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1. Littérature
- LE CONTE TRADITIONNEL ET L’ACTUALITE AFRICAINE : « LA LEGENDE DU PHACOCHERE »


Ethiopiques n°75.
Littérature, philosophie et art
2ème semestre 2005

LE CONTE TRADITIONNEL ET L’ACTUALITE AFRICAINE : LA LEGENDE DU PHACOCHERE [1]

Auteur : Ibrahima NIANG [2]

« La légende du Phacochère » est un récit qui a l’allure d’une épopée. En effet, le texte est en vers. Il est accompagné de la musique du molo (luth). Les thèmes qui y sont développés sont d’ordre moral, social, philosophique et surtout politique. Il est narré par des spécialistes d’épopées hausa. Il n’en demeure pas moins qu’il ne s’agit pas ici de faits historiques et les personnages sont des animaux. Il ne s’agit pas non plus d’une légende au sens propre car celle-ci, bien que n’ayant pas une assise historique, soit tenue pour vraie par le narrateur et les auditeurs. Comme l’a noté Michèle Simonsen (1984 :14), « la légende est un récit d’événements tenus pour véridiques par le locuteur et son auditoire ». Or les Hausawa (locuteurs haussa) ne croient pas en l’histoire racontée dans ce récit. « La légende du Phacochère » a certes une dimension mythique puisqu’elle explique l’origine de la carapace de la tortue. Néanmoins, il ne s’agit pas ici d’un mythe car c’est un texte profane qui n’est lié à aucun rituel et qui ne relève pas du sacré.
On pourrait également considérer ce récit comme une devise car c’est un hymne à la gloire de Gyado ; et, comme l’a noté Christiane Seydou, « la devise a pour vocation de définir une personne dans ce qu’elle a d’essentiel et de caractéristique » (1977 : 187). D’ailleurs le conteur dit dans son introduction que c’est un take (qui signifie devise en hausa) dédié au Phacochère. Certes le texte glorifie le Phacochère. Néanmoins les Hausawa considèrent ce récit comme un conte ou une fable puisque Amadou Toudou use de personnages allégoriques qui incarnent l’idée qu’il veut exprimer. Il exalte les attitudes souhaitables et condamne les mauvaises conduites dans le comportement d’un individu. Ces considérations soulignent que classer un conte comme « La Légende du Phacochère » n’est pas une tâche aisée. C’est dans cet ordre d’idées que le groupe ERA 246 (1984 : 201) écrit :

« Dès qu’on s’efforce de cerner celui-ci, on se heurte en effet, dans les littératures orales, à un problème aigu. Les difficultés tiennent avant tout à l’enracinement culturel des catégories littéraires orales. Chaque culture découpe et organise à sa façon son expression littéraire dans le cadre de l’usage spécifique qu’elle fait de ses produits culturels ce qui comporte aussi une définition sociale et un classement particulier des genres ».

En effet, cette difficulté inhérente aux genres résulte de la mouvance des œuvres orales et de l’absence d’une codification stricte. A ce sujet Senghor (préface de Les nouveaux contes d’Amadou Coumba) note : « Il n’y a en Afrique Noire ni douaniers ni poteaux indicateurs aux frontières. Du mythe au proverbe, en passant par la légende, le conte, la fable, il n’y a pas de frontière ».
Nous analysons donc ce récit comme un conte puisque les Hausawa le considèrent comme un gatana ou tatsinnya (qui signifie conte ou fable).
Ce conte, très connu au Niger, est narré par Amadou Toudou, joueur de molo et spécialiste de l’épopée haussa. Il est l’auteur de Gama Gari Ranta et Agabba (Kesteloot et Dieng 1997 : 392). Amadou Toudou nous a dit qu’il a appris ce conte auprès d’un vieil habitant de Bambey (Tahoua) qui l’a aussi initié à la musique du molo. Amadou Toudou peut être considéré comme le Homère hausa dans la mesure où il colporte ses textes qu’il accompagne du molo dans les communautés hausa vivant dans les pays de la sous région. Il nous a dit que, grâce à son art, il a visité le Mali, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Togo, le Cameroun et surtout le Nigeria où ce conte a été mis en scène puis filmé parce qu’il est très prisé par les Hausawa.
Boubou Hama également a écrit une autre version de ce récit dans les Contes et légendes du Niger (Tome V). Il l’a intitulé « Le choix du roi des Animaux ». Boubou Hama ne cite pas sa source. Il s’est servi de ce conte comme parabole pour illustrer ses idées politiques, philosophiques et pédagogiques. Nous comparons ces deux versions, en mettant l’accent sur les ressemblances et les différences au plan de la forme, puis du contenu.
Concernant le contexte de production, Amadou Toudou a signalé que seuls les courtisans avaient le droit d’écouter cette légende du Phacochère. Les sujets du commun n’en avaient pas le droit. La raison est donnée par Boubou Hama qui conclut que ce conte est un drame qui se joue dans les cours des rois. Le public était ainsi limité à la cour seulement.
Mais, comme nous l’avons signalé, les deux conteurs ont inscrit dans ce conte leurs propres préoccupations. Nous analysons ici essentiellement la thématique politique de ces œuvres, qui ne l’épuise guère.


1. LA LEGENDE DU PHACOCHERE

1.1. Résumés

Texte I

Les animaux sauvages avaient l’habitude de se rassembler annuellement auprès d’un marigot pour se divertir. Quand ils avaient soif, ils allaient s’abreuver au marigot. En ce temps c’était la tortue qui leur jouait du molo (luth). A la fin de la rencontre, ils se dispersèrent. A cette époque les hommes ignoraient le luth. Non loin du lieu de rendez-vous vivaient des chasseurs. Cette année là, ils décidèrent de ne pas s’éloigner de leur village pour chercher leur gibier. Chacun d’eux se munit de deux carquois, de deux arcs et de flèches empoisonnées. Puis ils se mirent à l’affût à côté du marigot. Lorsque les animaux commencèrent à se regrouper, Kunkuru la tortue leur joua du molo. Chaque fois qu’un animal avait soif, il se dirigeait vers le marigot. Mais dès qu’il sentait l’odeur du poison, il revenait en courant s’asseoir sans informer les autres du danger qui les guettait. Il a fallu que la tortue ait soif pour que la nouvelle se propage. En effet, la tortue était percluse ; elle suppliait les braves de la conduire au marigot afin d’étancher sa soif. Mais personne ne se soucia d’elle. Peu après l’hyène arriva à la réunion. Elle demanda pourquoi la tortue ne jouait pas son molo et restait couchée. L’assistance lui répondit que la tortue était malade, qu’elle avait soif. Alors s’étonna-t-elle que personne ne puisse emmener la joueuse de molo au marigot se désaltérer et continuer à jouer la musique, les autres lui dirent que l’eau était inaccessible car les chasseurs avaient occupé le marigot et décochaient des flèches à tout animal qui osait s’en approcher. L’hyène ordonna qu’on posât la tortue sur son dos pour qu’elle l’amène se désaltérer et continue à jouer son art. Mais quand elle s’avança vers l’eau, elle flaira l’odeur du poison et voulut se débarrasser de la tortue pour se sauver. Cette dernière la supplia de la ramener là où elle l’avait prise, il se pourrait qu’un autre brave l’amène au marigot. L’hyène revint avec la tortue, la déposa et s’assit. Puis ce fut le tour du lion, après celui de l’éléphant, et après celui du patriarche des éléphants, ensuite celui de rhinocéros. Aucun d’eux ne réussit à faire boire la tortue. Pendant ce temps, la femme du phacochère disait qu’on ne peut travailler qu’avec des outils. On pourrait être plus beau que son mari mais pas plus travailleur. Plus tard Gyado le phacochère se rendit au lieu de la rencontre. Il s’enquit des raisons qui ont empêché la tortue de jouer le luth. Aussi décida t-il de satisfaire la luthiste. Il la transporta jusqu’au marigot, entra dans l’eau malgré les flèches empoisonnées que les chasseurs lui décochaient. Il dit à la joueuse de molo d’étancher sa soif. Mais la tortue constata du sang qui flottait sur l’eau qu’elle buvait, elle demanda à Gyado le phacochère s’il n’était pas touché. Celui-ci lui répondit non, c’étaient les mouches des éléphants qui le mordaient, c’est pourquoi son sang coulait dans l’eau. En ramenant la tortue, le phacochère titubait sous l’effet du poison. Il invoqua la clémence de Dieu pour qu’il ne meure pas avant l’accomplissement de sa mission. Sa prière fut exaucée. Il ramena la tortue. Comme la gueule de cette dernière était couverte de taches de vase, tout le monde était convaincu qu’elle avait étanché sa soif. Le phacochère rassembla tous les animaux et leur demanda pardon car il savait qu’il allait succomber. Après la mort du phacochère, la tortue monta sur le cadavre et chantait en pleurant la louange du défunt.
Lorsqu’elle pressentit qu’elle allait avoir soif, elle descendit de la dépouille, puis disjoignit le manche de son molo de la caisse de résonance et le jeta. Quant à la caisse, il la posa sur son dos et s’enfonça dans la brousse. Depuis lors elle jura de ne plus jouer du molo puisque le brave phacochère est mort. C’est cette caisse qui constitue aujourd’hui la carapace de la tortue. C’est cette dernière qui a fait don du luth aux hommes
.

Texte II : « Le choix du roi des animaux »

Les animaux, se sentant menacés par les hommes parce qu’ils étaient dispersés, décidèrent de s’organiser et d’élire un roi afin de se mettre à l’abri de leurs assaillants. Quatre candidats s’étaient présentés : l’éléphant, le lion, la panthère et le buffle. Après un choix difficile, l’éléphant devint roi. Le lion devin le gendarme et la panthère la police. Le phacochère et l’hyène se disputèrent âprement le poste de gardien du Palais. Cette dernière périt et son rival occupa le poste. La cour ainsi constituée, la situation devint normale. Lors de l’intronisation le roi eut soif. Il envoya le buffle lui chercher de l’eau à la mare. Mais bien avant un chasseur et ses enfants s’y étaient mis à l’affût. Lorsque le buffle arriva ils le tuèrent. Le père dit à ses fils de se méfier car l’animal le plus redoutable et le moins connu n’était pas venu. Pendant ce temps, le roi des animaux inquiet du retard de son envoyé, dit à la mangouste d’aller voir ce qui était arrivé au buffle. Elle partit. Après un violent combat contre les chasseurs et leur chien, elle revint informer les autres du danger. Le lion, la panthère et même le roi éléphant tentèrent successivement de le venger mais subirent le même sort. Chaque fois qu’un animal était abattu, les enfants du chasseur demandaient à leur père s’il ne s’agissait pas de l’animal en question. Celui-ci leur répondit que l’animal qu’ils ont tué avait certes une grande renommée, alors que l’autre est peu connu. La mangouste, qui fut la seule témoin de ce massacre, retourna au palais. Puisqu’il n’y restait que le gardien, le phacochère, elle le mit au courant. Ce dernier, accompagné de la mangouste et de sa griotte, la tortue, annonça aux animaux qu’il allait non seulement venger les gens illustres mais aussi les faire boire. Ils se dirigèrent vers la mare. Quand les chasseurs l’aperçurent, leur père leur dit c’est lui, il faut s’en méfier, mais ils refusèrent et attaquèrent le phacochère. Celui-ci tua un des fils des chasseurs et les autres s’enfuirent avec leur père. Ils partirent consulter un ancien chasseur qui leur dit que le phacochère était invulnérable à leurs flèches. Il leur remit une flèche magique qui pouvait tuer cet animal. Les chasseurs armés de cent carquois contenant chacun cent flèches retournèrent au combat. Dès que le phacochère les vit, il comprit que l’heure de sa mort avait sonné. Aussitôt il demanda à la tortue de jouer l’hymne de la mort. Il invita tous les animaux à assister à ce combat qui leur servirait d’exemple et de leçon de conduite. Les chasseurs tirèrent des flèches sur le phacochère. Celui-ci tua le père et un des enfants. Atteint par la flèche magique, le phacochère s’écroula. Quant à la tortue, elle se réfugia sous la caisse de son violon.
Depuis elle porte cette caisse sur laquelle sont visibles les cordes. C’est depuis ce jour que la tortue a cessé de jouer du violon et que les chasseurs se méfient de la mangouste et du phacochère.

1.2. Formes et structures

1.2.1. Les similitudes

Boubou Hama et Amadou Toudou utilisent le même cadre géographique dans leurs récits. En effet, la scène se déroule en brousse près d’une mare. On peut relever les éléments suivants :

- les protagonistes sont les mêmes dans les deux textes : d’un côté on a les animaux et de l’autre les chasseurs ;
- les deux auteurs usent presque des mêmes métaphores pour exprimer à peu près les mêmes idées. Pour Amadou Toudou le Lion, l’Eléphant etc. sont des faux héros, des héros illusoires. De même chez Boubou Hama ces héros sont des personnages « renommés » mais sont moins compétents que d’autres moins connus. Ces métaphores sont des universaux ;
- le héros est le même dans les deux récits, c’est le phacochère. Dans le récit d’Amadou Toudou comme dans celui de Boubou Hama, la tortue est la musicienne ou la griotte ;
- les deux auteurs usent du dialogue comme technique de dramatisation pour créer le suspens ;
- les deux récits se terminent par la mort du phacochère.

Notons enfin que « Le choix du roi des Animaux » et « La Légende du Phacochère » s’appuient sur un registre épique se traduisant par l’exploit extraordinaire du phacochère qui provoque l’admiration.


1.2.2. Les dissemblances

Tout d’abord il faut noter que le texte de Boubou Hama est en prose alors que celui d’Amadou Toudou est en vers ; leurs intitulés sont différents. Amadou Toudou ouvre son récit par un protocole qui consiste ici à louer Dieu et puis à magnifier les bienfaiteurs, alors que Boubou Hama débute par le choix du roi des animaux. Cette partie peut être considérée comme la phase préparatoire du conte.
Amadou Toudou entrecoupe son récit de digressions, de proverbes, d’allusions, d’adages, de commentaires. Ce qui n’est pas le cas pour Boubou Hama... Dans le conte d’Amadou Toudou, le dialogue s’instaure surtout entre les animaux. Alors que dans celui de Boubou Hama, le dialogue se situe surtout entre les chasseurs et les enfants. Concernant la tonalité, le conte d’Amadou Toudou est dominé par le mode héroïcomique mettant en scène des braves. Par contre chez Boubou Hama, c’est l’univers tragique qui conduit à une hécatombe.
Le héros du récit d’Amadou Toudou est passif alors que celui de Boubou Hama est actif. La version d’Amadou Toudou vise à justifier l’origine de son art (le molo), c’est un récit étiologique.
Les deux récits, bien qu’étant apparemment différents au niveau de la forme (prose/poème), ont quand même des points communs : les métaphores, la dramatisation. Nous allons les comparer sur le plan de la structure narrative

1.2.3. Le schéma narratif

Les personnages

L’étude des personnages pourrait être éclairée par les travaux de A. J. Greimas (1966), qui s’inspirent de la distinction établie par V. Propp concernant les acteurs comme personnages individualisés assumant les différentes fonctions d’un conte et les actants des classes d’acteurs accomplissant les mêmes fonctions. Il révise le nombre de sept personnages et le ramène à six :

- l’objet de la quête, objet recherché, ou besoin le plus important dans le récit,
- le héros, personnage dont l’action permet d’obtenir l’objet de la quête,
- le destinateur qui impose la quête au héros,
- le destinataire qui bénéficie de la quête,
- les adjuvants qui aident le héros dans sa quête,
- les opposants qui combattent le héros.

Selon le critique, un même personnage peut aussi jouer plusieurs rôles actantiels. Si nous comparons les deux versions, nous aurons le tableau suivant :

Les ressemblances

Les héros et le destinateur sont les mêmes. En effet, c’est le phacochère qui remplit ces deux rôles actantiels dans les deux versions. Il en est de même pour les opposants, ce sont les chasseurs dans les deux versions.


Les différences

L’objet de la quête n’est pas le même. Dans « La légende du Phacochère » c’est l’eau (faire boire la Tortue), dans la seconde, c’est la vengeance. Les destinataires sont différents : chez Amadou Toudou, c’est la tortue, et chez Boubou Hama, c’est les animaux.

L’adjuvant

C’est Dieu dans la première version, la Tortue et la Mangouste dans la seconde.
Signalons enfin que dans la version d’Amadou Toudou les personnages opposants, c’est-à-dire les chasseurs sont anonymes. Alors que dans celle de Boubou Hama ces derniers sont spécifiés. Nous avons le chasseur, ses enfants et l’ancien chasseur.

Les fonctions

Nous prenons le terme fonction dans son acception proppienne. Selon Vladimir Propp (1970 :29) la fonction : « C’est l’action d’un personnage définie du point de vue de sa signification dans le déroulement de l’intrigue ».

Les similitudes

La version d’Amadou Toudou s’ouvre sur un premier manque (celui de l’eau, les animaux ont soif) qui entraîne un second manque à partir duquel l’intrigue va se nouer.
Le récit de Boubou Hama commence par un premier manque aussi (le roi Eléphant a soif) qui induit un méfait (le roi envoie le Buffle qui sera tué par les chasseurs). Dans la version d’Amadou Toudou, il y a des épreuves à surmonter comme dans celle de Boubou Hama. Dans l’une comme dans l’autre les faux héros ou anti-héros échouent aux épreuves tandis que le héros (le phacochère) réussit. Dans « La Légende du Phacochère », le héros se déplace (il quitte les animaux pour transporter la Tortue à la mare) ; de même dans celui de Boubou Hama, le phacochère quitte la cité (il part relever le défi accompagné de la tortue, la mangouste et le reste des animaux).
Dans les deux récits les personnages sont informés avant d’agir (par le peuple dans la version d’Amadou Toudou, et par la mangouste dans celle de Boubou). Dans les deux textes nous avons la reconnaissance du héros. En effet, dans l’œuvre de Boubou c’est les chasseurs qui le reconnaissent et dans celui d’Amadou Toudou c’est les animaux. Dans cette version comme dans l’autre, (celle de Boubou) c’est la Tortue qui récompense le héros.

Les différences

Comme nous l’avons noté dans « La légende du Phacochère », l’intrigue se noue à partir d’un manque (la tortue a soif et ne joue pas du luth). Tandis que dans « Le choix du roi des Animaux » l’intrigue se noue à partir d’un méfait (le Buffle est tué par les chasseurs). Il faut souligner que le manque est différent du méfait. A ce sujet Bassirou Dieng (1987 : 131) écrit : « Le manque est un énoncé d’état, le méfait est une action ponctuelle de l’anti-héros ». Signalons également que Boubou se sert de la mangouste comme informatrice. Les différentes apparitions de celle-ci constituent un élément de liaison. Elles marquent la fin de l’action d’un personnage et l’entrée en scène d’un autre. En revanche, Amadou Toudou use du motif « ana nan zaman zama, ana nan zaman zama » (le temps passait, passait) pour annoncer l’entrée en scène d’un nouveau personnage.
Dans la version de Boubou Hama, nous avons une vengeance à travers un combat, et après la défaite des dignitaires la victoire du Phacochère fait de lui le seul maître des eaux. Alors que dans celle d’Amadou Toudou il s’agit d’une tâche difficile (transporter la Tortue à la mare occupée par les chasseurs pour qu’elle étanche sa soif et la ramener afin qu’elle continue à jouer le molo). La tâche est accomplie par le Phacochère après l’échec des « Braves ». Sur le chemin de retour, il est atteint par des flèches. Il invoque Dieu afin qu’il puisse accomplir sa mission. Dieu lui apporta son secours en exauçant ses prières. Ce qui n’est pas le cas dans « Le choix du roi des Animaux ». Les agresseurs (les chasseurs) sont poursuivis. Ils vont au village pour consulter un vieux chasseur, donateur de l’objet, qui leur remet une flèche magique. Et leur retour permet un rebondissement du récit puisqu’ils livrent un second combat au Phacochère. Ce dernier va tuer le père des chasseurs et un de ses enfants avant d’être abattu.
C’est à ce niveau que se révèle le génie créateur de Boubou Hama. En effet, le combat contre le Phacochère correspond à une tâche difficile pour les chasseurs d’où un phénomène d’assimilation de fonctions. A ce propos, il faut signaler que Lévi-Strauss (1973) remarque que le combat, la tâche difficile et l’assignation d’une tâche peuvent être assimilés à une seule fonction : la mise à l’épreuve. Effectivement le combat contre le Phacochère est une mise à l’épreuve pour les jeunes chasseurs.
On remarque aussi que dans la version de Boubou Hama, à l’inverse de celle d’Amadou Toudou, le Phacochère poursuit les chasseurs. Et selon Lévi-Strauss (1973 :164), « la quête du héros (poursuivi par quelque chose ou par quelqu’un) deviendrait la converse de sa « poursuite ». En effet dans « Le choix du roi des Animaux » le héros poursuit les chasseurs est la converse de sa poursuite, il est poursuivi par les chasseurs dans « La légende du Phacochère ».


La typologie

Du point de vue de la classification fondée sur les thèmes (contes merveilleux, conte des mœurs, conte d’animaux), il est certain que ces deux versions appartiennent au même type c’est-à-dire au conte d’animaux.
La reformulation de Denise Paulme (1976) de la théorie de Propp est riche d’enseignements. Cet auteur étudie les contes africains et conclut qu’ils ont des structures différentes de celles proposées par Propp. Ainsi dans sa morphologie des contes africains, Denise Paulme décèle sept types de contes : ascendant, descendant, cyclique, en spirale, en miroir, en sablier et complexe.
« La légende du Phacochère » d’Amadou Toudou appartient au premier type, le type ascendant avec l’organisation qui suit.

Manque : la Tortue ne joue pas de son molo (luth) parce qu’elle a soif.
Enoncé de l’épreuve : amener la tortue s’abreuver afin qu’elle continue à jouer du molo.
Epreuve triomphante : Gyado le Phacochère amène la Tortue à la mare boire de l’eau puis la ramène.
Manque comblé : la Tortue continue à jouer du luth.
Sanction : le Phacochère est glorifié par la Tortue.

Quant à « Le choix du roi des Animaux » de Boubou Hama, il appartient au septième type (le type complexe). Après une situation initiale instable (les animaux sont menacés par les chasseurs), survient une amélioration (élection du roi) ; et le manque est comblé (l’Eléphant est élu roi) et la situation devient normale. Ensuite le narrateur relance le récit : « Lors de son intronisation, l’Eléphant eut soif », un manque. Le roi envoie le Buffle à la mare lui chercher de l’eau, celui-ci est tué par les chasseurs, un méfait est commis. Les dignitaires (Lion, Panthère) tentent de le venger mais ils sont tous tués. On assiste ainsi à une dégradation de la situation. Le roi Eléphant part et subit le même sort. La situation redevient instable puisque le roi est tué, ce qui confère au récit un caractère cyclique. Mais le Phacochère décide de les venger ce qui provoque un rebondissement. Il intervient, défie les chasseurs dans un combat et les vainc, il s’en suit une nouvelle amélioration. Les animaux s’abreuvent, le Phacochère devient le maître des eaux et la situation redevient normale. Les chasseurs reviennent après avoir consulté un vieux chasseur. Le récit est encore relancé. Ils livrent un second combat au Phacochère et le blessent avec la flèche magique. Nous avons encore une détérioration. Le Phacochère tombe et meurt et les animaux se dispersent dans une situation instable.
En résumé, les deux textes sont structurés comme suit :

- épreuve principale  : chez Amadou Toudou le héros Gyado le Phacochère fait boire la Tortue malgré les flèches empoisonnées des chasseurs tirées sur lui. Chez Boubou le héros Gyado le Phacochère chasse les chasseurs et leurs chiens ;
- épreuve glorifiante : dans le récit d’Amadou Toudou le Phacochère ramène la Tortue. Il est pardonné par ses confrères. Dans celui de Boubou Hama, le Phacochère fait boire son peuple et devient le maître des eaux.
- situation finale  : Le héros meurt dans les deux récits. Et son action est sanctionnée par cette louange que la Tortue lui dédie.

Boubou Hama gonfle non seulement la situation initiale à tel point qu’on a l’impression d’avoir trois contes au lieu d’un seul. En effet, Amadou Toudou démarre son récit par l’occupation de l’eau par les opposants alors que Boubou développe largement le thème de l’élection du roi avant d’entrer le vif de son sujet. Et à la conclusion l’épreuve principale est dédoublée car c’est au cour du second combat que le héros meurt. Le schéma suivant résume nos propos.

Nous remarquons que Boubou Hama a apporté beaucoup de modifications aussi bien dans la forme que dans le style du récit. Ces transformations modifient profondément le sens du récit.
Cette analyse a permis de montrer que ces deux versions ont beaucoup de ressemblances sur le plan formel ; mais il n’en demeure pas moins qu’elles sont très différentes. Celle de Amadou Toudou est de type ascendant alors que celle de Boubou est de type complexe. Toutefois, l’une des limites de cette analyse morphologique est de ne pas rendre compte de la signification des récits. Cette dimension est explorée dans l’analyse thématique.


2. LE THEME MAJEUR : OPPOSITION NOBLE - NON NOBLE

Le thème analysé dans ces deux versions est d’ordre politique. Le récit d’Amadou Toudou apparaît comme une remise en question de certains mécanismes qui régissaient les sociétés traditionnelles hausa ou africaine en général. Il s’agit de l’opposition noble et non noble. En effet, ce texte montre que les vertus chevaleresques ne sont pas forcément liées au sang mais à la praxis d’un individu. Dans cette légende du Phacochère, la Tortue (le griot) n’anime pas les festivités comme elle avait l’habitude de le faire chaque année parce qu’elle a soif. Et pour qu’elle se désaltère il faut un « faire » qui consiste ici à la ramener afin qu’elle continue à jouer du molo. Mais il y a l’obstacle incarné par les chasseurs qu’il faut surmonter. Donc l’honneur est mis en jeu ici puisqu’il faut relever le défi. Et surtout c’est le griot qu’on doit sauver. Tous les « Braves » prétendus nobles sont mis à l’épreuve. Et aucun n’est en mesure de combler le manque. Tous ont fui devant les agresseurs. Dans cette parodie, Amadou Toudou stigmatise le manque de courage qui caractérise certains dignitaires.
Dans cette version du conte, le comportement de ces « Braves » est honteux et même condamnable d’autant plus qu’ils sont informés du danger avant de prendre l’engagement de faire boire leur griot. Ils ont donné leur parole. Or la parole est sacrée en Afrique. Mais ils ont failli à leur engagement d’où leur disqualification. Amadou Toudou souligne ici la perte des vertus chevaleresques notamment la bravoure. Seul le phacochère a honoré ses engagements. Selon Amadou Toudou, le Phacochère symbolise l’infatigable paysan, le laborieux, le guerrier hausa d’antan. Il est téméraire, discret. Et c’est à cause de sa modestie qu’il est peu connu. Il ne se révèle que dans des situations difficiles comme celle de ce conte. D’ailleurs la femme du Phacochère signale que « da Kayan aiki aka aiki », « c’est avec des outils qu’on peut travailler ». Elle veut insinuer que c’est son mari qui est doté naturellement de défenses et de vertus chevaleresques qui peut relever le défi. En d’autres termes, chacun a son domaine d’excellence.
Effectivement à son arrivée Gyado le Phacochère sait que cette mission lui incombe car affronter le danger c’est son domaine d’excellence contrairement aux autres. Surtout que tous les espoirs reposent sur lui. Il ne peut donc pas se dérober face à ses obligations. Et en tant que guerrier, il sait que le mérite de sa vie réside dans l’accomplissement de ses devoirs. C’est ainsi que sa bravadele mène au sacrifice de sa vie mais en sauvegardant son honneur et sa dignité. A ce propos, Abdoulaye Sokhna Diop écrit :

« Le courage, que seule la dignité savait susciteret entretenir, peut être sublimé au point de conduire l’adulte modèle au sacrifice suprême de sa vie dans la noblesse et la grandeur comme l’ont démontré les héros jadis aujourd’hui glorifiés », (1981:295).

C’est ainsi que le phacochère, symbole des vaillants guerriers hausa, est ici magnifié par la tortue (le griot) qui lui a dédié cette louange qui l’immortalise. Mais que représente le phacochère pour Amadou Toudou ?
Amadou Toudou, faut-il le rappeler, est un griot qui voyage dans les pays africains pour vendre son art. Il récite ce conte en l’accompagnant de la musique du molo (luth) pour expliquer l’origine de son art (le molo). C’est donc un conte étiologique. Mais encore, il se substitue à Kunturu la tortue. L’invocation de Kunturu la tortue « Haba Gyado bani ruwa in sha » (oh ! Phacochère donne moi de l’eau à boire) exprime la détresse de celui qui exalte et à travers lui celle du peuple. C’est un cri d’alarme lancé à l’endroit des riches qui refusent d’être charitables, de se sacrifier pour aider leur peuple qui croupit dans la misère. Pour Amadou Toudou, Gyado le phacochère représente ses bienfaiteurs. En effet, la vertu chevaleresque implique avant tout la largesse. Et il faut vraiment être noble pour avoir le courage de distribuer ses biens et même sacrifier sa propre vie. Le vrai noble se distingue par sa générosité et ses beaux gestes. Aussi en narrant ce conte, exhorte-t-il ses auditeurs à plus de solidarité . C’est ainsi que les Hausawa friands de renommée n’hésitent pas à lui offrir des présents afin d’avoir une réputation plus ou moins méritée.
Cependant, il faut noter que certains, bien qu’étant nantis, sont très égoïstes, ce sont de faux héros. C’est ce caractère que Amadou Toudou stigmatise. Pour cet artiste, l’ascendance ne fait pas d’une personne un noble, ni le groupe social. Le vrai noble se définit par son amour du travail et ses actes de grandeur. La noblesse ne se lit pas dans l’apparence mais dans l’âme. En effet, la laideur de Gyado le Phacochère tranche avec ses vertus chevaleresques. Ceci corrobore un adage qui dit que l’habit ne fait pas le moine.
Amadou Toudou invite ainsi son auditoire à l’entraide, à la solidarité qui sont des valeurs cardinales hausa et africaine, mais en voie de disparition. Il montre à travers ce conte que nombreuses sont les personnes qui se prennent pour des nobles alors qu’en réalité ce ne sont que des baudruches. La noblesse est une vertu qui s’exprime dans les comportements d’une personne.
Boubou Hama pose également le problème noble et non noble mais en le réactualisant. En effet, il remet en question les critères sur lesquels on se fonde pour choisir les ministres d’un gouvernement africain. Généralement ces derniers sont nommés non pas en fonction de leurs compétences, mais en fonction de la réputation de leurs familles et sur la base de leurs origines sociales, donc sur des fondements peu fiables, comme l’illustre son conte. Lors de la constitution de sa cour le roi Eléphant a nommé le Lion gendarme et la Panthère responsable de la police. C’est parce que ce sont des gens de renommée, « illustres », qu’on leur a confié ces postes clef de la cour. Alors qu’en réalité ils ne constituent que « l’arbre qui cache la forêt » puisqu’au sein du peuple il existe des personnages plus dynamiques et plus compétents pour assumer la défense territoriale, mais qui ont été écartés. C’est le cas de la mangouste qui a échappé aux chasseurs et à leurs chiens,celui du phacochère qui a fait ses preuves en tuant l’hyène lors de leur dispute pour le poste de gardien du palais. Il est audacieux, invulnérable et doté de défenses, c’est donc naturellement un combattant. Par ailleurs, la victoire du Phacochère sur l’hyène peut être considérée comme la victoire du Bien sur le Mal. Car l’hyène symbolise généralement le mal.
La mangouste et le phacochère sont estimés en dessous de leur valeur parce qu’ils ne sont pas connus. Mais encore ils ne sont pas pris en considération à cause, d’une part, de l’apparence physique, (la mangouste est petite de taille et le phacochère est laid). Et surtout, parce qu’ils appartiennent à la classe paysanne. Ce sont des prolétaires. Or ce mépris, cette discrimination, cette marginalisation peuvent engendrer de graves conséquences. C’est ainsi que quand le danger survient, on assiste à une hécatombe car tous les gens illustres ont été tués. Alors que le roi Eléphant aurait pu éviter ce massacre en désignant l’homme qu’il faut à la place qu’il faut. Boubou Hama conclut son récit par ce propos :

« Ce conte est le drame qui se joue dans les cours des rois où les meilleurs votant le rôle principal se contentent d’une fonction mineure comme le Phacochère de la garde de l’entrée du palais et la Mangouste d’une vague mission de reconnaissance alors qu’ils auraient pu décider de l’issue du combat ».

Le roi Eléphant a commis une erreur fatale en se fondant sur des apparences pour constituer sa cour. Il a nommé des incompétents, des médiocres au détriment de certaines personnes et le résultat est l’anéantissement de toute la cour. Cette extermination des gens illustres est synonyme de punition, d’une correction qui sanctionne la mal gouvernance.
Ce conte apparaît ainsi comme un avertissement que Boubou Hama lance à l’endroit des dirigeants africains qui s’appuient sur des considérations subjectives comme le népotisme, l’ethnocentrisme, l’appartenance politique pour nommer les individus à des postes politiques ou administratifs. Cette attitude peut avoir des conséquences néfastes pour le pays. Le chef doit se départir de tous préjugés. Il ne doit pas se laisser influencer par des a priori comme l’Eléphant dans ce conte. Encore faut-il qu’il soit non seulement intelligent pour identifier les personnes compétentes et les mettre à l’œuvre mais aussi qu’il ait l’autorité pour imposer ses décisions. Car les dignitaires ne cèdent pas facilement leur poste aux jeunes. Il s’en suit parfois des frustrations, des crises et des conflits de générations. Ces errements découlant de la mal gouvernance peuvent aboutir à la chute d’un régime.
Boubou Hama attire également l’attention des peuples ou des électeurs. Ils doivent se méfier des apparences. Avant qu’ils ne choisissent leur chef ils doivent s’assurer que celui-ci est compétent, qu’il est doté des qualités nécessaires pour être élu. C’est-à-dire qu’il est rigoureux, impartial et surtout intelligent. Ceci pourrait expliquer par ailleurs le titre du conte « Le choix du roi des Animaux ».
D’autre part, l’on pourrait penser que Boubou Hama livre ici ses expériences politiques. Signalons que l’Eléphant est l’emblème de son parti le PPN RDA (Parti Progressiste Nigérien pour le Rassemblement Démocratique Africain). Par conséquent le choix de l’éléphant est significatif.
On peut penser que Boubou Hama fait allusion à la gouvernance et aux erreurs commises à son époque notamment sur le choix des hommes.
Amadou Toudou, quant lui, souhaite que le statut d’un individu soit déterminé par son travail, son mérite et non en fonction de certaines considérations dépassées. Et on doit confier à chacun un travail relatif à son domaine d’excellence.
Boubou Hama comme Amadou Toudou remettent en question certaines dispositions qui régissent la société nigérienne en particulier. Il s’agit de l’opposition noble /non noble. La vraie noblesse est celle que détermine le mérite. Par conséquent, il faut choisir les hommes en fonction de leur compétence.


CONCLUSION

On peut dire que ces deux contes bien qu’ayant des points communs aux plans formel, structurel et thématique, sont distincts. Leurs différences résultent essentiellement des préoccupations des deux conteurs. En effet Amadou Toudou se sert de ce conte comme gagne-pain en exaltant les valeurs chevaleresques. Tandis que Boubou Hama en use pour illustrer sa politique, sa philosophie et la pédagogie traditionnelle africaine. Cette étude peut aussi illustrer les transformations d’une œuvre de littérature orale, du conte en particulier. Il serait intéressant de comparer « La légende du Phacochère » à d’autres contes européens notamment « Les Animaux malades et la peste » dans les Fables de la Fontaine. Ce conte peut servir de base pour étudier les rapports entre le conte, la devise et l’épopée. Et enfin ce texte ouvre des perspectives sur l’islamisation de ces sociétés et son expression dans les contes, comme l’étude de Bassirou Dieng (2003.99sur épopée et islam..
Par ailleurs, Boubou Hama en tant que traditionniste révèle à travers ce conte le rôle fondamental que doit jouer la littérature orale dans l’avenir.

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