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VOUS AVEZ CHOISI D’ETRE LE RYTHME ET LE COEUR DU PEUPLE
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Ethiopiques numéro spécial
revue socialiste de culture négro-africaine
70ème anniversaire du Président L. S. Senghor
novembre 1976

Auteur : Robert Galley

C’est ici, entre « la plaine verte, profusion de promesses » et la presqu’île du « Cap-Vert, constellée d’Îles, frangée d’écumes et de plages blondes », c’est ici sous le signe de l’Espérance d’un monde meilleur, qu’à l’occasion de votre 70e anniversaire, vous nous avez conviés, Monsieur le Président, à méditer sur un thème, par vous choisi, celui de « Culture et Développement » . Le sens de ce thème est majeur, car la culture est au commencement du développement, tout en étant aussi sa finalité. En liant ainsi deux données essentielles du présent et de l’avenir humain, vous manifestez la richesse et l’élévation de votre pensée, celle de l’Homme d’Etat de haute stature, celle du guide Spirituel, tel que l’appelait de ses vœux Platon, en définissant l’image du « roi-philosophe » et celle, exceptionnelle, du « Président-Poète ».
Comment, Monsieur le Président, ne pas citer vos propres écrits pour illustrer le cheminement de votre vie, et les grandes étapes de votre action ?
Votre vie, « surgie du Royaume d’enfance et des terres ancestrales » a été marquée par le lieu de votre naissance dont vous avez dit « j’y jouais avec les colombes, et avec mes frères les fils du Lion ». Ce sont là symboles de paix et de force, cette force de votre peuple, dont vous avez choisi d’être « le rythme et le cœur ». Et dans l’accomplissement de votre dessein, suivant une ligne harmonieuse, « fidèle et qui requiert fidélité », vous avez partagé les épreuves, et celles de notre pays même. Vous avez prononcé « les discours exacts, rythmés dans les hautes assemblées circulaires », enseigné et nourri vos disciples de « la moelle du Maître de sciences et de langues ».
Vous avez révélé au monde le message de la négritude, cet « humanisme du XXe siècle », en lui apportant une nouvelle dimension culturelle.
Grâce à vous, le Sénégal et l’Afrique ont fait entendre, comme vous l’avez si bien dit, « la voix de ceux qui n’ont pas de voix ».
Nous l’écoutons, cette voix, dans ce débat primordial qu’est le Dialogue Nord-Sud, auquel la France attache l’importance que vous savez. Car vous êtes, par excellence, Monsieur le Président, l’inspirateur des dialogues. Certes, de nos jours, des affrontements apparaissent à l’horizon et il arrive que les techniques n’apportent pas toujours et à tous le bien-être qu’elles devraient contribuer à répartir généreusement.
Mais « le cœur du Poète brûle un feu sans poussière ». Vous voulez que les hommes soient « restitués à leur noblesse, les choses à leur vérité ». Et avec une constante attention, et grâce à vos dons prémonitoires, vous surveillez « l’averse sur la route qui porte la bonne nouvelle » celle de la concorde et de la paix, illuminant « l’arc-en-ciel neuf du visage de vos frères ».
Monsieur le Président, nous admirons en vous l’artisan éloquent, convaincant, passionné de l’indépendance de votre pays, qui a su, avec un courage, une noblesse, une dignité dans lesquels votre peuple s’est reconnu, l’artisan, dis-je, qui a su déborder et transcender les frontières du Sénégal pour faire connaître et entendre dans le monde le message de la Nation sénégalaise.
Monsieur le Président, c’est au cœur et au cœur seul que l’on doit laisser le dernier mot. Au nom du Président de la République Française que j’ai l’honneur de représenter ici, au nom de tous les Français, je souhaite, en ce jour anniversaire, bonheur et prospérité au peuple sénégalais, longue vie et bonheur personnel à son Président, Léopold Sédar Senghor.





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