Accueil > Tous les numéros > Numéro 31 > CEREMONIES ET FÊTES TRADITIONNELLES



CEREMONIES ET FÊTES TRADITIONNELLES
impression Imprimer

Ethiopiques numéro 31 révue socialiste
de culture négro-africaine 3e trimestre 1982

Auteur : Mor Sadio NIANG

1°-Département de Kaolack


Fête de Mbossé

Mbossé est le totem de la ville de Kaolack incarné par un Varan. Jadis la fête, qui réunit une procession fort importante annuellement, avait lieu à Ndangane (actuel port) mais il y eut depuis quelque temps transfert du lieu à Koundam.
Les cérémonies se situent en août - septembre (suivant le calendrier lunaire) et les consultations permettent à ceux qui servent le culte de percer l’avenir, mais surtout de placer la ville de Kaolack sous la protection bienveillante de ce génie en procédant à des sacrifices divers.

Le Mboudaye

Fête qui a lieu au début de l’hivernage à Mboudaye sérère dans l’arrondissement de Ndiédieng et qui est célébrée par les Sérères.
Ce sont des consultations des mânes pour arriver à dégager les caractéristiques de l’hivernage.

2° - Département de Gossas


Le Gamou de Kahone

Fête païenne qui se déroulait à Kahone, résidence du Bour Saloum, entre la maison du roi et celle de la linguère (mère ou sœur du Bour-Sine).
Ce sont des noces accompagnées de consultations où l’art divinatoire des Saltigués et du grand Jaaraf était mis à l’épreuve pour que le peuple soit instruit du déroulement futur de chaque hivernage qui commence. Célébrée avec beaucoup de faste, cette fête est l’une des plus importantes de la province du Saloum parce que patronée par le Bour Saloum lui-même.

Le Sam Southié

La chasse royale.

3° - Département de Foundiougne

Le Tourou Peithie

Fête païenne qui a lieu annuellement au village de Djilor et à Peithie situé à 7 km du premier.
Les serviteurs du culte sont des Sérères Tabore et les hommages sont rendus ici à Laga Ndong, Roi des esprits. Il s’agira d’immolation d’animaux, de libations diverses (lait caillé, gâteaux de mil) sur la tombe de Sira Badial, la première reine des Guelwar, pour rentrer dans les bonnes grâces du génie. La cérémonie se termine ensuite sur la grand’place de Djilor au milieu des danses, des chevauchées et des chants après que le Saltigué de Peithie et le grand Jaaraf ont révélé toutes les prédications concernant l’hivernage en cours.
Jusque tard dans la nuit, les noces se poursuivent, prenant quelque peu l’allure de bacchanales. Pour une fois, en tout cas, légalement, le Libertinage et la Frivolité seront prononcés.

Les luttes royales

Ce sont des séances de luttes qui duraient une semaine après la récolte du mil et que présidait le roi. Elles provoquaient des afflux de populations à Djilor où elles avaient lieu et étaient l’occasion des festivités de tous genres. Elles étaient clôturées par le couronnement d’un champion.

Le massacre des Câdde

Le massacre des Câdde est une pratique païenne qui a lieu seulement quand les pluies tardent à venir. Les populations, par la voix des sorciers pensent alors que ce sont des revenants d’un genre spécial qui retiennent l’eau. Il faut dans ces conditions les chasser. Armés de coupe-coupe et de fusils, des initiés se mettent à leurs trousses pour les traquer et les abattre. Ces rites se déroulent encore dans Dji1or.

4° - Département de Fatick

Le Mindisse

C’est une fête à l’honneur du génie de Ndiaye-Ndiaye, quartier de la ville de Fatick, qui a lieu au début de l’hivernage. _ _ Mindisse, le génie, a élu domicile dans le bras de mer, le Sine - au niveau de Fatick. Et c’est là qu’une fois par an, les Saltigués provoquent une rencontre au cours de laquelle, après les offrandes rituelles, s’organisent des baignades.
Mindisse est pour Fatick ce que le Mbossé est pour Kaolack car toutes ces contrées sont administrées par des génies dont la filiation est fort intéressante et la hiérarchie nettement établie.

Le Diobaye

C’est une fête qui se situe au début de l’hivernage et la cérémonie la plus importante est une battue qui dure trois jours, organisée par les hommes, essentiellement des jeunes gens. Elle se termine par des visites faites à diverses notabilités qui offrent des étrennes diverses que les jeunes gens emploieront pour organiser des banquets.

Le Randou Rande

Fête païenne pratiquée du côté de Ngayokhéme (Toucar).

Les séances de luttes de Ndiaye-Ndiaye

Ces séances de lutte ont lieu après la récolte du mil à Ndiaye Ndiaye (quartier de la ville de Fatick). Elles permettent de désigner le champion du terroir. Elles restent identiques dans leur déroulement à celles qui ont lieu à Djilor.

La Tabaski du Bour-Sine

C’est la fête de Tabaski habituelle mais avec un fort cachet païen, célébrée à Diakhao (département de Fatick) par le Bour-Sine. La prière a lieu tard dans la journée (vers 5 h. à Diadieul, quartier de Diakhao).
Après le parcours des « Tours » entre Ngalèye et Diakhao, les Saltigués passent aux révélations et le Jaaraf tient un discours programme au nom du Bour. C’est une fête très importante qui réunit beaucoup de monde à Diakhao et au cours de laquelle se déroulent des parades et des chevauchées fantastiques devant le Bour et la linguère (sœur ou mère du Bour).

Le Kanghère ou rite du bœuf noir

C’est une fête païenne qui a lieu à Diakhao en début d’hivernage sous la présidence du Bour, de sa première femme, du farba (vice-roi) et du Jaaraf (1er ministre).
On sacrifie à coups de poings un bœuf noir sous l’arbre à consultations et devant une hutte minuscule où sont enfermées les quatre personnes citées plus haut ; après que les quatre personnes aient reçu chacune une patte de l’animal immolé, une véritable meute humaine se jette sur le reste et se le dispute. Seulement la viande ne peut être introduite et préparée que dans les concessions des gens de la caste des « Ngangouna ». Ceux qui enfreignent cet interdit verront le feu détruire leurs demeures.
Le Kanghère n’a lieu qu’à la suite d’inquiétudes populaires provoquées par un manque de pluies et il consiste aussi à combler les génies pour que le mal soit réparé.

Le Diouck
Chasses du fétiche

Le Diouck est une cérémonie qui a lieu à Ndiob (village situé à une dizaine de kilomètres de Diakhao).
Les collectivités limitrophes des provinces de Sine et du Baol se rencontrent un jour fixé par les Saltigués à Mbakhandji (village du Baol) pour se mesurer à la chasse.
Le groupe qui aura le premier abattu un animal désigné au départ (une biche par exemple) aura remporté le « Khoss » (Fétiche). Il s’attirera aussi la « bonne graine » et bénéficiera d’un hivernage abondant en récolte.

La rencontre des Saltigués

Cette rencontre est l’occasion de fêtes où les populations en début d’hivernage sont informées du déroulement futur des choses provoquées par le Bour-Sine qui, malicieusement, aiguisera l’amour propre des Saltigués pour les amener à user de leurs sortilèges.

La danse des circoncis

La danse des circoncis est particulièrement pratiquée à Loul Sessène.

L’intronisation de la Linguère (mère ou sœur du Bour-Sine)

L’intronisation de la Linguère comme celle du Bour n’est pas une cérémonie annuelle. Elle a lieu quand le trône est vacant. Elle a lieu toujours après l’hivernage et quand un fait survient pendant la saison des pluies, l’élue « hiverne » à quelques centaines de mètres de la maison de fonction jusqu’après les récoltes. Elle est couronnée par les gens du village de Nguékhor en présence du Bour, des grands dignitaire et du peuple.
Les cérémonies consistent en de nombreux sacrifices et libations aux mines. L’actuelle linguère élue récemment sera intronisée à la fin de la saison des pluies.

La consultation de Ngalagne

Ngalagne est un village situé entre Diakhao et Ndiob sur la route de Diourbel.
On y pratique une fois l’an des fouilles dans un puits, un jour de vendredi en présence de la linguère et de beaucoup de monde. Des femmes initiées sortent miraculeusement alors du puits toutes les choses qui seront produites en abondance au cours de la saison des cultures (mil, arachides, niébés...).

Les séances de lutte à Djilor Djidiack

Même cachet qu’à Ndiaye-Ndiaye. Elles ont lieu après la récolte du mil.
La reconstitution historique de toutes ces cérémonies et fêtes traditionnelles devra donc permettre la popularisation des éléments culturels inventoriés, la stimulation de tous les secteurs pour une large participation à toutes les activités culturelles. L’objectif visé est une prise de conscience nationale plus accrue de notre héritage culturel et du rôle prépondérant que nous avons à jouer dans la conscience du monde.
Elle pourrait débuter par un carnaval folklorique avec la participation des virtuoses du tam-tam et de la chanson. Un défilé de fanaux avec présentation de modes sénégalaises mettra un terme aux différentes manifestations de cette fête populaire.





Site réalisé avec SPIP avec le soutien de l’Agence universitaire de la Francophonie