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La pensée
- SENGHOR ET LA FRANCOPHONIE


Ethiopiques n°69.
Hommage à L. S. Senghor
2ème semestre 2002

Auteur : René GNALEGA [1]

Nous savons que Senghor est l’un des pionniers de la Négritude. Mais nous ne pouvons pas non plus séparer le nom de Senghor de la Francophonie, tant il avait fait corps avec l’idée de francophonie en la défendant avec ferveur et foi. Cette étude s’emploie à analyser les divers aspects de la Francophonie vue par Senghor à partir d’une lecture tabulaire des cinq tomes de Liberté. Notre analyse tente de cerner les traits majeurs de la Francophonie selon Senghor. La question suivante servira de fondement à notre démarche : Quelle est la spécificité de la Francophonie Senghorienne ?
Un essai de définition nous permettra d’appréhender cette notion à première vue facile, mais en réalité si complexe. Senghor a été aux premières loges, dirons-nous, de la Francophonie. Aussi tenterons-nous de montrer qu’il en a été un acteur de premier plan et très certainement un bénéficiaire de cette cause. Cette étape nous conduira ensuite à une saisie de la Francophonie selon Senghor parce qu’il en a été un brillant théoricien. Cette approche nous permettra enfin de retenir quelques leçons de l’aventure senghorienne.

1. DEFINITION DE LA FRANCOPHONIE

Nous ne nous attarderons pas sur la définition. Cependant, de la Francophonie il faudra retenir quelques idées simples.
Le mot a été inventé probablement par le géographe Onésime Reclus (1837-1916) pour désigner surtout l’ensemble des populations parlant français. Le mot francophone signifie celui qui parle la langue française, et la Francophonie les espaces où l’on parle le français. Ce sont en fait les pays où le français est soit la langue maternelle, soit la langue officielle, soit la langue courante ou administrative.
La Francophonie prend racine dans la France hexagonale pour s’étendre à des espaces de proximité comme la Belgique, le Luxembourg, la Suisse Romande, le Val d’Aoste (qui forme l’angle nord-ouest de l’Italie), Jersey (les îles anglo-normandes) ; à des espaces de dispersion comme le Canada (notamment le Québec et l’Acadie etc.) ; et à des espaces de la colonisation comme le Maghreb, L’Afrique noire, les Iles de l’Océan Indien (Comores, L’Ile Maurice, Les Seychelles), l’Asie (le Liban), le Pacifique, etc.
La francophonie signifie enfin une idée qui dépasse la réalité géographique. C’est tous ceux qui acceptent la langue française et tout ce qui se rattache à elle. Il y a donc dans la francophonie une définition liée à la langue, une définition géographique et une définition culturelle. Dans tous les cas, ici le substrat c’est la France hexagonale, sa langue et sa culture ; les superstrats ce sont les autres espaces qui, pour diverses raisons, se sont sentis concernés par la langue et tout ce qui se rattache à la France.
Léopold Sédar Senghor a donné une définition en forme de triptyque de la Francophonie dans le texte intitulé « De la francophonie à la francité » (qui est en fait une conférence prononcée à Paris, en mars 1985). Il dit en substance :


« [...] Le mot de « francophonie » avec ou sans f majuscule peut signifier : 1.l’ensemble des Etats, des pays et des régions qui emploient le français comme langue nationale, comme langue officielle, comme langue de communication internationale ou simplement comme langue de travail ; 2.l’ensemble des personnes qui emploient le français dans les fonctions que voilà ; 3.la communauté d’esprit qui résulte de ces différents emplois » [2]

Cette définition nous permet d’aborder la deuxième partie à savoir : Senghor, acteur et bénéficiaire de la francophonie.

2. SENGHOR, ACTEUR ET BENEFICIAIRE DE LA FRANCOPHONIE

Cette partie a une dimension externe en ce qu’elle consistera à mettre en relief les actes posés par Senghor et les lauriers qu’il a reçus pour ce qu’on pourrait appeler sa "défense et illustration de la langue française". Senghor est l’écrivain francophone non français dont le nom est le plus connu par rapport à l’idée de francophonie. Et de fait, lorsque le mot réapparaît en 1962, en novembre 1962 dans un numéro spécial de la revue Esprit intitulé « Le Français dans le monde », Senghor fait une contribution sur le thème « Le français, langue de culture ». Des personnalités de différentes nationalités participent à ce numéro, comme Camille Bourniquel, Gougenheim, Norodom Sihanouk, etc.
De ce point de vue, même si Senghor n’est pas le créateur du mot, il peut être considéré comme l’un des pères de la Francophonie en action.
En 1962, il propose à Bangui, lors d’une réunion de l’Union Africaine et Malgache, de compléter les accords bilatéraux entre la France et les pays africains par des liens multilatéraux visant la construction d’un « Commonwealth » à la française. Il propose de commencer par des réunions périodiques des ministres de l’Economie et des Finances.
En juillet 1966, lors de la réunion de l’Organisation Commune Africaine et Malgache (OCAM), à Tananarive, il présente un projet de communauté francophone et suggère, pour commencer, des rencontres périodiques des ministres de l’Education, ainsi que la création d’un conseil africain de l’enseignement supérieur comprenant « les Etats de l’OCAM et les autres Etats francophones intéressés par l’expérience, plus naturellement la France ». Ce sera le CAMES.
En septembre 1966, à l’Université de Laval, il jette les bases qui conduisent à la création de l’Agence de Coopération Culturelle et Technique en 1970.
Pour bien comprendre l’idée de francophonie prônée par Senghor, il faut d’abord évoquer l’Union française (d’octobre 1946) qui était formée de deux groupes de territoires : la République française (France métropolitaine, départements et territoires d’Outre-mer), puis les territoires associés et les Etats associés ; et ensuite la communauté de 1958 dans laquelle les Etats jouissaient de l’autonomie et pouvaient, s’ils le désiraient, devenir indépendants.
Senghor affirme dans « Anglophonie et francophonie » :

« J’ai regretté, pour ma part, qu’on n’eût pas maintenu, en l’adoptant à nos indépendances, le « Commonwealth à la française » qu’était la communauté. Je le regrette encore aujourd’hui, car les relations entre la France et les pays indépendants d’Afrique - ses anciennes colonies, anciens protectorats et anciens territoires sous tutelle - restent, malgré tout, ambiguës. Ce qui est une mauvaise situation pour toutes les parties » [3].

C’est donc dans le prolongement de la communauté et des conférences franco-africaines organisées par Georges Pompidou que Senghor présenta en 1979 et 1980 un projet de « communauté organique de la francophonie ».
Jusqu’à sa mort Senghor a été un acteur de premier plan de la Francophonie. Il en a été un illustre bénéficiaire. Lorsque le Haut Conseil de la Francophonie est créé en 1984, il en est le vice-président, puis en mars 1991, il est nommé président d’honneur.
En 1935, il est le premier noir agrégé de grammaire française. Grand prix international de poésie en 1963. Il est désigné « Prince des poètes » en 1978 lors de la grande rétrospective que lui consacre la Bibliographie Nationale de France. Pour l’ensemble de son œuvre, il reçoit, en 1963, la médaille d’or de la langue française ; le prix Apollinaire en 1974 ; le prix littéraire de Monaco en 1977 ; le Grand Prix Alfred de Vigny en 1981. Commandeur des Arts et Lettres et Grand croix de la légion d’honneur. Nous passons sous silence le titre de docteur Honoris Causas de 37 universités à travers le monde puisque cette distinction n’est pas liée exclusivement à son action en faveur de la Francophonie.
En 1969, il est membre associé étranger de l’Académie des sciences morales et politiques, entre à l’Académie Mallarmé en 1976.
Suprême honneur, il entre à l’Académie française en 1983. L’Université Francophone d’Alexandrie porte son nom. Les structures actuelles de la francophonie découlent dans une large mesure des idées de Senghor.
Il y a bien d’autres distinctions qui montrent que Senghor a été un bénéficiaire de la Francophonie, car son action a été reconnue comme décisive et déterminante. Il a été aussi un brillant théoricien de la Francophonie.


3. SENGHOR, THEORICIEN DE LA FRANCOPHONIE

Les développements précédents nous aident déjà à percevoir les linéaments des idées de Senghor concernant la Francophonie. Il s’agit ici d’affiner, de peaufiner l’analyse pour dégager la cohérence des traits descriptifs de la Francophonie selon Senghor. C’est le point fondamental de notre thème en ce qu’il nous aidera à comprendre la démarche du poète.
Le poète n’a cessé de s’intéresser à la place et au rôle du français.
Et c’est le discours de Rivarol (XVIIIe s) intitulé De l’universalité de la langue française qui servira de base à sa réflexion. Pour Rivarol, seul le français respecte dans ses constructions l’ordre naturel de la raison ; ce qui le conduit à affirmer : « ce qui n’est pas clair n’est pas français ». Partant de ce discours, Senghor affirme que le français se caractérise par trois composantes.
D’abord il y a la beauté de la langue. C’est une langue mélodieuse qui n’a ni l’abondance des consonnes et les sons gutturaux des langues germaniques, ni l’abondance des voyelles et les éclats des langues romanes du Sud. En outre, il y a l’e muet et le jeu d’ouverture ou de fermeture des voyelles, sans parler des nasales « qui embaument suavement, comme un parfum ».
Ensuite, le français est une langue de la rationalité et de clarté. Ce qu’il appelle son génie.
Enfin, le vocabulaire du français qui nous offre 120.000 mots. C’est la puissance d’abstraction des mots français qui leur permet de mieux faire comprendre les idées, voire les sentiments. [4]
Cette idée de l’importance du français a fait apparaître le mot de francité qui occupe souvent chez Senghor le même voisinage que le mot de francophonie dans une parfaite synonymie.
Nous retiendrons la définition suivante qu’il donne lui-même dans « la Francophonie comme culture » : « La francophonie - plus précisément, la Francité, c’est une façon rationnelle de poser les problèmes et d’en rechercher les solutions, mais toujours par référence à l’homme » [5].
La Francité se réduit souvent à l’esprit de méthode, à la raison discursive, à l’organisation de la pensée, à l’équilibre. Au-delà de cet esprit cartésien au cœur de la langue, il faut ajouter le souci de l’homme qui est une préoccupation éthique. C’est en cela que la Francité est un humanisme.
Il y a ici rejet de tout racisme, de toute conflagration, pour ne pas dire de toute confrontation dans le souci d’accepter l’homme, d’accepter l’autre. C’est à ce point que la Francophonie, la Francité participent à la synthèse des mondes. Dans son principe même, la culture française invite à la civilisation de l’universel, au dialogue des cultures, au rendez-vous du donner et du recevoir.
La Francophonie est pour Senghor « une communauté spirituelle : une noosphère autour de la terre » [6]. L’argumentation de Senghor repose sur le fait que l’esprit français est le plus apte à intégrer les autres cultures. Et nous voyons tout de suite ici l’influence de Pierre Teilhard de Chardin qui prône justement la civilisation de l’Universel. Certes, la Francophonie ouvre l’Afrique à l’Universel, mais nous devons sauver notre identité.
Senghor affirme dans « La francophonie comme contribution à la civilisation de l’Universel » : « Car, pour demeurer nous-mêmes, nous devons conserver les vertus de l’humanisme nègre dont nos langues sont dépositaires » [7]. Senghor écrit par ailleurs dans « Le français et les langues africaines » :

« En vérité, loin de rejeter brutalement, stupidement, les valeurs de l’Occident européen, il nous fallait faire un tri parmi elles pour ne choisir que celles que nous pouvons assimiler, dont nous pourrions tirer profit. D’où ma formule : « Assimiler, non être assimilé » [8].

Le métissage culturel est ce que permet la Francophonie selon Senghor. Il écrit dans « Pour un humanisme de la francophonie » :

« L’idée est la même : au-delà d’un possible métissage biologique - qui était réel à Gorée et Saint-Louis du Sénégal, mais là n’est pas l’important - il est question, essentiellement, d’un métissage culturel. C’est ce sentiment communautaire qui prévaut dans toutes les rencontres francophones » [9].

Dans cette Francophonie du métissage culturel, l’Afrique profitera de la richesse de la Francité et l’Europe bénéficiera des apports nombreux de la Négritude. L’Africain pourra, par exemple, intégrer des mots nouveaux dans la langue. Senghor écrit :
« Nous, les Francophones d’au-delà l’Hexagone, nous devrons être tout aussi sévères pour les néologismes que nous sommes amenés à inventer. A l’intérieur des limites ainsi tracées, notre liberté doit être réelle, car nos besoins réels de forger, quand la nécessité s’en fait sentir, des mots nouveaux, voire des expressions nouvelles, pour exprimer des faits et des réalités nouvelles. C’est ainsi qu’au Sénégal, nous avons, pour les besoins de notre administration, créé des mots comme « primature, primatorial, gouvernance, et qu’à côté des harpistes, guitaristes et pianistes de France, nous avons nos koristes, khalamistes et balafongistes » [10].

Dans les poèmes de Senghor, nous avons un lexique qui participe de cette idée de l’enrichissement de la langue française par les apports d’autres aires géographiques.
Conscient de l’outil extraordinaire, merveilleux qu’est la Francophonie, Senghor a fait des propositions pour l’organiser.
La Francophonie version Senghor ne néglige pas l’économie, mais accorde la première place à la culture, car la culture est un facteur déterminant pour le développement des peuples.
La Francophonie aura pour dessein de couvrir les cinq (5) continents. En s’ouvrant aux autres cultures, la francophonie favorisera « l’esprit de méthode et d’organisation » [11].
Le français doit cohabiter avec les « langues originaires », par exemple, les langues africaines seront étudiées selon les méthodes scientifiques les plus modernes. La Francophonie est ici un projet de civilisation humaine.
La communauté francophone sera organisée avec des structures comme la conférence des chefs d’Etat ou de gouvernement, un secrétariat général, des conférences ministérielles, une fondation internationale pour les échanges culturels. Comme je l’ai déjà dit, ces idées ont été intégrées dans les structures actuelles de la Francophonie.
Ici la Francophonie devra être « le modèle et le moteur de la civilisation de l’universel en favorisant les échanges d’idées, en respectant la personnalité originaire de chaque nation ».


4. LES LEÇONS DE L’AVENTURE SENGHORIENNE

En fait, il s’agira de montrer ici les leçons que l’on peut tirer de ce que Senghor nous propose de la Francophonie, de son aventure avec le français, langue qu’il découvrit à sept ans et dont il parle ainsi : « Je me le rappelle, quand je découvris le français à sept ans, c’était, pour moi, musique et charme » [12]. Le poète avoue : « Je pense en français ; je m’exprime mieux en français que dans ma langue maternelle » [13].
Il faut dire aujourd’hui que la langue française n’est plus un instrument exclusivement français. Elle est une réalité internationale.
Le message de Senghor doit nous conduire à ne pas avoir honte de faire partie de la Francophonie. Ce sont des personnalités comme Senghor, Habib Bourguiba, Pierre Eliot Trudeau, Hamani Diori, pour ne citer que ceux-là, c’est-à-dire des personnalités n’étant pas de la France hexagonale, qui ont été les plus fervents défenseurs de la Francophonie. Les pays francophones n’ont pas de complexes à avoir, d’autant plus qu’ « il n’est pas question de renier les langues africaines », comme dit Senghor.
Le Centre d’Etude des Civilisations de Dakar propose justement « d’étudier en profondeur nos langues nationales, considérées comme des instruments du développement culturel et de l’éducation, en situant le français comme « langue de communication externe » par rapport aux « langues de culture interne ».
Nous devons avoir à l’esprit que la solidarité culturelle permettra à la Francophonie de progresser. Ce que dit Senghor en ces mots :

« L’idée de solidarité culturelle exclura tout complexe de frustration, toute forme de surenchère, toute politique de bascule, d’humeur ou de mendicité. Le problème n’est pas de partager un héritage, mais d’édifier, entre nations majeures, une véritable communauté culturelle » [14].

Pour réussir cette communauté culturelle, nous devons être des acteurs dynamiques de la Francophonie. Il n’est pas question de subir l’impérialisme d’une nation. Nous devons intégrer nos valeurs, nos mots, notre manière d’être dans la langue. Nous ne devons pas être assimilés, mais assimiler les mécanismes telluriques de la langue pour en proposer de nouveaux parcours. La Francophonie est ici comme une auberge espagnole où chacun apporte ce qui lui est propre. Le français peut être pour nous ex-colonisés une arme, une arme miraculeuse.
Non plus comme instrument d’assujettissement, mais un merveilleux instrument de notre plein épanouissement, de notre libération, et de notre participation à la civilisation pan humaine.
Entre autres domaines, la poésie africaine a été un facteur enrichissant, fertilisant, de la langue française. Des poètes de la Négritude à ceux d’aujourd’hui en passant par ceux des indépendances, nous pouvons dire que notre continent a revitalisé, redynamisé la langue française. Au-delà de la poésie, les écrivains francophones sont des utilisateurs dynamiques de la langue.
Aimé Césaire, Gontran Damas, Maxime Ndébéka, Tahar Benjeloud, Idé Oumarou, Zadi Zaourou, Gaston Miron, Sony Labou Tansi, Tchicaya-Utam’si, pour ne citer que quelques noms, ont apporté un souffle à la langue que les Hexagonaux ne lui auraient jamais donné. Senghor l’affirme ainsi :
« C’est un fait, le français nous a permis d’adresser au monde et aux autres hommes, nos frères, le message inouï que nous étions seuls à pouvoir lui adresser. Il nous a permis d’apporter à la civilisation de l’Universel une contribution sans laquelle la civilisation du XXe siècle n’eût pas été pan humaine. Il lui aurait manqué cette chaleur de l’âme qui fait l’authenticité de l’homme » [15].

Pour connaître les richesses du français, il convient de jeter par-dessus bord certains principes rigides. Parlant des Surréalistes, Senghor dit :

« [...] Ils ne se contentèrent pas de mettre à sac le jardin à la française du poème discours. Ils firent sauter tous les mots gonds, pour nous livrer des poèmes nus, haletant du rythme même de l’âme. Ils avaient retrouvé la syntaxe nègre de juxtaposition où les mots, télescopés, jaillissent en flammes de métaphores : de symboles. Le terrain, comme on le voit, était préparé pour une poésie nègre de langue française » [16].

Par conséquent, il n’est pas utile de condamner le nouchi, le français de Moussa et les autres créations qui participent du dynamisme de la langue.
Notre présence dans la Francophonie est un fait. Il faut par divers apports et sans complexe participer à la communauté culturelle qu’est la francophonie.

CONCLUSION

La Francophonie selon Senghor se veut un instrument de rapprochement des peuples. Et, comme il le dit lui-même, « il est question de nous servir de ce merveilleux outil, trouvé dans les décombres du Régime colonial. De cet outil qu’est la langue française »15.
En utilisant cette langue, l’Afrique participe à l’universel teilhardien, au métissage culturel, au partage, au rendez-vous du donner et du recevoir, à la mondialisation, la vraie : celle qui n’avilit pas les plus faibles, mais respecte les différences. La Francophonie est cet outil là.

BIBLIOGRAPHIE

SENGHOR, Léopold Sédar, Liberté I, Paris, Seuil, 1964.
- Liberté II, Paris, Seuil, 1971.
- Liberté III, Paris, Seuil, 1977.
- Liberté IV, Paris, Seuil, 1983.
- Liberté V, Paris, Seuil, 1993.
Collectif, Quelle francophonie pour le XXIe siècle ? Paris, Karthala/ Agence de la Francophonie, 1977.
TETU, Michel, La Francophonie (histoire, problématique, perspectives), Paris, Hachette, 1988.
DELNAU, Xavier La Francophonie, Paris, P.U.F., 1983, « Que sais-je ? ».