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LE CONGRES INTERNATIONAL DE LATIN DE DAKAR(13-16 avril 1977)
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Ethiopiques numéro 11
revue socialiste de culture négro-africaine
juillet 1977

Auteur : La Rédaction

Le quatrième Congrès, organisé par l’ACADEMIA LATINITATI INTER OMNES GENTES FOVENDAE qui s’est tenu à Dakar du 13 au 16 avril 1977 a été consacré au thème : l’Afrique et les Romains. Il a été marqué par le discours inaugural du Président de la République Léopold Sédar Senghor, qui loin de s’en tenir à des salutations d’usage a traité un problème de fond : Négritude et Civilisations Classiques.
Les rapports successifs ont abordé divers thèmes. A partir de quelle époque les Romains sont-ils entrés en contact avec non plus les Africains du littoral septentrional depuis la Mauritanie jusqu’à l’Egypte, mais avec ceux qu’ils appelaient les Ethiopiens (les hommes au visage brûlé) ? Il semble d’après le témoignage des historiens du 1e siècle avant J.C. Salluste et César que se manifeste une curiosité plus vive pour connaître cette mystérieuse Ethiopie. Celle-ci s’étend depuis le Négris (qui est présenté chez Pline l’Ancien tantôt comme un fleuve tantôt comme source du Nil) vers le Sud et comportait diverses peuplades citées par les auteurs anciens. Elle apparaissait tantôt comme un pays plein de dangers redoutables tantôt comme une contrée merveilleuse, près de laquelle on situait les Iles fortunées. Comme les moyens de pénétration vers l’intérieur de cette Ethiopie étaient difficiles (des expéditions militaires ont eu lieu au 1e siècle de notre ère sous Auguste, Néro et Domitien), la connaissance des Romains se révèle beaucoup plus orientée vers la partie orientale de « l’Ethiopie » que vers la partie occidentale.
Aujourd’hui la connaissance de l’Afrique intérieure ne dépend plus seulement des récits des auteurs anciens mais encore des recherches archéologiques ainsi que des études linguistiques et sociologiques : celles-ci ont permis, par exemple, de constater, des parallèles entre certaines pratiques religieuses africaines d’une part, entre la coutume romaine des imagines (portraits des ancêtres) et la tradition africaine des masques d’autre part. Tous les rapports et toutes les communications ont eu lieu en langue latine. En particulier le Congrès a permis de confirmer le rô1e de véhicule universel que joue la langue latine. Cet aspect a été compris par les Africains dès le XVIe siècle puisque plusieurs auteurs qui sont d’authentiques Africains ont publié depuis cette période des ouvrages en langue latine sur des sujets divers. Une expérience qui a suscité l’enthousiasme du Congrès a prouvé l’intérêt des jeunes Africains pour le latin : de jeunes élèves des classes de 6ème et 5ème ont joué en latin de courtes scènes inspirées par leur vie quotidienne, qu’ils ont composées eux-mêmes sous la direction de leurs maîtres.
Les textes qui vont suivre, celui de Léopold Sédar Senghor étant intégralement publié et les autres résumés, donnent une idée des communications présentées à l’occasion du congrès.





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