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LES SOURCES ORALES DE L’HISTOIRE DU GABU
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Ethiopiques numéro 28 numéro spécial
revue socialiste
de culture négro-africaine
octobre 1981

Auteur : Djibril Tamsir NIANE

Le Gabu, mal connu des chercheurs et des historiens, est cependant l’objet d’une abondante littérature orale dans les centres villageois de Casamance, de Gambie et de Guinée-Bissau.
Il existe également des manuscrits en arabe rédigés par des lettrés mandingues ou peuls ; mais ces écrits, s’ils sont signalés, n’ont pas encore fait l’objet d’études ou de publication.
Du côté peul, mention est faite du Gabu en de longs passages dans les manuscrits de Fougoumba et de Labé en République de Guinée [1]. Nous avons découvert nous-même à Kamboré, en Guinée Bissau, un manuscrit peul, détenu par El Hadji Mamadou Ngari, un notable. Lecture nous a été donnée de ce manuscrit et nous avons enregistré cette lecture. Le texte écrit, ainsi « oralisé », a été déposé aux archives culturelles dans la série d’enregistrements faits sous l’égide de la Fondation Léopold Sédar Senghor en Guinée-Bissau ; il nous a été donné également d’enregistrer à Bijin (Bafata) lecture d’un manuscrit en arabe, détenu par la famille Gassama de cette ville maraboutique. De même à Cuntubuel, village mandingue, El Hadji M. Cissé nous a donné lecture d’un manuscrit sur l’histoire du Gabu [2]. Des manuscrits nous ont été signalés à Diabicounda et en d’autres localités.
Il y a beaucoup à faire donc pour rassembler toute cette documentation éparse. Il existe certainement plus d’écrits qu’on ne le pense, mais de loin les récits oraux des griots constituent la source locale la plus importante, car il n’y a pas un village du Gabu où l’on ne trouve un doyen ou un traditionniste en titre, détenant une version orale de l’histoire du Gabu. Si cette source est abondante, elle reste difficile d’accès ; d’abord il faut se rendre dans les villages, ensuite, il faut vaincre la méfiance des détenteurs de tradition qui, de nos jours, sont conscients de la valeur marchande de l’Histoire qu’ils détiennent [3].


Les caractéristiques des traditions orales du Kaabu

Les traditions de Casamance, de Gambie et de Guinée-Bissau, dont nous avons eu connaissance, sont presque toutes relatives aux origines et à la fin du Gabu ; l’histoire gravite donc autour de deux personnages : d’une part Tiramaghan Traoré, général de Soundjata, vainqueur de Djolofing Mansa, roi du Djolof et fondateur du Kaabu (XIIIe siècle) et de l’autre Djanké Walli, dernier roi du Kaabu connu par sa résistance opiniâtre à l’invasion peule et par sa fin tragique dans la forteresse de Kansala en 1867. Entre ces deux personnages que séparent six siècles, la Tradition orale procède à un enjambement qui déconcerte l’historien. A notre connaissance, peu de traditionnistes peuvent faire mention d’autres souverains que les deux personnages dont il a été question.

Les origines

Ce sont les Traditions orales mandingues qui retracent la genèse du Kaabu. Elles sont toutes d’accord pour faire venir du Tilibo (l’Est) les fondateurs du royaume ; toutes donnent Tiramaghan Traoré comme conquérant et fondateur du Kaabu ; cependant si les traditions du Manding (Mali) font état de l’expédition de Tiramaghan envoyé par Soundjata pour combattre Djolofing Mansa (Roi du Djolof), elles n’entrent point dans le détail des conquêtes du général Mandinga. Les sources locales de Sénégambie par contre donnent une profusion d’informations sur les pérégrinations du Tiramaghan dans le domaine qu’il ouvre à l’expansion mandingue.
Quelle est l’origine du Kaabu (Voici l’origine légendaire la plus répandue en Casamance et en Guinée-Bissau :
Selon la version donnée par Bouli Kalsa de Gabou-ville, identique à celle fournie par le manuscrit de Bijiin [4], une princesse mandingue du nom de Tenemba, à la suite d’une querelle de famille, se serait enfuie du Mandé pour venir s’enfermer dans une grotte au Kaabu. Sa présence fut signalée au roi du Kaabu, Manforong. Celui-ci réussit à la capturer. Il l’enferma dans une maison sans porte ; elle n’avait contact avec personne.
« Un jour, de la maison où était enfermée Tenemba, on entendit des vagissements de bébé ; on courut dire au roi que la captive n’était plus seule dans sa maison ; le roi arriva sur les lieux. Il donna ordre de casser les murs, car il n’y avait pas de porte ; on fit donc une ouverture dans le mur ; alors le roi et les gens de la cour virent Tenemba assise, en train de donner à téter à trois nouveaux-nés. C’étaient trois filles. Cette chose était vraiment étonnante et la nouvelle de la naissance miraculeuse des filles de Tenemba se répandit dans le pays. De tous les côtés, les gens vinrent pour saluer la mère et voir ses filles.
« Le roi après cela épousa Tenemba et il devint le père des filles de l’étrangère. L’aînée porta le nom de Balaba, la deuxième Oufoula et la plus jeune Kani. Quand les filles du roi furent grandes, on les donna en mariage : le roi de Pathiana demanda la main de Balaba ; il vint à la cour de Manforong avec ses hommes et épousa Balaba et rentra avec elle au Pathiana. Peu de temps après, le roi de Djimara vint aussi avec une suite nombreuse chez Manforong et demanda la main de Oufoula ; Manforong la lui accorda ; ils se marièrent et le roi de Djimara rentra chez lui avec son épouse. Les gens de Sama et leur roi vinrent chez Manforong demander la main de Kani ; Manforong la leur accorda et le roi de Sama épousa Kani, puis rentra avec elle dans son royaume.
« Après le mariage des trois filles, un jour Tenemba vint s’asseoir à côté de Manforong et lui dit :« Roi, garde-moi ce bracelet c’est l’unique objet que j’ai pu garder en souvenir de mon pays. J’y tiens beaucoup, garde-le moi ». Et elle remit le bracelet à Manforong ; celui-ci garda le bracelet pour Tenemba. Mais quelque temps après, le roi devint aveugle ; Tenemba découvrit, à force de chercher, la cachette du bracelet ; elle reprit le bracelet et le cacha ailleurs puis elle vint s’asseoir près du roi et dit :
« Je viens te réclamer mon bracelet, j’ai envie de le revoir, aujourd’hui, j’ai la nostalgie de mon pays ». Elle pleura. Maforong chercha le bracelet et ne le trouva pas. Et Tenemba pleura de plus belle. Alors Manforong, pour prix du bracelet perdu ; donna à sa femme la province de Propana où se trouvait Kansala, la capitale. Tenemba légua, en héritage à ses filles, la province de Propana. Chacune d’elles était devenue une reine puissante et riche ; leurs descendances eurent le même droit face au trône du Kaabu. Seuls les descendants des trois filles de Tenemba eurent le droit de monter sur le trône du Kaabu. Ils constituaient les Niantio ou nobles. Ils ont pour nom, Sané ou Mané. On choisissait comme roi le plus âgé des clans, Sané et Mané de Sama, de Djimara et de Pathiana, à tour de rôle.
Une fois choisi, le prince devait venir s’établir à Kansala, capitale du Propana qui devint la capitale du Kaabu » [5].
Les traditions disent que les Sané et Mané sont les descendants de Tiramaghan sans que l’on voie comment. Quel lien entre Tiramaghan et Tenemba, princesse qui est à l’origine de la royauté des princes des trois provinces citées ? Quel rapport entre Tiramaghan et Manforong, roi qui épousa Tenemba ? Voici des questions auxquelles la tradition ne nous aide pas à répondre.
Les Mandingues de Tiramaghan étaient-ils nombreux, la migration mandingue vers l’Ouest commença-t-elle avec le général de Soundjata ou bien existait-il déjà des Mandingues en Sénégambie ? L’épisode de Djolofing Mansa inciterait à penser que le Mandé entretenait des rapports avec la Sénégambie avant Soundjata, de plus aucune barrière ne sépare véritablement la savane sénégalaise des pays mandingues de l’Est, du Bambouk, du Khaso, on gagne facilement le Kayor et la Sénégambie. Il y a de fortes chances que les « dioula » et les « marabouts » aient ouvert très tôt des pistes à travers la Sénégambie, riche, traversée par des cours d’eau navigables (la Gambie). Pour être éclairé sur le problème de l’arrivée des mandingues en Sénégambie, il faut sortir du cadre du Kaabu pour interroger les traditions des royaumes mandingues voisins tel que le Uli, le Kantor et le Niani ; il y a lieu aussi d’évaluer les traditions des peuples non mandingues considérés comme autochtones tels que les Baïnouks ou les Balantes. Il est vrai que leurs traditions sont loin d’offrir une trame serrée comme celles des Peuls ou des Mandingues.
La Sénégambie et le Kaabu sont appelés « Tiramaghan banko » ou pays de Tiramaghan ; il serait intéressant de délimiter avec précision - si c’est possible - les terres qui se réclament du conquérant mandingue [6]. Encore une fois, comme l’a signalé Mamadou Mané, le problème demeure de savoir pourquoi on ne retrouve pas au Kaabu les noms claniques classiques des Malinkés, Keïta, Traoré, Condé, Doumbouya, etc. [7]. Un autre problème c’est le fait que dans le Kaabu, contrairement à ce qui se passe au Mandé, le matriarcat est de règle. Est noble ou Niantio celui dont la mère est Sané ou Mané des trois provinces citées.
Ainsi les origines du Kaabu posent encore beaucoup de problèmes. Il faudra une étude plus systématique des traditions culturelles et des traditions orales pour saisir les rapports entre les composantes de la population.


Dianké Wali et la fin du Kaabu

Dianké Wali a été le dernier souverain du Kaabu, sa capitale Kansala a été détruite en 1867 par les Peuls du Fouta Djallon.
Le règne de Djanké Wali est un temps fort de l’histoire du Kaabu, la guerre entre Kaabunké et Peuls fait l’objet de maints récits. Ce qu’on peut appeler l’épopée de Kansala est la tradition la plus populaire du Kaabu.
Les archives culturelles de Dakar possèdent près d’une vingtaine d’enregistrements portant essentiellement sur le « Kansala Kélo » ou la « guerre » de Kansala ». A l’IFAN, le département des traditions orales met à la disposition du chercheur plusieurs récits recueillis en Casamance.
On peut se poser la question pourquoi tant de place accordée à l’épisode finale de l’histoire du Kaabu : il y a le fait que la lutte entre Peuls et Kabunké a duré plus de trente ans, il y a surtout le fait que la destruction de Kansala n’a pas été la simple chute d’une place forte ; après Kansala, les Kabunké abandonnent en fait le pays et c’est le début d’un mouvement de population, d’une dispersion des mandingues et conséquemment l’implantation peule au Kaabu et dans le Fuladu. Ainsi la chute de Kansala prélude un exode vers la Casamance, la Gambie, le Kantor ; le Wuli et le Niani. On peut comprendre dès lors pourquoi la tradition donne tellement d’importance à la chute de Kansala. C’est le début d’une nouvelle histoire.

Les récits

On peut trouver aux Archives culturelles les enregistrements suivants :
- Le récit de Tanaf BQ 70-07201 : Histoire de Djanké Wali, la chute de Kansala suite 90, 70-073-01.
- Histoire du Gabu BO 72002-02 : Les Peul en marche vers Kansala.
- Le récit de Seni Gassama BO 70-069-02 et BO 70-069-03.
- Histoire du Gabu BQ 70-07701 : Les migrations mandingues dans le Gabu.
- Histoire du Gabu. Récit de Bouli Galissa de Gabou (Fondation L. Senghor).
- Récit de Kankéléfa (Fond. L. S. Senghor).
- Récit de Bérékoling (Fond. L.S. Senghor).
- Récit de Bafata (Fond. L.S. Senghor).
-Récit de Bijin (Fond. L.S. Senghor).
- Texte de Kamboré (Fond. L. S. Senghor).
-Texte de Contubuel (Fond. L.S. Senghor).
- Texte de Diabicounda (Fond. L.S. Senghor).
Selon certaines traditions, Djanké Wali régna 24 ans, on peut donc situer le début de son règne à 1843. Il passa tout le temps à combattre les Peuls.


Chez les Sérères, une tradition fait venir la dynastie princière des Guellowar du Kaabu. Cette migration aurait été conduite par Mansa Wali Dione. On pense que cette migration a eu lieu au plus tôt au XIVe siècle, c’est le point de vue de Dr. S.M. Cissokho [8]. Dans tous les cas, l’origine mandingue de certains clans sérères est indiscutable. Senghor s’est inspiré de ces traditions orales du Sine dans son poème, « Que m’accompagnent koras et balafongs » [9]. Le poète reprend le récit des luttes entre le Fouta Djallon et les Kaabunké et ce vers traduit fort bien la devise des Mandingues face aux Peuls :
« On nous tue Almamy, on ne nous déshonore pas »
Voici un extrait du poème de Senghor qui suit fidèlement la tradition :
« J’étais moi-même le grand père de mon grand-père
J’étais son âme et son ascendance, le chef de la maison d’Elissa du Gabou
Ni ses montagnes ne purent nous dominer ni ses cavaliers
nous encercler ni sa peau claire nous séduire
Ni nous abâtardir ses prophètes
Ma sève païenne est un vin vieux qui ne s’aigrit, pas le vin de palme d’un Jour
Et seize ans de guerre ! Seize ans le battement des tabalas de guerre des tabalas des balles
Seize ans les nuages de poudre, seize ans de tornades sans un seul beau jour un seul
Et chante vers les fontaines la théorie des jeunes filles aux seins triomphants comme des tours dans le soleil
Seize ans autour du marigot d’Elisse que fleurissent les lances bruissantes ».
Poèmes - Chants d’Ombre
La guerre dont parle Senghor n’est pas le Kansala Kelo ou guerre de Kansala ; il s’agit cependant d’un épisode de la longue guerre du Fouta Djallon contre le Gabu ; Elissa ou Eliassa a été détruite vers 1850 soit près de vingt ans avant la chute de Kansala. On peut supposer que les ancêtres mandingues de Senghor se sont établis dans le Sine vers cette date.
Dans sa collection d’enregistrements, l’IFAN possède des traditions recueillies au Sine et qui ont trait à l’histoire du Kaabu. On nous a signalé l’existence d’une communauté mandingue à Koular, possédant un manuscrit sur l’histoire de leurs ancêtres mandingues.
Les traditions du Gabu font larges mentions de certains généraux du temps de Djanké Wali tel que Nàlin Sonko, considéré comme le plus grand guerrier du Kaabu. L’épopée de Nàlin Sonko dit Barlaban a été recueilli par l’IFAN auprès de Malan Njaay Kuyaté. Les récits relatifs au temps de Djanké Wali nous éclairent bien sur la culture Kaabunké ; l’épopée de Nàlin Sonko donne une longue liste de gouverneurs et chefs de provinces ; l’organisation militaire du royaume y est traitée, ainsi que les usages et pratiques de la cour.
A Kansala, en janvier 1979, nous avons recueilli de là bouche de Saké Sané, descendant de Djanka Wali, une liste de rois que voici :
Mansa Moriba
Nyurkundo Sané
Mansa Mankuto
Kanda Mansa
Nfamara Mané
Sumankoli Sané
Sama Koli
Djanké Wali - 1843-1867.

La liste fournie par l’arrière petit-fils de Djanké Wali ne comporte que neuf noms de rois. Nous sommes loin de couvrir les six siècles qui séparent Djanké Wali de Tiramaghan, son lointain ancêtre. Si les règnes comme les traditions le disent, ont été longs et stables, en accordant 20 ans de règne à chaque souverain, nous remontons jusqu’au milieu du XVIIe siècle, vers 1650. La liste de Saké Mané indique en tout cas l’alternance entre Sané et Mané et la rotation entre les provinces de Sama, Djimara et Pathiana ; Nfamara Mané était originaire de Sama, le nom de Sama Koli indique sa province d’origine ; Nyurkundo Sané, Sumakoli Sané et Djanké Wali venaient de Pathiana. Mansa Mankuto et Mansa Moriba étaient sans doute originaires de Djimara, province des Niantio Mané [10].


Que dire encore de cette énumération sèche qui ne nous apprend rien sur la personnalité des rois. Il ne s’agit point d’une liste dynastique. Comme on le sait, les rois étaient choisis dans les provinces de Djimara Sama et Pathiana et ils venaient régner à Kansala. Nous touchons là une explication possible du silence des Traditions orales sur les noms des rois. En effet, cette royauté élective et par rotation ne favorise pas l’établissement de liste de rois. Il y a lieu d’interroger les Traditions des trois provinces qui ont fourni des rois ; de même la succession dans les provinces d’oncle à neveu ne favorise pas non plus la conservation de liste comme ce fut le cas en société patrilinéaire au manding [11]. Dans les meilleurs cas, les traditions donnent le nom de la mère du souverain et de son village de naissance ; ainsi elles nous disent que la mère de Djanké Wali s’appelait Koumantio et qu’il était né à Kabindi dans le Pathiana.
Nous n’avons presque rien dit des sources européennes de l’histoire du Kaabu. Elles sont nombreuses, cependant, pour l’essentiel ces sources sont portugaises. Les archives de Lisbonne, depuis 1975, sont ouvertes aux chercheurs et le Professeur Teixeira Da Mota poursuit le travail si utile de traduction de ces sources [12]. Nous sommes loin de connaître toutes les ressources du fonds portugais.
Nombreux sont les sites archéologiques dans le Kaabu, signalons Kansala, la forteresse de Berekolong, de Bonko. Tout reste à faire dans le domaine de l’archéologie.
Une étude systématique des traditions permettra de mieux connaître la culture kabunké à défaut d’avoir une trame chronologique. Dans un premier temps, après la collecte systématique, il faut établir des « corpus » de traditions : « corpus des origines », « corpus de Kansala », « corpus des grands guerriers », etc..., ensuite on pourra procéder à une étude critique de ces sources, mais il faut commencer par faire connaître les récits et les variantes. Les textes recueillis et fixés constituent certes des documents d’histoire, cependant linguistiques et littéraires peuvent y trouver matière pour leurs études. Le talent des griots kabunké ne le cède en rien à celui des malinkés ; la musique de kora qui sert de support au récit est l’une des plus appréciée d’Afrique. Le Gabu offre un champ d’études très riche ; ici les mandingues ont beaucoup emprunté aux populations autochtones Balante, Baïnouk, Pajadinka, etc... Le brassage de population a donné naissance à une culture originale ; le linguiste remarquera aussi que la langue mandingue de ces provinces de l’Ouest a conservé beaucoup de mots et de tournures archaïques qu’on ne rencontre plus dans le parler du Haut-Niger ou Manding.


[1] Fonds Gilbert Vieillard, IFAN, Dakar.

[2] Cf. Archives culturelles de Dakar, séries F.L.S.S., 1979, Bande de Kamboré-Kansala (Gabou) et Cuntubuel.

[3] Mamadou Mané, Contribution à l’histoire du Kaabu, des origines au XIXe siècle, IFAN, T. 40, série B, n° 1379. Mamadou Mané, comme tant d’autres chercheurs, s’est heurté au refus poli des traditionnistes qui se méfient, comme il le dit, de ceux qui vont à « l’école des Blancs ». Voir page 91 de son étude. Il insiste, à juste raison, sur la nécessité de mettre les détenteurs en condition par les moyens appropriés, pour délier les langues.

[4] Fonds de la Fondation Léopold Sédar Senghor, Archives culturelles, Dakar, Enregistrement de Bijiin, janvier 1979.

[5] Selon certaines sources, Tiramaghan serait mort en Gambie. Plusieurs localités prétendent conserver les restes du conquérant. En réalité, il est difficile de dire où se trouve la tombe de Tiramaghan.

[6] Les noms mandingues typiques du Kaabu sont : Sané. Mané, Sonko, Sana, Jasi, Sambou, Sorian, etc.

[7] Cf. M. Mané, op. cit., pp. 106-107108-109, fait mention de la légende de Ténemba mais ne donne pas le nom des filles de la princesse mandingue. Cette légende a été en partie recueillie par J. V. Carocco : Monjur O. Gabu e a sua historia, CEGP., N.S., Bissao. Sur les origines du Kaabu, cf. aussi, S. M. Cissoko et Sambu, 1969. Recueil de traditions orales des Mandingues de Casamance et de Gambie, Dakar, IF AN.

[8] S. M. Cissoko, 1966, p. 129, d. IFAN, T. XXXI, série B, n° 21969.

[9] Léopold Sédar Senghor, Poèmes, pp. 26-35, NEA, 1974, Dakar. Selon la tradition recueillie par Senghor, une fraction des Mandingues émigrés au Sine viendrait d’Eliassa (Elissa). Eliassa n’existe plus, la ville a été détruite par les Peuls, mais on trouve en Gambie une bourgade du nom d’Elissa, dont les ancêtres viendraient du Kaabu.

[10] Il y a beaucoup de récits sur Tiramaghan en Sénégambie à certains égards, il occupe la même place que Soundiata au Manding. Comme ce dernier, après la victoire Tiramaghan procéda au partage de la terre au lieu dit So-tuma en Gambie. Certaines traditions en font le fondateur de Kansala. Au moment du partage il devait donner le Sama à son fils aîné le Djimara au second et le Pathian, au 3e. D’où l’origine de la royauté des princes de ces provinces. On doit à présent s’orienter vers la collecte de traditions orales par province ; peut-être pourra-t-on établir une séquence chronologique relative.

[11] Les sources portugaises font mention des farins ou gouverneurs de provinces mais ne nous ont transmis presque aucun nom. Cf. Farin Cantora Farin Sankola (Fari-Sangul) et Farin Cabo (Kaabul. Ces indications montrent surtout que les chefs de provinces jouissaient d’une grande indépendance vis-à-vis du pouvoir central du Mali et du Kaabu, même après le XVIe siècle. On se reportera aux travaux du Dr S.M. Cissoko sur les Mandingues de l’Ouest Dakar - 1972 ; Bakari Sidibé, 1972. Congrès mandingue de Londres.

[12] La dernière en date de ces publications est la Description de la Serra-Léoa et des Rios de Guiné du Cabo-Verde, 1625, de André Donelha, Lisbonne, 1877. On y trouve beaucoup d’informations sur le Mandimansa et le Farin Cabo et sur les populations de Sénégambie.




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