Haïderabab [10] en Inde, et de Médina-Gounasse au Sénégal, qui « préfigurent, en miniature, une cellule de la société socialiste africaine de demain ».
La page 104 est capitale dans la mesure où M. Dia y définit sa doctrine politique et économique, à savoir : « un socialisme africain dynamique et réaliste, tournant le dos au laïcisme légué par la colonisation, pour aller vers l’Islam, en étudier les potentialités, afin d’en faire un outil adéquat de développement socialiste... par une révision de différents codes africains qui, s’inspirant des réalités africaines morales, spirituelles, psychologiques seront des outils de travail africain susceptibles d’aider à l’édification de sociétés nouvelles ».
Il en fixe les conditions de réalisation parmi lesquelles il cite, de nouveau, des exemples historiques, ceux de Mahomet, d’Omar 1er, et, plus près de nous, ceux des « Frères musulmans » et des « Sœurs musulmanes » ainsi que l’exemple clérical et privé, « basé sur le principe de la charité chrétienne ».
Il se demande pourquoi il faut réaliser ce socialisme spiritualiste, inventif, vivant, qui n’a pas peur de porter la marque de son temps et de son milieu comme jadis le socialisme de l’époque mouhammadienne ». Il répond par la nécessité de contrer les aspects négatifs de la culture industrielle (chômage, débauche, prolétarisation, vagabondage).


Il assure qu’il est possible d’appliquer sa doctrine, car « l’Islam est par essence socialiste... le musulman est socialiste ou n’est pas musulman) mais un automate qui exécute des gestes sans signification pour Dieu ».
Dans une troisième grande partie, M. Dia recherche les conditions optimales pour assurer la réalisation parfaite d’une doctrine qui doit beaucoup aux idées de Jacques Berque et surtout à celles de Gaston Berger.
Il reconnaît tout d’abord l’efficacité, le souci constant de produire, de développer les moyens et les biens matériels de la civilisation industrielle occidentale, « qui a montré le chemin du progrès matériel et de la maîtrise du monde ». Ensuite il en condamne les méfaits sur tous les plans : la qualité est sacrifiée à la quantité, l’homme se transforme en robot, l’homme de culture ou de science devient lui aussi un prolétaire ; une délinquance gratuite et des actes psychopathiques s’installent. Cette civilisation est nationaliste, égocentriste, exclusiviste, expansionniste... ; elle « exerce une tyrannie aveugle ».
Mais l’optimisme du début réapparaît, et il ne désespère pas - c’est une vertu islamique dont M. Dia fait preuve, en musulman.
Il préconise la restitution de l’homme dans sa totalité, « une évolution harmonieuse mettant la technique et la science au service de l’homme en vue de créer une culture industrielle vraiment moderne ».
Il en dira les conditions de succès en demandant aux adeptes de sa doctrine :
1°) d’être des hommes d’action autant que des hommes de vie intérieure ;
2°) de pouvoir tirer parti des ressources naturelles immenses et variées (matières premières considérables, peuplement de 400 millions d’âmes, richesses spirituelles inappréciables) par le travail, le savoir, par des techniques appropriées par une organisation rationnelle ;
3°) de créer « une réadaptation psychologique, sociologique et culturelle en se débarrassant des entraves façonnées par les facteurs historiques, géographiques » ;
4°) pour les Africains, de s’affranchir de la magie du verbe, de rompre avec le littéralisme, avec le verbalisme, avec cette idée de croire que « bien faire consiste à bien dire » ; de restituer à la raison et à l’action leurs droits ; de ne pas continuer à donner un pouvoir excessif au signe et au symbole ;
5°) d’acquérir l’esprit scientifique et critique pour devenir des créateurs de nouveaux styles de vie, des inventeurs de culture, d’une pédagogie nouvelle ;
6°) de fuir la mémoire, « la démonstration par l’invocation de l’autorité, la culture archaïque, rétrospective pour se placer dans une optique prospective ».
En citant très souvent Gaston Berger et en disant : « La Culture industrielle ne peut qu’être l’œuvre commune de sociétés unissant leurs efforts et leurs patrimoines respectifs pour se donner ensemble une culture symbolique qui sera la marque de la « civilisation de l’universel » [11], M. Dia rejoint Senghor.
Avec Jacques Berque, il demandera à la Culture industrielle nouvelle de restituer « toute l’efficacité de l’époque mouhamadienne, celle des Ansars [12] et des valeureux khalifs » d’une part, et d’autre part de réconcilier Abraham et Héraclite, c’est-à-dire l’Ami de Dieu et l’Ami des choses, la spiritualité et la matérialité, la foi et la raison.
Le « diaïsme » est un socialisme avec Dieu et non celui des marxistes sans Dieu.
Certaines déclarations de M. Dia nous obligent à faire quelques remarques critiques. Ce n’est pas en 1076 que l’Islam a touché l’Empire de Ghana. Cette date marque plutôt sa destruction par les berbères Almoravides.
En effet, EI-Bakrî qui écrivait en 1068, sur la base d’informations recueillies auprès des voyageurs arabes signalait plus de douze mosquées dans la capitale de cet Empire.
M. Dia semble voir dans le soufisme ou mystique musulmane une influence étrangère. On veut toujours voir quelqu’un derrière une institution en excluant un fait original, une tendance profonde que peut éprouver tout être humain. Le soufisme musulman s’abreuve, à l’origine, du Coran et de l’exemple du Prophète.
M. Dia affirme que Dieu a créé l’homme à son image, c’est-à-dire à l’image de l’homme idéal. Mais non, il s’agit d’une création à l’image de Dieu. Le Prophète l’a dit trois fois sous des formes différentes. Ali a repris cette idée tout comme Ibn Carabî, que notre auteur a égratigné au passage, et qui a été pourtant un précurseur de Helmholtz et de Clausius en ce qui concerne la conservation de l’énergie.
L’enseignement du Coran et la doctrine de l’école malékite contredisent cette déclaration selon laquelle les cultures musulmanes sont « issues de civilisations qui se sont prononcées en faveur de l’être contre l’avoir ». Il suffit de se reporter au verset 28 du chapitre 77 ou à ce propos de Sahnûn dans son livre « Mudawwana » ; « Le bonheur dans l’Au-delà dépend du bonheur dans ce monde ».
Voici une critique de fond. Tout au début de son livre, M. Dia, comme nombre d’autres musulmans parle « d’adapter l’Islam » au monde moderne. Non. C’est le contraire qu’il faut préconiser si tant est que le véritable Islam, excellent par essence, transcende le modernisme de n’importe quelle époque et de n’importe quel lieu. Tout ce qui relève du domaine des « mucâmalâ », c’est-à-dire tout ce qui est en dehors des principes du culte peut, à la rigueur, changer, mais dans l’esprit islamique. Par exemple, les nations, mues par leur volonté de se développer, ne doivent pas se substituer aux croyants pour prétendre légitimer la dispense du jeûne du ramadan.
D’autres questions appelleraient d’autres remarques, mais je m’en tiens là.
Pour ce qui est de la forme, la précision et la propriété des termes le soin méticuleux apporté dans la construction des phrases, le respect des articulations du développement annoncé de chaque importante partie de l’ouvrage témoignent d’une grande maîtrise, de la langue qui sied au genre traité par M. Mamadou Dia.
Il y a des redites, des répétitions mais c’est voulu, c’est africain. L’orateur, le sage remet sur le métier pour insister auprès d’un auditoire dont la civilisation est orale, donc qui s’adresse à la mémoire.
Je n’insiste pas sur l’obscurité de la phrase citée, au début de la page 141. Quand on veut convaincre, se faire comprendre, la clarté et la simplicité sont de rigueur.
En conclusion, « Islam, Sociétés africaines et Culture industrielle » est le livre d’un musulman profondément croyant et d’un socialiste qui a su assimiler d’excellentes lectures et en faire la synthèse occident technicien et spiritualisme islamo-négro-africain dans un dialogue fécond pour l’émergence d’une culture universellement salvatrice, ce que M. Mamadou Dia appelle la Culture industrielle de demain. Tous ceux que le devenir de l’Islam, de l’Afrique et du monde préoccupe, gagneraient à lire ce livre, à y réfléchir, à organiser des débats sur cet ouvrage fort instructif.


[1] Ainsi baptisé par Abû Jacfar - Mansûr, deuxième calife abbasside lors de la pose de la première pierre de sa nouvelle résidence en 145, soit en l’an 762 après J.c.

[2] C’est l’ensemble des actes, des paroles et des ratifications tacites attribués au prophète Mahomet.

[3] Ce sont Abû Bakr (632-634), Umar (634 644), Utmâm (644-655) et Ali (655-661).

[4] C’est un principe jurisprudentiel consistant en un effort interprétatif, intelligent, en une initiative personnelle en fait de législation. Il est opposé au Taqlîd, l’esprit d’école, l’acquiescement traditionnel et servile, l’imitation aveugle, simple répétition irréfléchie et mécanique.

[5] Se souvenir du rôle important joué par Doudou Seck, plus connu sous le nom de Bou-el-Mokdât aimé et respecté par les marabouts progressistes comme Cheikh Ahmadou Bamba.

[6] Ce sont des Tiédos turbulents de Tanôr Dieng qui ont tué Ousmane Sy, père d’EI-Hadji Malik Sy. Dans un poème dédié aux Colonisateurs, Cheikh Ahmadou Bamba dit entre autres : « (Les Français) nous ont débarrassé de l’arbitraire des tyrans... le pays jouit de la paix... par leur Gouvernement, la religion du Prophète a brillé... « mètre basît, rime en  »).

[7] Coran, chapitre II, verset 28.

[8] Pages 80, 88.

[9] Pages 84.

[10] D’après Hamidoullah

[11] C’est à la page 124, c’est moi qui souligne.

[12] Les Ansâr étaient les habitants de Médine qui ont prêté leur appui à Mahomet, émigré de la Mecque en 622 et l’ont ensuite aidé dans toutes ses entreprises




Site réalisé avec SPIP avec le soutien de l’Agence universitaire de la Francophonie