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« NOUS SOMMES LE PARTI MONDIAL DE LA PAIX »
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Ethiopiques n° 25
révue socialiste
de culture négro- africaine
janvier 1981

Auteur : Willy Brandt

Willy Brandt au XVe Congrès de l’Internationale Socialiste

J’ignore ce que deviendra l’humanité dans les années 80. Comment pourrais-je donc dire ce qu’il adviendra de l’Internationale Socialiste !
Pourtant cela ne nous excuse pas du devoir de considérer nos objectifs et les possibilités qui nous sont offertes, en tant qu’individus, partis politiques et en tant que communauté internationale de socialistes démocratiques, pour faire face aux incertitudes qui menacent l’humanité et pour détourner les dangers mortels qui nous attendent.
Nous sommes, par-dessus tout, le parti mondial de la paix. Et, de ce fait, notre principal objectif doit être d’utiliser notre influence pour empêcher les grandes puissances de poursuivre la course aux armements et, de ce fait, contribuer à éliminer la famine dans le monde.
Il y aurait beaucoup à ajouter à cette exigence élémentaire : non seulement exiger des autres, mais aussi de nous-mêmes.
Au moins une chose ne fait pas l’ombre d’un doute. Lorsqu’il s’agit de la survie même de l’humanité, l’Internationale Socialiste ne peut se borner à adopter des résolutions, si bonnes soient-elles. Ce qu’il nous faut répandre, c’est la volonté de renverser le cours des événements. Ceux qui ne veulent pas voir les nations s’armer jusqu’aux dents doivent en faire bien plus que jusqu’à présent pour démasquer les faux-semblants concernant la sécurité. Et ils doivent empêcher que la technologie prenne le pas sur la politique.
L’Internationale Socialiste tient son XVe Congrès à Madrid, une grande ville au grand passé. Et que d’espoirs, de craintes et de nouvelles espérances sont évoqués quand on entend prononcer le mot « Madrid » !
Je salue les citoyens de Madrid, la nation espagnole et les peuples d’Espagne. Je remercie Gonzalez et tous ses amis de leur gentillesse et de leur hospitalité.
Nous assistons aujourd’hui, avec satisfaction et émotion, à la formation d’un système démocratique. A la lutte pour la décentralisation du pouvoir et la participation. A la modernisation politique d’une société longtemps forcée à subir une dictature procrustéenne !
Ce n’est que lorsque le régime, dépassé et autoritaire, cessa que la nation espagnole put réellement prouver son degré de maturité et son sens des responsabilités politiques. Et, quoique cette nouvelle démocratie espagnole n’ait pas vu le jour à une époque de prospérité économique et se soit trouvée rapidement obligée à faire face aux nombreuses hypothèques héritées des décennies passées, elle a montré qu’elle était capable en quelques années - de gagner la confiance des pays voisins et en fait du monde entier. Elle a gagné leur confiance en tant que futur partenaire bienvenu en Europe Occidentale, en tant que partenaire partageant les responsabilités européennes et internationales.
La meilleure preuve de cela est le choix de Madrid comme siège de la deuxième conférence faisant suite à la Conférence sur la Sécurité et la Coopération en Europe. Cette réunion qui a lieu tout près d’ici et connaît des débuts pénibles, traite un sujet qui nous est très cher - que nous venions d’Europe ou d’ailleurs.
Le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol est l’un des membres les plus anciens de notre famille de partis : son fondateur, Pablo Iglesias, fut l’un des pères fondateurs de l’Internationale en 1889. L’excellente tradition du parti, ses apports à la culture politique du pays, son courage - même dans la défaite - et ses sacrifices pour la liberté constituent un exemple pour nous tous. Et notre confiance dans le développement futur du système libre dans ce pays repose tout particulièrement sur le rôle qui revient aux socialistes démocratiques. Bien des choses dépendent de leur sens des responsabilités pour l’ensemble de l’Espagne.
En cet endroit géographique, nos pensées ne sont jamais loin de l’autre côté de la Péninsule ibérique. Depuis longtemps ce n’est plus un secret pour personne que nous nous sommes vivement intéressés aux événements qui ont eu lieu au Portugal, à une époque où d’autres semblaient avoir abandonné tout espoir d’y voir triompher la cause démocratique.
Le Portugal a connu des temps difficiles depuis la Révolution et il continuera certainement à affronter des difficultés considérables. Par conséquent, nos amis portugais ne doivent pas oublier - aujourd’hui moins que jamais - que nous n’avons aucune intention de les abandonner à leur sort.


Dialogue permanent

Pratiquement quatre ans se sont écoulés depuis que notre Congrès s’est tenu à Genève pour discuter d’un nouveau point de départ pour l’Internationale Socialiste. Depuis lors notre communauté a gagné en importance.
Tous les continents et de nombreux pays du monde sont représentés ici par d’éminentes délégations qui apportent un héritage historique à nos travaux. Et ils veulent remplir le rôle qui leur revient afin de faire face aux problèmes urgents posés dans le monde.
Des groupes politiques influents, en particulier du Tiers-Monde - qui, contrairement à nous, ne proviennent pas du mouvement ouvrier du siècle dernier - sont venus pour nous faire part de leurs problèmes et de leurs espoirs, pour nous expliquer comment ils voient les choses et pour nous demander notre appui. Je leur souhaite la bienvenue à Madrid et leur offre notre coopération.
Des gouvernements et des organisations de toute la planète ont envoyé des délégués ou des observateurs pour garder le contact avec nous. Je leur souhaite également la bienvenue. Nous nous réjouissons de les voir ainsi que les journalistes de tous les pays.
Bien sûr, tout ceci nous réjouit beaucoup, mais je ne saurais m’attarder trop longtemps à cet échange de salutations. J’en viens maintenant à mon sujet : notre Internationale Socialiste, en tant que parti mondial de la paix. Cette définition doit servir de point de référence pour toutes ses entreprises.
Inutile de dire que l’échange d’opinions et d’expérience entre nos partis a pris une importance encore plus grande. Il s’agit d’un échange entre partis soit apparentés, soit unis par de solides liens d’amitié. Très souvent il se produit dans le but et pour permettre d’établir un dialogue permettant de rechercher des solutions communes.
Mais cela soulève des questions qui, non seulement nous sont posées par d’autres mais que nous devrions nous poser à nous-mêmes dans un véritable esprit autocritique. Jusqu’à quel point le fossé entre les espoirs et les réalisations va-t-il encore se creuser ? Quelle attitude adopterons-nous à l’égard de nos propres décisions ? Et quel soutien trouvons-nous dans nos propres pays et dans nos partis pour ce dont nous discutons, ce que nous condamnons ou considérons correct en tant que communauté internationale ?
Cela m’amène à quatre observations que je voudrais faire sur ce que l’Internationale Socialiste est et ce qu’elle n’est pas. Et je devrais peut-être ajouter ce qu’elle pourrait devenir si nous fournissions un plus gros effort.
Premièrement, l’Internationale Socialiste n’est pas un super parti. Toute tentative dans ce sens serait un suicide. Chaque parti devrait et doit décider lui-même de ses actions et de sa politique. Et il doit le faire en fonction des différentes conditions qui, après tout, découlent de leur passé.
Les politiques indépendantes des différents partis ne peuvent être remises en question par les résolutions adoptées par l’Internationale. Au niveau des partis, ces résolutions ne peuvent avoir qu’un caractère de recommandation. Mais, bien entendu, si les délibérations qui ont lieu dans le cadre de l’Internationale s’accompagnent d’attitudes parallèles de la part des partis y prenant part, nous ne pouvons que nous en réjouir.
Ma deuxième observation est la suivante : Il y a un grand besoin de consultation et d’échange - et, dans bien des domaines, de réelle coordination. En outre, ce besoin augmente. Après tout, nous nous apercevons de plus en plus de la difficulté croissante à séparer la politique intérieure de la politique étrangère. Si tel est le cas, ce fait doit plus que jamais guider notre coopération. Ceci pourra faire l’objet de discussions spéciales telles que celles que nous avons eues au sujet de la politique de l’emploi et que nous allons avoir sur la politique de l’énergie.
Nous traversons une période pendant laquelle les gens dans bien des parties du monde contemplent avec appréhension un avenir qui semble lourd d’incertitudes et de menaces. Ceci n’implique pas forcément que les conservateurs feront des progrès. Toutefois, nous ne devrions pas simplement écarter les circonstances nouvelles, mais voir ensemble comment les aborder.
Dans certaines situations et sociétés il faut faire un gros effort pour sauvegarder nos conquêtes sans pour autant perdre notre crédibilité. De plus, la lutte pour les réformes ne se limite pas aux conquêtes matérielles.
Troisièmement, on ne sait si rire ou pleurer lorsque certains orateurs bien intentionnés nous supposent une énorme capacité de soutien matériel actif, voire armé, tandis que d’autres nous croient assez riches pour distribuer des subventions dans le monde entier. En fait, notre organisation est pauvre et dotée d’une capacité minimum. En outre, cette capacité na peut-être pas toujours été utilisée au mieux.
Notre tâche est donc de compenser la faiblesse matérielle par l’imagination et le dévouement. Des initiatives combinées entre les partis, les groupes et les individus peuvent constituer un moyen efficace pour compléter les efforts des conférences de l’Internationale.
Et pourtant je crois que je dois rappeler l’expérience passée de bien d’entre nous : l’organisation sans politique est vaine, la politique sans organisation donne rarement des résultats. Ce dont nous avons besoin c’est des fondations plus solides, ce qui veut dire aussi des fonds plus importants. Les Vice-Présidents et les Présidents de parti doivent se rappeler qu’ils ont un devoir supplémentaire entre ce congrès et le prochain. Ceci ne doit pas être compris comme une sombre menace mais plutôt comme une invitation chaleureuse.
Cela m’amène à ma quatrième observation. Nous avons fait de plus gros efforts pour étendre notre influence au-delà de l’Europe et des pays industrialisés. Je me rends compte que tous ces efforts ont abouti, dans certaines régions plus que dans d’autres. Cependant, nous restons tous conscients d’un fait évident : sans une coopération plus poussée avec les nouvelles forces provenant de différentes parties du monde au contexte totalement différent du nôtre, l’Internationale perdra sa crédibilité ainsi que sa capacité à participer à la construction de l’avenir, de quelque façon que ce soit. Et nous faisons ces efforts en tant que partenaires et non rivaux des Non-alignés.
Le socialisme européen n’est pas un produit d’exportation. Et la coopération régionale, dont tant de choses dépendent, ne peut en règle générale escompter un avenir prometteur que si elle repose sur la ferme volonté de puiser et de se limiter aux ressources de chacun.
A mon avis il nous faut faire un nouvel effort et parvenir à savoir exactement quelles sont les valeurs et les convictions communes qui nous unissent d’un continent à l’autre et d’une tradition culturelle à l’autre. Nous devons nous y employer, quel que soit notre attachement à nos coutumes et quelles que soient les origines de nos efforts.
A ce Congrès nous devrons également discuter du travail à faire en vue d’une nouvelle déclaration de principes et d’un nouveau programme. Je pense que, à cet égard, un rôle principal doit être attribué aux valeurs fondamentales : la paix, la liberté, la justice et la solidarité. Et il nous faudra prouver de la façon la plus convaincante possible que pour nous le socialisme est synonyme d’une vaste démocratie vitale.
Les mouvements de liberté sociale dont nous faisons partie, ont sans aucun doute contribué à d’innombrables changements, non seulement depuis le siècle dernier mais également depuis la dernière génération. Mais, à moins que je ne me trompe tout à fait, l’obligation du socialisme démocratique a toujours été la même : concentrer toutes nos forces dans la lutte pour garantir que l’homme ne sera plus jamais écrasé par ses semblables. Que l’homme ne sera plus jamais trompé et exploité. Que l’homme ne sera plus jamais menacé d’anéantissement.
Dans notre déclaration de Francfort de 1951 nous disions que « les socialistes lutteraient pour conquérir un monde de paix dans la liberté, un monde qui bannirait l’exploitation et l’oppression du peuple par le peuple et des nations par les nations ». Ce défi est toujours au premier plan de nos préoccupations.

Refus des blocs immuables

A notre Congrès de Genève en novembre 1976, nous avons souligné, dans la résolution concernant la situation politique, que nous ne remettions pas en question l’importance des super-puissances à l’égard du progrès de la détente. Mais nous refusions d’accepter une division du monde en deux blocs immuables et opposés créant le risque d’une dangereuse confrontation.
Les risques sont devenus encore plus évidents qu’il y a un an. Le climat négatif régnant sur les problèmes Nord-Sud s’est fait sentir avec une intensité particulière.
Aux Etats-Unis les élections sont passées. Elles ne constituent donc plus une raison pour que les deux super-puissances restent enveloppées dans un silence mutuel. Certains considèrent la détente terminée. Ils citent le cas de l’Afghanistan, victime d’une intervention que nous avons durement condamnée, tout comme l’ont fait les Nations Unies. Ils citent l’impasse à laquelle ont abouti les efforts visant le contrôle des armes. Et ils citent encore les problèmes paralysant auxquels la Conférence sur la Sécurité et la Coopération doit faire face.
Toutefois regardons les choses de plus près. La CSCE est devenue un jalon dans l’histoire de l’Après-guerre de l’Europe. Evidemment, la Conférence ne pouvait pas tout transformer comme par enchantement. Beaucoup ont été déçus.
Le zèle technologique excessif, les extrémismes verbaux suivis d’engagements verbaux dont l’Acte Final d’Helsinki est rempli, ont peut-être suscité des espoirs voués à la déception. De plus, des espoirs réalistes et justifiés n’ont pas été comblés. Pourtant personne ne pouvait sérieusement s’attendre à ce que quelques documents de paix - si nobles que fussent leurs intentions - balayassent pour toujours toutes les différences idéologiques profondément enracinées.
En fait, le bilan n’est pas si mauvais. Au cours des années 70 la paix en Europe s’est consolidée. Du fait de leur participation au processus d’Helsinki, la responsabilité des Etats-Unis et du Canada a pris une nouvelle dimension quant à l’avenir du continent européen.
J’appartiens à un pays où nous savons ce que signifie le soulagement des privations humaines, négocié au début des années 70. Compte tenu de cela il a été plus amer de connaître les mesures discriminatoires prises contre les pauvres. L’intérêt commun montré par les deux Etats allemands pour la détente et la stabilité, un intérêt qui est resté pratiquement intact pendant toute la première moitié de cette année - semble avoir souffert de l’impact du mouvement des travailleurs polonais.
Il est également vrai que le processus de la CSCE ne peut être considéré séparément des contraintes de la scène politique internationale. Au vu de l’expérience acquise à Belgrade il y a trois ans, il faudrait malgré tout essayer ici à Madrid de se concentrer le plus possible sur les détails concrets de l’amélioration des relations humaines et du soulagement des souffrances de l’individu. Le progrès n’est évidemment pas possible contre la volonté de certains Etats.
Il serait souhaitable d’encourager une coopération plus active dans le domaine de l’énergie et de l’environnement y compris la convocation de conférences spéciales. Ce procédé pourrait également convenir pour améliorer la qualité de ce que l’on appelle les mesures visant à instaurer un climat de confiance. Cette méthode pourrait également contribuer à la réalisation d’une Conférence européenne sur le désarmement en accord avec les idées de plusieurs gouvernements.
L’Europe aura toujours un rôle à jouer à condition qu’elle admette ses responsabilités et profite des occasions. Je ne suis pas neutraliste : dans cette partie du monde, je ne suis pas partisan de la séparation d’avec les Etats-Unis. Cependant, ainsi que beaucoup d’autres, j’ai toujours préconisé l’unification de l’Europe ainsi que l’accroissement de nos responsabilités à l’égard des affaires du monde.
Il se trouve que je pense également qu’une réunion réussie, ici, à Madrid, qui n’aboutisse pas à une impasse créée par des récriminations, mais qui représente un vrai pas en avant, pourrait revêtir une grande importance quant à l’évolution politique des années à venir. J’invite tous ceux qui occupent des positions de responsabilité à user de leur influence pour rendre cette évolution possible.
La Conférence sur la Sécurité et la Coopération en Europe pourrait aussi devenir un modèle exemplaire pour la sauvegarde de la paix et pour la coopération dans le monde. La création d’instruments semblables dans d’autres régions pourrait fournir une contribution importante pour éviter ou limiter les crises et les conflits.
Tout au long du processus de détente il sera peut-être possible, que les Etats d’Europe de l’Est cessent de compromettre leur mobilité extérieure grâce à l’adoption d’une optique plus libérale dans leur politique intérieure. Du point de vue des dirigeants de ces pays, les contrôles et la stabilité intérieurs - ou ce qu’ils considèrent comme tels - sont la condition première pour la coopération extérieure.
Leurs principaux intérêts sont différents de ceux exposés au « Basket Three » à Helsinki. Et pourtant certains procédés pourraient avoir engendré beaucoup plus de difficultés dans les premiers mouvements en faveur de traité de paix paneuropéenne.
Nous avons suivi avec beaucoup d’émotion les événements en Pologne et nous avons remarqué avec respect la modération (au sens large) mais fermeté en même temps avec laquelle les travailleurs ont défendu leurs exigences. Jusqu’à présent les deux côtés ont réussi à éviter un malheur national. Nous espérons que d’autres, préoccupés par ces événements, continueront de résister à la tentation de se laisser emporter par des idées dangereuses.
Je voudrais ici éclaircir un point. Partout où nous avons la responsabilité de gouverner, nous souscrivons au principe de non-ingérence stricte dans les affaires d’autres Etats. De même, l’Internationale Socialiste ne se mêle pas d’affaires qui ne la concernent pas. En outre, l’Internationale n’est pas disposée à se laisser entraîner par des provocations sur un terrain glissant. Cela dit, je m’empresse d’ajouter que nous serions comme des eunuques dans un harem si nous permettions à qui que ce soit de douter de nos sympathies.
En tant que socialistes démocratiques, nous ne pouvons pas rester indifférents lorsque des travailleurs défendent leurs intérêts ; lorsque des gens revendiquent leurs droits ; et lorsqu’ils désirent manifester leurs opinions sans contrainte et engager un dialogue avec les autres. Non, nous ne pouvons pas rester indifférents !


Misère et armement

Dans le domaine de l’armement, nos espoirs concrets et anxieux reposent surtout sur l’Union Soviétique et les Etats-Unis. Ils doivent négocier et conclure des accords appropriés.
Si les puissances possédant les arsenaux les plus grands, les plus sophistiqués et les plus dangereux ne donnent pas l’exemple, la course aux armements - qui coûte à présent plus d’un milliard par jour - s’accélèrera encore davantage. Nous avons déjà exposé un point simple mais gênant, à savoir que les armes ne rendent pas l’humanité plus sûre mais plus pauvre. Et nous avons attiré l’attention sur le contraste flagrant entre les énormes dépenses faites pour l’armement et les sommes misérables disponibles pour vaincre la faim et la sécheresse à travers le monde.
La dépense internationale pour l’armement s’élève actuellement à 500 milliards par an : les subventions pour l’aide au développement représentent moins de 5 % de cette somme. A peine un demi pour cent de la dépense annuelle pour l’armement suffirait à acheter, jusqu’à la fin de cette décennie, les machines agricoles nécessaire pour améliorer la production des pays les plus pauvres - terriblement menacés de famine - et même leur permettre de se suffire à eux-mêmes dans ce domaine.
Ceux qui critiquent les Etats du Tiers-Monde à cause de leur rôle croissant dans la course aux armements devraient se souvenir que la plus grosse concentration d’armements, le noyau de la course aux armements, se trouve sur le continent européen. En outre, les grosses affaires d’armement (y compris la vente aux pays en voie de développement) sont faites par les deux super-puissances et d’autres Etats industrialisés du Nord.
Au Moyen-Orient, l’Irak et l’Iran sont en guerre : Cette guerre pourrait dégénérer en conflit généralisé et menacer de détruire toute la structure de la région.
Ce conflit s’est soi-disant déclenché sans manipulations extérieures. C’est bien possible, mais n’oublions pas les armes. Ceux qui se remplissent les poches avec la vente de ces armes ferment les yeux à la destruction que leur utilisation entraîne.
Les causes et l’inspiration de la course aux armements dans le Tiers-Monde doivent être recherchées en grande partie dans les Etats industriels - aussi bien de l’Est que de l’Ouest. Les livraisons d’armes montrent une image déformée du transfert de technologie nécessaire entre le Nord et le Sud et elles vont tout à fait à l’encontre de l’objectif d’établir un nouvel ordre économique international.
Le lien entre le désarmement et le développement devient l’un des points cardinaux de la politique internationale. Dans le domaine des relations Est-Ouest, il se peut que la politique de détente ne survive pas aux années 80 si les différents protagonistes ne changent pas d’attitude. Pourtant l’alternative serait très probablement une catastrophe d’une façon ou d’une autre.
En fait, un retour à la guerre froide aurait une toute autre signification qu’un simple retour à la situation inquiétante des années 50. Depuis lors, la course aux armements a conduit à une série de situations de guerre potentielle et celles-ci comportent une menace immense et supplémentaire pour la sécurité à une époque de tension accrue. Dans ces circonstances, l’appareil belliqueux comporte le danger qu’un conflit armé soit déclenché par les technocrates si le manque de confiance général l’emporte. Et la guerre froide n’est autre qu’un état de méfiance généralisé.
Tout épicentre de tensions politiques à l’extérieur de l’Europe pourrait plonger le monde dans une guerre totale si la rivalité Est-Ouest doit encore s’accroître. Compte tenu de ceci, notre attention ne devrait pas se distraire des questions importantes. Si douloureux que soient les revers, ils ne sont pas une raison pour battre en retraite. Ce dont il faut nous assurer est de ne pas prendre nos désirs pour des réalités. Il est également important de ne pas perdre de vue le maintien de la paix.
Si nous voulons sauvegarder la paix dans le monde et trouver un équilibre d’intérêts entre les pays industrialisés et ceux en voie de développement, la tension devra être réduite et il faudra établir une coopération aussi pratique que possible.
La limitation de l’armement est nécessaire afin d’empêcher le monde de s’armer littéralement « à mort » et aussi de lui permettre dans un avenir assez proche, d’utiliser les ressources ainsi libérées des fins de développement.
Les leaders des deux superpuissances doivent comprendre l’énorme portée de leurs responsabilités et agir en conséquence. De toute façon, ils doivent faire ce qu’il faut pour que leurs actes deviennent plus prévisibles et dignes de crédit.
A notre avis, la détente est rationnelle : elle dépend de la conciliation des différents intérêts. La détente n’est pas le résultat d’un processus, mais en fait un processus en soi continu et contradictoire. L’enjeu n’est pas le règlement de questions techniques, quelle qu’en soit l’importance dans certains cas particulier. L’enjeu est d’exprimer une volonté politique suffisante pour assurer la limitation de l’armement et, si possible, le désarmement.
Nous ne devons laisser subsister aucun doute quant à la position de l’Internationale Socialiste à l’égard de ces questions. Et j’espère bien que ce Congrès contribuera à rendre cette position encore plus claire.

Crises régionales

La détérioration des relations internationales pendant les mois derniers a amené le monde au bord de la catastrophe à plus d’une occasion.
Il faut y ajouter les crises que l’économie mondiale a traversées. Dans bien des sociétés industrielles, le chômage, l’inflation ainsi que la lutte pour une plus grosse part du gâteau économique menacent plus que jamais l’équilibre social. Les pays en voie de développement sont encore plus atteints. La crise accroît leur misère. Moins que jamais ils sont capables de s’en tirer. Un grand nombre d’entre eux manquent de vivres, d’énergie - en fait, des biens indispensables.
Les crises régionales se multiplient également. Du fait qu’elles concernent les grandes puissances, la paix mondiale est encore plus menacée. La liste est trop longue pour que je la donne en entier. Les forces politiques, unies par l’Internationale Socialiste, ont eu plus d’une fois l’occasion d’apporter leurs bons offices, et cette bonne volonté ne fera certainement pas défaut à l’avenir.
Notre devoir est de venir en aide aux victimes des régimes arbitraires. Nous avons entrepris de soulager la misère des vagues de réfugiés produites par le génocide commis en Asie du Sud-Est et ailleurs. Nous avons entrepris de venir en aide aux victimes du racisme en Afrique, ou de généraux insolents et de bureaucrates despotiques dans d’autres parties du monde.
Dans notre lutte pour l’humanité et les persécutés, nous ne cherchons pas à savoir quelle est la tendance de ceux qui violent les droits de l’homme ou les foulent aux pieds. L’expérience nous a enseigné que parfois l’aide n’est possible que si nous oublions la publicité. L’essentiel est de résoudre la question, autrement dit, de s’occuper d’êtres humains. Nous sommes sûrement d’accord sur le fait que nos partis dans les pays concernés s’efforcent de lutter contre les manifestations d’extrémisme, qu’il s’agisse de xénophobie, d’antisémitisme ou de tout autre forme d’inhumanité.
Ne permettons à personne de dire que nous ne voyons que d’un œil. Personne ne peut me convaincre de la nécessité d’attendre qu’il y ait des victimes, avant d’agir. En Iran, où l’on ne peut rien faire pour éviter le choc frontal entre deux civilisations et cultures quelle que soit la quantité d’armes mises à disposition - nous avons fait de notre mieux pour venir en aide aux otages américains. Mais nous n’avons pas obtenu leur libération. Cependant nous pouvons légitimement rappeler leur devoir aux Etats-Unis - par exemple, contribuer à éviter le meurtre légal en Corée.
Je voudrais maintenant passer à quelques problèmes régionaux que nous pourrions peut-être aider à résoudre.
Pour commencer, nous devrions encourager tous nos amis aux Indes et ailleurs qui ne ménagent pas leurs efforts pour essayer de rétablir la paix en Afghanistan tout en maintenant le pays intact et non-aligné.
Il y a encore l’Afrique avec les cendres encore chaudes d’un passé colonial dans la partie sud du continent, aux mains de réactionnaires qui sont même disposés à répandre le sang. Si nous ne tirons pas rapidement les conclusions correctes du succès obtenu au Zimbabwe, le danger risque de rester le même.
L’enjeu n’est plus seulement la liberté pour la Namibie, bien qu’elle lui soit due depuis longtemps. Il me semble que l’Internationale Socialiste devrait s’entendre sur une nouvelle initiative pour 1981.
En ce qui concerne le Moyen-Orient, nous appuyons depuis longtemps ceux qui s’efforcent de parvenir à une paix durable. Nous voulons également, lorsque le moment sera venu, renouveler nos efforts visant à garantir l’existence d’Israël, à assurer les droits du peuple palestinien et à promouvoir la conclusion de traités de paix à l’intérieur de et avec cette région.
En Méditerranée orientale, la Grèce et la Turquie appartiennent à l’Alliance Atlantique. Pourtant cela ne garantit pas que le renoncement à la force durera. Un tel accord devrait être possible et devrait inclure la question de Chypre. Nous saluons cordialement nos amis dans ces deux pays. Nous saluons tout particulièrement nos amis du Parti du Peuple Républicain qui n’ont pu venir à Madrid. Je souhaite qu’ils puissent rapidement être en situation de jouer un rôle actif dans l’établissement d’un système démocratique dans leur pays. Et j’espère que les généraux seront assez sages pour le permettre.
Finalement, quoique tout aussi important, je voudrais parler de 1’Amérique Latine. Au cours des années nous nous sommes faits beaucoup de bons amis en Amérique du Sud, en Amérique Centrale et aux Caraïbes - des amis et aussi des partenaires qui attendent quelque chose de nous et que nous ne devons pas décevoir. Cependant nos amis d’Amérique Latine doivent décider par eux-mêmes de la forme et du contenu de leur coopération régionale.
Nous devons nous souvenir qu’il n’y a pas que des démocraties en Amérique Latine, mais aussi des dictatures militaires qui, avec les sociétés étrangères financièrement puissantes, ont tendance à considérer des Etats entiers comme leur propriété privée. L’importance véritable des événements du Nicaragua ne semble pas encore avoir été comprise partout. Autrement, il est difficile de comprendre les tristes événements qui ont lieu en Bolivie, au Guatémala et au Salvador. Tous ceux qui, au Chili, en Argentine, en Uruguay et ailleurs sont disposés à défendre la démocratie et la liberté et à se sacrifier pour elles, peuvent continuer à compter sur notre compréhension sincère et sur notre sympathie ainsi que sur notre désir de leur apporter une solidarité active.
Nous nous rendons compte de ce qui est en jeu en Amérique Latine. Nous ne pourrons jamais accepter la loi du cynisme et du désordre. Nous n’accepterons pas non plus une imposition d’influence unilatérale. Nous ne voulons pas de dispute avec Washington ni avec les Démocrates Chrétiens en Europe, mais, ceci étant, nous ne pouvons retirer notre appui aux forces de la liberté.
Comme je l’ai déjà souligné, les relations Nord-Sud ont encore empiré. Parmi ceux qui prennent les décisions, il y en a trop qui continuent de penser en termes de puissance et de supériorité économique ou politique.
Au vu de ces dangers manifestes, il nous faut absolument essayer de créer des intérêts communs nous permettant d’agir ensemble et de forger des engagements justes au lieu de nous borner à « pousser sous le tapis » les conflits existants.
Pendants deux ans j’ai présidé une commission indépendante établie, entre autres, pour préparer un programme de réformes justes. L’Internationale Socialiste n’était pas concernée, mais je suis heureux de constater que nos partis ont amplement tiré parti du Rapport de la Commission Brandt à l’échelle tant nationale qu’internationale. Et je suppose que le Congrès en fera autant.

Quatre objectifs

Pour les cinq années à venir il faudrait donner la priorité à quatre objectifs principaux :
Premièrement : un transfert à grande échelle de ressources vers les pays en voie de développement.
Deuxièmement : un approvisionnement d’énergie suffisant à des prix raisonnables.
Troisièmement : un programme général d’alimentation pour éliminer la famine.
Quatrièmement : d’importantes réformes de structure du système économique international et des institutions concernées par les questions financières.
Nous devons rejeter toute croyance erronée quant à l’omnipotence des forces de marché.
Au début de l’année prochaine des « négociations générales » devront avoir lieu dans le cadre des Nations Unies. Espérons qu’il sera possible d’arriver rapidement à un accord sur des procédés raisonnables. Souhaitons aussi que les espérances des pays en voie de développement ne seront pas anéanties et que des négociations cohérentes auront lieu sur les questions financières et économiques les plus importantes, pour lesquelles un progrès est possible.
A l’occasion de la conférence économique au sommet qui aura lieu au Canada l’année prochaine, les principaux pays industrialisés y compris le Japon pourront prouver aux pays en voie de développement qu’ils envisagent d’une façon constructive leurs justes et compréhensibles espoirs. Avant cela, cependant, un certain nombre de mesures concrètes devront être prises afin de, par exemple, faire face aux difficultés de paiement alarmantes d’un nombre croissant de pays en voie de développement.
Nous espérons aussi que le début de l’été 81 verra une réunion consultative au sommet entre les Chefs de Gouvernement des pays du Nord et du Sud, dans le but d’exercer une influence positive sur les négociations qui ont lieu dans le cadre des Nations Unies. J’attache une grande importance à cette initiative de la part du Mexique et de l’Autriche. Il peut s’avérer important de découvrir de cette façon - sans les complications des conférences « monstres » - quels sont les domaines dans lesquels la coopération pratique peut être amélioré relativement vite.
Y a-t-il un quelconque espoir où la vie vaudra la peine d’être vécue ? Ma réponse est la suivante. Ne nous laissons pas accabler par la peine comme si la fin du monde était proche. Allons au cœur des problèmes et faisons ce qui peut être fait. Cela correspondrait au meilleur des traditions socialistes.
Si nous devons sauvegarder la paix et même éviter de sérieux revers économiques, nous avons besoin, non seulement de bonne volonté, mais aussi de capacité pour surmonter les crises aiguës que le monde traverse. Ce dont les gens ont besoin, dans le Nord, le Sud, l’Est et l’Ouest, est de mesures pratiques visant à établir un climat de confiance, suivies de résultats pratiques, visant à apaiser le climat politique et à promouvoir une compréhension internationale fondée sur la coopération.
Les années 80 vont nous confronter à un choix défini entre deux alternatives. L’une d’entre elles se caractérise par une rivalité effrénée entre les plus grandes puissances, la loi du plus fort, la poursuite impitoyable des propres intérêts, un égoïsme aveugle, un manque de compréhension de la position des autres. Elle se caractérise aussi par l’intransigeance, la répression et l’aveuglement idéologique. Un tel choix supposerait la poursuite de la course aux armements, l’aggravation du conflit Est-Ouest et une plus grande effervescence dans les relations Nord-Sud. Le résultat ne serait autre que le chaos.
L’autre voie - qui doit retenir l’intérêt de la jeune génération est celle qui conduit à un monde d’équilibre rationnel, un monde d’entraide grâce à la coopération ainsi qu’à la reconnaissance et la compréhension des intérêts communs.
Que peut faire l’Internationale Socialiste pour participer à la poursuite de cet objectif ? A Genève nous nous sommes fixés trois objectifs et nous les avons réaffirmés à Vancouver : servir la paix en développant la coopération entre l’Est et l’Ouest, aider à surmonter le conflit Nord-Sud, promouvoir les droits de l’homme et donner corps à tout ceci dans notre programme.
C’est cette ligne d’action que nous désirons poursuivre, ce qui, à son tour, comporte plusieurs implications. Cela veut dire influencer l’opinion publique dans nos pays et venir en aide à ceux que nous représentons pour faire connaître leurs points de vue et leurs intérêts. Cela veut dire s’efforcer d’obtenir un apport régulier d’information et d’orientation, tout en restant ouverts aux nouvelles idées et capables de développer celles que nous avons reçues. Cela veut dire mobiliser les jeunes générations de tous les continents avec leurs rêves d’un monde plus pacifique et équitable. Cela veut dire enfin s’efforcer plus que jamais de prendre des mesures coordonnées chaque fois que l’occasion s’en présente. Le cadre de notre organisation reste modeste, bien que nous devions faire des progrès raisonnables. Mais nous conservons nos principaux atouts, notre richesse d’idées et notre entier dévouement - et c’est de cela que nous devons tirer parti.

Pluralisme et liberté

Ce Congrès va effectuer une partie des importants travaux préliminaires pour établir la base d’un programme commun. Des documents importants et bien rédigés ont déjà été présentés sur les thèmes clés tels que le maintien de la paix, les relations Nord-Sud et les droits de l’homme. D’autres travaux importants sont en cours dans plusieurs partis. Ce à quoi je pense également dans ce contexte est la stratégie présentée par nos amis hollandais en ce qui concerne la politique de l’emploi. La coopération régionale fournira certainement aussi des résultats importants. Une autre question peut s’avérer fort intéressante bien qu’elle soit en dehors du cadre de l’Internationale Socialiste. Il s’agit d’une conférence qui aura lieu avec nos amis américains à Washington au début du mois de décembre et dont le sujet sera l’expérience de la social-démocratie en Europe. De même, nos amis d’Asie et du Pacifique envisagent une réunion régionale importante.
Une de nos tâches principales pour l’avenir réside dans la tentative de rapprocher l’expérience de l’industrialisation dans les pays déjà développés et celle du développement dans les pays du Tiers-Monde. Comme nous savons depuis quelques temps, le socialisme démocratique n’est plus confiné aux quelques pays où il est né. De plus ce qui était valable pour un ensemble de pays ne l’est pas forcément pour un autre. Il s’agit de mettre en pratique le pluralisme et les libertés civiles, les droits de codétermination et les revendications d’autoréalisation dans les circonstances économiques, culturelles et politiques existant dans les différents Etats et régions.
Permettez-moi de citer un seul exemple. Nous, Européens, ne pouvons donner au pluralisme de nos démocraties parlementaires le rang de seul modèle valable de socialisme démocratique. Pourtant, bien sûr, il ne peut y avoir de socialisme en liberté sans pluralisme. Et, quelles que soient l’importance et l’essence du principe de la « démocratie industrielle », elle aura un aspect différents dans des pays tels que la Suède ou l’Allemagne Fédérale que celui qu’elle aurait dans un pays où l’industrialisation ne remonte qu’à quelques années en arrière.
J’espère que nous apprendrons davantage les uns des autres et qu’ensemble nous pourrons trouver de nouvelles perspectives. De cette façon l’Internationale Socialiste pourra toujours renouveler sa vitalité en tant que force intellectuelle et cela serait certainement une bonne chose.
Je voudrais conclure en exprimant ma gratitude. Une grande confiance a été déposée en moi au cours de toutes ces années et j’ai trouvé beaucoup d’amitié et d’aide. Notre coopération m’a rempli de satisfaction. Je sens que nous avons tous fait un pas en avant. Mes remerciements les plus sincères, donc, à tous ceux qui y ont contribué.
Comme je l’ai déjà dit, l’initiative prise par notre communauté a également engendré un nouvel ensemble de problèmes. Mais les possibilités de progrès sont nombreuses. En même temps, nous devons obéir à la voix du bon sens. La situation est loin d’être brillante et pleine de succès électoral pour tous les partis socialistes démocratiques.
Mais aujourd’hui mon dernier souhait est le suivant : que l’esprit de solidarité continue à guider notre travail et notre vie. Dans un monde rempli de problèmes il est certain que des tâches nouvelles et ardues nous attendent. Les deux dernières décennies de ce siècle exigeront de tous ceux qui ont des responsabilités politiques de prendre des décisions dont l’immense portée est difficile à apprécier.
Pourtant, inutile de perdre courage. Tout au long de leur histoire les sociaux-démocrates et les socialistes démocratiques ont remporté de nombreuses et éclatantes victoires. Unis dans une ferme attitude, nous pouvons aller de l’avant et faire face aux nouveaux défis qui nous attendent. Des temps éprouvants sont devant nous.
Nous allons avoir besoin de toutes nos forces. Mais quoi de plus enrichissant que la lutte pour la liberté, la justice et la solidarité, pour un monde non pas de barbarie, mais de paix !





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