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ANTHOLOGIE DE LA LITTERATURE CONGOLAISE D’EXPRESSION FRANCAISE ; J. B. TATI-LOUTARD CLÉ (YAOUNDE)
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Ethiopiques numéro 08
revue socialiste de culture négro-africaine
octobre 1976

Auteur : Raymond RELOUZAT

Avec la parution du Tome I de l’Anthologie de la littérature congolaise d’expression française de M. J.B. Tati-Loutard, qui est, à l’heure actuelle, le Ministre des Affaires culturelles de la République Populaire du Congo, l’Afrique noire francophone dispose enfin d’un ouvrage d’ensemble sur la production littéraire congolaise, aussi bien prosaïque, que poétique, et même théâtrale, sur une vingtaine d’années. L’auteur, qui remet à plus tard de présenter au public une anthologie de la littérature orale traditionnelle de son pays, nous précise dans l’avant-propos qu’il fait de « Cœur d’Aryenne » et de « La Légende de M’Pfoumou Ma Mazono » de Jean Malonga, parus en 1954, son point de départ.
C’est Emmanuel Dongala qui clôt, pour le Tome I, la liste des auteurs retenus.
Pour chaque extrait, ou ensemble d’extraits cités, M. Tati-Loutard fait précéder les textes d’une courte présentation biographique de l’auteur, et analytique de son œuvre. Il replace également systématiquement, par un court en-tête en guise d’introduction, chaque extrait dans l’œuvre elle-même. Il est difficile de tenter d’apprécier synthétiquement et de définir les caractéristiques de la littérature congolaise à partir de tant d’auteurs divers. On peut cependant affirmer que le Tome I de cette anthologie nous confirme que l’écrivain congolais, et plus généralement centrafricain est un prosateur né, très à l’aise dans le récit, qu’il conduit avec un naturel et une sûreté que l’on ne trouve pas au même degré chez son frère sahélien. Cela peut paraître paradoxal, quand on sait que l’un des plus grands poètes africains de langue française, Tchicaya U’Tamsi, très largement cité ici, est Congolais. C’est que le monde de l’écrivain congolais nous apparaît d’abord comme un monde légendaire, symbolique, qui se laisse dire et représenter plus facilement qu’il ne se laisse chanter : c’est aussi pour cette raison que les pièces de théâtre sont également abondantes, et que le talent des acteurs s’y donne libre cours.
Figurent bien sûr et en bonne place, dans ce Tome I, le doyen des prosateurs congolais, Jean Malonga, qui recevait il y a un mois le Prix du Président de la République, Tchicaya U’Tamsi, Martial Sinda, Makouta-MBoukou, Bemba, Théophile Obenga, Henri Lopès, Grand Prix Littéraire d’Afrique Noire 1972, et Emmanuel Dongala.
M. Tati-Loutard nous promet, pour le Tome II, les œuvres des jeunes auteurs congolais. A bientôt donc, pour un jugement définitif. Tel qu’il est cependant, ce Tome I constitue d’ores et déjà un ouvrage de référence, et un manuel scolaire pratique pour introduire à la littérature congolaise d’expression française.





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