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Ethiopiques numéro 24
revue socialiste
de culture négro-africaine
octobre 1980

Témoignages [1]

L’amitié d’Alioune, son esprit clair et lucide, m’ont aidée, en outre à rejoindre le socialisme africain et à participer à ses efforts : parce que les deux-trois mille Afriques sont toutes dans son cœur.
Le respect d’Alioune est le respect profond de l’homme et c’est sur ce respect qu’est basée toute son œuvre.
Il a écrit très peu parce qu’il a passé sa vie à faire parler les autres mais, dans chacune de ses pages on retrouve sa prudence dans l’énoncé des idées, son respect de la vérité et de la recherche, son intelligence profonde à l’âme des choses.
Le monde noir doit à Alioune Diop la conscience et la volonté de s’exprimer, de se faire comprendre, d’être aimé et d’aimer tous les hommes.
Tel est l’aspect le plus digne de Diop : homme fragile doté d’une ténacité noble, sage, sereine, homme noir en qui se reflète l’image la plus fascinante de l’homme tout court.

MARCELLA GLISENTI
Présidente de l’Association
des Amis Italiens
de Présence Africaine

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J’ai eu cette chance, celle de rencontrer Alioune Diop en ce moment privilégié : il semblait que le monde plus qu’auparavant, inclinait, docile à la remise en question des vieux tabous sur lesquels l’Occident avait fondé jusque là sa prétention à la suprématie et au monopole de l’univers. Le mérite d’Alioune Diop fut d’avoir été parmi nous le premier à saisir la gravité du problème et à mesurer l’ampleur de la tâche qu’il suscitait. Il fallait la graine de folie du visionnaire pour s’engager dans une aventure de cette témérité. Il était bien dans la nature d’Alioune Diop de s’engouffrer dans le vague et l’illimité.
Avec sa foi, Alioune alla de l’avant. Grâce à ses relations, la Sorbonne nous ouvrit ses portes toutes grandes. L’amphithéâtre Descartes vit alors apparaître, royale, dans l’éclat d’une nouvelle renaissance, la culture noire, cette fois reconnue et proclamée en toute solennité avec la ferveur de ses fidèles accourus de Madagascar, de la Grande Afrique, des Etats-Unis, du Brésil, de la Colombie, du Vénézuéla, d’Haïti, de Cuba, de la Martinique, de la Guadeloupe, de la Jamaïque, de la Barbade et de Saint-Domingue
Le 1er Congrès Mondial des Artistes et Ecrivains Noirs fut ainsi un triomphe.
L’œuvre d’Alioune Diop, comme la culture elle-même baignera toujours dans l’actualité, parce qu’elle a pour vocation d’interroger sans cesse ce qui confère à l’homme singulièrement à l’homme Noir, sa valeur d’être et donne à la vie sa vraie saveur.

JACQUES RABEMANJARA
Ancien Vice-Président
du Gouvernement
Ancien Ministre d’Etat
aux Affaires étrangères de Madagascar

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Paradoxale est l’entreprise de consacrer une somme d’hommages à un homme qui refuse tout hommage, qui fuit toute scène, évite toute distinction, trop épris, trop occupé de l’essentiel pour se distraire en ces gratifications qu’à partir d’un certain âge la notoriété donne. Les retombées mondaines d’une œuvre exemplaire ne peuvent séduire celui dont l’œuvre se confond avec la vie, étant entendu que cette vie est vie pour les autres, pour un peuple, le peuple noir. Il ne saurait y avoir d’autre hommage à Alioune Diop qu’hommage au peuple noir et je ne doute pas qu’à travers sa personne et son action, ce ne soit le seul qu’il supporte.
Sensible et irréductible, inquiet et tenace, simple et profond, lointain et ouvert, ces traits sont bien abstraits et insuffisants pour évoquer une telle personnalité, une des plus nobles que j’aie rencontrée.

JACQUES HOWLETT
Professeur de Philosophie
Membre de l’Equipe
de Présence Africaine

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Dans la langue d’Alioune Diop, le mot culture désigne le désir de saisir la réalité dans sa largeur et sa profondeur. Or c’est le sens que lui donne aujourd’hui l’Occident fatigué de trop de réductions politiques et scientifiques. L’Africain a donc devancé l’Europe, montrant ce qu’il pourrait lui apporter si elle se décidait à l’écouter au lieu de l’utiliser. L’épreuve de la déréliction a creusé dans l’Afrique un puits où sourd une eau bienfaisante : la parole africaine, capable d’équilibrer la parole européenne sans se confondre avec elle. Alioune Diop a recueilli cette mêlée de sang. Il a parlé, rejetant ensemble le silence, la polémique qui vise trop court, la crispation, animé par une conviction qu’il faut appeler foi en ce sens qu’elle est assez enracinée pour anticiper l’accomplissement de ses propres promesses. Ce n’est pas parce que mes efforts ont été payants que je crois. Je crois parce que je crois en ce que je crois. Ici bien entendu, je laisse la place à Celui : je crois en Celui en qui je crois. Car la foi n’est qu’une suffisance de plus si elle ne repose pas en un Autre. La parole d’Alioune Diop s’est toujours placée à ce niveau et sa musique le laisse bien entendre :
« Nous refusons de renoncer à la pensée, nous refusons de refuser au souci éthique », écrit-il, par exemple, dans le premier cahier de « Présence Africaine ».
Nous aussi les Occidentaux, nous le refusons de plus en plus. Nous comprenons Alioune Diop. Loin d’avoir planté sa tente dans les lointains de l’humanité, il s’est établi au centre, et c’est l’Occident qui paraît s’être déplacé pour venir le rejoindre. La foi a de ces lucidités.

ROBERT MONTV ALON
Directeur de la Revue
« Terre Entière »

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Tu m’as accepté tel que je suis ma fidélité à tous crins aux positions du mouvement ouvrier international. Connaissant mon opposition théorique aux thèses de Léopold Sédar Senghor, tu m’as souvent laissé la liberté de l’exprimer dans la revue (...). Je n’ai pas la naïveté de penser que tous ceux qui, aux diverses étapes de la revue, ont constitué ton équipe de création, aient eu, autant que moi, un égal souci d’objectivité, ni les mêmes intentions manifestement décoloniales.
Cher Alioune, à l’heure du bilan, ce que j’apprécie le plus en toi, c’est l’homme de dialogue.
Pour mon humble part c’est grâce à « Présence Africaine » que mes poèmes ont aujourd’hui l’honneur de circuler en Afrique et de trouver une audience féconde auprès des lecteurs africains. Je suis pleinement d’accord avec mon ami de classe Jean Suret-Canale quand il écrit que « l’affirmation d’une culture africaine, l’expression de cette culture, non point en tant que guide d’une orthodoxie, mais comme forum, lieu de dialogue où tous pouvaient faire entendre leur voix, ont contribué au grand mouvement qui a conduit de la décolonisation aux indépendances ».
C’est là, sans aucun doute, le grand mérite de « Présence Africaine », et le tien.

RENE DEPESTRE
Poète Haïtien

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J’ai voyagé à travers Alioune Diop comme j’ai voyagé à travers ce monde pathétique, au rendez-vous d’un autre moi-même et de toutes mes sources, cette Afrique pensive et pensante, frémissante et émouvante, aux confins de l’Histoire et de la Géographie, à l’extrême frontière du Rêve et du Réel. Quand il s’agit d’Alioune Diop, le premier mot qui me vint à l’esprit est aussi : Pathétique...

MALEK HADDAD
Poète algérien
(décédé depuis)

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Tolérant, Alioune l’a toujours été d’une manière étonnante. Il rend à chacun, sans conflits, l’originalité de sa pensée sans s’arrêter aux « Définitions » qui aboutissent toujours aux grandes querelles stériles.
Alioune est aussi l’homme fidèle, fidèle à la Tradition parce que fidèle à lui-même.
Aujourd’hui, avec Alioune et à cause de lui, je ne cherche plus à définir ce que représente l’impact de la Culture Africaine dans le monde tant ce qui a été fait est admirable. Le message d’Alioune a été entendu. Puissions-nous ensemble, le remercier de tout cœur et lui faire l’aumône d’une prière.

MARIE-THERESE BASSE
Directrice de l’Institut de Technologie Alimentaire
DAKAR

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Alioune, nous te devons beaucoup, pour avoir toujours été toi-même ; pour avoir voulu être toujours parmi nous la bienfaisante présence de l’Afrique. Douce présence qui pourtant sans trêve nous met cruellement en question.
Puisses-tu ne pas trop souffrir aux tempêtes qui menacent la terre. Puissent les Africains avoir compris de toi qu’unité, authenticité et indépendance sont pour l’Afrique des synonymes exigeants.

EDGARD PISANI
Sénateur de la Haute-Marne

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A mes yeux d’adolescent, Alioune se caractérisait, plus que par sa richesse d’esprit, par sa distinction, sa détermination et sa discrétion. Toutes qualités qui n’ont fait que se confirmer. Sa trajectoire est pure et son être limpide. Il ne changera jamais.
Distingué, il l’est déjà dans son allure. Mais son élégance s’exprime au mieux dans son style et ses propos. Constamment attentif aux idées de l’autre. Jamais ironique, Jamais autoritaire, jamais excédé. Toujours souriant, toujours poli, toujours maître de lui.

MARC SANKALE
Professeur et Doyen Honoraire
de la Faculté de Médecine et de Pharmacie de Dakar

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(...) On m’excusera (déformation professionnelle ?) de ne pas pouvoir détacher l’hommage amical rendu à Alioune Diop de ces considérations un peu abstraites. Mais après tout, ce n’est pas offenser sa modestie de dire qu’il appartient à l’histoire et que sans attendre les spécialistes du XXIe siècle, aujourd’hui au berceau, les témoins ont quelque chose à en dire dès maintenant.

JEAN SURET-CANALE
Historien
chargé de Recherches au CRNS

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Rendre hommage à Alioune Diop c’est rendre hommage à l’homme d’action, de culture et de dialogue qui, selon ses propres mots, se donna pour ambition de contribuer à « mieux connaître et développer l’Afrique ».
Se mettre au service du développement de l’Afrique c’est, à mon sens, s’engager résolument dans ces directions fondamentales qui visent à :
- la recherche des valeurs positives d’une culture qui nous est propre ;
- donner une primauté effective à la mise en œuvre d’une solidarité entre mes peuples pour un développement global, équilibré et partagé.
Alioune Diop appartient à ceux qui donnèrent aux Africains la chance d’apprendre à revaloriser leur patrimoine tombé en déshérence.

ALBERT TEVOEDJERE
Directeur de l’Institut International d’Etudes sociales
GENEVE

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Lorsqu’en novembre 1928 je quittai Saint-Louis du Sénégal, je laissais au Lycée Faidherbe, dans les petites classes une « marmaille indifférenciée » pour qui j’étais plus qu’un aîné...
Quinze ans plus tard, dans le Paris de l’Occupation, j’avais retrouvé quelques uns de mes « tous petits » avec des compagnons et des compagnes inséparables venus de tous les points du monde, Africains, Antillais, Guyanais, Malgaches, Annamites. Leurs études supérieures terminées, munis presque tous de diplômes, ils étaient, comme moi, « bloqués » en France.
Mais ils avaient leur Selbé-Surveillant-Moniteur des initiés qui « fréquentait leurs restaurants universitaires, leurs foyers d’étudiants, leurs cafés ».
Ce Selbé c’était Alioune Diop.
Alioune Diop était déjà préparé à ce rôle, ayant été le « pion » et le répétiteur de certains d’entre eux au Lycée Faidherbe.

BIRAGO DIOP
Poète Conteur

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Alioune Diop n’est pas un dogmatique descendu dans l’arène culturelle tout pesant de données, hérissé de certitudes. En 1977 encore il est le questionneur : « Toi qui as vu cela, qui reviens de tel pays, qui appartiens à telle zone, que penses-tu ? ... « Et de se mettre à l’école du passant, comme au premier jour de la connaissance, rassemblant, collationnant, mettant bout à bout les fragments de la fresque non finie, infinissable, de sa vision globale. Il y a en lui une passion de quête jamais satisfaite, et, dominant toutes les certitudes accumulées, celle de ne pas savoir assez, celle même de ne rien savoir : l’humilité salutaire des saints devant la porte des arches, tabernacles et sanctuaires.. .

ROGER DORSINVILLE
Romancier
haïtien en exil

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L’amitié entre Alioune Diop et moi date précisément de 1956. Ce fut une époque décisive dans ma vie d’écrivain : je terminais le Pilorié devenu Un Piège sans fin, et m’attaquais aux forces Obscures maintenant intitulé l’initié, à juste titre dédié « à mon vénéré père, Paul Kpossy-Bhêly Quénum, qui m’a enseigné tout ce que je sais des « forces obscures » africaines ; et à mon vieil ami Alioune Diop, en souvenir de nos conversations entre l’aîné et le cadet, un sujet de l’autre génération ».
J’ai ainsi voulu essayer de prouver à l’un et à l’autre comment j’ai compris leur affection pour moi et fidélité viscérale de leur attachement à la terre et à la cause africaines.

OLYMPE BHÊLY-QUÉNUM
Ecrivain - Journaliste
Grand Prix littéraire de l’Afrique

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A l’instar des pèlerins antiques qui s’en allaient en Orient à la recherche de la vérité, Alioune Diop se rencontre sur toutes les routes d’Asie, d’Amérique, d’Europe ou d’Afrique à la découverte de ce qui fait vraiment l’homme : son authenticité. Détecter la culture authentique, la mettre en valeur, conspirer à son épanouissement pour le bien commun de notre humanité, telle est la signification de son apostolat.

MAURICE A. LUBIN
Howard University

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L’histoire du mouvement d’émancipation culturelle du monde noir se chargera de dégager la part qui revient à Alioune Diop, sa contribution singulière à l’éveil des peuples négro-africains.
Aujourd’hui, une idée triomphe sans conteste dans la littérature culturelle, celle de l’identité. Sans doute le monde noir tient-il en cette deuxième moitié du XXe siècle à affirmer par là la réalité de sa propre angoisse devant les nouvelles puissances d’agression : le poids énorme et aliénant de technologies non maîtrisées, la domination d’un ordre économique et de ses modèles culturels qui s’évertuent encore, par une logique implacable, à nous annexer et, par delà tout cela, au fond, ces systèmes ou projets de société hégémoniques...
Et c’est peut-être ici qu’il faut réviser une idée qui risque de se glisser dans certaines têtes, qui pourraient penser que « Présence Africaine » est dépassée...
Il n’en est rien, heureusement. Et s’il en est ainsi, c’est sans doute parce qu’un homme veille, qui n’écrit pas beaucoup, qui ne vous inonde pas de belle et pédante littérature ou paroles, mais se tient à l’écoute des réalités les plus parlantes du monde noir et des hommes et peuples de celui-ci.
Bref cet homme sait « écouter aussi les choses que les êtres », pour paraphraser un poète de sa génération.

BABACAR SINE
Professeur de Philosophie

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A une époque où leurs aînés étaient aux prises avec les premières contestations des étudiants africains, Alioune Diop leur donna la parole dans « Présence Africaine ». En 1966 l’homme de culture, sut se faire organisateur et diplomate, pour présider le Comité du Festival Mondial des Arts nègres de Dakar, qui fut une grande réussite dont on souhaite que s’inspire son successeur.
Culture, sagesse, équilibre, finesse, fidélité, continuité, voilà un bon exemple pour les générations de la relève.

JEAN ROUS
Journaliste
et écrivain français

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S’il est un des rares intellectuels musulmans à s’être converti au christianisme, je veux croire que c’est, avant tout, par soif d’une spiritualité neuve et par besoin d’élargir, non sans déchirement, sa quête passionnée de l’homme (...).

GUY TIROLIEN
Poète
Afro-Antillais

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Tous ceux de ma génération voudraient lui dire ce qu’il fut, ce qu’il demeure et sera toujours pour eux : plus qu’un révélateur, plus qu’un initiateur, plus qu’un guide : un créateur d’absolu.

Me A. MOUSTAPHA WADE
Avocat à la cour DAKAR

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Ainsi donc Alioune Diop trace un sens possible à une aventure critique, en tête d’un livre dont l’objectif est de restituer à l’Afrique un cadre ethnologique en vue d’un syncrétisme culturel et religieux. Peut-être est-ce là qu’on trouverait la question majeure qui hallucine actuellement toute recherche de philosophie africaine.

V. Y. MUDIMBE
Uvraza,
Campus de Lubumbashi

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Cela peut paraître étonnant ; l’explication de ma très grande considération pour ta personne, pour tes idées. Cela devient clair si, outre tes qualités d’hommes, attentif aux souffrances humaines dans les agressions multiples qui assaillent l’esprit, l’on sait que tu as assumé la culture africaine dans son expression cinématographique à une époque où les Africains ne parlaient guère de cinéma.

PAULIN S. VIEYRA
Cinéaste - DAKAR

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Qu’il me soit enfin permis, en parlant d’Alioune Diop, de conclure sur une note personnelle. Il n’est que d’avoir travaillé quotidiennement, à ses côtés, ainsi que j’en eus le privilège durant quelques années, pour mesurer et apprécier, à sa juste valeur, la scrupuleuse honnêteté intellectuelle d’un homme, sa fermeté d’esprit, sa foncière et authentique modestie. Toujours présent à autrui, même lorsque son regard semble s’évader vers quelque rêve intérieur, toujours attentif au moindre « accident » du parcours d’aujourd’hui, mais simultanément opérateur des synthèses les plus éblouissantes, percepteur aigu du vécu global des hommes et des civilisations, tel m’est apparu, tel m’apparaît toujours Alioune Diop, consumé par une étrange ferveur sèche et rayonnante.

Guy DE BOSSCHERE
Poète et écrivain
Ancien Rédacteur de Présence Africaine

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Plus le temps passe, plus je découvre combien je dois, en tant qu’écrivain, à Alioune Diop. Pour un romancier, la création littéraire est un phénomène complexe qui doit autant à l’humain, à l’éthique qu’à l’historique. C’est à l’exacte jonction de ces trois exigences que mon étoile me fit rencontrer Alioune Diop il y a déjà un quart de siècle, presque jour pour jour.

MONGO BETI
Ecrivain
camerounais

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Il m’est impossible de me servir de mots pour dire ce qu’est Alioune Diop pour moi. Je l’ai dans mon cœur. Et ce qui est dans mon cœur ne peut s’extérioriser en tout cas m’appartient. C’est pourquoi j’en dis peu. Peut-être qu’un jour arriverai-je à avoir confiance aux mots.

SUZANNE DIOP-VERTU

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Le Japon moderne prouve qu’un pays peut occuper une place de premier plan dans le monde industrialisé tout en restant ancré dans les strates irremplaçables de ses traditions millénaires.
La S.A.C. a rejeté l’image de « l’homme abstrait, interchangeable ». Elle a choisi de défendre « l’homme dans sa situation, dans sa peau à lui dans le souffle de ses arbres ». (Xavier Grall).
Pour réaliser un programme aussi révolutionnaire, il fallait une équipe solide. Et pour réunir cette équipe, un catalyseur de poids, un leader armé d’une foi profonde d’une culture solide enracinée dans des valeurs éprouvées de civilisation noire, un pondérateur avisé animé d’une patience d’apôtre et d’une généralité sans œillères : Ce fut Alioune Diop.

J. F. BRIERRE
Poète Haïtien - DAKAR

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La lutte est de chaque jour. Il nous faut nous assumer. Entre la vie et la mort, on ne balance pas. Nous avons choisi d’être, de vivre, cela a toujours été le sens de notre combat. Réhabiliter les valeurs africaines, redonner confiance en lui-même à chaque Africain. L’œuvre se poursuit sous des jours heureux et en compagnie d’amis toujours à nos côtés.
Merci donc Alioune et merci à tous nos amis d ’hier et nos amis de toujours, nos amis du comité de patronage et du comité de rédaction de Présence Africaine !

BERNARD B. DADIE
Poète et dramaturge ivoirien
Ministre des Affaires culturelles

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J’ai rendu hommage à l’énergie vigilante et à la foi inébranlable et à la courtoisie inépuisable qu’Alioune Diop a mises au service de la culture africaine. A son rôle irremplaçable. Aujourd’hui je veux me borner à dire que je me considère comme l’un des mieux placés pour témoigner de sa fidélité en amitié.

CLAUDE WAUTHIER
Journaliste - Auteur
de l’Afrique des Africains

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Modeste, effacé, efficace, Alioune Diop a connu souvent de graves difficultés.
Que « Présence Africaine » la revue comme la maison d’édition, ait tenu trente années en de si remarquables conditions tient beaucoup du rayonnement d’un homme Alioune Diop envers lequel les lettres africaines ont une dette dont on commence aujourd’hui à mesurer l’importance.

ROBERT CORNEVIN
Président de l’ADELF
Secrétaire perpétuel de l’Académie des Sciences d’Outre-Mer

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Dans son discours d’ouverture du 1er Congrès International des Ecrivains et Artistes Noirs, Alioune Diop a dit en guise de conclusion
« Do tu ma sem bam
Sama gelem mag na
 »
................................. »
« Je ne ferai plus paître l’âne
Ma chamelle a grandi »
.................................. »
Qu’on nous permette aujourd’hui d’ajouter ceci :
Le lait de la chamelle
A nourri l’espace de nos rêves
Et ce matin nous nous sommes comptés Les enfants du chamelier
Couvraient tout l’oasis

NOUREINI T-SERPOS
Université du Bénin-Nigéria


[1] Ces témoignages sont extraits de « Hommage à Alioune Diop ». (Présence Africaine 1978).




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