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L’AFRICAIN DE OUSMANE SEMBENE
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Ethiopiques numéro 30
révue socialiste
de culture négro-africaine
2e trimestre 1980

Auteur : Muriel IJERE

Sembène Ousmane, dans ses écrits, condamne l’oppression sous toutes ses formes. Il peint l’Africain qui souffre de la discrimination raciale en France et en Afrique, l’ouvrier qui est persécuté par ses employeurs et l’Africain qui exploite son frère de même couleur sous le prétexte de la religion ou parce qu’il est mieux placé que lui dans la société, donc plus puissant. Il peint tous les maux sociaux qui causent la désintégration de la société africaine, avec l’espoir qu’une amélioration en découlera :
Sur les maux dont les Africains sont, dans une grande mesure, responsables, Sembène attire notre attention pour que nous en prenions conscience, condition préalable et nécessaire d’un changement radical d’une situation génératrice de mécontentement, de méfiance et de tensions [1]
Sa position est très claire. Il se place constamment du côté des plus faibles, des opprimés. Il est dévoué à la cause du peuple et des ouvriers et il critique l’attitude des religieux et des bourgeois qui s’allient aux forces d’oppression et les soutiennent dans leur exploitation des masses.
Nous pouvons distinguer trois grands courants d’idées dans l’œuvre de Sembène Ousmane. Son premier roman, Le Docker Noir (1956) et deux nouvelles de Voltaïque (1961) traitent du problème du racisme en France. Dans son chef-d’œuvre, Les Bouts de bois de Dieu (1960) et dans L’Harmattan (1963), il peint les méfaits du colonialisme. Deux œuvres plus récentes, Le Mandat (1964) et Xala (1973), traitent plus particulièrement de l’attitude des bourgeois africains envers les moins fortunés de la société. Ils décrivent l’existence des Africains dans la période post-coloniale.
Le sujet de la présente étude est l’image de l’Africain présentée par Sembène Ousmane. Nous allons analyser cet aspect de son œuvre à travers cinq de ses livres.

L’Africain victime du racisme

Dans toute l’œuvre de Sembène Ousmane, sa peinture de l’Africain en France est celle d’un homme qui souffre et qui subit beaucoup d’injustices à cause de la couleur de sa peau. Les Africains mènent à l’étranger une vie précaire en marge de la société et occupent toujours des fonctions subalternes. Dans Le Docker Noir, Ousmane décrit la vie d’une communauté minoritaire à Marseille. Son intention principale, en écrivant ce roman, est « d’attirer l’attention sur l’existence déplorable des dockers noirs à Marseille, dont le destin était aggravé par la discrimination raciale et le manque de soutien des syndicats » [2]. Le personnage principal, Diaw Falla, est docker le jour et écrivain la nuit. Il est une victime du racisme qui sévit dans certains milieux de la bourgeoisie française. Accusé d’avoir tué une femme de lettres, Ginette Tontisane, qui s’est approprié son manuscrit et l’a publié sous son propre nom, il est incapable de convaincre les juges qu’il est l’auteur du livre, même en récitant le dernier chapitre. D’autre part, il ne peut prouver que la jeune femme a été victime d’accident. Diaw est condamné aux travaux forcés à perpétuité.
Ousmane, au travers de Diaw Falla, critique violemment l’attitude des Européens qui se laissent guider par un préjugé de race et qui, sans raison valable, ruinent la vie d’un homme. Ce roman est très pessimiste et il est heureux qu’Ousmane ne s’en soit pas arrêté là. Dans ce livre, l’auteur décrit la vie solidaire des ouvriers africains devant l’oppression dont ils sont victimes. Il ne critique pas uniquement les Blancs, mais il vise également les Africains assimilés qui s’habillent et se conduisent comme des Européens, rejetant complètement leurs origines. Selon lui, le capitalisme est à l’origine du racisme.
Dans Voltaïque, deux nouvelles, Lettres de France et La Noire de... décrivent la vie d’une Africaine en France et sa complète désillusion. Dans les deux cas, son séjour, loin de l’Afrique tant aimée, est malheureux. Dans la première nouvelle, Nafi éprouve beaucoup de nostalgie pour son pays natal. Le soleil, l’espace vital, la vie communautaire lui manquent énormément. Elle préfère vivre en Afrique dans une case insalubre, mais entourée de ses semblables plutôt que de rester dans un hôtel meublé, comparable à une prison.
L’image de l’Africain qui se dégage de cette nouvelle est caractérisée par le mariage imposé que Nafi accepte sans discussion, l’attrait irrésistible que la France exerce sur elle, l’insécurité générale dans laquelle vit le couple ainsi que le chômage intermittent et le travail dégradant que Demba exerce à l’occasion.
Deux raisons ont poussé Nafi à se rendre en France : son mariage avec Demba et son désir de connaître la France. Son mariage est un échec. Demba l’a trompée en lui envoyant une photo vieille de vingt ans et retouchée par le photographe. Sa vie conjugale est caractérisée par la tristesse et la solitude. Quant à son séjour dans un pays qu’elle a idéalisé, il devient très rapidement insupportable. Elle se sent opprimée par un environnement qu’elle trouve hostile et ne fait aucun effort pour améliorer la situation tellement elle est dégoûtée. Elle possède seulement deux amis : un militant noir nommé Arona et Madame Baronne. Elle rejette l’amitié d’une femme blanche qui s’intéresse à elle. Les amis de son mari ne l’intéressent pas parce qu’ils vivent constamment dans le passé et discutent de sujets sans intérêt pour elle. Elle aurait besoin de vivre dans une atmosphère jeune, amicale et chaleureuse.
Les lettres que Nafi envoie à une amie résidant en Afrique sont pathétiques :
Ma vieille, tu ne peux pas imaginer ma déception... Sans doute, dans vos causeries, dites-vous que Nafi est en France. Et chacun m’envie ! Je ne suis pas en France... tout au moins pas celle qui faisait l’objet de nos rêves, alimentait nos ambitions. Je suis dans un autre monde. Un monde maussade, lugubre, qui m’oppresse, m’assassine à petits coups, jour après jour [3]
Heureusement pour elle, à la mort de son mari, les amis du défunt la rapatrient.
Dans La Noire de.., le sort de Diouana est beaucoup plus triste. La solitude et le sentiment d’être exploitée lui sont intenables et elle s’ouvre les veines dans son bain. L’impossibilité de communiquer avec des gens de sa race est le facteur déterminant dans son suicide. En Afrique, elle fait partie d’une communauté ou chaque membre s’occupe de son voisin tandis qu’en France, elle s’est trouvée complètement solitaire et dépaysée.
Dans cette nouvelle, Ousmane pose le problème de l’exploitation de la main-d’œuvre noire en France. La plus grande ambition de cette jeune Africaine est de se rendre en France. L’attitude des Pouchet envers Diouana change quand ils se trouvent en France. Ils la considèrent comme une employée et non comme un membre de la famille. De plus, elle fait l’amère expérience de la curiosité, voire de l’insolence des Français. Elle devient une victime du racisme, se replie sur elle-même et prend des mesures extrêmes.
Les tentatives des Africains de résider en France sont vouées à l’échec à cause du problème du racisme et du déracinement.

L’ouvrier africain et le patronat

Dans Les Bouts de bois de Dieu Sembène Ousmane dépeint également la condition de l’ouvrier africain, mais cette fois dans son pays natal : le Sénégal. Il est concerné avant tout par la dignité de l’homme et estime que « la vie devrait être une lutte héroïque pour défendre les droits inaliénables de tous les hommes de jouir des fruits de leur travail » [4]. Tous les ouvriers qu’il décrit dans ce roman sont dignes d’éloges et d’admiration sauf deux : Diara et Daouda. Ousmane présente les ouvriers comme des victimes du patronat qui est composé uniquement d’Européens. Les travailleurs souffrent d’une grave injustice et demandent de jouir des mêmes avantages que les ouvriers étrangers qui travaillent avec eux. Ils se sentent exploités, se révoltent et se mettent en grève, sacrifiant tout pour obtenir gain de cause. Ce sont « les forces sociales auxquelles ils sont respectivement exposés qui rendent les travailleurs, ou une grande partie d’entre eux, capables d’héroïsme et les patrons capables d’une stupidité cruelle » [5]
Bakayoko et Lahbib sont les deux ouvriers qui jouent le rôle le plus important dans la grève :
En vérité, si Bakayoko, avec cette façon qu’il avait de dédaigner le destin ou de le forcer, était l’âme de la grève, Lahbib, le sérieux, le réfléchi, le calme, le modeste Lahbib, en était le cerveau [6].


Ousmane peint l’image du syndicaliste africain à travers Bakayoko, symbole de l’opprimé qui relève la tête. Ce dernier donne une impression de sévérité et de dureté. Il ne fait son apparition dans le roman qu’aux deux tiers du livre, mais il est très occupé à parcourir la ligne du Dakar-Niger pour essayer de convaincre et d’informer les travailleurs. Il a la parole très facile et les ouvriers aiment l’écouter. Ils ont une complète confiance en lui. Les membres du syndicat ne prennent aucune décision sans le consulter et souhaitent à plusieurs reprises qu’il soit présent pour prendre la parole à leur place. Bakayoko admire et aime son pays ; son peuple lui tient à cœur et il est prêt à tout pour que ses semblables obtiennent leurs droits.
Son action pendant la grève est très efficace, mais les détails restent inconnus. Nous voyons Bakayoko se rendre au Soudan puis la fin de la grève est annoncée : nous pouvons supposer qu’il joue un rôle dans la décision finale de la Régie, mais Ousmane n’en parle pas. Une seule allusion y est faite :
J’ignore ce que tu as fait lorsque tu es allé au Couchant, mais je sais que cela a contribué à la joie d’aujourd’hui dans un grand nombre de familles (P. 367).
Ousmane ne fait pas d’étalages d’idées dans son roman ; c’est l’action des ouvriers qui démontre la pensée de l’auteur. Une des seules idées émises est attribuée à Bakayoko :
Ce ne sont pas ceux qui sont pris de force, enchaînés et vendus comme esclaves qui sont les vrais esclaves, ce sont ceux qui acceptent moralement et physiquement de l’être (p. 45).
Bakayoko pense qu’il ne faut pas accepter son sort mais se révolter contre l’injustice et l’oppression. La grande différence entre Bakayoko et Lahbib dans leur conception de la grève se situe dans leur idée du rôle joué par la haine. Pour Bakayoko, la haine est un élément essentiel de la lutte contre les patrons : « Il faut haïr pour mieux combattre » (p. 368). Mais Lahbib estime qu’il ne faut pas introduire la haine dans le conflit. Il déclare à Dieynaba :
Femme, il ne faut pas laisser la haine entrer dans ton cœur. Nous ne voulons plus de sang, nous ne voulons plus que des enfants soient tués, mais ce n’est pas la haine qui doit nous guider (p. 295).
Bakayoko est un « penseur ». Il est l’ouvrier le plus fort en théorie dans le roman et Lahbib s’occupe de mettre ses idées en pratique.
Samba est également un ouvrier important dans le roman. Il passe ses journées à essayer de convaincre les ouvriers de leur droit de participer à une grève et d’après lui, « celui qui a peur du sang n’est pas capable d’égorger et si on veut de la viande, il faut égorger » (p. 38). Tout au long du roman, il est un partisan acharné de la grève. D’après lui, « il faut tenir, il faut savoir pourquoi on veut vivre, il faut se serrer les coudes » (p. 45). Samba escorte les femmes dans leur marche vers Dakar et meurt en héros à l’entrée de la ville.
L’image de l’ouvrier dans Les Bouts de bois de Dieu est celle d’un homme qui souffre, qui vit dans des conditions déplorables. Il est tiraillé par la faim durant la grève, mais celle-ci le rend plus têtu et plus déterminé à vaincre :
La faim s’installa ; hommes, femmes, enfants, commencèrent à maigrir. Mais on tenait bon. On multipliait les meetings, les dirigeants redoublaient d’activité et chacun jurait de ne pas céder (p. 63).
L’ouvrier souffre de la soif parce que les robinets ont été fermés. La faim pousse les grévistes à avaler n’importe quoi : Sounkaré est prêt à manger un rat tant il est affamé, mais il tombe dans une fosse et les rats le dévorent ; Dieynaba mange du vautour, l’oiseau le plus répugnant d’Afrique ; les enfants avalent de la terre.
A la grande différence des Européens, les Africains vivent en communauté et partageant le peu qu’ils possèdent avec les membres de leur famille et même avec leurs amis. Il existe entre les grévistes un esprit de solidarité qui est à louer et qui constitue un des facteurs qui permet la réussite de la grève. Les femmes sont également unies entre elles et solidaires de leurs maris.
Ousmane pense que les femmes doivent être incorporées à la lutte et qu’il ne faut pas négliger l’aide qu’elles peuvent apporter pour obtenir la victoire.
Ce roman se déroule pendant la colonisation et les Blancs ont une idée totalement fausse des Noirs. L’attitude du patronat est extrêmement hostile aux ouvriers. Ils ont le pouvoir d’améliorer la condition des ouvriers mais ils estiment que ces derniers appartiennent à une race inférieure et n’ont pas, par conséquent, le droit de se révolter. Un mur d’incompréhension et de haine se dresse entre les deux camps. Les Noirs devraient obéir sans poser de questions.
Dejean est l’homme le plus mal disposé envers les ouvriers. Il est un raciste convaincu que rien ni personne ne peut ébranler :
Mais céder sur la question des allocations familiales, c’était beaucoup plus que d’agréer un compromis avec des ouvriers en grève, c’était reconnaître pour valable une manifestation raciale, entériner les coutumes d’êtres inférieurs, céder non à des travailleurs mais à des Nègres et cela Dejean ne le pouvait pas (p. 280).
Dejean gifle Bakayoko pendant la première entrevue entre les dirigeants et la délégation ouvrière. Mme Isnard et Edouard considèrent les ouvriers comme des enfants qui doivent être constamment guidés. Quant à Victor, il ne souhaite avoir aucune relation avec les Noirs. D’après lui, il est préférable que chacun vive dans un monde séparé.
Ousmane est un auteur réaliste et il ne peint pas tous les Blancs comme des racistes. Pierrot et Leblanc ont des sentiments humains et fraternels envers les Noirs. Pierrot s’oppose constamment aux autres Blancs parce qu’il aimerait nouer des relations avec des Africains et essayer de les comprendre. Leblanc a été rejeté par les Noirs, non à cause de sa couleur, mais à cause de ses connaissances trop supérieures. Il soutient les travailleurs tout au long de la grève et accuse ses propres compatriotes de son échec à se faire accepter :
Oui, les Nègres ne m’aiment pas, mais c’est à cause de vous et de vos semblables (p. 262-263).
Les Blancs et les Noirs ne considèrent pas le conflit de la grève sous le même angle pour le patronat, elle est une manifestation raciale tandis que pour les travailleurs, elle est une réaction légitime d’ouvriers qui souffrent d’une injustice et qui décident de lutter pour faire valoir leurs droits. Pour eux, il s’agit de lutte des classes et Bakayoko le déclare très clairement durant l’entrevue avec les dirigeants :
Monsieur le directeur, vous ne représentez ici ni une nation, ni une race : une classe. Et nous aussi nous représentons une classe dont les intérêts sont différents de ceux de la vôtre (p. 281).
Cette notion de classe est si étrangère aux dirigeants que Bakayoko doit ajouter :
Nous savons ce qu’est la France et nous la respectons, nous ne sommes pas anti-français, mais encore une fois, il ne s’agit ni de la France, ni de son peuple, il s’agit d’employés qui discutent avec leurs employeurs (p. 282).
La grève est considérée sur deux plans opposés. Nous savons qu’Ousmane se situe du côté des ouvriers, privés de leurs droits, mais il ne les pousse pas vers une solution sanglante de leurs problèmes.
L’opinion que les Blancs ont des Noirs est tellement mauvaise qu’ils pensent pouvoir les acheter. Mais l’image de l’Africain est bien défendue car il ne se laisse pas corrompre. Isnard a tenté d’offrir à Doudou trois millions de francs CFA pour qu’il reprenne le travail. La réponse de Doudou fait vraiment réfléchir :
Je préfère rester nègre car les trois millions ne pourront pas me blanchir (p. 236)
Cette impression que les Noirs peuvent être facilement corrompus est aussi dépeinte dans Le Docker Noir. Ginette Tontisane offre de l’argent à Diaw Falla pour acheter son silence mais sans succès.


Les Africains comme traîtres

Nous constatons que la majorité des Africains suscitent de l’admiration, mais Ousmane essaie toujours d’être objectif et inclut dans son roman deux ouvriers qui apportent une teinte négative à son livre : Diara et Daouda.
Les militants, soutenus par le syndicat, prennent des initiatives envers leurs compatriotes auxquelles ils n’auraient jamais pensé auparavant. Le jugement de Diara leur donne « la première possibilité de jouer un rôle « d’homme », leur rôle « d’homme » (p. 132), Diarra a voté pour une grève illimitée et a reçu de la nourriture, mais il a repris le travail et a même obligé les femmes des grévistes à descendre du train. L’humiliation de Diara en public porte ses fruits parce qu’elle met fin à la propagation des briseurs de grève.
Daouda, surnommé Beaugosse, est également un ouvrier qui a renié les siens. Dès le début du roman, il est opposé à la grève et quitte finalement le Dakar-Niger pour aller travailler comme magasinier à l’outillage du port.
D’autres Africains qui ne sont pas des ouvriers reflètent une image négative de leur race dans Les Bouts de bois de Dieu. Ce sont El Hadji Mabigué, Le Sérigne et le député noir.
Mabigué représente le type d’homme qui abandonne les siens pour ne chercher que son intérêt personnel. Il se met sous la protection du Sérigne qu’il traite comme son maître et soutient les Blancs qui lui ont donné un tas de médailles inutiles. Il se cache derrière l’écran de la religion pour justifier l’attitude du patronat envers les travailleurs :
Et puis nous n’avons pas à lutter contre la volonté divine... Je sais que la vie est dure, mais cela ne doit pas nous pousser à désespérer de Dieu... Il a assigné à chacun son rang, sa place et son rôle ; il est impie d’intervenir. Les toubabs sont là, c’est la volonté de Dieu. Nous n’avons pas à nous mesurer à eux car la force est un don de Dieu et Allah leur en a fait cadeau (p. 83).
Dans le roman, l’église se situe du côté des Blancs et contre la grève. Ousmane reproche aux dirigeants spirituels de prendre le parti des oppresseurs du peuple. Le Sérigne, le guide spirituel d’une grande partie de la communauté critique constamment l’attitude de rébellion des grévistes contre le patronat :
Dieu nous fait coexister avec les toubabs français, et ceux-ci nous apprennent à fabriquer ce dont nous avons besoin, nous ne devons pas nous révolter contre cette volonté de Dieu dont les connaissances sont un mystère pour nous (p. 196).
Pendant la réunion à l’hippodrome de Dakar, il demande aux ouvriers de se méfier des influences néfastes venant de l’extérieur et de ne pas s’opposer aux dirigeants.
Ousmane fait une critique très acerbe de la religion qui est utilisée comme un moyen d’oppression. Les imans et les prêtres organisent une campagne de démoralisation des grévistes, mais ils n’obtiennent aucun succès. Le thème de leur sermon est le même leitmotiv : les ouvriers doivent être reconnaissants envers Dieu pour leur avoir envoyé les Européens qui apportent aux Africains tout leur savoir parce qu’ils « adoucissent notre vie par leurs interventions et leurs bienfaits » (p. 318).
Les ouvriers sont imperméables à leurs paroles et ne dévient pas de leur but :
Les imans, furieux de la résistance des ouvriers à leurs injonctions, se déchaînent contre les délégués, les chargeant de tous les péchés : l’athéisme, l’alcoolisme, la prostitution, la mortalité infantile ; ils prédisaient même que ces mécréants amèneraient la fin du monde... (p. 318).
Au nom de la religion, les Noirs devraient tolérer l’injustice causée par les Blancs, fait absurde car la religion devrait apporter l’harmonie entre les hommes et non la discorde.
Ousmane estime que les Noirs qui ont réussi dans la vie sont également des traîtres parce qu’ils oublient complètement de s’occuper d’améliorer la condition de ceux qui sont moins privilégiés qu’eux. Lors de la première entrevue entre les ouvriers et les dirigeants. Bakayoko refuse de faire appel à un député considéré comme un Noir blanchi :
Maintenant, ils ont appartement, villa, auto, compte en banque, ils sont actionnaires dans des sociétés. Qu’ont-ils de commun avec le peuple ignorant qui les a élus sans savoir ce qu’il faisait ? Ils sont devenus des alliés du patronat... (p. 281).
Dans la nouvelle de Voltaïque intitulée Prise de conscience, les ouvriers se rendent compte que s’ils veulent garder leur emploi, ils doivent rester muets devant l’exploitation du patronat. Ibra est un ancien militant du syndicat et il représente, une fois élu par tous les ouvriers, l’oppression. Il peut être qualifié d’arriviste et son attitude peut inciter les ouvriers à se révolter, mais ils ne sont pas encore arrivés à cette étape franchie dans Les Bouts de bois de Dieu. Ils se contentent de remarquer qu’Ibra et ses semblables « n’ont rien de commun avec nous. Ils sont noirs dessus... leur intérieur est comme le colonialisme » [7]
Dans cette nouvelle, Sembène Ousmane « dénonce l’opportuniste politique, le néo-colonialiste Noir qui a appris des colonialistes Blancs à opprimer ses semblables » [8]. Les politiciens, une fois qu’ils ont obtenu le poste qu’ils convoitaient, renient ceux qui ont permis leur succès.


L’Africain, exploiteur de ses semblables

Dans Le Mandat et Xala, Sembène Ousmane décrit la bourgeoisie africaine de la période postcoloniale qui opprime et vole des hommes appartenant à une classe inférieure financièrement. Cette image de l’Africain, le bourgeois noir qui a remplacé le colonisateur, est tellement répugnante mais véridique qu’elle porte à réfléchir. En effet, l’indépendance a donné naissance à une caste privilégiée qui est devenue un instrument d’oppression et d’exploitation du prolétariat.
La nouvelle élite africaine, qui a surgi après l’indépendance, n’a rien à apporter à la société parce que cette bourgeoisie est individualiste ; elle pense uniquement à ses gains personnels et n’est nullement affectée par la condition déplorable dans laquelle vit la majorité des Africains :
Moins soucieux des intérêts du pays que de la satisfaction de leurs besoins personnels, ces parvenus (bourgeoisie en collusion avec des capitalistes étrangers) orientent le lent développement de leur pays vers des voies qui renforcent le dénuement du peuple [9]
Dans Le Mandat dont un film a été tiré en 1968, Ousmane fait « une étude psychologique profonde d’un homme coincé entre deux mondes » [10]. Il décrit un homme candide qui se laisse duper par un parent, un homme d’affaires. L’auteur sympathise avec cet homme qui, complètement désemparé, mais plein de confiance, se fait voler et tromper par un de ses semblables. Dieng signe une procuration en faveur de son parent, Mbaye, qui s’approprie son mandat, cadeau d’un neveu travaillant à Paris. Mbaye prétend qu’un voleur lui a dérobé son porte-feuille au marché et Dieng ne reçoit qu’un sac de riz en guise de consolation.
A la fin du livre, l’auteur expose ses idées par la bouche du facteur : aboutir à un changement de la société par la révolution. Dans cette courte phrase du facteur : « demain, nous changerons tout cela » [11], apparaît le Sembène Ousmane engagé.
Cet écrivain soutient le progrès dans une société et il s’oppose aux coutumes africaines qui empêchent l’homme d’améliorer son existence. Il critique le parasitisme social. Dans Le Mandat, les voisins de Dieng sont qualifiés de « vers » et de « vautours » qui se ruent dès qu’ils entendent que quelqu’un possède de l’argent. Dieng défend aux membres de sa famille de donner de l’argent aux hommes valides et aux jeunes gens, leur disant que « ces deux catégories étaient des parasites, se contentant d’être nourris à l’œil » [12]
Dieng se trouve sous une telle contrainte qu’il distribue même le sac de riz que lui a donné le malhonnête Mbaye. Ce roman « montre comment des individus motivés par le besoin et l’intérêt personnel peuvent réduire un homme à un état de dénuement en abusant des lois appartenant au système de la famille étendue, à la fraternité et à l’assistance mutuelle » [13]
L’image de l’Africain qui a réussi dans la vie et qui exploite les plus faibles de ses congénères est également exposée par Ousmane dans Xala. Dans ce roman il traite un problème psychologique : l’impuissance sexuelle dont le terme wolof est xala. Ousmane attaque dans ce livre la nouvelle bourgeoisie nationale de l’Afrique post-coloniale qui opprime les pauvres.
El Hadji Abdou Kader Bèye est un homme d’affaires de cinquante ans. A travers cet opportuniste, « incarnation même de la nouvelle caste bourgeoise sans scrupules » [14], Ousmane « fait une censure de la société ; il flétrit les arrivistes prêts à bâtir des fortunes colossales sur le dos de la masse écrasée » [15]
Durant la nuit de noces d’El Hadji avec sa troisième femme, une jeune fille de dix-neuf ans s’appelant N’Goné, le xala le frappe sans pitié. L’explication typiquement africaine est qu’une personne qui lui veut du mal lui a jeté un sortilège, probablement une de ses femmes qui s’oppose à un nouveau mariage.
El Hadji Bèye est complètement désemparé : « lui, l’étalon qui se ruait sur les femelles, aujourd’hui il restait amorphe » [16]. Pour retrouver sa virilité, il dépense des sommes considérables auprès de toutes sortes de guérisseurs. Le xala provoque l’effondrement financier et social de cet Africain. Il existe un lien très étroit entre la vie privée et la vie professionnelle de cet homme :
Ces deux types de relation - le commercial et le sexuel, le public et le privé - sont inséparables tout au long du roman. L’action elle-même reflète cette nature inextricable : c’est l’impuissance sexuelle d’El Hadji qui cause sa ruine financière [17]
Cet homme néglige complètement ses affaires et ne poursuit que son obsession : redevenir un homme. Sa troisième femme obtient le divorce parce que le mariage n’a pas été consommé et sa deuxième épouse retourne chez ses parents et prend des amants.
El Hadji est guéri par le Serigne Mada qui égrène son chapelet tandis qu’il est allongé tout nu sous un pagne ! Mais comme le chèque reçu est sans provision, le Serigne Mada décide de le rendre de nouveau impuissant !
Ousmane présente le mal dont ce bourgeois souffre comme un effet de forces surnaturelles sur lesquelles la médecine européenne n’a aucun pouvoir. Le médecin-chef rappelle au jeune psychiatre qu’en Afrique « tout ne peut s’expliquer ou se résoudre par une thérapeutique biochimique. Chez nous, c’est le règne de l’irrationnel » [18]


A la fin duroman, nous apprenons que le xala, cause de la ruine de ce bourgeois, est un châtiment. Il a vendu un grand terrain appartenant à son clan et a jeté en prison l’un des propriétaires qui voulait absolument récupérer sa terre. A sa sortie de prison, cet homme, réduit à la mendicité, décide de se venger en rendant son exploiteur impuissant. Finalement El Hadji Bèye se remet entre ses mains vu qu’il promet de le guérir gratuitement. Il se met nu devant tous les mendiants qui lui crachent dessus, chacun trois fois.
Nous pouvons voir dans cette scène la puissance du prolétariat africain qui ridiculise la bourgeoisie africaine qui, en réalité, n’a aucun pouvoir. Xala est un roman positif comme Les Bouts de bois de Dieu et le peuple est de nouveau vainqueur. La bourgeoisie est un outil entre les mains des anciens colonisateurs. Aly Khery Ndaw relate une conversation qu’il a eue avec Ousmane lorsqu’il tournait le film Xala. L’impuissance d’El Hadji Abdou Kader Bèye doit être comprise sur un plan métaphorique : elle symbolise l’impossibilité des pays en voie de développement de se gouverner eux-mêmes. Ousmane exprime son opinion comme suit :
Pour moi, tous les pays sous-développés sont atteints de cette impuissance temporaire qu’est le xala. Mais pas le peuple ! Les impuissants ne sont qu’une minorité. Une minorité de bourgeois dont la puissance économique donne l’illusion qu’ils représentent une couche sociale à part entière. Moi, je les considère tout simplement comme des résidus de l’impérialisme. Ils vivent à l’occidentale et, quand ils parlent, ils ont la prétention de le faire au nom des pays sous-développés [19]
La bourgeoisie africaine est impuissante parce qu’elle n’a pas de pouvoir malgré toute sa richesse financière. El Hadji Bèye est très conscient de ce fait. Il se rend compte que le Gouvernement des hommes d’affaires ne contrôlent rien : « ici, nous ne sommes que des crabes dans un panier... Le colon est devenu plus fort, plus puissant, caché en nous, en nous ici présents » [20]. Les Blancs dirigent les affaires du pays et ont rendu les Africains impuissants afin de continuer à les dominer.
Dans ce roman, Ousmane donne un avertissement très clair à tous les hommes d’affaires de l’Afrique post-coloniale. Ils vont devenir impuissants s’ils continuent à s’allier aux puissances étrangères, à vivre à crédit et à ignorer l’existence du peuple qui est une force qui peut les détruire. Ils devraient au contraire s’allier au peuple pour chasser les puissances étrangères qui sont les véritables oppresseurs. Dans Xala, Ousmane avertit « tous les El Hadji de l’Afrique « indépendante » de l’impuissance qui les frappera s’ils persistent dans leurs deux folies étroitement liées : être « des hommes d’affaires sans fonds » et ignorer l’existence des mendiants qu’ils ont eux-mêmes créés » [21]
La bourgeoisie africaine a remplacé sur place les colonisateurs et au lieu d’aider le peuple à sortir de son ornière, elle l’exploite tellement que la condition des pauvres ne s’améliore pas. Elle doit s’attendre à une réaction éventuelle du peuple et l’attitude la plus sage serait de s’unir à lui pour combattre les puissances étrangères et les rendre incapables de contrôler l’économie du pays.
L’argent occupe une place primordiale dans la vie des bourgeois et il se trouve à la base de toute relation personnelle. Pour El Hadji, retrouver sa virilité est une simple question d’argent. L’ironie réside dans le fait que le mendiant, complètement dépourvu de moyens financiers, a le pouvoir de le guérir.
Xala fait partie d’une série d’œuvres qui décrivent la désillusion des Africains après l’indépendance. Dans Le Mandat, Le Démagogue de Chinua Achebe et Les Soleils des Indépendances d’Amadou Kourouma, nous retrouvons ce même thème.
Dans la nouvelle de Voltaïque intitulée Un amour de la Rue Sablonneuse Ousmane dépeint la richesse scandaleuse des ministres. Les festins qu’ils organisent et les voitures de luxe qu’ils utilisent marquent un contraste frappant avec le mode de vie très simple des autres habitants de la rue.
Dans Le Voltaïque, Ousmane décrit un Noir, Mobutu, qui est spécialisé dans le commerce d’esclaves. Il nous fait part dans cette nouvelle « de la contribution non négligeable des Africains à une entreprise (la traite) qui, plus que toute autre chose, a endommagé l’âme noire » [22]
Ousmane essaie de corriger une conception inexacte d’une Afrique précoloniale caractérisée par la pureté, l’innocence et l’altruisme. Nous voyons de nouveau poindre son réalisme qui s’applique à toutes les périodes et à toutes les races.
Dans une autre nouvelle intitulée La Mère, Ousmane dépeint un roi qui possède une appétence sexuelle anormale. Il jouit des avantages d’une loi qui lui donne le droit de passer la nuit de noces avec chaque nouvelle mariée. Son despotisme est tel qu’il tue tous ceux qui s’opposent à l’assouvissement de ses désirs. Mais un jour, une mère dont la fille est concernée se révolte contre cette situation et avec l’aide de tout le peuple, elle réussit à destituer le roi.
Le principe fondamental de Sembène Ousmane qui parcourt toute son œuvre est émis dans l’avertissement de l’auteur au début de L’Harmattan : « rester au plus près du réel et du peuple ». Ousmane observe la société d’un œil très perspicace.


Dans ses romans, il peint l’Africain tel qu’il est dans la réalité. Il ne lui attribue pas toutes les vertus car celles-ci ne sont le monopole d’aucune race. Dans Les Bouts de bois de Dieu, le seul vice attribué aux Noirs est la passion sexuelle. Penda est une fille de mauvaise vie, mais elle se rachète en quelque sorte à cause du rôle important qu’elle joue pendant la grève comme meneuse des femmes. Samba a profité d’une aveugle, Maïmouna, acte blâmable vu les circonstances. Nous notons que tous deux meurent à l’entrée de Dakar et ne peuvent pas jouir du succès de la grève.
Le personnage le plus vertueux dans ce roman est Fa Keïta. Il représente la sagesse et la modération. Il ne se détache pas des siens mais essaie de les raisonner et de les aider. Ses semblables le respectent et l’admirent. Fa Keïta est le plus profond et le plus convaincu des Musulmans qui apparaissent dans le roman.
Fa Keïta s’oppose à la grève parce qu’il rejette toute forme de violence, mais estime d’autre part que tout homme est digne de recevoir du respect. Les hommes sont tous égaux et doivent jouir des mêmes droits. Dans son discours au jugement de Diara, il déclare que « c’est un sacrilège de tuer, oui, pour des saints hommes, c’est un sacrilège, et je prie Dieu qu’il ne fasse pas naître une telle pensée dans votre cœur » (p. 154). Son séjour au camp est très pénible parce qu’il ne peut y pratiquer sa religion et se purifier. Il y subit les pires humiliations mais s’oppose à l’idée de tuer Bernardini, acte inutile vu qu’il sera immédiatement remplacé.
Dans Les Bouts de bois de Dieu l’humanitarisme du message se dévoile dans le rôle joué par les personnages. Ramatoulaye est prête à exposer sa vie pour survivre aux privations et Bakayoko se dévoue corps et âme à la grève. Ses problèmes privés sont toujours placés au second plan.
Sembène Ousmane pense que le colonialisme est une dégradation continuelle de l’Africain. Ce système doit être combattu avec acharnement. Sous un tel régime, l’Africain est privé de toute liberté, mais il existe aussi le danger de remplacer le colonisateur par un Africain qui jouerait le même rôle. Cet écrivain critique ouvertement et avec force « la nouvelle race de chefs politiques qui sont indifférents face à la pauvreté endémique des masses ; il dénonce leur corruption, leur incompétence, leur manque de dévotion pour le peuple, leur complicité avec des puissances étrangères » [23]
Ousmane aimerait voir s’établir en Afrique une société nouvelle dans laquelle l’exploitation et l’oppression du peuple n’auraient aucune place. Le rôle de l’écrivain est de « fournir à la société réelle cette poussée qui en déterminera l’amélioration » [24]
L’originalité de cet auteur réside dans le fait que son œuvre est « la première en Afrique à franchir l’étape de la « protestation » (soit satirique ou indignée) pour montrer des gens qui se transforment, poussés par l’oppression, en une force qui peut l’anéantir » [25]
Nous ne pouvons que partager l’espoir de Sembène Ousmane de voir s’épanouir une société égalitaire et joindre nos efforts aux siens afin que la situation actuelle en Afrique s’améliore rapidement et que les conditions de vie du peuple deviennent meilleures.


[1] Y.S. Boafo : « Voltaïque d’Ousmane Sembène, commentaires et observations ». Présence Francophone, Sherke, Automne 1977, N° 15, p. 30.

[2] Dorothy S. Blair : Africain Literature in French, Cambridge, Cambridge University Press, 1976, p. 231. Traduction personnelle.

[3] Sembène Ousmane ; Voltaïque, Paris, Présence Africaine, 1962, p. 77.

[4] Shatto Arthur Gakwandi : The Novel and Contemporary Experience in Africa, London, Heinemann, 1977. p. 119. Traduction personnelle.

[5] Gerarld Moore : Twelve African Writers, London. Hutchinson University Library for Africa, 1980, p. 74. Traduction personnelle.

[6] Sembène Ousmane : Les Bouts de bois de Dieu, Paris, Presses Pocket, 1960, p. 290-291. Les numéros des pages seront désormais insérés dans le texte.

[7] Voltaïque, p. 35.

[8] Dorothy S. Blair, op. cit., p. 238. Traduction personnelle.

[9] Y.S. Boafo ; op. cit., p. 15.

[10] Dorothy S. Blair ; op cit., p. 271. Traduction personnelle

[11] Sembène Ousmane : Le Mandat, Paris, Présence Africaine, 1966, p. 190.

[12] (Idem., p. 117)

[13] Bruce King et Kolawole Ogungbesan : A Celebration of Black and African Writing, Zaria, Ahmadu University Press, 1977, p. 143. Traduction personnelle.

[14] Martin T. Bestman : « L’Univers de Xala », Asemka, Ghana. University of Cape Coast, N° 5, Septembre 1979, p. 57.

[15] Loc. cit.

[16] Sembène Ousmane : Xala, Paris, Présence Africaine, 1973, p. 65.

[17] Firinne Ni Chréachain - Adelugba : « Self and Oilier in Sembene Ousmane’s Xala », in Kolawole Ogungbesan, New West African Literature, Londres Heinemann, 1979. p. 93. Traduction personnelle.

[18] Xala, p. 73.

[19] Aly Khery Ndaw : « Sembène Ousmane et l’impuissance bourgeoise », Jeune Afrique, N° 694, Avril 1974, p. 20.

[20] (20) Xala, p. 139.

[21] Firinne Ni Chréachain - Adelugba cit., p. 102. Traduction personnelle.

[22] Y.S. Boafo : op. cit., p. 12.

[23] Bruce King et Kolawole Ogungbesan : op. cit., p. 144. Traduction personnelle.

[24] Franca Marcato : « Introduction à la lecture d’un récit africain d’expression française : « Le Mandat » d’Ousmane Sembène », Présence Francophone, Sherbrooke, Printemps 1977, N° 14, p. 87.

[25] Gérald Moore : op. cit., p. 83.




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