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INTERCULTURALITE ET PAIX : LA CARTE CIVILISATIONNELLE HUNTINGTONIENNE FACE AU MODELE SENGHORIEN DE LA FRANCOPHONIE
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Ethiopiques n°71.
Littérature, philosophie, art et conflits
2ème semestre 2003

Auteur : Babacar NDIAYE [1]

Dans l’absolu, l’interculturalité est d’abord une question de rapport d’altérité qui doit, en principe, déboucher positivement sur un équilibre décisif. Grosso modo, deux alternatives s’offrent : d’abord une stabilité par la balance, le respect mutuel et réciproque ; et ensuite un équilibre précaire fait de domination d’une partie sur l’autre ou sur les autres. Dans ce dernier cas de figure, nous sommes en général au cœur de ce qui existe réellement et qu’illustre de prime abord et parfaitement l’histoire des civilisations, à travers les différentes dominations : romaine, grecque, occidentale et aujourd’hui américaine.
En effet, la première alternative est un idéal, car c’est elle qui devrait être la culture même de la paix, contrairement à la seconde par laquelle, sous les apparats du dialogue, l’interculturel, en se posant et en se définissant comme un type de rapport biaisé entre des identités culturelles distinctes, est inverse à la paix. Dans ce cadre, l’interculturel peut être perçu comme une source de conflits, parce que potentiellement porteur de divergences telles que Les identités meurtrières dont parle Amin Maalouf. La carte des civilisations de Samuel P. Huntington s’inscrit dans cette veine, avec le Choc de ces mêmes civilisations comme modus operandi et hypothèse explicative de la réalité et du devenir du monde.
Mais, d’un autre côté, l’interculturel se comprend aussi comme un rapport par confrontation apaisée, échange, influence, dépassement, imitation, progrès par synthèse, assimilation et osmose. Ainsi, au lieu d’être génératrice de conflit (s), il signifie une absence de conflictualité, d’affrontement, de crise, de tension et de guerre. Ici, l’interculturalité est le lieu de la confiance réciproque, de la recherche permanente de solution par compromis et par dialogue. Le modèle senghorien de la Francophonie se situe dans cette perspective.
Pour nous, le problème est de déterminer une voie, parmi les mieux indiquées, allant dans le sens de la culture de paix, à la lumière positive de la dynamique culturelle prônée et rêvée par Léopold Sédar Senghor (1906-2001) face à l’hypothétique cantonnement culturel et conflictuel imaginé par Samuel P. Huntington. Un tel rapprochement-confrontation provocateur, que ni la géographie ni l’histoire ne justifient, est possible dans la mesure où le déterminant culturel est omniprésent dans le diagnostic prospectif et stratégique huntingtonien. Egalement, la reprise senghorienne de l’idée de Francophonie [2] a, en plus de ses relents politiques, un intérêt culturel sans conteste. C’est donc sur la commune base culturelle, avec un enjeu civilisationnel de dimension globale, voire universelle ou mondiale, que se situe la problématique du rapport interculturel dans une perspective de paix. Il reste toutefois évident que les hypothèses de Samuel Huntington, en se situant à l’opposé de l’optimisme constructif de Senghor, ne servent ici qu’à mieux valoriser le modèle du chantre de la négritude et de la civilisation de l’universel. La démarche provocatrice et audacieuse se veut expressément par contraste et à rebours, en puisant dans le fonds historique de l’évolution des idées chez un illustre précurseur africain.
Pour Samuel Huntington, le verdict est sans appel ; la cause principale de conflit dans la nouvelle phase amorcée par l’évolution du monde, suite à la chute du mur de Berlin (1989), ne sera ni idéologique, ni économique, mais plutôt culturelle. En effet, cet universitaire, technocrate et prédicateur stratégique, entrevoit dans la culture le moteur des conflits entre les nations, les peuples et les groupements humains distincts, notamment sur les lignes de fracture entre les différentes civilisations. Selon l’auteur de Political development and political decay (1993), il reste évident qu’une civilisation se définit comme « le plus grand regroupement culturel de peuples et le niveau le plus élevé d’identité culturelle (...) » (the highest cultural grouping of people and the broadest level of cultural identity) [3].
Ainsi, l’étalon huntingtonien est la culture. Tout se définit par rapport à la culture, y compris les conflits. Parce que, selon lui, les civilisations sont autonomes et distinctes, car non interpénétrables. D’ailleurs, il en recense sept ou huit grandes (seven or eight major civilizations) qui sont : occidentale, confucéenne, japonaise, islamique, indienne, slave-orthodoxe, sud-américaine et probablement africaine. Les résultats des interactions de ces différentes civilisations seront ou sont déjà conflictuels. Cela se traduit concrètement par des conflits d’envergure et sanglants tout au long des lignes de démarcation de ces civilisations [4].
Toujours selon Samuel Huntington, les raisons de ces conflits entre les civilisations tiennent à quelque six facteurs essentiels :

- la religion,
- les interactions entre les civilisations,
- les changements économiques et sociaux,
- la conscience d’appartenir à une civilisation ;
- les spécificités culturelles,
- et le régionalisme économique.

A l’analyse, la plupart de ces facteurs se révèlent appartenir à la sphère culturelle, ce qui conduit Samuel Huntington à la cinglante conclusion selon laquelle : « La prochaine guerre mondiale, s’il y en a, sera une guerre entre civilisations » (The next world war, if there is one, will be a war between civilizations [5]). Et il ajoute un peu plus loin cette affirmation catégorique, voire suicidaire : « Il n’y aura pas de civilisation universelle mais plutôt un monde de diverses civilisations, chacune devra apprendre à co-exister avec les autres » (there will be no universal civilization but instead a world of different civilizations, each will have to learn to co-exist with others) [6]. De facto, le choc des civilisations exclut toute possibilité médiate de coexistence pacifique, de rapprochement et de construction humaine d’une civilisation à dimension universelle, et cela en toute ignorance des multiples théories sur la question, dont celle de l’universitaire, homme politique, poète et visionnaire Léopold Sédar Senghor.
De par ses idées et ses hypothèses décontextualisées, Samuel Huntington raye d’un trait l’Afrique de la carte des civilisations. Dans son recensement, la place du continent africain est perçue comme un ultime rajout afin de compléter le décor déjà planté, et pour ne pas s’embarrasser d’un résidu gênant entre les bras. L’Afrique n’occupe qu’une place marginale dans la réflexion de l’auteur de The clash of civilizations and the remaking of world order (1996). En plus, il commet l’erreur grossière qui consiste à caractériser l’Afrique comme une zone compacte et culturellement homogène, ignorant ainsi les spécificités maghrébines, ouest, centre, est et sud-africaines.
Les hypothèses huntingtoniennes sont séduisantes par leur simplicité dangereusement mutilante et éblouissante. Elles sont tout aussi réductrices et globalement pessimistes quant à l’explication, la reconstruction et par rapport au devenir du monde. Et c’est cela qui fait dire à Souleymane Bachir Diagne que

« Si la fatalité d’un ’choc’ des cultures comme explication en dernière instance des conflits, tant dans le cadre international qu’au sein du continent africain, est par trop simpliste, il reste que ce paradigme pessimiste d’après guerre froide porte un enseignement : celui de l’importance du dialogue de ces mêmes cultures comme moyen d’élever dans l’esprit des humains les barricades de la paix [7] ».


Il est donc évident que, dans son choix explicatif, l’Américain manque d’optimisme et s’engage dans une voie aporétique parce que conduisant au constat d’échec. En réalité, les conflits ne se jouent aujourd’hui pratiquement que dans le cadre étatique (Bosnie-Herzégovine, Rwanda, Burundi, République Démocratique du Congo, Kosovo, Sierra Leone, Libéria, Côte d’Ivoire, Irlande, Soudan, Algérie, Tchétchènie, etc.) ou alors ne se présentent plus comme le choc prédit, parce que souvent asymétriques (Afghanistan, Irak), de faible ou de basse intensité, et limités dans le temps et dans l’espace.
Finalement, s’il reste même acceptable en dernière instance que certains conflits ont une teneur culturelle et/ou civilisationnelle et se situent sur les lignes de démarcation entre les civilisations, le problème essentiel se poserait, non pas dans la conflictualité en soi, mais dans la résolution définitive de celle-ci. Entre la différence, l’opposition, la concurrence, d’une part, et la guerre, d’autre part, il y a divers paliers. De même, entre la cessation des hostilités et la paix véritable, il y a tout un parcours. En fait, les périodes qui précèdent et celles qui succèdent aux conflits demeurent problématiques dans la mesure où se maintiennent une distance irréductible, une haine et un refus de réconciliation entre les communautés. L’illustration la plus parfaite se retrouve dans la situation en Bosnie-Herzégovine où les trois communautés serbe, croate et bosniaque, pourtant toutes slaves, ne cohabitent que grâce à une paix institutionnelle imposée par les accords de Dayton [8]. Le climat entre Tutsis et Hutus au Rwanda et au Burundi n’est pas d’une grande différence.
Ainsi, pour Samuel Huntington, le déterminant culturel ou civilisationnel est la clé de voûte du système interprétatif des conflits dans et à travers le monde, suivant en cela des lignes de fracture qui représentent potentiellement autant de lignes de front. Sa carte du monde est à la base de l’intelligibilité de la marche du monde. Sans être aussi catégorique que lui, on peut trouver dans la vision senghorienne un optimisme constructif opposé par le biais de l’idée de Francophonie. Dans ce paradigme inscrit dans la mouvance du monde et sur la base de la participation d’hommes d’horizons divers, une culture de paix peut et doit se substituer à la conflictualité décelable dans l’interculturalité.
Passé le temps de la négritude comme mode d’expression de la révolte du Noir face à la domination et à l’asservissement, est venu celui de la participation à l’édification de la civilisation de l’universel. La preuve de l’enracinement étant faite, l’épreuve de l’ouverture a eu droit de cité dans le combat politique et culturel comme pour mieux montrer "ce que l’homme noir apporte", et par-delà lui, ce que toute une partie du monde peut apporter dans l’œuvre de fusion et de communion entre les civilisations. L’idée d’une communauté baptisée Francophonie lui en offre l’opportunité, comme pour mieux signifier qu’après l’enracinement obligatoire, il fallait nécessairement s’ouvrir au monde afin d’être en phase avec le cosmopolitisme philosophique propre à l’humanité. Et dans ce cadre interculturel fait de fusion et de communion entre des peuples d’horizons divers, la rencontre et le dialogue des civilisations peuvent être le moteur de la paix dans le monde. Dans ses multiples acceptions, la Francophonie a, chez _ Senghor, une dimension à la fois géographique, politique, et linguistique, ainsi qu’une dimension culturelle sans conteste, parce que charriant indéniablement une culture de paix et d’universalité, par une certaine forme de communion des cœurs, des esprits et des peuples.
Dans Liberté V, le poète président circonscrit la Francophonie ainsi qu’il suit :

« Le mot de ’francophonie’ (...) peut signifier : 1. L’ensemble des Etats, des pays et des régions qui emploient le français comme langue nationale, comme langue officielle, comme langue de communication internationale ou simplement comme langue de travail ; 2. L’ensemble des personnes qui emploient le français dans les fonctions que voilà ; 3. La communauté d’esprit qui résulte de ces différents emplois [9] ».

A travers l’idée de Francophonie, Senghor a entrevu une redéfinition des espaces culturels par une réécriture de la carte du monde totalement en contradiction avec la description statique huntingtonienne. Cet espace englobe une communauté à la fois linguistique, culturel et politique. La Francophonie est le modèle dynamique par excellence de l’ouverture prônée par Senghor. Il fait éclater par là le cadre de la négritude, facilement qualifiable de racial, voire de raciste [10].
Chez Senghor, la Francophonie est ainsi le lieu d’une certaine forme d’altérité positive, non pas verticale, mais horizontale, parce qu’espace du brassage et du métissage [11] culturel qui doivent déboucher sur une personnalité nouvelle, une personne morale imposante sur l’échiquier international et un dialogue égalitaire multilatéral de dimension mondiale. En effet, la Francophonie, en chiffres, c’est plus de cinquante Etats [12], soit environ le tiers du total mondial, et des millions de locuteurs repartis sur les cinq continents. Elle a donc sa place dans le monde et doit apporter sa contribution à la résolution des différends qui se posent, à l’instar des autres instances internationales de concertation. Ainsi, elle apporte une plus-value, à cause justement de la pluralité des ses critères d’appréciation et de jugement, de ses angles de perception et surtout de son cosmopolitisme réel lié à la représentativité plurielle qui la caractérise.
En plus, la Francophonie est un cadre éthique de concertation puisant sa force dans la Révolution Française de 1789, dans l’expérience traumatique vécue par certaines cultures (l’esclavage et la colonisation), et surtout dans la volonté de transcender un passé conflictuel douloureux par acceptation des apports extérieurs à la référence hexagonale historique. Elle est donc non seulement la réécriture de la géographie du monde, mais aussi celle de la géopolitique moderne, c’est-à-dire celle-là qui transcende les spécificités culturelles propres par des enrichissements mutuels, par des contributions et par des créations de nouvelles valeurs partagées au plan politique, universitaire et académique, linguistique et culturel. En aucune manière, elle ne saurait être un espace de division, de scission et de conflictualité. Et suivant cette ligne directrice, en fait ligne de rencontre et de communion, René Gnalega n’a pas tort d’écrire que

« Il y a ici rejet de tout racisme, de toute conflagration, pour ne pas dire de toute confrontation dans le souci d’accepter l’homme, d’accepter l’autre. C’est à ce point que la Francophonie, la Francité participent à la synthèse des mondes. Dans son principe même, la culture française invite à la civilisation de l’universel, au dialogue des cultures, au rendez-vous du donner et du recevoir [13] ».

Autrement dit, la Francophonie contredit toute idée de choc des civilisations. Elle est plutôt le lieu du dialogue interculurel apaisé, des échanges transversaux pacifiques et des synthèses résolutives des équations qui se refusent à toute opération à caractère violent, unilatéral et unidirectionnel. Son essence est donc dans la paix résultant des diverses contributions culturelles, qu’elles soient africaines, asiatiques, nord-américaines ou insulaires, noires, blanches et jaunes.
A l’analyse, le modèle senghorien de la Francophonie est un bel exemple de creuset propice à la culture de la paix. Elle est le lieu et l’expression pertinente de l’interculturalité, du cosmopolitisme et même d’une certaine forme fortement humanisée de la mondialisation, celle qui est profondément ancrée dans une vocation pacifique par le dialogue, les échanges et les solutions par compromis. C’est aussi le dépassement des aires géographiques, économiques et civilisationnelles qui semblent conditionner la nouvelle répartition du monde. De facto, Senghor taille une place à l’Afrique plurielle et à toutes les autres civilisations dans l’espoir de voir leur apport à la civilisation de l’universel.
Contrairement à la description somme toute pessimiste et statique de Samuel P. Huntington, la vision de Léopold Sédar Senghor, traduite en combat concret sur différents fronts, est le symbole même de l’optimisme, du dynamisme et du refus définitif des identités séparées et imperméables. Cela cadre avec la volonté du poète de contribuer à apaiser les soubresauts qui secouent le monde. Et, du même coup, il y a là une preuve indéniable de la ruine de la véracité topographique de la carte huntingtonienne, et aussi de l’inanité de son essai de géographie des civilisations. Senghor apporte une preuve contraire de la validité de ce modèle certes postérieur, mais qui manque de recevabilité. En clair, la théorie de Huntington ne résiste pas à la réalité des faits. Elle n’est pas évidente, suffisante et encore moins totale dans sa tentative d’explication et d’explicitation par anticipation du devenir du monde. A ce point, elle se ruine d’elle-même en face du projet positif et optimiste de Senghor de construction d’une interculturalité de paix, par l’entremise de la Francophonie.
En somme, la carte des civilisations de Samuel P. Huntington correspond à une certaine vision géopolitique et géostratégique du monde dans ce qu’elle a de spécifique, et même de marginal. Elle entrevoit le choc sanglant et meurtrier des peuples sur la base de leurs différences tenant aux civilisations, surtout au niveau des lignes de fractures entre les sept ou huit grandes entités retenues. En revanche, la vision de Senghor s’ancre dans l’optimisation de la rencontre et du dialogue dont l’espace de communion qu’est la Francophonie est un modèle positif. L’évolution du cadre de la Francophonie lui donne aujourd’hui raison, et confirme encore la possibilité d’une universalité par composition, dans la lignée de l’humanisme et par fidélité à la pensée de Pierre Teilhard De Chardin. Chez Senghor, il n’y a pas de choc des civilisations, mais une rencontre qui donne naissance à une nouvelle carte du monde. L’interculturalité senghorienne est paix.


[1] Docteur ès lettres en philosophie, Capitaine de la gendarmerie nationale (Sénégal).
Ce texte a fait l’objet d’une conférence à l’attention du Club de littérature, d’art et de philosophie du Lycée Malick Sall de Louga, le samedi 17 mai 2003.

[2] Invention de Onésime Reclus reprise par Senghor en novembre 1962 dans la revue Esprit.

[3] "The coming clash of civilizations or, the West against the rest", in The global agenda. Issues and perspectives, Ch. W. Kegley Jr. and E. R. Wittkopf (ed.), New York/St. Louis/ San Francisco, McGraw-Hill, Inc. 1984, p. 179.

[4] Idem., p. 180.

[5] Idem., p. 182.

[6] "The coming clash of civilizations or, the West against the rest", op. cit., p. 182.

[7] Quelle sécurité pour les Africains ? Cadres éthiques, normatifs et éducatifs pour la promotion de la sécurité humaine en Afrique, étude pour l’UNESCO à paraître.

[8] Voir notre texte "Paix et unité en Bosnie-Herzégovine", à paraître.

[9] Paris, Seuil, 1993, pp. 261-262.

[10] Dans "Orphée noire", Jean-Paul SARTRE qualifie la négritude de « racisme anti-raciste ».

[11] Dans son "Hommage à Léopold Sédar Senghor", in Xamalé - Cahiers d’Écritures Polyglottes, no 1 avril 2001, p. 7, Amadou Lamine SALL rappelle cette phrase prononcée en Grèce par le poète président : « Quand deux peuples se rencontrent, me dit-il, ils se combattent souvent, ils se métissent toujours ».

[12] En réalité, il y a 51 Etats et gouvernements membres ainsi que 4 Etats observateurs que sont la Pologne, la Lituanie, la République Tchèque et la Slovénie. Cette communauté représente une population totale de plus de 500 millions d’habitants.

[13] "Senghor et la Francophonie", Ethiopiques no 69, Hommage à L. S. Senghor, 2ème semestre 2002, p. 184.




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