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AVANT-PROPOS
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Ethiopiques numéro 31 révue socialiste
de culture négro-africaine
3e trimestre 1982

Auteur : FRANCOIS BOB [1]

Les valeurs traditionnelles sénégalaises et le problème de leur intégration dans les systèmes modernes d’éducation.
Tel est le thème du colloque de Sali Portudal dont les travaux, pour l’essentiel, constituent l’objet de la présente publication que nous avons l’honneur de livrer à votre appréciation afin de vous convier à l’approfondissement de la réflexion, dans l’optique de la mise en œuvre d’une stratégie d’intégration de nos valeurs traditionnelles les plus positives dans notre système d’éducation, créant ainsi les conditions appropriées d’une symbiose dynamique des éléments de progrès des sociétés dites avancées avec les éléments actualisables de nos valeurs traditionnelles, capables de renforcer le sentiment et l’action communautaires, si caractéristiques des sociétés négro-africaines d’antan.
De surcroît, ces valeurs traditionnelles, vecteurs de ce sentiment et de cette action communautaires, constituent, sans nul doute, l’essence de notre identité culturelle qu’il nous faut, à travers notre système éducatif, préserver et consolider pour alors penser et agir par nous-mêmes et pour nous-mêmes.
Et les raisons et motivations qui ont conduit à l’organisation de ce colloque sont toutes liées au phénomène brûlant de la crise des valeurs qui secoue les sociétés des temps modernes.
En effet, l’observation, même superficielle, de la société sénégalaise actuelle, montre à l’évidence que le Sénégal de nos jours n’a presque plus rien de commun avec ce que le pays a été jadis, du point de vue des habitudes, des mœurs et coutumes ainsi que de la conduite qui y étaient propres aux hommes.
Le tissu social, au plan de la moralité, se rappetit et tend à s’anéantir, avec la disparition des vertus dont l’impact sur le comportement des hommes créait les conditions d’un humanisme fait de sens communautaire, de respect du bien de la collectivité, d’un sens élevé de la solidarité, de la parole donnée, de l’honneur, de la dignité, somme toute, d’une morale sociale dont les composantes dynamiques constituaient les paramètres de la qualité de la vie des sociétés négro-africaines.
Or, il semble aujourd’hui et de plus en plus, qu’il n’y a aucun référentiel axiologique déterminant, de manière totale, notre comportement. Ceci est surtout sensible au niveau de la jeunesse qui semble si profondément déracinée par les agressions culturelles de toutes sortes que sa quête angoissée de modèles de comportement ou de société la pousse vers des idéologies ou des visions du monde très éloignées des exigences de son être profond.
C’est pourquoi, dans le cadre de ses activités de recherche en Education populaire, le Secrétariat d’Etat margé de la Jeunesse et des Sports a conçu et mis en œuvre les assises de ce colloque, en vue de trouver des axes de réflexion, voire d’actions, susceptibles de redynamiser nos valeurs les plus positives dans le cadre d’une démarche pédagogique appropriée qui puisse influer positivement sur le comportement quotidien de notre jeunesse, dans le cadre d’une morale sociale réhabilitée et en adéquation avec les besoins et les aspirations du peuple sénégalais des temps modernes.
Cependant, l’importance du problème ainsi posé et la qualité des solutions proposées au fil du processus d’élucidation du concept d’intégration de nos valeurs traditionnelles dans notre système d’éducation populaire nous ont conduit finalement à élargir notre champ d’investigation à tous les secteurs de notre système d’éducation, aussi bien l’éducation conventionnelle que l’éducation non conventionnelle. Qu’une telle initiative relève du Secrétariat d’Etat chargé de la Jeunesse et des Sports ne procède point de l’insolite mais tient plutôt à la compétence et à la perspicacité des participants au colloque qui ont saisi cette occasion pour poser le problème dans sa totalité.
Aussi, souhaiterons-nous, dans le cadre de l’application des recommandations du colloque, concertation, collaboration, communiaction, de toutes les institutions impliquées dans l’action d’éducation pour aboutir à des résultats efficaces et dans les délais les meilleurs.
C’est pourquoi, nous exprimons notre profonde gratitude à Monsieur le Président de la République Abdou DIOUF pour la diligence et la sollicitude avec lesquelles ses directives ont été édictées, dans le sens d’une exploitation rapide et intelligente des actes de notre colloque.
Nous exprimerons aussi toute notre gratitude à Monsieur le Président Léopold Sédar SENGHOR qui a accepté de consacrer un peu de son temps à la rédaction de la préface de ce fascicule et dont les conseils et avis nous auront permis d’affiner notre démarche et de déceler les insuffisances que nous nous proposons de combler à l’occasion de futurs travaux.
Nos remerciements vont aussi à Monsieur le Président Amadou Cissé DIA, Président du Conseil d’administration de la Fondation Léopold Sédar SENGHOR qui aura permis l’édition de cette brochure qui constitue ainsi un outil de travail commode et en même temps un moyen privilégié de diffusion et de popularisation des travaux du colloque.
Enfin, mes remerciements au Secrétariat technique permanent de la CONFEJES pour son soutien matériel efficace.
Puisse ce document constituer l’ébauche d’une solution au problème d’intégration de nos valeurs traditionnelles dans nos systèmes d’éducation, et susciter la mise en œuvre d’instruments pédagogiques capables de promouvoir un système d’éducation qui soit, de plus en plus, le reflet de nos réalités socio-culturelles et, en même temps, le vecteur de nos aspirations de développement économique, social et culturel des temps modernes.


[1] Secrétaire d’Etat auprès du Premier Ministre chargé de la Jeunesse et des Sports




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