SENGHOR ET LA SANTE DU PEUPLE
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Ethiopiques numéro spécial
revue socialiste de culture négro-africaine
70ème anniversaire du Président L. S. Senghor
novembre 1976

Auteur : Alfred Quenum

Puisque mon ami Alioune Sène, ministre de la Culture de la République du Sénégal m’a fait l’insigne honneur de m’associer très étroitement aux cérémonies de célébration du 70ème anniversaire du grand humaniste qu’est le Président Léopold Sédar Senghor, j’ai pensé que l’on ne pouvait trouver meilleure occasion pour faire un bilan plus ou moins exhaustif de la contribution senghorienne à la promotion et à la protection sanitaires en Afrique et dans le monde. Ce n’est pas tâche aisée de retrouver, à travers une œuvre surtout littéraire et philosophique, les composantes sanitaires du développement qui, selon Senghor, vise essentiellement à améliorer la « condition humaine » grâce à cette tension permanente de l’être vers le plus être. De la moisson riche que représente la série : « Liberté » [1] qui comprend des conférences et des articles, des rapports de congrès ainsi que ses allocutions inaugurales à l’ouverture des Journées médicales de Dakar, on retrouve, aisément, les thèmes principaux de santé publique qui nous préoccupent aujourd’hui, à savoir la nécessité de l’affirmation d’une volonté politique pour l’organisation rationnelle des prestations des soins efficaces au service des masses déshéritées, la mobilisation des collectivités pour la promotion de leur propre état de santé grâce à l’autosuffisance, l’intégration de la médecine traditionnelle africaine à la médecine moderne, la promotion de la recherche médicale et le développement des personnels de santé. La contribution de l’œuvre senghorienne à la promotion sanitaire ne peut être objectivement évaluée en ignorant la pensée qui la sous-tend : l’humanisme senghorien.
Il est, avant tout, une attitude ou une méthode par laquelle Senghor tend essentiellement à rendre l’homme plus vraiment humain en le faisant participer à tout ce qui peut l’enrichir dans la nature et dans l’histoire. Un souci constant devenu presqu’une obsession : replacer l’homme dans la nature dont il est partie, le réconcilier avec la nature, partant avec soi. Par cette méthode d’action au service de l’homme total, Senghor est en plein accord avec la définition de la santé positive qui n’est pas une absence de maladie ou d’infirmité, mais « un état de complet bien-être physique, mental et social ». Cette philosophie d’action conduit Senghor à une fidélité et à l’idéal socialiste. Par la voie du socialisme africain il nous convie à retourner aux sources vives du message marxien en le représentant en négro-africain [2] . Il utilisera bien sûr la méthode dialectique non pas en dogmatique, mais comme un outil pour analyser une situation et en tirer l’action nécessaire. Ainsi Senghor fait de la planification la pierre angulaire du Développement de la Nation et place la Recherche scientifique au commencement même de ce développement [3]. Aujourd’hui, non seulement nous considérons la planification sanitaire nationale intégrée au plan général de développement socio-économique d’un pays comme indispensable à toute action sanitaire efficace au service du plus grand nombre, mais nous préconisons la programmation sanitaire nationale qui, de l’analyse de la situation, déduit les objectifs opérationnels, élabore les actions de développement et détermine les ressources nécessaires qui permettent d’atteindre ces objectifs. L’évaluation permanente permet, à tout instant, d’opérer les ajustements indispensables dans le cadre dynamique d’un système cybernétique. Pour Senghor, l’objectif essentiel reste l’amélioration de la « condition humaine ». Pour atteindre ce but ultime et idéal, il a choisi la voie d’une révolution « pacifique ».


Les objectifs de la révolution sociale senghorienne [4]

La révolution sociale pour Senghor est, avant tout ordre, un ordre nouveau. « Elle est l’ordre de l’homme intégral, celle où l’antériorité de la nature sera reconnue, c’est-à-dire la vie matérielle, mais où sera proclamé, en même temps, le primat de la vie spirituelle qui, en Afrique noire, repose sur les valeurs culturelles. Quels sont les objectifs de cette révolution sociale pacifique ? C’est supprimer la maladie, la misère et l’ignorance de nos masses rurales et citadines, c’est-à-dire du peuple. Et comme le ferait un bon administrateur de santé publique, Senghor cite à l’appui de ces objectifs généraux quelques chiffres : « 1 médecin pour 100.000 habitants, 30.0000 francs CF A de revenu annuel pour une famille de 8 à 10 personnes, 5 enfants sur 100 trouvent place à l’école » . Et Senghor de poursuivre « ... l’ordre de l’homme intégral, c’est celui des corps sains et vigoureux, de l’abondance, des biens équitablement répartis, de l’épanouissement de la vie intellectuelle et spirituelle de la personne. Cet ordre, c’est l’ordre socialiste, celui qui aura conservé l’organisation collectiviste de la vieille société négro-africaine en l’accordant à l’éducation et aux impératifs du monde moderne ». Aussi Senghor est-il naturellement conduit à accorder une place de choix à la santé dans le cadre du développement communautaire.

Le développement communautaire et les soins de santé primaires

L’analyse de la situation socio-économique de l’Afrique occidentale, en juillet 1959, devait conduire Senghor à opter pour une planification rationnelle et dynamique [5]. « ... Les pays sous-développés sont enfermés dans une série de contradictions qu’il s’agit de résoudre. Contradictions entre notre sous-alimentation et nos besoins de production, entre notre faible taux de scolarisation et nos besoins en cadres [6], d’une façon générale entre notre pauvreté et notre retard dans tous les domaines. Maladie, ignorance, misère, voilà notre lot : l’état dont nous avons à faire sortir notre peuple... Notre tâche est immense. Pour la mener à bien il faut élaborer un plan de développement ; il nous faut, auparavant, susciter la foi de notre peuple en son destin et rassembler toutes les énergies dans l’enthousiasme. Qu’il ait réussi ou non, Senghor avait nettement conscience qu’il ne saurait y avoir de progrès sanitaire sans mobilisation du peuple pour un développement intégral. Et ce peuple est constitué par les paysans qui formaient plus de 90% de la population. Aussi, Senghor préconise les coopératives villageoises et souhaite arriver dans le cadre des communes rurales, à faire des routes secondaires par les villageois eux-mêmes, à résoudre les questions de cadres, de scolarisation et d’acculturation, l’investissement humain étant celui qui permet à l’Etat national de former des citoyens des hommes cultivés, rationnellement nourris et formés dans leur profession ». Seul cet effort renouvelé de volonté consciente dans un monde où tout est mouvement, lutte, changement, devait conduire à la libération véritable grâce à l’auto-suffisance dont Senghor avait pourtant une vision claire. « Nous commencerons par nous aider si nous voulons que les autres nous aident. C’est une question de dignité et d’efficacité... Les mendiants ne sont jamais respectés ». Primauté aux paysans et aux zones rurales, autosuffisance grâce à la mobilisation et à la participation responsable des collectivités voilà autant d’options révolutionnaires que nous retrouvons aujourd’hui dans la conception nouvelle de la promotion des soins de santé primaires. L’expression « soins de santé primaires » [7] désigne une approche de l’action sanitaire qui intègre au niveau de la collectivité, tous les éléments nécessaires pour améliorer l’état de santé de la population. Ces soins doivent faire partie intégrante du système national de santé et répondre aux besoins fondamentaux des masses. Cela suppose des services à la fois simples et efficaces sur le plan des coûts, des techniques et de l’organisation, facilement accessibles aux intéressés et qui contribuent à l’amélioration des conditions de vie des individus, des familles et de la collectivité tout entière. Ces services grouperont donc des activités se rattachant à la prévention, à la promotion de la santé, à la médecine curative, à la réadaptation et au développement communautaire. En raison de la modicité de nos ressources, nous devons nous méfier de l’euphorie technologique et utiliser au mieux nos ressources locales. Pour Senghor, le sens du réel est, par excellence, vertu socialiste. Au nom de notre dignité trop souvent bafouée, nous devons tourner le dos au mimétisme stérilisant. Dans la mise en place des services sanitaires pour tous, les facteurs de bien-être comme l’éducation, les communications, l’agriculture, l’organisation sociale, la motivation et la participation de la collectivité ne sauraient être négligés. Il faut, à tout prix, éviter que ne s’accroissent les différences entre les services de santé urbains et ruraux. Si l’on continue de mettre trop l’accent sur les soins spécialisés coûteux qui absorbent la plus grande partie des budgets de santé, les prestations de services deviendront de moins en moins accessibles à la majorité de la population. Non seulement elles seront de moins en mains adaptées à ses besoins, mais les mauvaises conditions d’hygiène du milieu, l’insalubrité des logements et la pénurie d’eau continueront à maintenir le mauvais état de santé. C’est bien ce qu’a compris Senghor lorsqu’à l’occasion des Quatrièmes Tournées Médicales de Dakar, il déclarait qu’on ne pouvait choisir thème plus actuel que celui du péril excrétique, entendez péril fécal.
« Nous sommes, en effet, à l’âge ingrat de la transition entre le passé colonial et l’avenir du Développement ; au stade intermédiaire où l’urbanisation favorise la transmission des maladies avec la multiplication des relations humaines alors que nous n’avons encore que nous n’avons vaincu ni la misère ni, partant, l’ignorance. Or, celle-ci est le plus puissant vecteur des maladies... Ce colloque va nous permettre, à nous, Gouvernement et Parti dominant, de mettre l’accent sur les raisons d’hygiène en identifiant péril excrétique aux périls endémiques. Des représentants du Ministère du Plan et du Développement comme de la Santé et des Affaires sociales, vont établir un dossier motivé ; seulement sur le péril que nous débattons, mais plus positivement, sur les mesures concrètes à prendre pour y faire face dans les villes et jusqu’aux plus petits villages de brousse ».
Ainsi Senghor, non seulement avait une conscience claire de la complexité des problèmes de la salubrité de l’environnement, mais qu’il fallait, pour les résoudre, recourir à une approche globale, intersectorielle et pluridisciplinaire. C’est le propre de la prospective d’être à la fois analytique, synthétique et intégrative afin d’atteindre plus efficacement des objectifs à long terme clairement définis. Pour accomplir des tâches aussi complexes dans un environnement si difficile, il fallait des hommes spécialement préparés à surmonter tant d’obstacles.


Senghor et le développement des personnels de santé

Il eut été bien paradoxal que Senghor, l’enseignant, n’ait été préoccupé par le problème de l’éducation médicale, disons pour parler le langage de notre temps, l’enseignement des sciences de la santé. Il est exact que c’est un faux dilemme pour l’Université que d’opposer le rôle de formation de cadres techniques adaptés aux besoins de l’Afrique et de recherche d’un savoir universel, d’un universum. Il est exact qu’il n’est de science qu’universelle. Opposer les cadres moyens, imprégnés de stéréotypes et de schémas standards, chargés de l’exécution à ceux chargés de la conception dans notre situation concrète est aussi un faux dilemme. Pour plus d’efficacité, il faut dépasser cette dichotomie pour une conception plus dynamique de l’équipe de santé où l’effort de tous les membres seront indispensables à la réussite des objectifs sanitaires qui ont été déterminés à partir des besoins réels des collectivités. Il n’est pas sûr que : « la pathologie humaine soit universelle, que le problème essentiel n’est pas tant l’adoption de programmes spécifiques à l’Afrique que l’adaptation des méthodes de pédagogie » [8]. Il est exact qu’il n’existe pas de procédé universel d’enseignement de la Médecine ou mieux d’enseignement des sciences de la santé en dépit des efforts louables déployés par l’Organisation mondiale de la Santé. Encore qu’elle n’ait jamais préconisé ni l’unité, ni l’uniformité dans la formation des personnels nationaux de santé. Tout au contraire, chaque pays doit, dans le cadre d’une conception intégrée du développement des services et des personnels de santé, former des cadres spécifiquement préparés à résoudre les problèmes locaux, en particulier ceux des masses déshéritées, tout en évitant les innovations périlleuses parce qu’improvisées, il faut aussi refuser de reprendre la voie même éprouvée déjà suivie par des pays industrialisés. A cet égard, nous souscrivons pleinement à cette autre attitude de Senghor, qui stipule bien que la coopération universitaire entre l’Europe et l’Afrique ne doit être ni transposition, ni simple copie. Une telle conception serait contraire à la notion même de l’éducation qui n’est rien d’autre qu’un changement de comportement dans les domaines cognitif, psycho-moteur et affectif de l’individu en situation d’apprentissage dans un environnement socio-économique et culturel donné [9]. Cette conception systématique de l’éducation suppose la définition d’objectifs pédagogiques à partir des tâches à accomplir pour résoudre les problèmes sanitaires du peuple. Seuls les objectifs éducationnels clairement définis en termes de comportement permettront d’élaborer un programme approprié qui ne soit en aucun cas la copie conforme d’un programme étranger qui ne saurait être que la perpétuation de l’impérialisme culturel.
A chaque étape de la mise en œuvre d’un programme adapté aux réalités locales, l’évaluation permanente permet, à tout moment, grâce à un processus dynamique, de faire les ajustements nécessaires compte tenu des modifications de l’environnement y compris les apports nouveaux de la science médico-sanitaire. De telles expériences ont été menées à bien, en dépit de nombreuses difficultés telles que la résistance aux changements, le traditionnalisme dogmatique, dans des établissements de type nouveau comme les Centres universitaires des Sciences de la Santé. Les résultats obtenus à Yaoundé, au Cameroun, en sont une excellente illustration. Une telle approche des problèmes de l’éducation et de l’enseignement des sciences de la santé nous permet non seulement de faire l’inventaire de notre civilisation, mais d’intégrer, dans l’organisation des services sanitaires destinés, avant tout, au peuple, notre culture, c’est-à-dire l’esprit de notre civilisation qui n’est rien d’autre que la « somme des objets, des idées, des symboles, des croyances, des sentiments, des valeurs et des formes sociales qui se transmettent d’une génération à l’autre dans une société donnée ».


Senghor et la médecine traditionnelle africaine

La culture, a dit Senghor, c’est « le tissu même de la société ». Ceci est si vrai que malgré tous les efforts de la domination coloniale pour nier notre histoire et notre culture, celle-ci a survécu parce que consubstantielle à notre être de nègre. Il a fallu l’exemple de la Chine pour nous persuader, enfin, de la nécessité d’intégrer notre médecine traditionnelle à la médecine moderne. Encore qu’il faille tenir le juste milieu entre deux écueils : le folklore et le scientisme. Le réalisme nous commande d’utiliser au mieux nos ressources locales, si nous ne voulons pas, à la longue, perdre notre dignité à force d’une politique de la main tendue. Les exigences du monde moderne nous imposent d’appuyer notre action sur les résultats d’une recherche scientifique orientée vers la résolution des problèmes locaux. Parce que la psychiatrie est le domaine où la culture plonge profondément ses racines, la contribution de la psychothérapie traditionnelle africaine a été concluante. L’apport de l’Ecole dakaroise, donc sénégalaise, a été décisif. Une meilleure connaissance de la dynamique des psychothérapies traditionnelles africaines a permis de les associer judicieusement grâce à une recherche méthodique aux techniques psychothérapeutiques modernes. Celles-là ont permis de découvrir le rôle de la culture dans le traitement de la maladie et de la nécessité du recours à l’authenticité. Le négro-africain doit conserver certaines caractéristiques fondamentales de son âme, de sa négritude et ne pas permettre qu’elles soient déviées ou transformées par la technologie sauvage. En dehors de la santé mentale, un effort appréciable reste à faire pour tirer meilleur profit des énormes ressources que représentent les plantes médicinales. Comme le dit si bien Senghor dans sa préface à l’ouvrage de Kerharo sur la pharmacopée sénégalaise traditionnelle [10]. « Tout comme dans la poésie, dans la danse et la musique, dans les arts, l’Afrique prodigieuse peut apporter beaucoup au monde dans son combat sans fin contre la mort... En Afrique Noire, la pratique médicale, mystique et réaliste, comme l’est la civilisation du sous-continent, est fort ancienne... Connaître la pharmacopée négro-africaine s’impose maintenant pour trois raisons : d’abord parce qu’il est impossible d’ignorer plus longtemps la composition des médicaments utilisés tous les jours par 75 % des populations ensuite, que sous la poussée irrésistible du progrès scientifique, on constate la disparition progressive des guérisseurs au savoir contesté, enfin, que la somme d’informations qu’apporte à toute science le pragmatisme est de plus en plus considérée comme le point de départ de nouvelles recherches... Il devenait donc indispensable que la lumière fût faite savamment, mais clairement, sur les plantes médicinales et toxiques de nos pays pour les sortir du folklore dans lequel, depuis les premiers récits d’exploration, on les emprisonnait, comme des pièces de musée ». Nous ne pouvions espérer moins, comme motivation, de l’ardent défenseur de l’humanisme négro-africain.
Du militant de la Négritude, on connaît surtout la contribution immense à la philosophie de la culture et de la civilisation de l’Universel. De sa conception du Développement, on connaît moins bien sa contribution à la promotion et protection sanitaires des collectivités. Notre projet a consisté à combler cette lacune. Peu importe si nous avons réussi à atteindre l’objectif que nous nous sommes fixé. L’essentiel est d’avoir entrepris. Un dessein reste clair : cette revue, bien que non exhaustive, aura le mérite de pouvoir justifier le choix du cadeau qui a été fait par le Comité scientifique international pour célébrer le soixante dixième anniversaire du poète-président : la création du « Fonds Léopold Sédar Senghor pour la promotion et la protection sanitaires en Afrique ».


[1] Senghor, L. S. Liberté 2, Nation et voie africaine du socialisme.

[2] Senghor, L.S. - Pour une relecture africaine de Marx et d’Engel, Ethiopiques janvier 1976, 5, pp. 4-18.

[3] Senghor, L.S.- Allocution d’ouverture des Quatrièmes Journées médicales de Dakar, 4-10 janvier 1965.

[4] Senghor, L.S. - Liberté 2, p. 68.

[5] Senghor, L.S. - Liberté 2, p. 260

[6] Nous dirons aujourd’hui nos besoins en personnels.

[7] O.M.S. Document A 28/9.

[8] Senghor, L.S. -Allocution d’ouverture des Cinquièmes Journées médicales de Dakar, 16-19 janvier 1967.

[9] Quenum, A. - Problématique de la formation des personnels de santé en Afrique - in Santé, Nation et Développement, 1 vol., St-Paul, Afrique Edit.. Kinshasa. 1975, pp. 81-92.

[10] Kerharo, J. et Adam, J.G. - La pharmacopée sénégalaise traditionnelle (Plantes médicinale et toxiques), 1 vol. Vigot Edit., Paris.




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